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L'homme en noir, une nouvelle signée Micheline BOLAND

Publié le par christine brunet /aloys

 

L'homme en noir


 

C'est un petit homme maigre habillé d'un costume noir et d'une chemise blanche. Sa seule fantaisie vestimentaire ce sont les petits pois multicolores qui décorent sa cravate noire. Cheveux noirs, fine moustache noire impeccablement taillée, monture de lunettes noire, chapeau noir, mocassins noirs fort bien cirés, il parcourt la ville d'un pas rapide. Nul ne sait où il habite. Mais chacun sait où il va le plus souvent. Il se rend chez le bourgmestre, chez l'évêque, chez le gouverneur, chez des hommes politiques de tous bords et chez le directeur du centre culturel. Bref, il rend visite à des personnalités chez lesquelles il reste généralement moins de deux heures !


 

Les gens se demandent qui il est, ce qu'il fait. Certains émettent des hypothèses… Pour les uns c'est un financier de l'ombre, pour les autres, un détective privé qui vient rendre des comptes, pour d'autres encore, un parent ou un ami de jeunesse, vous savez il y a parfois de ces coïncidences ! Pour quelques-uns encore, c'est peut-être le diable.


 

Maria fait le ménage chez le bourgmestre et chez l'évêque. Elle, elle espère un jour savoir de quoi il retourne. Elle s'en vante même auprès de ses voisins : "Je saurai, je saurai… Les murs ont parfois des oreilles." Malheureusement, l'opportunité de le croiser chez ses patrons ne se présente pas de sitôt. Alors Maria patiente. À un moment ou l'autre, elle en est certaine, le sort lui sera plus favorable.


 

Un jour, le petit homme vêtu de noir se présente chez le bourgmestre qui, hélas, s'est absenté pour une urgence.


 

"Attendez là ! Mon mari sera de retour dans une petite demi-heure", annonce l'épouse ! Là, c'est le salon. Après avoir nettoyé le hall, Maria se hasarde dans le salon. "Excusez-moi Monsieur, des bibelots et des meubles à épousseter."


 

L'homme est plongé dans une revue, mais cela n'empêche pas Maria de tenter d'amorcer une conversation :


 

"Beau temps n'est-ce pas, Monsieur !"


 

"En effet…"


 

"Vous devez avoir beaucoup de travail en cette saison ?"


 

"Il n'y a pas de morte saison…"


 

"C'est comme moi ça. Mais vous c'est quand même différent…"


 

"Disons ça comme ça…"


 

"C'est quoi au juste votre boulot ?"


 

"Un peu de tout…"


 

"C'est comme moi aussi ça. Mais laver les vitres ça me semble le plus exigeant… Et pour vous le plus exigeant, c'est quoi ?"


 

"Cela dépend…"


 

Des réponses floues le bonhomme en donne tant et plus. Lorsque le bourgmestre est de retour, la curiosité de Maria est loin d'être satisfaite. C'est on ne peut plus frustrant ! Elle se dit qu'elle aurait dû y aller plus franchement. Demander au bonhomme s'il voulait bien l'aider. Quels genres de clients il préférait ou depuis quand et à quelle occasion, il avait connu Monsieur le Bourgmestre ?


 

Et le temps passe. Et la curiosité de Maria ne s'éteint pas…


 

Un jour, l'évêque lui semble particulièrement enjoué…


 

"Bonjour Maria ! Pas de nettoyage aujourd'hui. Demain, je reçois ma famille pour goûter. Les enfants vont sûrement salir. Alors faites-moi, je vous prie, le fameux gâteau aux noix que vous aviez préparé l'autre jour. Si vous en avez l'occasion faites aussi un cake aux pommes, un autre aux poires et caramel, des galettes, quelques religieuses, des pets de nonne et un délicieux saint-honoré. . Heureusement que vous êtes aussi bonne cuisinière que femme de ménage, Maria ! Une remarque ? Une question ?"


 

"Monseigneur si j'osais… Je vous demanderais… qui est ce petit homme moustachu habillé de noir que vous recevez parfois… Est-ce un de vos parents ?"


