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Bob Boutique a lu "ma chère folie" de Céline Gierts

Publié le par christine brunet /aloys

bobclin
Elle m’énerve, elle m’énerve ! C’est le deuxième bouquin que je lis d’elle et ça poisse les mains ! L’émotion suinte par toutes les pages, ça coule à mes pieds… moi qui ai horreur d’étaler mes sentiments et pourtant… hé bien je lis, je lis d’une traite, sans m’arrêter, en gribouillant fiévreusement des commentaires et des signes cabalistiques sur les 200 pages du livre.

Comme d’habitude chez Céline, l’ histoire tient en quelques mots. C’est pas ça l’important.

Comme d’habitude les personnages n’ont quasi pas de nom ni de passé. 

Seuls importent les sentiments, les émois, les vibrations et soupirs qu’elle décortique minute après minute, heure après heure… en démontant les ressorts psychologiques de son héroïne avec une telle minutie de détails qu’on se demande si en fin de compte, elle ne raconte pas sa propre vie. C’est pas possible d’être si juste !

Elle s’appelle Chloe, elle a vingt ans et tient un journal pour passer le temps qui s’étire et s’étire dans la clinque psychiatrique où on l’a placée. Pourquoi, comment, suite à quoi ? Peu importe.

Elle habite un placard de 4 m² avec une fenêtre qui ne s’ouvre pas et donne sur une grande route où elle peut suivre les allées et venues des petites boites de métal qui vont quelque part. Car elle, elle reste immobile. Tous les jours se ressemblent. Elle n’a pas de futur.

Tout est blanc, les murs, le plafond, le lit et les fourmis qui font claquer leurs sabots sur l’autoroute du couloir et apparaissent deux fois par jour pour déposer sur un meuble blanc un plateau qu’elle ne mangera pas, car elle est anorexique et pèse trente ou trente-cinq kilos toute mouillée. Aucun contact. Ces infirmières lui font peur et sont trop occupées…

Il y a Clochette (parce qu’elle sourit et frappe à la porte avant d’entrer), Bulldog, Sœur Soupir et le docteur Caramel (rapport au parfum de son thé) qu’elle va consulter de temps à autre (attention, toujours sauter un carrelage sur deux pour conjurer le sort) pour s’entendre poser la même question… « Et alors, Chloe, comment ça se passe aujourd’hui ? »

Il y a aussi Nestor, une peluche de son enfance qu’elle a perdue en cours de vie, mais qu’elle remplace par un bout de drap de lit ou d’oreiller et serre très fort contre son cœur.

Il y a enfin quelques autres patients aussi silencieux et enfermés dans leur tête qu’elle,http://www.bandbsa.be/contes3/cherefolierecto.jpg mais avec qui elle échange des regards. Que soit dans la partie du parc où les plantes ne sont pas politiquement correctes ou à l’atelier de mosaïques : Thomas qui compose de grands tableaux représentant des volcans et des galaxies. Paula au sourire troué, qui est déjà passé sur l’autre rive, trimballe un grand sac dans lequel elle enfourne toutes sortes d’objets hétéroclites et occupe une bonne partie de sa journée à regarder Sisyphe, un hamster, tourner à toute vitesse dans la roue en bois de sa cage.

Ah j’oubliais… Van Gogh, un chat pouilleux couvert de cicatrices qui traîne dans les buissons…

C’est tout ? Oui. 

Mais alors il ne se passe rien ?

Si, tout le temps. Mais ça se déroule à l’intérieur de leurs têtes, il faut fermer les yeux pour le voir ou avoir une sensibilité exacerbée, au delà des normes, pour s’en apercevoir.

Parfois ça débouche quand même sur le monde des fourmis. Lorsque Chloe enlève les lamelles du store de sa fenêtre pour fabriquer un grand oiseau (qu’elle retrouvera dans le container derrière l’hôpital), ou se coupe les cheveux pour attirer l’attention du docteur Caramel qui ne s’en rendra même pas compte… « Et alors, Chloe, comment ça se passe aujourd’hui ? »

Et enfin, deux ou trois évènements dérangeants que je ne vous révèlerai pas, pour ménager le suspense…

Et ça se termine, comme toujours chez Céline, sans vraiment clore la boucle. Parce que la vie continue et se fiche de nos petites personnes.

