C’est mardi dernier que j’ai regardé Marbie, Star de Couillu les 2 églises, oui, mardi 14 novembre 2017.
Oui, je sais, c’est honteux…Un film carolo sorti en 2014…Et pourtant, j’avais lu chaque article qui concernait ce film et j’avais écouté toutes les interviews. De plus, je connaissais plusieurs acteurs du film, Mémé Loubard et Pino Bonelli, entre autres.
Alors pourquoi avoir attendu ? Je l’ignore. Je me souviens de l’enthousiasme des Carolos, un film était tourné sur leur fief, quelle fierté ! Et moi, j’avais fait bêtement marche arrière.
Alors, quand mardi, j’ai reçu le DVD, je n’ai pas hésité. Une fois rentrée chez moi, je me suis calée entre les coussins de mon fauteuil et je me suis énervée en enclenchant le film, ça n’allait pas assez vite, comme quoi… Faut dire que je venais de quitter Dominique Dubuisson, le promoteur et chef d’orchestre du film et son épouse, Dominique Smeets, la réalisatrice.
À souligner que Dominique Smeets est la première réalisatrice carolo. Les Dominique étaient interviewés pour www.actu-tv.net, ils nous ont parlé de leur prochain film, La vérité sort du puits. Là, ce sera le premier film à portée vraiment sociale mais nous en reparlerons plus tard, revenons à Marbie, star de Couillu les 2 églises.
Le premier mot qui me gifla les deux joues, c’est Poésie. Je n’ai pas pensé une seule fois en regardant ce film que c’était un film carolo, tourné dans des endroits que je connaissais, par des gens que je connaissais.
Eh bien non, je n’ai pas pensé à tout ça. Je me suis sentie transportée par toute cette poésie qui flirte avec chaque plan de ce film. Tout n’est que poésie durant ces XXX minutes, je ne sais pas combien exactement, je ne veux même pas le savoir. Je n’ai remarqué aucune longueur. C’est formidable de se dire que ce film a été réalisé par une autodidacte, même si Dominique Smeets a un pied dans le monde artistique depuis plusieurs années. Et là, on le voit à chaque minute, c’est une actrice de qualité, quelqu’un de sincère et d’authentique.
Dès les premières images, on ressent de l’empathie pour cette Marbie et lorsqu’on s’aperçoit qu’elle tombe dans les griffes de ce Jean Tube, on tremble, on se dit qu’elle se fera bouffer, qu’elle sera déçue. On se dit, ben cours dans les bras de cet infirmier, ne crois pas ce Jean Tube, il a beau être le sosie de Johnny, c’est une espèce de c…… !
On ressent une grande empathie pour cette naïve Marbie et on essaierait, tout comme son oncle et sa marraine, de la protéger par n’importe quel moyen. Quand ces mégères de villageoises et tutti quanti se moquent de Marbie, on voudrait leur sommer de se taire, de se regarder, elles qui n’ont aucun rêve étoilé. Et quand ce Jean Tube s’obstine à faire de Marbie une star, on lui lâcherait bien, eh, pas touche mon vieux, passe ton chemin et ambitionne autre chose, ne profite pas de notre Marbie.
Les paillettes, le tapis rouge du festival de Cannes, tout cela serait donc bientôt pour Marbie ? Vraiment ? Je ne dévoilerai pas la fin du film. Car certains d’entre vous ne l’ont pas encore vu, n’est-ce pas ?
Oui, il y a bien l’un ou l’autre Carolo qui a zappé ce film... Et si l’on me demande ce que j’ai vraiment aimé en regardant ce film qui fut qualifié d’improbable car rappelons-le il fut produit grâce à la participation de plusieurs centaines de citoyens, je répondrai que j’ai tout aimé. La toute grande poésie dans chacun des personnages, de Marbie bien sûr mais pas seulement la poésie de Marbie. Je pense à Jacques, à la marraine de Marbie et à Jean Tube, oui, même lui, même ce Jean Tube.