 

"Un parent ? Qu'est-ce que vous allez chercher là… C'est un ami, un ami très précieux, précieux comme l'êtes Maria…"


 

"Oui, mais qu'est-ce qu'il fait, Monseigneur ? "


 

"C'est personnel, Maria…"


 

"C'est votre tailleur, n'est-ce pas…"


 

L'évêque se met à rire et s'en va… Maria y voit là une sorte d'acquiescement.


 

Mais un jour le bourgmestre envoie Maria aider le personnel d'entretien du centre culturel en vue de la visite du Ministre et là, Maria y aperçoit le petit homme en noir. Le directeur s'isole avec lui dans son bureau et Maria qui a de bonnes oreilles a pu entendre le petit homme qui disait : "Le bonheur est de laisser chanter la vie à travers les arts…" et le directeur répéter après lui "Le bonheur est de laisser chanter la vie à travers les arts…". Puis de nouveau le petit homme qui intervenait : "Plus posément, Monsieur. Pensez à bien respirer, à bien articuler. Soyez plus détendu. Encore une fois…"


 

D'un coup, Maria sut… Et les sermons ampoulés de Monseigneur, les discours passionnés du bourgmestre n'eurent plus de secret pour elle !


 

(Texte finaliste au concours "Fais-moi un conte de Surice en 2016)


 


 

Micheline Boland

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"OR 2.0" chroniqué par le blog "Les lectures de Maryline"

Publié le par christine brunet /aloys

http://leslecturesdemaryline.eklablog.com/or-2-0-a137083640

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 Résumé de l'éditeur :

Ce livre est un clin d’œil à tous les Outre-Rêveurs qui m’ont beaucoup appris durant ces quelques années. Ils se reconnaîtront. OR 2.0 est une énième libération. Une évolution. Un ensemble de textes personnels brillamment illustrés par Julien Adans.

 

 

Mon avis :

La couverture me faisait penser à du gore, du sanglant, du hard... Mais ce ne sont que les illustrations qui sont représentées ici de cette manière. Par très à mon goût d'ailleurs mais je dois reconnaitre que le talent est là. 

Concernant les poèmes, j'ai deux pensées : certains sont beaux, bien trop courts, ils sont fluides et m'ont un peu émue par la sensibilité qu'ils dégagent. D'autres sont moins subtils et m'ont bien moins touchée.

Un petit recueil sympathique mais qui n'est pas illustré comme il le devrait.

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Le blog "Les lectures de Maryline" a lu "BB12" d'Anne-Sophie Malice

Publié le par christine brunet /aloys

http://leslecturesdemaryline.eklablog.com/bb-12-a137085828

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 Résumé de l'éditeur :

BB12 est dans la même ligne que les deux premiers opus, à savoir que ce sont des textes poétiques, comme dit mon éditeur, Laurent Dumortier. Je ne sais pas si je serai capable un jour de décrire ce que j'écris. Lire c'est se faire une idée directement.

 

 

Mon avis :

Ce que j'ai aimé dans ce recueil c'est la façon poétique qu'a l'auteur pour parler d'elle (si c'est bien d'elle dont elle parle dans les textes). Une sorte d'autobiographie ou encore de témoignage mais en vers, en prose... Et c'est très réussi. On passe par plusieurs émotions, on ressent différents sentiments, on a envie d'en savoir plus sur elle, sur sa famille et ses proches.

De plus, pour enlever la monotonie parfois trouvée dans des recueils de poèmes, la mise en page de celui-ci m'a énormément plu. Un choix alphabétique, une police et un type d'écriture différents à chaque page m'ont permis d'apprécier encore plus ce recueil.

Merci à l'auteur de se dévoiler de si belle manière.

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Le blog "Les lectures de Maryline" a lu "Lettres ouvertes à Pierre" d'Anne-Sophie Malice

Publié le par christine brunet /aloys

http://leslecturesdemaryline.eklablog.com/lettres-ouvertes-a-pierre-a137724860

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Résumé de l'éditeur :

J'ai écrit, durant quelques mois, après le suicide de Pierre et "ma" thrombose, en 2015. C'est ce que j'ai écrit de plus personnel jusqu'à présent. Même si je parle souvent de ce qui me touche, je détourne, tergiverse, fais de l'humour. Ici, même avec la dérision, je dis les choses.

 

 

Mon avis :

J'ai beaucoup aimé lire ces lettre que l'auteur adresse à l'être aimé, Pierre, mort prématurément. Il a décidé de quitter ce monde alors qu'elle est malade elle aussi et qu'elle reste donc seul dans ce monde hostile.