« Autrefois j’ai vu un film qui s’appelait ‘un jour sans fin’. Ce jour était le 2 février, jour de la Chandeleur où l’on fête la marmotte en Amérique du Nord. Selon la tradition, ce jour-là, on doit observer l’entrée du terrier d’une marmotte. Si elle émerge et ne voit pas son ombre parce que le temps est nuageux, l’hiver finira bientôt. Par contre si elle voit son ombre parce que le temps est lumineux et clair, elle sera effrayée et se réfugiera de nouveau dans son trou et l’hiver continuera pendant six semaines supplémentaires. » 

C’est très très fort. Poignant. Ecrit avec des phrases courtes et choquantes, d’autant plus dures qu’on sent l’infinie, que dis-je, l’infinitésimale besoin de tendresse qui sourd de ce troupeau d’aveugles volontaires qu’on enferme dans des boîtes blanches parce qu’on ne sait pas quoi en faire.

Je vous le dis comme je le pense. Céline est une des auteurs les plus originales que j’aie lus depuis que je suis chez Chloe des Lys. C’est une grande… et j’attends déjà son troisième roman avec gourmandise et un peu d’angoisse.

 

 

Bob Boutique

ww.bandbsa.be/contes.htm

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CARINE-LAURE DESGUIN a lu "En quête de sens" de Christel Marchal

Publié le par christine brunet /aloys

desguin

 

J’ai lu :

 « En quête de sens » , de Christel Marchal,

 Ed Chloé des lys, 2011, ISBN 978-2-87459-583-7

http://lelabodesmots.blogspot.com/

 

Un livre qui se lit comme une inspiration. On retient son souffle pendant cent trente pages et on expulse une longue, très longue expiration !


Un livre ? Non, non, ce n’est pas un tas de feuilles de papier ! Tout le long de ce parcours initiatique dans cette belle capitale, Bruxelles, je n’ai perçu que des sentiments, des émotions. Je n’ai pas lu, j’ai cherché Agathe, j’ai regardé ses dessins, j’avais envie de dire à Léo : bouge-toi et retrouve-les, accélère, t’occupe pas du reste


Parfois, je craignais…Quels seraient les gestes de Louise, la maman d’Agathe ? Quels étaient ses desseins ? J’ai eu peur…


Vous aussi, suivez-moi…


Page 14 : Agathe, dans la coquille de pierre où tu t’es enclose, trouverons-nous la faille, la fêlure esquissée ?


Agathe, pas à pas, saurons-nous, au noir de tes nuits, nous glisser mot à mot, pour ne pas te briser ?


Page 18 : Peut-être parfois derrière tes cils naissent des arcs-en-ciel, des aurores radieuses.


Page 21 : Je sais ! Vous me l’avez déjà dit ! Notre relation fusionnelle ! Je sais ! Vous vous répétez, docteur !


Page 26 : Fait divers : encore un enlèvement d’enfant.


Page 27 : Il n’y a pas d’horizons inaccessibles.


Page 30 : Ton petit air fripé qui ne comprend pas la douleur. La douleur de vivre. La douleur d’être. La violence de naître.


Page 35 : Léo engloutit la distance qui le sépare de Louise et d’Agathe.


Page 57 : Un psychiatre ! Un crétin oui ! Un crétin qui ne sait pas qu’entre autiste et artiste, il suffit d’une lettre…


Page 80 : La fillette que je recherche me laisse des dessins par-ci et par-là…


Page 109 : Les réponses sortiront-elles de la bouteille ?

 


Suivez Agathe, regardez ces dessins et tout comme moi, laissez-vous séduire par cette histoire.


Une écriture légère comme l’envol d’un oiseau, des mots justes et colorés d’une nuance pastel ; et ce ton poétique, qui nous prend par la main comme par magie et qui nous souffle « viens, viens, suis Agathe, et tu sauras pourquoi il faut mettre un R à la place du U…


Beau

Beau

Beau

Beau

Beau


Et savez-vous pourquoi je dis beau beau beau beau beau… ?


