« Et pendant ce temps-là, Loire ignorante et douce,
Tu couleras toujours, passante accoutumée,
Dans la vallée heureuse où l’herbe vive pousse,
Ô Loire inépuisable et que j’avais aimée...
…
Loire qui ne sait rien de la souffrance humaine,
Ô Loire inaltérable et douce à toute enfance,
Ô toi qui ne sais pas l’émoi de la partance… »
Je devine votre réaction… Ces vers vous rappellent quelque chose mais avec un petit truc quelque part. Puis vous sursautez en réalisant qu’en remplaçant le nom du fleuve par le nom original (la Meuse), on retrouve bien un extrait d’un poème de Charles Péguy. Gagné !
En lisant « Le Camaret d’Achille », certains vers me sont en effet revenus en mémoire, car ils illustrent de façon si poétique le fait évident que, génération après génération, nous passons, alors que les paysages qui nous ont vu naître, grandir, aimer, mourir, demeurent par endroits presque inchangés. Les « chibottes », par exemple…
On réalise que l’univers ne nous est ni bienveillant ni hostile, mais simplement indifférent. Et qu’il nous appartient par conséquent, à nous, humains, lors de notre court passage, de nous efforcer de créer du sens dans un monde qui, considéré de façon purement objective, en est dépourvu. En commençant par nous respecter et nous aimer. Bon, ça s’appelle l’Humanisme.
Souvenons-nous un instant de « La Bukinê d’Anna ».
Sur les lieux-mêmes où s’érigeaient, il y a bien longtemps, la cité d’Hélios du peuple sédentaire aux cheveux couleur de soleil et le campement précaire de la tribu nomade aux toisons couleur de nuit, Noëlle Fargier nous entraîne cette fois dans l’histoire d’une famille s’étalant sur une période incluant les deux dernières guerres.
Peut-être pour montrer que les siècles s’écoulent mais que l’espèce humaine ne change pas dans sa nature profonde, on retrouve les trois sœurs du premier roman avec leur nom comme unique changement. Trois personnalités identiques à ce qu’elles étaient trois mille ans auparavant, jetées dans le tourbillon d’une nouvelle vie, dans un autre temps, avec ses joies et ses peines. Et l’on ne peut tout d’un coup s’empêcher de se demander : « pourquoi moi, ici et maintenant ? Qu’aurais-je fait à cette époque, dans les mêmes circonstances ? »
L’histoire d’une famille, disais-je. Une histoire qui, observée depuis quelque distance, pourrait en rappeler beaucoup d’autres. La première guerre, d’abord. Vous savez : « la der des der » ! Entre les deux, les difficultés de la vie, et l’influence d’un clergé abusant de son pouvoir sur les âmes simples. Intolérant, exerçant sa tyrannie sur la population des campagnes, avec le terrible destin du jeune Achille. Et la seconde, dix-neuf ans après. Mobilisation, séparations, enfermement interminable des prisonniers de guerre, occupation, résistance, arrestations, tortures, libération, exactions perpétrées par les résistants « de la dernière heure »…
Paul Maakad, 34 ans, est journaliste et travailleur humanitaire. De parents libanais, il a grandi en France après que la famille s’est installée à Paris pour fuir la guerre civile.
Depuis qu’il a atteint l’âge de raison, il a ressenti le besoin de comprendre ses origines et le pan Moyen-Oriental de son essence. Ce désir s’est matérialisé en 2008, lorsqu’il s’envola pour Beyrouth au Liban afin de suivre les cours de sciences politiques du monde arabe chez les jésuites pendant deux ans.
Il débuta ses activités journalistiques à 25 ans par des correspondances dans les colonnes de journaux locaux et français. C’est également durant cette période qu’il consigna dans un carnet ces premiers écrits – poèmes et questionnements métaphysiques.
Paul Maakad vit aujourd’hui entre Paris et le Moyen-Orient. Ce mouvement de balancier continuel entre Orient et Occident est devenu vital pour son équilibre.