On ressent tellement d'amour dans ces lettres! On a envie d'aider l'auteur, on a envie de la prendre dans ses bras, de la connaitre pour pouvoir lui apporter du soutien. C'est un vrai hymne à l'amour!

J'ai passé un très bon moment en compagnie de ces mots poétiques, ces lettres d'amour, ces phrases d'un jour...

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"Les jeunes aujourd'hui écrivent plus que jamais"...

Publié le par christine brunet /aloys

"Les jeunes aujourd'hui écrivent plus que jamais"...

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Marie-Noëlle Fargier nous propose une nouvelle...

Publié le par christine brunet /aloys

Marie-Noëlle Fargier nous propose une nouvelle...

Les poules aux œufs d’or- version XXI ème siècle de Marie-Noëlle Fargier


 

Il était une fois un aiglon au plumage brillant, très attentif à une apparence soignée que ce soit pour sa personne ou son environnement ; l’œil vif, il était toujours affamé de chair fine et délicate. Sur son rocher il faisait les cent pas, la tête penchée vers la terre, il réfléchissait. Une question le hantait « Comment puis-je parvenir à me rassasier et faire un monde plus propre ? » Un sourire se dessina sur son bec impérial. Son plan s’élaborait.

Le jeune aigle partit à la rencontre des poules aux œufs d’or. Souriant, convivial, bienveillant et séduisant dans son brillant pennage, il se fit ami avec les plus notables poules. Ces dernières avaient bien remarqué son insatiable appétit et plutôt que devenir sa proie, lui donnèrent un œuf, puis deux, puis trois…L’aigle aux manières affables accepta ces présents. Cependant il voulait comprendre comment cette alchimie pouvait s’opérer. Doté d’un grand sens de l’observation et stimulé par sa passion aurifère, il comprit et maîtrisa le noble matériau. Fort de son savoir et de son pouvoir, il leur demanda :

  • Merci mes chères amies de ne pas caqueter à droite et à gauche et de garder notre secret. Nous sommes les seuls à pouvoir en faire bon usage. Comme vous l’avez compris, je suis un sage et ma parole doit être entendue ! Puis, s’adressant aux coqs un peu vexés de se sentir délaissés, l’aigle poursuivit :

Vous, les majestueux coqs, vous jouez un rôle primordial en réveillant les habitants et en les informant de la levée du jour. C’est pourquoi, à partir de ce jour, je vous charge d’user de vos coquericos en annonçant mes vertus.

Ainsi chaque matin, les fiers mâles de la basse-cour, flattés, le cou tendu, proclamaient les qualités exceptionnelles de leur nouvel idole.

La diffusion quotidienne des capacités de ce jeune aigle eut un retentissement sur chaque classe des plumages.

Les poules lui donnèrent toute leur confiance, persuadées que leur secret serait protégé par les griffes du rapace. De plus, ses larges ailes héréditaires pouvaient conquérir tous les royaumes et ainsi faire fructifier leur trésor.

Les oies et les paons, gardiens efficaces furent les premiers volontaires à proposer leurs services, convaincus que les éclats d’or, dont ils bénéficiaient jusqu’à présent, allaient se métamorphoser en lingots.

Les canards, eux, vivotaient des poussières d’or mais espéraient que ce puissant aigle, motivé par une belle idéologie, leur offrirait quelques éclats pour nettoyer leur mare, lustrer leur beau duvet en se nourrissant correctement.


 

Seuls quelques passereaux, avec à leur tête l’oiseau-lyre, ne partageaient pas cet enthousiasme. Leur chant, leur musique, leur parade irritaient déjà le prétendant au trône qui leur ordonnait d’aller faire leur sérénade plus loin.


 

A l’unanimité l’aigle fut nommé roi du monde des plumes.


 

Au début de son règne, il fit bâtir un beau palais d’or sur les hauteurs de la montagne. Il y logea sa famille et tous ceux de sa race. En dessous, un palace, plus petit mais tout aussi éblouissant, accueillait les poules qui pondaient à volonté. Les autres restèrent dans la plaine.