C’est un film belge, ne l’oublions pas, et c’est une toute grande belgitude que l’on croise dans chaque plan du film, et aussi par la musique, et aussi par la « lumière ». Vous voyez ce que je veux dire ? Non, bien sûr que non, cet accent belge n’ampute en rien ce film, c’est un film belge, je vous dis ! Et Marbie qui chantonne Bardot en Flamand, quel cadeau ! Mais je n’en dirai rien de plus, vous n’avez qu’à faire comme moi, vous caler entre les coussins de votre fauteuil, grignoter quelques saucisses en hommage à Jean Tube, et ne perdre aucune image de ce film que je qualifierais d’une profonde humanité. Si vous ne me croyez pas, consultez donc une médium déguisée en Chantal Ladessous…
Eh bien à présent j’attends 2019, car c’est en 2019 que l’on parlera de La vérité sort du puits.
La brume se détache, comme à contrecœur, des contreforts rocheux et de la cime des arbres crispés sous le froid de l’automne. Le son de la cloche de Santa Maria dei Tanti Peccati vibre dans l’air dense et humide de cette journée rousse de feuilles et grise de ciel. Sur le chemin qui monte à l’église, on entend tousser et renifler les vieux, geindre un enfant, admonester une mère impatiente dont le timbre de la voix trahit une joie qu’il ne faut pas gâcher par des enfantillages. Pas aujourd’hui, alors qu’enfin la baldracca, la putain, le déshonneur du village, celle dont le visage hideux servait de Befana (sorcière) pour garder les enfants sages sera mise sous terre.
Sous terre, où elle devrait être depuis une vie, cette vie qui a duré trop longtemps, pense Aldo, le veuf qui ne mime même pas le chagrin, et a promis à tous une tournée de grappa Pinot Barricata, une grappa d’exception, pas comme celle qu’ils distillent eux-mêmes ici dans la montagne et dans laquelle ils enfoncent une vipère à la mâchoire déployée… Plutôt que d’oublier dans l’alcool, il compte bien célébrer sa vie ainsi nettoyée par la main de Dieu de la honte qui a sali la renommée des siens… Son sacrifice interminable… Dieu a enfin eu pitié de ses efforts…
Il était temps, dit sur un ton à peine discret la Pina à sa sœur, bras dessus-bras dessous quelques mètres derrière Aldo. Il est encore bel homme, droit, et sa veste noire, dont elle a recousu les parements, lui donne une classe que ses habits de tous les jours ne permettent pas de déceler. Une petite année de deuil par décence, et elle pourra entrer chez lui en mariée, en maîtresse des lieux, et effacer toute trace du passage de la baldracca. Sa sœur soulève les épaules, sourit et chuchote à la Pina, avec un coup de coude discret dans le creux de la taille « c’est enfin ton tour d’être heureuse, oui ! Après presque vingt ans, tu y a bien droit…»
Derrière Aldo, les trois enfants qu’il a eus de la baldracca. L’aînée, Léopoldina a les yeux de sa mère, de ce bleu éperdu de ciel printanier, mais le teint et les cheveux d’Aldo, bistre et noirs, brisés en boucles laineuses et indomptables. Ses traits sont remarquablement beaux, et le temps apportant un oubli cruel parfois, on en est venu à se demander comment, avec une mère aussi affreuse, une telle chose était permise par la nature.
Insouciante, elle parle avec sa plus jeune sœur, Laura, qui lorgne à la dérobée le jeune Filiberto, dont les parents gèrent le seul restaurant de la région, restaurant qui attire des touristes pendant toute la belle saison pour manger leur fameux ragù di capriolo ai funghi, le ragout de chevreuil aux champignons. Elle le sait, Filiberto comme elle vit cette journée comme un cadeau d’espoir, car l’idée d’avoir la baldracca comme belle-mère était impensable, et sa mort vient de les libérer d’une frustration amoureuse qui se faisait très lourde. Le pas plus lent que ses deux sœurs, Beppe, lui aussi paré des yeux maternels mais également de son teint clair, de ses cheveux lisses couleur thé, et de lèvres qu’Aldo et sa grand-mère lui ont toujours conseillé de « tenir tranquilles ». Fais-les donc tenir tranquilles, ces indécences. Car les filles du village, elles, dissimulent les leurs quand elles le voient, tandis qu’elles relaient avidement le secret qu’elles trahissent, ces deux parts d’une bouche trop belle et gourmande… Car elles rappellent, leur ont dit leurs mères, celles du beau Nando. Nando qui est un jour parti pour ne pas revenir, donnant un tel chagrin à son père qu’il s’est jeté depuis le point de vue vers la vallée au bord de la route en lacets. Beppe, comme ses sœurs, sent que ce jour est un jour d’envol, que la brume se lèvera et le soleil, enfin, baignera leurs vies à tous.