Ouvrez ce livre, cherchez ce qui se cache derrière cette photo de couverture, derrière cette préface signée Benoît Coppée, auteur de Julie

 

Sans tomber dans le piège du pathos, Christel Marchal éveille en nous, par une écriture pleine de métaphores légères comme des plumes et certainement une expérience de thérapeute attentive, des émotions, des questions mais aussi des réponses. Toutes simples, ces réponses…

 

Je n’en dis pas plus au sujet de cette histoire, elle ne se résume pas. Question de pudeur.

 

« En quête de sens », un petit sachet d’amour avec dedans des douceurs à distribuer sans modération !

Beau.

Beau.

Beau…

 

Carine-Laure Desguin

http://carinelauredesguin.over-blog.com

 

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Christine Brunet a lu "La Novolitzva" de Gauthier Hiernaux

Publié le par christine brunet /aloys

ma photo

 

Après "le rêve de Maximilien", "le livre de Saon" et "le Triangle sous le sable" (avec un léger détour par "La tribu silencieuse"), un nouvel opus...

Et comme tout nouvel épisode, je l'aborde de façon circonspecte, surtout si les précédents m'ont emportée quelque part.

 
La couverture interpelle lorsqu'on s'est déjà plongé dans l'univers de l'Empire.
Gauthier Hiernaux est-il parvenu, une fois de plus, à m'embarquer dans son récit ? http://www.bandbsa.be/contes2/lanovolitzarecto.jpg
Un récit à la première personne... Un compte à rebours de la mémoire qui interpelle le lecteur d'autant que le nom du héros n'est pas un inconnu : Van Espen... Le Najar impliqué dans la quête de Gizeh... cette fois, il s'agit du fils, un destin peu commun, comme celui du père.

 
Alors, me demanderez-vous, ça t'a plu ou pas ? Faut dire que ça démarre fort! Très fort, même, dans le sang, la fuite, la peur. Tout ce que j'aime.

Et ensuite, me direz-vous ?
Ben... Si je vous parle complots, coups tordus, meurtres, vengeance, argent... Allez, je ne vous fais pas languir davantage : quel plaisir de retrouver l'univers du Triange sous le sable! Le souffle de l'aventure est là, prenant, attachant même, avec ses héros forts tranchés qu'on aime ou qu'on déteste d'emblée.

 
Selon moi, cet opus est, sans doute, le plus palpitant; à quand le prochain ? J'ai hâte de connaître de secret de Séliandre ! 

 

 

Christine Brunet

www.christine-brunet.com

www.aloys.me

www.passion-creatrice.com

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Carine-Laure Desguin a lu "L'étoile magique" de Philippe Desterbecq

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

http://www.bandbsa.be/contes/desguin1.jpg

 

 

Si, comme la maman de Pierrot et de Lulu, vous pensez qu’il n’existe que trois façons de réaliser un vœux ( quand on rentre pour la première fois dans une église, lorsqu’on voit une étoile filante, un vendredi à 13heures 13), et bien vous vous trompez.

Si vous offrez des lunettes astronomiques à votre petit garçon de dix ans et bien, méfiez-vous, barricadez-vous, tout peut arriver.

Qui n’a rêvé un jour de rendre muet son père ? de ridiculiser son instituteur en faisant éclore sur son visage de gros boutons purulents ? de se moquer d’un pion en recouvrant son corps d’une couche épaisse de poils de singe ? Et son institutrice,  après tout, pourquoi ne pas la gonfler comme une montgolfière et la plaquer au plafond de la classe ?

Tous ces méfaits, Pierrot, Lulu et leur ami Jojo, les ont vécus de très très près !

Des lunettes astronomiques, une étoile inconnue et plein de mauvaises idées : il n’en faut pas plus.

Mais le dernier vœu rachètera à tout jamais l’âme polissonne du principal instigateur de toutes ces espiègleries…

L’étoile magique, le second livre de Philippe Desterbecq, c’est 75 pages àhttp://www.bandbsa.be/contes2/etoilemagiquerecto.jpg mettre entre toutes les mains. De bons dialogues, une ambiance d’école fort bien rendue avec des profs sévères qui ont bien mérité leur sort, des enfants qui font des conneries, qui chahutent les cours et qui escaladent des murs…

Un livre qui m’a offert quelques heures de rêves et qui, à ma grande joie, m’a redonné l’envie d’actionner mon capital conneries trop souvent encrouté par le sérieux du quotidien.