 

Le souverain, proche de son peuple, se promenait fréquemment à travers la plaine, saluant de ci de là les oies, les paons et les canards, ravis de cet honneur. Sans oublier de leur rappeler qu’ils devaient retrousser les manches pour acquérir une vie meilleure. Il voulait s’assurer que sa nouvelle organisation fonctionnait bien. En effet les canards, désignés tâcherons, transformaient l’œuf en lingot. Les paons et les oies avaient été promus à l’encadrement des canards afin que la production ne faiblisse pas, ainsi parfois le généreux roi leur offrait quelques lingots. Certains canards ambitieux s’acharnaient à accomplir un travail fructueux, ainsi parfois le généreux roi leur offrait quelques éclats d’or.

Chaque matin, après le chant du coq qui louait toujours les mérites de l’aigle, sa majesté aimait planer au-dessus de son royaume. Un dimanche, alors que les paons, les oies et les canards travaillaient à la mine, il remarqua une nouvelle mare où paressaient des canards multicolores. Aussitôt il atterrit sur la plaine. Quelques tâcherons sortaient de la mine, il les interpella :


 


 

  • Bonjour, mais qu’est-ce cela ? demanda-t-il aux ouvriers d’un ton sec et d’un air dédaigneux en désignant la nouvelle mare. Impressionnés par cette nouvelle attitude de leur messire, l’un d’eux plus courageux osa répondre :

  • Ils sont arrivés hier, ce sont des canards sauvages, ils sont épuisés, ils ont dû faire un long et pénible voyage.

  • Mais enfin, ils ne peuvent rester ici !

  • Je crois, mon Roi, qu’ils sont si maigres qu’il est impossible pour eux de voler à nouveau. Ils doivent se reposer et reprendre des forces.

  • Je veux bien en garder quelques-uns, par exemple les plus vigoureux pour vous prêter main forte à la mine et ainsi vous pourriez avoir un jour de repos. N’est-ce pas ?

  • Comme vous êtes généreux, mon Roi, lui répondirent les tâcherons en chœur. Nous pourrions partager notre pâtée avec eux pour qu’ils recouvrent la santé.

  • Non, mes chers amis, je ne veux pas que vous vous priviez pour eux et peut-être sont-ils contagieux ? De plus, votre étang est déjà petit et je vous souhaite le plus de confort possible. Cette mare empiète sur votre étang. Je vais trier ces migrateurs, voir ceux qu’on garde et ceux qu’on renvoie !

  • Mais les renvoyer de quelle façon ? demanda le tâcheron un peu plus audacieux.

  • On prendra des éventails en papier pour les faire partir.


 

Sa majesté commença à sélectionner deux ou trois canards multicolores pendant que les paons, les oies et les canards sortis de la mine, unis, chassaient à l’aide d’éventails en papier la majorité de ces pauvres oiseaux migrateurs.


 

La vie reprit son cours. La mine d’or, en activité permanente, offrait au tout-puissant, à sa cour et aux poules une vie luxurieuse. La montagne était un vrai paradis. L’or scintillait. Le monarque ne manquait jamais une occasion pour se rendre dans la plaine. Quelquefois le rapace magnanime proposait à son peuple des petites fêtes pour étouffer les quelques doléances d’un paon, d’une oie, d’un canard effronté. Dans son plus bel apparat, il se rendit au bal qu’il avait organisé, toujours soucieux du bonheur de son peuple. Toutes les petites plumes voltigeaient, dansaient, regardées des gradins par les autres rapaces et les poules. L’aigle, à l’œil toujours vif, observa quelques oies, paons et canards avec le plumage vieilli, les ailes ralenties. Il distingua aussi des estropiés qui ne pouvaient danser. Soucieux, il convoqua le lendemain son assemblée de rapaces et de poules. Il leur exposa le problème. Qui sont ces déplumés et que faire d’eux ? L’assemblée et le souverain libérèrent sur leur sort pendant des heures. L’aigle, fatigué de cette perte de temps, trancha :


 

  • Oh ces gueux n’ont pas ou si peu de besoins. Ils sont inactifs et donc mangent peu, l’état de leurs ailes ne leur permet pas de sortir, ils sont déjà si moches que même les plus beaux habits ne peuvent changer leur apparence. Je suggère de diminuer leur poussière d’or ! Nous avons déjà bien assez gaspillé d’or pour eux ! Je ferai bâtir un abri en bois pour les loger tous ensemble. Je demanderai à leurs familles de contribuer, je leur ai tant donné d’éclats ou de lingots d’or ! Il est légitime qu’ils participent !