Appuyée contre sa fille Alma, la vieille Rosa serre ce qui lui reste de dents. Bon vent la baldracca, bon vent et qu’on puisse t’oublier. Car ce que tu as fait à mon fils, le plus beau des fils, ce Nando sorti de mon ventre comme un oiseau de paradis qui serait né dans un poulailler, je ne peux te le pardonner. Pas plus que le saut de son père que le chagrin avait ailé, et qui m’a laissée veuve avec une fille que personne n’épousera plus, son temps est passé et son corps s’est tari. Tu aurais pu mourir avant ton heure, tu aurais pu hâter le destin, et nous laisser une chance de descendance…
Trop faible pour marcher, assise dans une chaise roulante poussée par son mari Ernesto, Inès, la mère d’Aldo, le chapelet entre les doigts déformés par l’arthrose et la méchanceté, le menton piqué de poils noirs levé dans une expression altière et triomphante. Ernesto, enfin, enfin… je pense que c’est le plus beau jour de ma vie, le plus beau dans l’absolu. Nous avons été de bons chrétiens, avons supporté l’épreuve que le Seigneur avait dans ses plans pour nous, mais de sa mort nous ne sommes pas responsables, et enfin la récompense est venue. C’est le plus beau jour de ma vie, je te dis ! A ses côtés, sa fille Gianna la pecora comme on l’appelle, Gianna la brebis, ses gros yeux tristes remplis de croûtes, et ses pensées ricanant amèrement dans le secret de son cœur.
Le père de la baldracca, Remo le taiseux, veuf depuis l’abominable histoire, le père d’une baldracca qui avait coiffé de honte tout un village. Sa femme n’avait survécu que trois semaines au drame, et son fils le Massimo était resté en ville où il étudiait, pour ne jamais revenir, se limitant à quelques cartes postales ici et là. Le vieil Anselmo, lui rendant visite un jour, avait rapporté au village que sur son bureau trônait une photo agrandie de sa baldracca de sœur, avec un petit vase rempli de fleurs séchées devant. Mais même pour les funérailles de sa sœur il n’est pas revenu… Par la faute de cette fille éhontée il avait tout perdu, attaché à ce village qui détenait toutes ses racines et ses repaires, l’en rendant prisonnier.
Un jour sans doute oublierait-on même que la baldracca avait vraiment existé.
Dans le cercueil de planches, le moins cher, le plus sordidement bon marché, portée par six gars du village désignés pour la tâche et le visage plus furieux qu’attristé, la baldracca repose enfin en paix. Pour elle aussi c’est le jour de la grande renaissance, et de sa récompense. Un par un elle renverse en tête, comme des quilles malfaisantes, les habitants et les faits de ce village et de sa vie.
Aldo d’abord fier et avide de sa pâle beauté d’elfe translucide, comme il l’appelait, et puis haineux, jaloux, blessé de sa propre rusticité… poussé par la Inès, laide et épousée pour ses terres, et la Gianna née sans menton et devant laquelle on faisait bêêê en riant, et dont on savait qu’elle resterait pucelle. Les coups, les insultes, les affirmations selon lesquelles elle se croyait mieux que sa mère et sa sœur, que lui-même.
Remo son père, qui de taiseux était devenu muet, ne lui avait plus jamais parlé. A peine un mouvement du menton s’il la croisait dans la rue, les dents serrées et le regard luisant comme la fureur qui sort d’un volcan.
Ses filles, Léopoldina et Laura, égoïstes et sans cœur, travaillées par la rancœur que leur avaient transmise la Inès, Ernesto, Aldo et les autres, et qu’elles n’avaient jamais remise en question. Convaincues que tout ce qui bloquait des joies infinies, c’était elle, qui pourtant continuait de coudre, cuisiner, réparer, nettoyer comme avant, pour qu’elles profitent de leur vie. La sienne, après tout… qu’elle s’use en vase clos n’était pas plus mal, elle était si effrayante à regarder maintenant… Seuls ses yeux parlaient encore d’un vertige infini.