Une mention spéciale pour l’auteur de la couverture, Jimmy Desterbecq. Un soleil qui cligne de l’œil et un jeune homme qui regarde les étoiles, ça nous annonce une lecture pleine de mystères…

L’étoile magique de Philippe Desterbecq

Editions Chloé des Lys, 2011

ISBN : 978-2-87479-570-7

http://philippedester.canalblog.com/

 

Carine-Laure Desguin

( http://carinelauredesguin.over-blog.com)image-1

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Jean-Michel Bernos a lu "Carnets de Jungle" de Pascal Floirac

Publié le par christine brunet /aloys

 

http://www.bandbsa.be/contes3/bernostete.jpg

 

J’ai lu Carnets de Jungle de Pascal Floirac

 

Joli carnet, 15x21 cm, seulement une centaine de pages, mais riches de découvertes et de voyages !

La couverture est déjà une œuvre d’art. C’est que le poète est aussi artiste et traine ses savates journellement dans l’univers du graphisme.

 

J’ai découvert Pascal il y a de nombreuses années sur les bancs d’un forum de poésie… qui a depuis rejoint les rangs d’un fatras d’écrits sans consistance. A l’époque, un peu comme des voyageurs, nous découvrions des terres à défricher et nous perdions dans des joutes poétiques pour le simple plaisir du partage et du jeu des mots. De cette aventure sont d’ailleurs sortis des auteurs de qualité qui ont publié de nombreux ouvrages.

 

Ce défrichement, nous le vivions dans une forme de rédaction proche de lahttp://www.bandbsa.be/contes/carnetjungle.jpg poésie progressive. Les cerveaux en ébullition produisaient des textes qui ont depuis gagné de nombreux prix. Pascal Floirac était Raoul des Bois, un pseudo sympathique d’entrée, bucolique à souhait. Une bonne figure généreuse et candide ! J’aimais déjà ses vers et tentait sans autant de succès de lui emboîter le pas. Découvrant comme les plus prolifiques Chloé des Lys, il y commettait ce carnet sorti en 2010 et depuis peu référencé.

 

J’y retrouve ces personnages dans leurs voyages imaginaires et magnifiques qui nous entrainent dans les tréfonds de la jonglerie. Celle des mots, des situations, des défrichements de jungle !

 

Il s’interroge :

 

Allongé

Sous les chrysanthèmes

Je me demande

Si je suis vivant

Je me demande

Comment être vivant dignement

 

Mais il est, dans sa propre poche !

 

Je suis dans ma propre poche

Ce petit bout de papier

Noirci de quelques mots,

Ne servant à rien,

Qu’à ruminer ses rêves…

 

Il est… les mots !

 

Mais dans ce monde imaginaire et pourtant si réel, il se fait proprement peur !

 

Parfois je me fais peur…

Si par hasard j’ouvre mon frigo

Et que je m’y découvre tapi

Là…

Juste à côté du beurre

Vêtu d’une unique chaussette.

Je n’ai pas l’air triste, juste un peu effarouché.

Ce doit être ici que je m’endors,

A portée de main de la douzaine d’yeux

Et du mystérieux interrupteur qui gouverne la lumière.

Le fromage est mordu et le lit n’est pas défait.

Ou…

Quand je suis à mon bureau

Je n’ose pas ouvrir le tiroir

Où j’entrepose la laine nécessaire à la construction du nid.

J’ai peur de m’y découvrir tapi

A portée de main des feutres et des cutters.

Parfois je me fais peur,

Et je me sais si pleutre

Que je ne parviens pas à concevoir

Qu’il m’est possible de dormir en cet endroit si exigu

Et où l’air doit être si rare

Qu’aucun acarien n’y survécut.

 

Magie des mots, des situations si modernes, si communes finalement !

Qui n’a jamais dormi dans son frigo ?

 

Son univers magnifique nous entraîne à chaque texte vers ces mondes parallèles où vivent et se reproduisent les vers, puis grouillent et nous laissent sans voix.