  • Mon Roi, si je peux me permettre, allez-vous étendre ces habitations à notre montagne ? intervint une poule d’âge mur.

  • Bien sûr que non ! Nous avons tant besoin de la connaissance de nos anciens que ce soient les rapaces ou les poules ! Et puis, je ne sais pour quelle raison, mais il faut constater que nous ne vieillissons pas de la même façon ! répondit-il dans un éclat de rire, en se mirant dans une glace.

Aux mots du plaisantin, toute l’assemblée s’esclaffa, puis le congratula sur sa beauté et sa sagesse.


 

La vie reprit son cours. Le vieux cabanon en bois abritait les plumes âgées, estropiées et malades qui devaient se suffire à eux-mêmes. Il recouvrait une grande surface de la plaine, sa majesté par son immense bienveillance ne voulait pas que son peuple finisse dans la rue qui se devait de rester propre. En réalité la cabane n’était jamais remplie et même plutôt vide, beaucoup de ses résidents « choisisissaient »…un départ définitif.

Ainsi, la population demeurait jeune et travaillait. L’aigle pendant ce temps continuait d’œuvrer pour son royaume. Son palais recevait les grands rapaces de ce monde. Ils échangeaient leurs œufs d’or, se jalousant les plus beaux, les plus purs. L’aigle n’hésitait pas à voler pendant des jours pour rechercher un or encore plus fin. Et lorsqu’il l’avait trouvé, il y établissait son empire fait d’oies, de paons, d’un grand nombre de canards et de quelques poules.


 

Les années passèrent. Un matin le monarque se leva en colère. Les jeunes disparaissaient de son royaume. La motivation n’était plus là ! Les oies et les paons ne parvenaient plus à faire respecter la cadence aux canards. Ces derniers n’avaient plus un jour de repos. Les deux ou trois canards migrateurs avaient été chassés à coups d’éventails en papier. Trop âgés, ils n’étaient plus utiles. Usés et de moins en moins productifs, les canards ne bénéficiaient que de restes de poussière d’or ; les oies et les paons sous la pression du maître du royaume, associée à la paresse des canards, ne recevaient plus de lingots, même les éclats qui leur revenaient se raréfiaient. Les tâcherons mouraient jeunes, les canetons se faisaient exceptionnels, enfin quand ils arrivaient à atteindre l’âge adulte ! Pour pallier à ce manque de main d’oeuvre, le sire imposa aux oies et aux paons de renforcer les rangs des tâcherons. Adieu les éclats d’or ! Les oies et les paons, incapables de s’adapter à cette vie dure et misérable, perdaient la raison avant de périr. Tous ces survivants devaient se satisfaire des restes de poussière d’or et encore à la bonne volonté du roi et des poules dont les besoins ne faisaient qu’accroître. Pour chasser sa colère et trouver une solution, le rapace plana dans les airs de longues heures. Revenu dans son palais, une idée lui vint. Il désigna quelques canes et canards encore assez jeunes et les engagea comme procréateurs. Ainsi la courbe démographique se rétablit et les tâcherons, en nombre défini par la volonté royale, rendirent l’or immortelle.


 

L’aigle pensa à assurer sa descendance. Il eut un fils. En âge de bien voler, le père l’amenait chaque matin pour survoler son royaume. Il lui enseignait ses valeurs. Observant son fils adoré, au chant du coq… il lui demanda :


 

  • Tout va bien mon fils, tu ne remarques rien de particulier ?

  • Non père, le monde que vous avez créé est le meilleur des mondes !


 

Moralité

Un oiseau-lyre, le dernier survivant des passereaux, juché sur un arbre d’or, chante une fable de la Fontaine et me voyant passer m’interpelle :


 

  • Eh Noëlle, tu charries complètement ! Commencer ton texte comme une fable et finir par « le meilleur des mondes » !

  • Ben oui, une fable qui fait parler des animaux ! Bah ! On est bien loin de ce passé où la personnification était obligatoire ! Et puis ce serait donner une âme aux animaux, quelle idée ! Pour ce qui est de finir par de la science-fiction, laisser croire qu’on pourrait devenir des robots ! Bah ! On est bien loin d’un tel avenir !