Résumé :
Autour de trois grandes thématiques qui constituent l’épine dorsale de ses réflexions et questionnements sur la Vie – « Être », « Aimer », « Penser » –, l’auteur de ce premier recueil explore les méandres et tréfonds de son existence, en réaction – parfois vive et brutale – à la découverte d’une réalité dont il est issu : le Moyen-Orient.
Bouillonnement
Un bouillonnement au plus profond de moi, lancinant
N’a de cesse de se propager dans tout mon corps
Jusqu’à ne plus pouvoir être contenu
Par mon réceptacle de chair.
Un bouillonnement qui charrie avec lui
Une chaleur extraterrestre, inconnue
Non répertoriée par la physique
Frissonnante, électrique, glacée.
Ça y est, mes jambes commencent à balancer de haut en bas, de plus en plus rapidement
Essayant d’évacuer ce trop plein d’énergie qui a submergé tout mon corps d’un coup, sans
| prévenir.
Ça monte jusqu’à mon esprit, je suis dans un état d’urgence qui vire à l’extrême
Tandis que tout autour de moi
N’est que sérénité et calme d’une bibliothèque feutrée.
Je n’arrive plus à fixer mon attention, je ne dois d’arriver à écrire
Qu’à la volonté quasi salutaire
De relater le phénomène dont je suis l’objet
Avant qu’il ne soit trop déchaîné pour m’empêcher de rassembler mes forces dans la bataille
| de l’écriture.
Une mer déchaînée m’habite
Ses eaux se fracassent contre la haute falaise
De mon inquiétude mortelle.
Je suis en danger, je tremble, je n’arrive plus à me calmer
Il me semble que je suis condamné
Il me faut exorciser cette énergie de la peur finale
La faire taire
Lui laisser faire son œuvre.
Qu’elle passe, qu’elle transperce mon corps et mon âme
Que j’en finisse.
Mes poils se hérissent ; pourtant, aucune menace ne pointe
Apres la chaleur, le froid m’enveloppe de son manteau métallique
Manteau de la solitude ultime, métaphysique
Qu’aucune présence ne peut guérir.
Alors, je fais le vide dans ma tête
Je ferme les yeux, je me donne tout entier
Aux forces indomptables qui secouent mon être.
Une tempête, un ouragan impétueux de sensations gronde
Ne me laissant aucun répit, aucune trêve
Piétinant mes fondations, ébréchant mon armature
Jusqu’à la rendre frêle
Tel un château de cartes.
Une, deux, cinq, dix secondes, une minute
Je ne perçois plus le temps qui passe
Je m’accroche à ma seule certitude intouchable, indéfectible
Qu’aucun de ces ouragans ne sauraient ne serait-ce qu’effleurer.
Je sais que ça va passer, que ce « ça » n’aura pas raison de moi.
Comme il y a deux jours, un mois, un an
Mon moi est le terrain de jeux
De cette chose qui n’a pas de nom
Mais qui jamais n’y élit domicile
N’y installe campement.
Alors, fort de ce savoir
Dernier rempart avant ma démission
L’accalmie tant attendue éclot
Et le printemps bourgeonne à nouveau
Ne laissant derrière lui qu’une lassitude, douce et inoffensive
Né il y a une petite soixantaine d’années, j’enseigne le droit et la gestion à des sections de techniciens supérieurs depuis quelques décennies à Epinal, dans les Vosges, montagne dont j’ai tiré mon nom d’auteur (DesHauts). J’ai mis toute la fantaisie de mon enseignement, notamment de droit fiscal, dans mon premier roman🙃 – Une Poule sur un Mur, Chloé des Lys Editions -, qui se déroule principalement dans le département, par pur chauvinisme. J’ai terminé un deuxième roman et le troisième est en route.
La poule, c’est Jessica, Jess pour les intimes. Le Mur, c’est le mur Facebook de Jef, son ami. Il y commente toute sa vie. Ils se sont rencontrés à la fin d’une soirée costumée à la Souris Verte, à Epinal. Les ennuis ont commencé avec un cadavre dans les toilettes et parce que Simon, le père de Jef, se gominait à la Dapper Dan® et que Jess ressemblait à la caissière au regard bovin de The Big Lebowski, le film des frères Cohen.