 

Quelque part sous le bleu du ciel

Faire tourner le monde

Y poser le doigt.

 

Carnets de Jungle, Pascal Floirac, Éditions Chloé des Lys

 

Jean-Michel Bernos

http://www.bandbsa.be/contes3/leacockrecto.jpg

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Une chanson d'Hugues Draye : "les moutons"

Publié le par christine brunet /aloys

H.draye

www.myspace.com/huguesdraye

http://www.bandbsa.be/contes2/marietherese.jpg

Publié dans vidéo

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Christine Brunet a lu le Tome 2 "Que le diable vous emporte" de Christian Eychloma

Publié le par christine brunet /aloys

 

ma photo

 

 

Pour le premier tome, je me suis laissée ballotter par l'histoire et les évènements.

 

Pour le second, je me suis plus impliquée dans le récit et sa dimension sociologique...et/ou philosophique. 


Un roman de SF sociologique ?! Ben oui... et ça fonctionne ! Christian Eychloma se donnehttp://www.bandbsa.be/contes2/diableemporte2recto.jpg l'occasion de décortiquer les travers de nos sociétés et, au delà la nature humaine. Belliqueuse, destructrice, égoïste, calculatrice... tous ces défauts sont passés au crible au travers des diverses structures organisées décrites. De l'esclave au tyran, du militaire au pacifiste, de l'esprit éclairé à l'obscurantiste, tous s'observent, se jaugent, se manipulent et s'affrontent.

 
Une histoire originale dont on se demande jusqu'à la fin comment elle va se terminer.

Je ferme le livre en poussant, non pas un soupir de soulagement, mais d'agacement... Quand les hommes changeront-ils ? Quand deviendront-ils raisonnables ? Une société détruit sa planète, essaime dans la galaxie pour survivre, mais son espèce, confrontée à ses vieux démons et à des situations similaires, réplique les mêmes erreurs du passé.

Décidément l'auteur joue sur le possible en permanence, nous proposant un univers qui est du domaine de la science fiction tout en nous invitant à une vraie introspection. Pour tous les amateurs du genre !" 

 

Christine Brunet

www.christine-brunet.com

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Mini-promenade automnale, un texte de Claude Colson

Publié le par christine brunet /aloys

 

claude colson-copie-2

 

 

MINI-PROMENADE AUTOMNALE

 

Je me dirige vers le parc et admire au passage, dans le lointain, les maisons sagement alignées sur les collines, serrant à leur cou leur écharpe de brume.

L'air est vif ; la route descend doucement. Bien vite, je suis à destination . D’abord m'assaille l'odeur de sous-bois émanant du tapis dense et mordoré des feuilles qui jonchent une terre devenue presque invisible.

Tout de suite l’œil est accroché par le mince ruban de mercure du ruisseau à contre-jour. Il n'est que miroitement mouvant. Plus loin, la mare, toujours revêtue de son uniforme vert de lentilles d'eau. Énigmatique, sournoise, même si vers le bord trône, immobile, un ballon d'enfant d'un bleu presque sombre et fluo, ocellé de noir.

Je suis seul ; il n'est pas encore dix-heures.

Délaissé, le toboggan est là,inutile, avec ses rampes multicolores : un Beaubourg rural. On entend le bruit d'un ruisseau canalisé qui, du haut de quelque rocaille artificielle que je sais là-bas, se déverse dans le plan. Un oiseau isolé survole l'ensemble en criaillant. Les trilles d'un congénère lui répondent dans le sapin, déclenchant une sorte de concert varié.

Soudain l'heure sonne à l'église du bourg. Toujours personne alentour ; l'humidité de la nuit recouvre les bancs ornés aussi de feuilles mortes clairsemées. Debout au bord de l'eau, j'écris, les sens aux aguets. Un observateur – heureusement absent – me prendrait pour un original ; qu'importe : quand l'écriture vous prend, elle prévaut !

Encore m'attarder un peu sur le mouvement d'une mère cane qui , caquetant, poursuit dans un grand battement d'ailes ses rejetons indociles et c'est déjà l'heure de rentrer, heureux d'avoir posé ces mots, d'avoir ajouté quelque chose au monde.