La Pina, ah la Pina… oh elle le lui aurait bien donné, son Aldo, elle le voulait tellement. Voulait-elle les coups aussi, les humiliations, les crachats dans les cheveux ou les coups de pieds aux fesses après l’amour qu’il faisait comme un possédé qui expurge sa haine ? Elle n’avait encore eu, la Pina, que l’amour à petites doses, celui qui ressemble à des dragées délicieuses, et les caresses sur les doigts, sur les seins, et les mots les plus tendres qu’il avait dans son répertoire. Et surtout, elle avait l’illusion qu’une fois la baldracca hors du chemin, ce serait place à la romance et les petits soins. Là dans son cercueil plein d’échardes, ce qui reste d’elle rayonne un court instant, à l’idée des surprises âpres comme la rue fétide qui attendent la Pina une fois le temps de deuil épuisé dans l’impatience…
Beppe, son fils, son amour de fils, celui qui ressemble à Nando et la hait pour cette raison… et comme elle le comprend. C’est lui qui résume tout le drame, l’endosse comme un manteau poisseux.
La Rosa et l’Alma, jalouses de la beauté surnaturelle de ce fils et frère qui avait traversé le sang de leur famille, et dont on ne trouvait plus de trace sinon dans Beppe… Jalouses de ce garçon que, elles se tuaient à le rappeler, elle leur avait ravi avec ses jeux de paupières et les reflets de sa peau pâle. Le scandale avait été si sonore qu’il était, leur avait-on dit, parti en courant dans la vallée pour ne jamais en reprendre le chemin, tandis que les larmes et cris du père l’avaient fait plonger dans le vide à sa poursuite.
Mais la baldracca sait où il est, Nando. Ses os, elle les a lavés chaque année, à l’anniversaire du drame. Elle descend le long du versant aux myrtilles et bolets, dans le silence mousseux du sous-bois, avec un seau et une éponge, et elle le lave doucement, lui parle, le touche, et lui demande de l’attendre, que ça ne saurait plus être long. Elle a fait ce rituel chaque année, après avoir, au début, protégé le corps des gros prédateurs en le recouvrant d’une grosse épaisseur de brindilles, branches et feuilles, le tout surmonté d’un panneau de bois où elle jetait un peu d’essence lors de ses promenades. Depuis longtemps maintenant il ne reste que les os et la veste de cuir, raide et moisie, ainsi que les chaussures. Et la splendeur de leur couple immortel.
Les faits sont encore clairs dans ce qui lui reste de conscience, même s’ils se diluent comme le fait cette brume matinale dont elle ne fait plus vraiment partie. Leur liaison découverte par Aldo qui, aidé de ses parents Ernesto et Inès, suivis du père de Nando que l’on trainait de force, les ont suivis puis surpris, étendus dans l’amour sous les ramures complices. Inès qui a vidé la fiole de vitriol sur le visage et la poitrine de sa belle-fille alors qu’Aldo émasculait Nando avec son couteau de chasse, pour enfoncer ses testicules, hurlant et pleurant, dans la bouche fondue de son épouse. Et enfin forçant le père à saigner son propre fils, dont elle avait tenu le regard mourant dans le sien jusqu’à la fin, rapide.
Le fils qui leur était né six mois plus tard, et qui n’eut la vie sauve que parce qu’il était un fils.
Nando, Nando… enfin, j’arrive !
Stefania, mon aimée… tu sais, chaque jour et chaque heure, je me suis glissé dans ton ombre… je ne t’ai jamais quittée…
Pour une fois je vous propose un polar alors que je n’en lis presque plus mais celui-ci, né au pays de la célèbre Chimay bleue, m’a paru assez original et plutôt intéressant.
2401
Bob Boutique *
J’ai profité d’un voyage en train en Belgique pour lire ce gros roman noir qui raconte une histoire originale, fort complexe, et dont l’intrigue est particulièrement bien construite, surtout la partie belge, par Bobo Boutique, l’auteur. A Chamy, dans le sud de la Belgique, ne pas confondre avec Chimay le village où l’on produit la célèbre bière étiquetée de bleu, un ou plusieurs corbeaux sèment la panique dans la population. D’étranges lettres anonymes parviennent chez certaines personnes qui leur proposent un surprenant marché : le silence sur leurs agissements délictueux en échange de la soumission d’une autre victime au même mode de chantage. Chaque victime redoutant la divulgation de la vérité se soumet à ce petit jeu.