Rythmé par des comptines enfantines, un douloureux passage à l’âge adulte avec des sms et des murs Facebook, plein de chewing-gums, un mezzé, des demi-sœurs, et même Sœur Sourire et l’indispensable psychologue de service.
Et une poule sur un mur.
Extrait :
Ce fut juste avant de sortir, en allant ramasser ma boule de billard, que je la vis, assise sur un radiateur dans le hall d’entrée. Je m’avançai près d’elle, alors qu’elle me toisait en mâchouillant ostensiblement son chewing-gum. A dix centimètres de son visage, je fis glisser mes lunettes sur le bout de mon nez en un geste Lebowskien. Ce que je vis me conforta : un visage carré, mais à la féminité affirmée, des yeux bleu franc magnifiés d’un subtil trait d’eye-liner, des cheveux blonds qui lui tombaient sur les épaules, une blouse rouge d’hôtesse de caisse sur un chemisier à raies blanches et bleues. C’était la copie conforme de la caissière du supermarché dans lequel le Dude achetait le lait entier indispensable à la confection du russe blanc qu’il affectionnait.
- Une apparition ?
- Mais encore ? ironisa-t-elle.
- La caissière de The Big Lebowski, début du film, la même tenue, le même regard critique, et, si j’osais, la même fulgurante beauté.
- Essaie encore, tu m’intéresses.
- Mathilde Seigner dans Vénus beauté (institut) ?
- Mais j’y croyais moins.
- Toujours pas.
- Je donne ma langue au chat.
- Le service de nettoyage.
- A trois heures du matin ?
- Je fais un extra et je bosse à dix heures. Et je préfère nettoyer avant que ça se solidifie, dit-elle en jetant un regard dégoûté aux alentours.
- Comme je te comprends ! Je t’aiderais bien, mais je suis crevé ! Puis-je te demander un service ?
Elle accéléra la mastication, signe de perturbation.
- Rien d’exotique, hein ?
Je ris franchement :
- Non, rassure-toi J’ai passé la soirée à poser pour des selfies, cause à ma tenue du Dude. Tu vois ce que je veux dire ?
- Oui, dit-elle.
Mais je sentais bien qu’elle ne comprenait pas un traître mot à ce que je racontais.
- J’aimerais que tu me fasses l’honneur de poser avec moi ! osai-je, grandiloquent.
- Ah, ça, dit-elle, d’accord.
Elle posa un sourire forcé alors que je collais ma barbe de trois jours contre sa joue qui ruminait imperturbablement son chewing-gum.
- Il me faudrait ton prénom. Pour mon compte Facebook.
- Jessica.
- Avec Jessica, pour finir en apothéose une soirée mémorable. Ça te va comme légende ?
Elle fit une moue dégoûtée :
- J’ai beau m’enthousiasmer, dit-elle en épousant la salle du regard, je ne vois rien de mémorable aux alentours.
« Léonard ou les odonymes du cancer »de Philippe Couillaud
lu par Marie-Noëlle Fargier
D’emblée je dirais que je ne conseille pas ce livre aux dévoreurs, pressés d’atteindre la fin pour aboutir au dénouement de l’intrigue.
« Léonard ou les odonymes du cancer » se lit lentement, se savoure. Ce roman épistolaire est truffé de figures de style dans une écriture paradoxalement sans fioriture et d’une poésie viscérale. Chaque phrase, monologue, lettre est un foisonnement de réflexions, de sensations, d’émotions avec seulement trois personnages Léonard, Astrid et celui que je nommerais « le messager ». Oui, il est l’interlude entre Léonard et Astrid. Au départ je le soupçonne être l’auteur lui-même, un rêveur où chaque foulée le long de la Garonne (personnage à elle seule) le relie à Léonard et Astrid.