Au retour, me forçant à reprendre la plume, le soleil, perçant enfin les nuages moutonnants, frappe soudain l'or des feuilles, faisant naître un somptueux embrasement qui, hélas, bientôt s'éteint.

La nature joue les coquettes et moi, je peux poser le stylo.

 

Claude Colson

claude-colson.monsite-orange.fr

Claude Colson Toi-nous

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Alain Bustin nous dévoile son univers

Publié le par christine brunet /aloys

http://www.bandbsa.be/contes2/albertmarathon.jpgPour moi, Alain Bustin, c'est avant tout une couverture, celle de son premier roman, et une présentation avec un autre auteur Chloé des lys, Marie-Claire Georges. Cela faisait un bon moment que je voulais en apprendre franchement plus... Voilà qui est fait... Mes premières questions puis une déferlante, un tac au tac qui en dit long sur la personnalité d'Alain Bustin...

 Alors, Alain, depuis quand écris-tu ? Pourquoi ? un déclencheur ou juste une envie en passant ?


A l'école, j'étais brillant mais absent, j'avais donc de très très mauvaises notes  sauf en rédaction.

Pour être sérieux, le départ de mon premier roman, c'est septembre 2005, un incident grave dans ma vie de père ! J'ose dire une question de survie. Mon fils, je voulais lui raconter une histoire...

 

Vraiment ! Tu attises ma curiosité ! Tu me donnes des précisions ?


Pour te mettre sur la piste : un père, c'est aussi et avant tout un homme, donc une histoire, un roman de vie... Le mien de père disait toujours (et je suis du même avis) nehttp://img.over-blog.com/300x225/2/68/57/21/P1010204.JPG jamais juger...

 

Excellente approche de la vie. Hum... Voyons... Définis le mot "écriture"...


Poser les mots, exprimer une forme de sérénité, de sincérité, la quête de soi, le chemin de vie, exprimer un message librement. Tu sais,donner, c'est recevoir...

 

Puisque nous parlons écriture, dis-moi quel type d'écrivain tu es : tu élabores une trame au préalable, tu écris au fil de la plume ? pourquoi cette démarche? par ailleurs, j'aimerais savoir (tu vois, je suis indiscrète) si tu retravailles beaucoup tes textes ou très peu. 


J'écris toujours l'histoire à l'avance et le chemin que je veux suivre  tout en acceptant (comme dans la vie) de prendre parfois un autre chemin pour arriver à la fin du message. Cette démarche, c'est l'acceptation, l'accueil des mots auquel a priori je n'avais pas pensé. C'est ainsi que j'ai modifié un chapitre important dans le second roman grâce au médecin urgentiste du peloton de gendarmerie de haute montagne de Chamonix. Je retravaille pas mal mes textes, je recherche la clarté qui permettra au lecteur de se retrouver dans mes personnages.  Les témoignages des lecteurs qui lisent et relisent Albert confirment, j'en suis heureux.

 

L'écriture est-elle une passion ? En as-tu une autre ? Si oui, sont-elles liées et en quoi ?


Oui, bien sûr. Sinon autres passions : la montagne sous toutes ses formes y compris les compétitions extrêmes auxquelles je participe (Ultra Trails). J'aime beaucoup l'opéra, la lecture  bien sûr, les musées, les voyages, le cinéma, les bonnes tables, découvrir des lieux qui ont une âme.

 

Comment écris-tu ?  le soir, la nuit, tout le temps ? Sur le papier, direct sur l'ordi ?


Sur l'ordi, presque toujours très tôt le matin. Je note aussi mes pensées, mes observations dans un carnet quand cela se présente.

 

Parle-moi de ton univers littéraire (ce que tu lis, ce que tu détestes lire)

 
Mon, maître Fernando Pessoa, Mon livre de chevet : Le petit prince, J'aime Albert Cohen,bustin1.JPG Frank Conroy,Frison Roche, Nothomb, Levy (à ses débuts), Maupassant, Paul Auster, Albert Camus, etc, etc, etc. Je ne déteste rien mais parfois j'interromps ma lecture après disons 40 pages et cela, je déteste!