Pendant ce temps, un éminent responsable de la communauté musulmane d’Amsterdam est assassiné lors d’un attentat à la voiture piégée. La police antiterroriste hollandaise, la KMAR, découvre vite que l’auteur de cet attentat viendrait de ce petit village belge de Chamy. Aussi décide-t-elle d’envoyer une de ses inspectrices sur place pour tenter d’en apprendre davantage sur la population de ce coin de Belgique. La jeune inspectrice comprend vite que des choses étranges se passent dans ce village et, après avoir lié amitié avec une jeune femme perturbée, elle décide de prendre sa place lors d’une réunion occulte à laquelle elle est conviée.
Lors de cette réunion, la policière est enlevée et conduite après un long périple à Sion. Son supérieur s’inquiète de sa disparition et lance son équipe à sa recherche avec l’appui de la police belge qui, elle aussi, ne comprend pas le remue-ménage inquiétant qui affecte cette région. Le roman bascule alors dans un autre monde, celui de ceux qu’on présente comme des anormaux, ceux qui sont nés avec des malformations physiques lourdes. Un médecin suisse spécialiste de la tératologie (la science des anomalies de l'organisation anatomique, congénitale et héréditaire, des êtres vivants– selon Wikipédia), avec l’appui d’une secte religieuse qui défend le droit à la vie humaine quelle qu’en soit la forme, étudie ces malformations pour comprendre leur cause. La clinique de ce célèbre médecin semble être le centre névralgique de l’organisation qui manipule la fameuse chaîne constituée par les corbeaux dévoués mais inconscients du rôle qu’ils jouent. Une féroce bataille, pleine de rebondissements, oppose dès lors les polices hollandaises et belges à cette organisation sous le regard intrigué de la police suisse.
Voilà un roman noir étonnant, construit sur une intrigue très originale, qui met en scène une organisation particulièrement dangereuse dont les membres ne se connaissent pas et n’ont absolument pas conscience de la portée de leurs actes. Le manipulateur est un génie de l’informatique, il peut anticiper toutes les situations auxquelles il risque d’être confronté. J’ai surtout aimé la partie du roman qui se déroule en Belgique, là où naît l’histoire qui va conduire à l’affrontement définitif. La seconde partie est plus complexe, plus lente, moins rythmée, elle entraîne le lecteur dans un monde beaucoup plus dur à accepter. L’auteur est remarquablement documenté sur le fonctionnement de la police antiterroriste, notamment sur ses activités occultes. Sa connaissance des lieux est elle aussi très intéressante, même si son imagination joue peut-être un rôle important dans la description des sites où il situe l’intrigue.
Nul doute que cet ouvrage enchantera les amateurs du genre. Personnellement, il m’a appris des choses sur la tératologie et m’a rappelé ce que nous savons tous depuis quelques années, qu’on peut activer des terroristes partout dans le monde sans même sortir de chez soi. Et cela n’est pas rassurant.
And now, ladies and gentlemen... Voici l'inoxydable, l'indécrottable, l'incroyable, l'indémodable, l'infatigable, l'improbable mais très abordable, Monsieur Actu-Tv, j'ai cité : Bob Boutique !
1) Actu-Tv démarre sa 8ème saison... synonyme que ça "marche", non ? Peux-tu nous résumer cela en quelques chiffres ?
- Oui, on peut dire que ça "marche", mais l'explication est simple : on a une équipe super motivée, pas de tire-au-flanc et encore moins d'égo. Des chroniqueurs qui sont eux-mêmes auteurs et savent donc de quoi ils parlent et enfin... j'ai l'impression qu'on est les seuls à faire ça en Belgique. Les chiffres ? Difficile, car on a changé plusieurs fois d"hébergeurs et qu'au début on ne comptabilisait pas. On vient de démarrer en plus sur You tube mais là, c'est vraiment le tout début donc peu significatif. Disons qu' avec le site et les partages sur Facebook, Google+, Twitter etc. ... grosso modo 15.000 spectateurs par émission. Comparé à certains buzz, c'est pas grand chose mais pour de la littérature et les arts qui y sont associés (de la culture quoi !), c'est pas mal quand même !
2) Totalement satisfait ou encore perfectible ? Si oui, pourquoi ? Où ? Comment ?
