"Les arbres", un poème signé Salvatore Gucciardo paru dans la revue 'Magie Poétique"
Les arbres
À présent
Les arbres
Se sont dénudés
Ils se sont recroquevillés
Dans l’espace intemporel
Au sein de la sève sphérique
Loin des âmes mortes
En fusion
Avec la terre
Les éléments
Charrient
Le souffle
De la germination
Aux sources
Régénératrices
Aux croisements
Des mandalas
La métamorphose
Aura lieu
Au cœur du sous-sol
Embrasements
Des soupirs
Maelström
D’atomes
Embryons
De racines
Loin de l’agitation
Du monde
Dans un recueillement
Sacral
La vie renaitra
De ses cendres
SALVATORE GUCCIARDO

Pour arrêter le temps, un poème signé Louis DELVILLE

Pour arrêter le temps
P rendre la vie du bon côté. Pour arrêter le temps…
O rganiser ses journées sans excès. Pour arrêter le temps…
U tiliser ses charmes. Pour arrêter le temps…
R aconter de belles histoires. Pour arrêter le temps…
A imer à perdre la raison. Pour arrêter le temps…
R ire tous les jours de sa vie. Pour arrêter le temps…
R assembler plein d'amis. Pour arrêter le temps…
Ê tre à l'écoute des autres. Pour arrêter le temps…
T enir un bébé dans les bras. Pour arrêter le temps…
E nfermer ses soucis à double tour. Pour arrêter le temps…
R evenir sur son lieu de naissance. Pour arrêter le temps…
L ibérer un chien de sa laisse. Pour arrêter le temps…
E mprunter un livre et ne pas le rendre. Pour arrêter le temps…
T irer à l'arc sans fatigue. Pour arrêter le temps…
E nrubanner un cadeau. Pour arrêter le temps…
M ettre de l'ambiance à une fête. Pour arrêter le temps…
P asser sa vie avec ceux qu'on aime. Pour arrêter le temps…
S ourire comme la Joconde. Pour arrêter le temps…
Louis Delville
Le blog "les lectures de Maryline" a chroniqué "le reniement de Marc" de Régis Kuntz
http://leslecturesdemaryline.eklablog.com/le-reniement-de-marc-suivi-de-la-femme-de-mouloud-a137726232

Résumé de l'éditeur :
Les filles m’ont fait trop d’effet. C’est ce «trop» qui m’a courbé jusqu’au sol, fait plier l’échine jusqu’à leurs extrémités «inférieures». Leurs indicibles voûtes plantaires forment mon firmament.De l’Occident à l’Afrique noire via les pays du Maghreb, j’ai butiné plus d’orteils que toutes les abeilles de fleurs printanières. Après, comme elles, je me suis fait trésorière. J’ai du pollen plein la tête, et je vais d’une «plante» à l’autre, fécondant ma propre semence.
Mon avis :
Ce petit recueil est constitué de deux nouvelles. J'ai adoré la première, par contre, je n'ai pas tout compris à la deuxième.
Concernant "Le reniement de Marc", j'ai beaucoup aimé la manière dont l'auteur a construit l'intrigue, je ne savais pas où j'allais, je me demandais comment ça allait se terminer. C'est un peu psychologique, un peu érotique, et complètement bancal et sournois... J'ai pris du plaisir à suivre Marc.
Pour "La femme de Mouloud", je ne sais pas vraiment quoi en dire, je n'ai pas vraiment compris l'histoire et ce qu'elle devait dégager. Je n'ai pas suivi l'intrigue, je me suis perdue.
Je suis donc sceptique et j'ai du mal à donner des conseils de lecture mais la première vaut vraiment le coup. Quant à la deuxième, j'étais peut-être dans un mauvais jour! Faites-vous votre propre idée!
"Rêves d'enfant", une poésie signée Micheline BOLAND

Rêves d'enfant
Laisse germer tes rêves d'enfant
Tes désirs sont triomphants
Quand ils s'animent à nouveau
Et la barque devient vaisseau.
Laisse réchauffer tes rêves
Dans l'espoir qui les soulève.
La vie tu apprivoiseras
Dans les graines que tu semas.
Laisse tes rêves te nourrir
Et tes projets refleurir.
Laisse hier comme un oiseau
Te surprendre et faire le beau.
Tes tristesses se sont voilées
Et tes craintes sont gelées.
Tu es heureux et tu vis
Dans le rêve inassouvi.
(Paru dans la revue 2000 Regards, thème : "Dessine-moi un rêve")
Micheline Boland
De toutes les couleurs
De couleurs sont mes racines,
Des coloris les déclinent.
Carmins sont mes souvenirs,
Bleus mes projets d'avenir,
Blanches les traces de bonheur,
Jaunes les relents de douceur,
Gris les regrets ressassés,
Roses les soucis dépassés.
De couleurs sont mes racines
Qui tendrement me fascinent.
Les couleurs chantent la vie,
Bouderies ou féeries.
Jaune d'or et vert printemps
Porte-bonheur aveuglants.
Rouge feu, vermeil, orange,
Mises en appétit étranges.
Bistre, kaki, gris fer,
Papillons noirs du bourdon.
Les couleurs chantent la vie,
Rêveries et griseries.
Micheline Boland
"Le souffle du rêve", un poème signé SALVATORE GUCCIARDO dans la revue "Magie poétique"

Savoir écrire c'est savoir exprimer le cri de toute chose et de toute âme qui vive, et celui qui l'étouffe ou le condamne pour grossière indécence...
LE SOUFFLE DU RÊVE et autres poèmes de SALVATORE GUCCIARDO