Tu n'aimes pas aller au bout des choses, c'est ça ?


OH, non pas du tout mais ce qui pourrait me déplaire à moi pourrait de la même manière te plaire énormément à toi. Il en est ainsi de tous y compris les auteurs, les peintres, les cinéastes, l'art et toutes choses. Tu vois le lien avec la subjectivité... A propos, pardon aux auteurs des livres que j'ai refermé. Tout cela pour te dire que je déteste les préjugés (dans le monde adulte).


Tu me parles du Petit Prince... Qu'est-ce qui te fascine dans le bouquin ? L'univers de l'enfance, l'innocence, l'écriture qui est magnifique, l'univers imaginaire du livre ? Penses-tu que ce livre t'a inspiré et en quoi ?


bustin3.jpgL'univers de l'enfance bien sûr qui est un univers qui t'accompagne toute ta vie. Mais relire le Petit Prince comme je le fais si souvent et depuis si longtemps, c'est un texte fabuleux, une écriture pleine de vie, d'espoir et de vérité. Toujours les mêmes mots mais à chaque période de te vie, un regard différent. Je pense que ce texte aide à comprendre que la vie il faut la vivre dans le moment présent tout au long de ton chemin de vie. 

Tu as raison... Ce livre est à découvrir et redécouvrir au fil du temps. Pour moi, il est source de voyage et de fraîcheur.

Présente-toi succinctement. Présente tes livres, ton univers.


Actuellement je suis au départ d'une autre vie, je change de chemin (après avoir été directeur commercial dans une multi-nationale du soleil levant. Maintenant, je vis la montagne, j'habite à 50% à Chamonix. J'ai aussi beaucoup plus de temps pour l'écriture (un 3ème roman...)

Mon premier roman, dans le titre , il y a le mot quête... Nous avons tous une histoire, un chemin à parcourir...

 

Là, franchement, tu vas trop vite ! Parle-moi de ton premier bouquin... Tu m'as dit pourquoi tu l'as écrit mais... Allez, un résumé un peu plus étayé...

 

http://img.over-blog.com/300x200/2/68/57/21/Albert.jpgUn homme court le monde, les marathons, les montagnes. De plus en plus difficile, de plus en plus haut jusqu'au jour ou... L'important, ce n'est pas le but mais le chemin. Le personnage va le découvrir ! 


Et puis, tu me zappes le second ! Une histoire de quête et de montagnes aussi, ou un autre sujet ?


Souvent dans notre vie, nous reproduisons consciemment ou inconsciemment. Là, n'est pas le chemin et puis les regrets, le "non-dit"...nos quêtes. Dans ce roman, toujours la montagne, toujours Albert, l'Ultra Trail du Mont Blanc. L'histoire, une incroyable rencontre, suite dans le roman... 

Un scoop, la préface et la 4ème de couverture seront signées Marie-Claire George ! mais voilà ce qui aurait pu être écrit sur la 4ème :

 

Albert nous fait vivre cette fois l’UTMB, la course de tous les superlatifs !

bustin2-copie-1.jpgUne description détaillée des lieux, des sensations, de l’effort tout le long de ces 166 kil … une rencontre qui permettra enfin à Albert de « sortir de l’ombre pour entrer dans la lumière » !

Tout comme Thomas Horbein dans Everest l’arête ouest : « … je me demandais si je n’avais pas fait ce long chemin pour découvrir que ce que je cherchais se trouvait en réalité derrière moi. »

Le texte provient d'une amie coureuse de montagne ! Merci Maian... 

 

Tu me définis ton style d'écriture ? 


Joker ! mais si j'en crois les lecteurs : message, émotion, sincérité, sont les mots exprimés. Souvent les lecteurs disent qu'ils s'y retrouvent...

 

Est-ce facile ou compliqué d'être lu ? Comment appréhende-ton ton travail d'écriture autour de toi ?


A mon avis facile, même si je suis très souvent relu et j'aime cela, surtout les témoignages et le mot merci pour le message ! 

http://img.over-blog.com/630x470-000000/2/68/57/21//Divers/P1000692bis.jpgPour ce qui est de mon entourage, j'écris beaucoup seul en retraite à l'abbaye d'Orval... Donc, là, pas de problèmes. J'y vais depuis presque 10 ans très régulièrement.