- Te souviens-tu, fleuve de grand charroi, de nos jours de grande parlotte ? J’étais ce personnage-là, jetant sur le monde extérieur un regard absent, loin, très loin de ce qui semblait préoccuper les autres. Or les autres se démenaient dans des combats terribles…
Mais qui est-il ? La Garonne et son complice miment et préparent le lecteur aux états d’âme et charnels de Léonard et Astrid, ces deux amants séparés par la guerre d’Algérie. Astrid est enceinte. Philippe Couillaud sans pudeur et sans vulgarité évoque par chaque lettre du couple le manque de l’un et de l’autre autant sur le plan psychologique qu’intime. Comme si leurs appétits charnels suivaient l’évolution de cet autre personnage « la guerre » !
Léonard et Astrid ne sont pas un couple quelconque, l’un et l’autre s’interrogent, paraissent rebelles. Leurs lettres sont une remise en question permanente. Ils se confrontent, se réconfortent, se souviennent, se révoltent mais jamais ne se soumettent. Vont-ils être contaminés et se fondre dans la masse sous le poids des conditionnements ? Au début de la guerre, Léonard semble se complaire dans son rôle de « guerrier » mais…
Vois-tu, mon Léonard aimé, désiré jusqu’aux tréfonds des exigences du plaisir, je ne peux pactiser avec l’innommable. Je souffre de ton éloignement, bien sûr. Mais cela n’est rien à côté de ce que j’endure à travers ton adhésion à cette infamie.
Astrid quant à elle cherche à s’éloigner de ce conflit… Va-t-elle garder cet enfant ? Philippe Couillaud démontre l’impact de l’Histoire sur ce qui devrait être intouchable : la conviction, l’individualité, la dignité…
« Léonard ou les odonymes du cancer » ne se contente pas de dévoiler l’inavouable d’un couple séparé, il décrit avec force les horreurs de cette guerre pour laquelle les mots se taisent encore.
-La belle guerre que voilà, ma chère Astrid ! Oh, la jolie guerre ! Une sacrée garce avec laquelle les hommes convolent en justes noces de viande et de sang. La chair contenue dans les retenues du sexe revient en force, sort de ses gonds, étale au grand jour les miasmes de ses atomes dispersés. Une fois tenu en laisse par la mort, le corps croit en sa possible rédemption. Il espère se rédimer par le don du sang. Il ne peut que pourrir. La guerre pue. Je sens mauvais. J’empeste. Je sue. La peur me colle à la peau dont tous les pores expulsent à cadence forcée les relents de la chiasse.
J’imagine ce livre entre les mains d’un professeur de lettres, un professeur d’histoire tel un explorateur, avant de le transmettre aux jeunes générations afin que « Léonard ou les odonymes du cancer » soit une lettre pour préserver la paix ou tendre vers la Liberté.
Les titres de ses romans attisent la curiosité, il était donc temps de rencontrer Marie-Noëlle Fargier...
1) Peux-tu nous expliquer ce qu'est une "bukinê" et un "camaret" (Je connais "Les filles de Camaret", mais bon...) ?...
- Une "bukinê" est un mot d'origine grecque qui signifie une coquille de poisson, utilisée comme moyen de communication par les bergers (comme un sifflet). J'ai gardé ce moyen de communication dans mon roman. Dans mon histoire, la bukinê est le seul échange que peuvent avoir trois soeurs que la loi a séparées. Je voulais également traduire le son dans mon titre. Le son qui a une grande importance, d'une part pour la traversée du temps, "La bukinê d'Anna" se situe plus de mille ans avant Jésus-Christ, d'autre part, un de mes personnages principaux est musicienne. On retrouve la bukinê dans "Le Camaret d'Achille" (suite de "La bukinê d'Anna"). Cet objet est toujours là, retrouvé au pied d'une chibotte au 19ème siecle par une famille de Vals composée, elle aussi, de trois soeurs. Une rencontre va conduire l'une d'entre elles à vivre à Arlempdes, plus précisément dans un lieu-dit très proche de ce village "Le Camaret". Voilà pour répondre à ta question (eh oui, il y a plusieurs "Camaret" !)