 

Marie-Noëlle FARGIER

 

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Le blog "Les lectures de Maryline" a chroniqué "14-18, guerre immonde" de Patrick Mallory

Publié le par christine brunet /aloys

http://leslecturesdemaryline.eklablog.com/14-18-guerre-immonde-a137087206

http://leslecturesdemaryline.eklablog.com/14-18-guerre-immonde-a137087206

 

Résumé de l'éditeur :

1916... j avais 20 ans, Et ce n était pas le bon temps ! C était le temps de la souffrance, Le temps où la mort prend du sens. extrait « On a enseveli leurs 20 ans »

 

 

Mon avis :

La première guerre mondiale a fait des millions de morts. On l'étudie à l'école, on en parle dans des documentaires, on la lit dans des romans ou des essais. Ici, cette guerre est mise en poésie, et pourtant, c'est moche la guerre. Mais l'auteur, par ses mots poétiques, nous fait revivre cette horrible période avec émotion et en images.

J'ai beaucoup aimé ce recueil de poèmes relatant la guerre, les soldats, le froid, la faim, la peur et la mort... Les mots sont justes, les mots sonnent comme des pétales qu'on aimerait semer pour faire refleurir la terre si abimée...

Mon préféré reste "Ceux de l'arrière". J'aime sa construction et sa façon de nous faire revivre cette période de l'histoire.

Un très joli recueil, bien mis en page, très poétique et intéressant pour comprendre toutes les horreurs de la guerre...

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Le blog "Les lectures de Maryline" a chroniqué le recueil "Les éphémères éternels" de Fj

Publié le par christine brunet /aloys

http://leslecturesdemaryline.eklablog.com/les-ephemeres-eternels-a137086854

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 Résumé de l'éditeur :

L’Haïkus traduit une sensation instantané…. Il ne se travaille pas, il est rapide et concis.

Extrait :

Un deux trois

Elles glissent légères glacées

Larmes-pluie

 

 

Mon avis :

Je ne suis pas du tout écrivain, encore moins poète. Alors écrire des haïkus, pour moi, c'est loin d'être facile! Il faut savoir trouver les bons mots, qu'ils s'installent dans une certaines harmonie, qu'ils soient beau ensemble et surtout, cohérents.

Un haïku est un poème japonais de dix-sept syllabes réparties en trois vers.

Dans ce petit recueil, j'en ai vu de beaux, de moins beaux, des faciles comme des plus difficiles. Certains sont compréhensibles alors que les autres ont incompréhensibles. Je me suis même demandé parfois si c'était si dur que ça! Parce que parfois, je ne les comprends pas, et je me demande si l'auteur n'a pas mis un dernier mot, juste histoire que ça se termine.

Bref, c'est sympa oui, ça se lit, mais bon, c'est pas pour moi!

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Une seconde, une minute, une heure, un texte court signé Louis Delville

Publié le par christine brunet /aloys

 

Une seconde, une minute, une heure


 

Une seconde ! Voilà bien une expression galvaudée. Le commerçant pressé qui vous dit : "je suis à vous dans une seconde" ou "une seconde, j'arrive" et cela dure des heures…


 

Une minute, une belle unité de mesure pour les sociétés de téléphonie.

Taxation à la minute, dit-on. Taxation à la seconde, réclament les consommateurs.

Une minute pour dire tant de chose à l'être aimé ou une minute de silence, le onze novembre…


 

Une heure pour le repas de midi, une heure de sommeil, une heure d'attente à l'hôpital. Je me demande toujours si ces toutes ces heures sont identiques. À l'école, il existe même des heures de cinquante minutes, c'est vous dire…


 

Une seconde, une minute, une heure ? Qu'importe, j'ai tout mon temps !


 


 

Louis Delville

 

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Un article sur "Sérénade à la vie" de Bernadette Gérard-Vroman paru dans Le Courrier (édition Mouscron-Comines)

Publié le par christine brunet /aloys

Un article sur "Sérénade à la vie" de Bernadette Gérard-Vroman paru  dans Le Courrier (édition Mouscron-Comines)
Un article sur "Sérénade à la vie" de Bernadette Gérard-Vroman paru  dans Le Courrier (édition Mouscron-Comines)

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