Sinon j'écris uniquement à Chamonix (face à la montagne) et là, c'est moi qui m'adapte pour ne pas pénaliser "l'entourage". Surtout si "l'entourage, ce sont les enfants de ma compagne (14 & 10 ans). Comment je fais ? Je concilie le mot respect et disponibilité.


Mets-tu un peu de ton entourage dans tes livres ?


Je pense que c'est le cas de beaucoup d'auteurs même si le second, c'est un vrai roman !


Comment construis-tu ton, pardon, tes romans ? Une trame, au fils de la plume, à l'inspiration?


Non, j'écris d'abord l'histoire, le cheminement. Après, je vais suivre mon chemin...

 

Sais-tu toujours où va t'emporter ton récit... tes personnages ?


En principe oui, mais je questionne beaucoup par rapport à l'histoire. Dans la vie, il fauthttp://img.over-blog.com/630x470-000000/2/68/57/21//Divers/P1000481-copie-1.jpg savoir écouter. Par exemple, une discussion avec Marc, un médecin responsable des secours en montagne à Chamonix a beaucoup influencé le cours de l'histoire du second roman... Je ne peux pas t'en dire plus... Ce sera une très bonne question après lecture.


Facile ou compliqué de poser le point final d'une histoire ?

 
Facile parce que je sais ou je veux aller et difficile car j'aime être bien compris tout en permettent au lecteur de rêver !

 

Par ailleurs, Alain, j'aimerais que tu me choisisses un extrait de l'un de tes romans.


Un Népalais écrivit alors de cette écriture magique et calligraphiée un petit mot qu’il attacha autour de mon cou avec quelques médicaments : Frère, Sœur,

Prends bien soin de cet homme. Le mal des montagnes l’a frappé. Son corps est au début du chemin de la guérison mais son âme est dans l’ombre. Donne-lui l’hospitalité, permets-lui le repos dont il a tant besoin et lorsque enfin l’expression de son visage sera pleine de légèreté, le temps sera venu pour lui de repartir sur la route de la sagesse et de sa vérité. Dieu te regarde, te remercie et te bénit.

 

 

 

Faire rêver le lecteur, l'emmener ailleurs le temps trop bref d'une histoire. C'est le voeux de chaque auteur qui a, au bout de sa plume, le pouvoir d'emporter l'esprit qui se plonge dans son univers. Le pouvoir des mots est terrible... mais bienveillant lorsqu'il apporte l'évasion.


Je te remercie, Alain, pour ce petit détour par ton univers et ce partage, peut-être pas d'une quête, mais d'un morceau de chemin sur lequel tu nous as accompagnés durant ces quelques lignes. Pour te retrouver, un blog...link

 

 

Christine Brunet

www.christine-brunet.com

 

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Christine Brunet a lu le tome 1 "Que le diable vous emporte" de Christian Eychloma

Publié le par christine brunet /aloys

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      "Que le diable vous emporte" de Christian Eychloma

Editions Chloé des lys

 

 

 

Genre SF... Quoique... Bon, ça se passe au 24e siècle donc... Sur un vaisseau spatial en route pour une nouvelle planète à coloniser... du moins au début... puis sur la planète en question...

 
Un récit qui ressemblerait à un journal de bord tenu par l'un de ces aventuriers colons et qui serait de l'ordre du probable tant la dimension technique est omniprésente.http://www.bandbsa.be/contes2/diableemporte1recto.jpg Procédures, innovations technologiques, découvertes d'un nouveau monde avec une nature différente mais à l'évolution cohérente avec le possible.

 
Etrange... On en vient à se demander pourquoi, avec de telles préconisations, on ne fabrique pas un vaisseau spatial !

 
Bon, il n'y a pas que ça, dans le livre... Cette planète recèle un mystère... Mais là, je ne vous en dirai pas plus.

 
Un style simple pour un voyage hors du commun dans un avenir qui sera probablement celui de la race humaine ! A suivre avec le second tome !

 

Christine Brunet

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Publié dans Fiche de lecture

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