2) "La bukinê d'Anna" est ton premier roman... tu viens de sortir un second, "Le Camaret d'Achille",... ils ont donc un lien...
- Comme je viens de le dire, un des liens est la bukinê, cet objet étrange qui a défié le temps (on voit bien que c'est une fiction !). D'autre part, on retrouve ces trois soeurs avec des noms différents mais des traits psychologiques identiques. D'une certaine façon, l'environnement, l'évolution, etc. auront-ils la mainmise sur leur comportement ou vont-elles garder ce qui fait leur différence, leur originalité, leur individualité ? Un autre lien capital est l'intrigue qui se déroule tout au long du roman. Des destins se croisent mais est-ce vraiment un hasard ? Des lieux se ressemblent (le Crouzas appelé la Cité d'Hélios dans "La bukinê d'Anna" et le Camp d'Antoune qui surplombe Arlempdes), des rêves étranges ou des visions, mais est-ce vraiment le hasard ? Sans quoi "Le Camaret d'Achille" peut être lu sans sa grande soeur "La bukinê d'Anna". Le changement d'époque, etc. m'a donné cette liberté.
3) "La bukinê d'Anna" est une réflexion sur la nature humaine... un roman qui frôle le fantastique, donc il est légitime de prendre une certaine liberté avec la réalité...
- Oui, "La bukinê d'Anna" est une réflexion sur la nature humaine. Je trouve intéressant de l'observer dans ce qu'on appelle "son évolution" et avec toujours les mêmes questionnements, quelle que soit l'époque. Cette nature humaine fidèle à la pyramide de Maslow où parfois les besoins sont perturbés et renversent la pyramide. C'est peut-être là le côté "fantastique" de mes romans. J'utilise le rêve, l'illusion pour les cartésiens et le reste au bon vouloir du lecteur. Mon roman "La bukinê d'Anna" a été dénoncé parce que, à l'instar d'Albert Boudon Lashermes, j'ai fait des chibottes un lieu d'habitation. Quelle impertinence ! Je ris, car oui, je suis romancière...
4) Déjà de nouveaux projets ?...
- Si les Dieux le veulent... oui, la suite va voir le jour avec encore plus de liberté puisque le côté fantastique va prédominer. Un conte pour enfants est en cours...
5) Sur une île déserte, quels sont les 7 (chiffre magique) livres que tu emporterais ?...
- Si j'étais sur une île déserte, j'amènerais Troyat (j'adore son univers), Baudelaire, Verlaine pour la musique de leurs mots. Zola pour me rappeler que la vie en société n'est pas si rose et une île déserte n'est pas si mal, un livre de photos avec des paysages, la faune, la flore et les grandes oeuvres humaines d'architectes, de peintres, etc. pour ne pas oublier que l'homme peut être extraordinaire. Et puis un livre de chansons pour continuer à chanter et enfin un livre aux pages blanches pour écrire. Pour le chiffre 7, j'aime la magie
J’ai longtemps pratiqué l’ennui pour ce que je ne faisais pas m’était plus supportable que ce qu’ils faisaient : avec une voiture, avec un aspirateur ou une tondeuse à gazon. Ce qu’ils faisaient d’un dimanche après-midi, d’une caravane ou d’une nappe de table ; avec la photo d’un nouveau-né ou d’un oncle mort une semaine auparavant.
Pour ce qu’ils faisaient de leurs vacances était ce qu’ils faisaient d’un melon.
Et ce qu’ils faisaient du soleil était ce qu’ils faisaient avec un parasol.
Et alors qu’ils mordaient dans leur été, j’allais m’asseoir sur une grosse pierre jouxtant la maison d’où je voyais ce chien se gratter continuellement l’arrière-train contre un bosquet. Et je marchais autour de ce roc comme une poule dans son enclos.
Parfois, je prenais ma bicyclette pour aller un kilomètre plus loin, voir une tante qui gardait des biscuits dans une boîte en fer, et j’avais à peine terminé d’en manger un qu’ils m’invitaient, jusqu’à se répéter, à en prendre un nouveau.