Par Dierf Dumène, 17 février 2018
Le souffle du rêve
Poussière lumineuse
Sur les jeux d’écume
L’âme suscite
L’élan divin
Fragments de nostalgie
Au cœur de l’immigré
Reflet d’éternité
Dans les écailles du néant
Les récifs coralliens s’habillent
D’une élégance raffinée
Féeries carnavalesques
Au sein des villes
J’embrasse les lèvres du monde
Dans la constellation de l’être
Les eaux sereines se déversent
Dans les rizières du corps
Le flux du sang
Solidifie
L’essence spirituelle
L’essor brûlant
Enflamme l’humain
Géologie ancestrale
Les racines
S’enroulent
Dans l’ivresse musicale
Aux confins du rêve
Les peuples s’unissent
Dans son essai d'éthique politique, "Reconstruire le Congo-Brazzaville", Cyriaque Maixent Ebenga aborde la question du pardon

Le problème du pardon
e-1- Sens de la vengeance
Toute vengeance est tellement incommensurable de l'extermination de milliers d'être humains, parmi lesquels tant d’innocents, d'enfants et de vieillards. Aucune peine ne peut se mesurer au crime ainsi infligé au Congo. Aussi, la seule solution est de renverser le cours de l'histoire en instaurant un débat national dans le but de mettre fin à la haine, d'empêcher une nouvelle guerre, en œuvrant sans relâche en faveur d'une réconciliation.
Si la vengeance n'a, dès lors, pas de sens, le pardon n'en a pas davantage, surtout lorsque les responsables n'ont jamais renié leurs idées ni exprimé de regrets. Comment pardonner l'innommable et l'irréparable ?
D’ailleurs, – même si l'histoire du Congo a connu bien des barbaries et des crimes à travers ces dernières années, pour les Congolais, il restera toujours quelque chose de spécifique dans chaque guerre, quelle qu'elle soit. L'humain dans l'homme, c'est le scrupule d'être, disait Emmanuel Levinas. La politesse la plus banale peut nous révéler le fondement de l'humain. On apprend à un enfant à demander pardon avant qu'il ne sache pardonner. Il en comprend le sens plus tard. Est-ce un terme social, ethnique, théologique ou universel ?
Il y a autant de domaines d'application que le mot don. L'économie du don, à la différence de la justice, n'entre pas dans une logique d'équivalence. Dans l'idée de don, on n'attend pas la réciprocité. On donne plus qu'on ne reçoit. La justice va exiger réparation, alors que le pardon va susciter l'amnistie, qui ne peut être une amnésie. Le pardon, c'est d'abord une demande adressée à la victime, avant d'être un exercice souverain en faveur du coupable, voire du bourreau. Le pardon a quelque chose de miraculeux, car il remet en cause l'irréversibilité du temps. C'est un événement inouï qui efface d'une certaine manière ce qui est advenu. Il n'efface pas l'événement, il lui donne plutôt un autre sens.
Cette conversion de la mémoire permet à son tour un autre regard sur le futur. Mais pour trouver sa place, le passé doit être reporté à la juste distance du présent. S'il vient le hanter constamment, comme un spectre, il empêche le pardon. La condition d'un pardon, c'est la vraie mémoire, libérée de la hantise. Il s'exerce constamment une concurrence déloyale entre le pardon et l'oubli. Pardonner est un acte de mémoire. Pour pardonner une offense, il faut conserver la mémoire.
L'oubli peut se faire passer pour le pardon. Cela nous arrange quelquefois. L'oubli est un abandon à notre condition ; le pardon est une décision qui inaugure une existence nouvelle. Amnésie et amnistie ont en grec la même racine. L'amnistie ne fait souvent que cacher l'amnésie. Il y a des expériences traumatisantes dont on ne revient pas. L'on ne peut pas tout pardonner. Le pardon serait-il mort dans les camps de la mort, selon la formule célèbre de Jankélévitch ? Si l'on n'a pas fait de place à l'impardonnable, on n'a pas reconnu l'extrême gratuité du pardon. Il faut donner du temps au pardon.
Le pardon est-il arbitraire ?
Le pardon est imprévisible. Ce serait donner raison à Hitler, qui a voulu tuer l'amour, l'humain dans l'homme, donc le pardon ; Hitler a pu tuer les juifs, pas la Torah. Mais, encore une fois, seules les victimes ou leurs descendants peuvent pardonner. Si tout acte transgressif est compris comme la simple conséquence d'une cause, on risque d'écarter la responsabilité du sujet, de ne plus le traiter comme un homme, c'est dangereux.
Le pardon est fondateur de la société humaine. En définitive, c'est une rupture dans la chaîne des actions et réactions engendrées par l'offense. Il est, à la fois, utopique et absolument nécessaire. C'est une condition de l'humanité. Mais pas à n'importe quel prix… Il passe par le nécessaire travail de deuil et de mémoire.
Il protège aussi la justice contre la tentation de vengeance. Mais, inversement, l'instauration d'un tribunal humain a permis une rupture dans le cycle infernal de la vengeance. La justice instaure la distance nécessaire.
le blog "Les lectures de Maryline" a lu "L'amour au pouce la bague au doigt" de Patrick Benoit

Résumé de l'éditeur :
Deux mains et seulement dix doigts pour invoquer des mots qui communiquent comme des signes que les gestes réfutent à la parole. Ouvertement érotique, cette plaquette dénonce les arrangements impulsifs et articulaires de nos dextres extrémités verbales. Osé mais sans vulgarité et subtil au touché.
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