- Ben oui, on est contents puisqu'on s'amuse et qu'on s'entend bien ! Perfectible ? Bien entendu, on travaille sans matos, rien qu'avec des idées et de la débrouille... on se critique tout le temps de façon positive et on essaie, on tente... si c'est pas bon ou pas terrible, on n'en fait pas une dépression. Mais toujours on continue, on n'a jamais raté une émission. Un jour, j'ai fait un reportage sur une émission télé de la RTBF ! Le mec interviewait un lecteur... une séquence d'une demi-heure qu'on aurait fait chez Actu-Tv en une heure (peut-être un peu moins bien, OK) et qui, lancée sur le Net aurait eu à peu de choses près le même aspect que leur émission. Et bien, ils étaient DIX pour faire l'enregistrement plus un CAR DE CAPTATION ! Je veux bien qu'on soit syndiqués mais faut quand même pas pousser bobonne dans les orties... déjà que leurs journaux télés sont manipulés à mort (toujours la même couleur)... c'est bien simple, j'écoute les infos chez les flamands... Alors oui, rapport qualité/prix, on s'en sort pas trop mal ! Sans coûter un centime à la collectivité. Subsides=zéro et on n'en veut pas.
3) Tu choisis tes collaborateurs ou y a-t-il des candidatures spontanées ? Y a-t-il des critères précis dans le choix de tes collaborateurs .
- Un seul critère, avoir la passion, de l'humour, parler vrai, simple et ne pas se prendre pour Brad Pitt ou Marilyn Monroe. Et aussi, CAPITAL, savoir bosser, préparer ses sujets, arriver à l'heure, être fiable quoi ! Du coup, on devient très vite des amis... chez Actu-Tv, on se fout des apparences, des accents (j'en vois certaines qui se sentent visées), on veut des PERSONNALITES. Le reste, la façon de parler, etc. ... ça s'apprend. A vrai dire, on ne s'est séparé qu'une seule fois d'un collaborateur qui tirait un peu trop la couverture à lui... une seule fois et ce après l'avoir averti amicalement trois fois !
4)Ton meilleur souvenir et ta pire galère ?
- Je n'ai pratiquement que des bons souvenirs, on a rarement rencontré des gens désagréables... bien sûr, on pose les questions qu'on veut et on n'épargne rien. Nous, on met tout sur la table puisqu'on est insolent mais juste. Mais toujours dans la bienveillance... ce qui nous déplaît, on n'en parle pas ou on l'ignore. Galère... quand un mec trouve qu'on ne l'a pas assez flatté et mis à l'honneur et qu'il exige avec des grands airs et des sommations pseudo juridiques de visionner "sa" séquence avant le passage sur antenne ou même qu'on la retire. Là, je deviens presque grossier. C'est NON, allez vous faire voir... c'est déjà arrivé (fort peu) et on n'a JAMAIS cédé. On a toujours passé ce qu'on voulait. Bons mais pas cons ! Mais encore une fois, c'est très très rare.
5) Le troisième volet de ta trilogie, c'est pour quand ? Son titre ?
- Après "2401" et "Chaos", j'espère sortir le troisième tome début 2018. Et puisque le
Polichinelle veut toujours tout savoir avant les autres, disons qu'il s'intitulera probablement "Bluff" ! Si le comité de lecture le laisse passer of course car chez Chloé tout doit passer devant ce comité. Un scoop, il m'a presque tout refusé jusqu'ici, non pas pour le contenu, là ça va, mais pour l'orthographe. Pas oublier que je suis flamand ou allemand au départ. Du coup, je fais du chantage chez Christine Brunet.. ou elle corrige tout... ou rien du tout. C'est une vraie amie. Je sais qu'elle s'arrache les cheveux mais elle le fait quand même. Une sainte !
6) Après tes 3 "briques", un retour aux contes ?
- Aucune idée, j'en ai assez dans mes tiroirs pour sortir un troisième volume mais je ne trouve pas le temps. Une chose après l'autre.
Sonate au Clair de Lune... Un titre qui pourrait coller au genre 'chic-lit' mais un visuel très codé qui nous renvoie instantanément vers un autre genre littéraire très prisé actuellement par les adolescentes, la "bit-lit"...
Impossible d'ignorer ce rayon bien fourni des libraires qui s'étend entre littérature fantastique et SF. Le lectorat est jeune, féminin et TRES enthousiaste. Et pour cause...
Pourtant, j'avoue n'avoir jamais eu la curiosité d'ouvrir et de parcourir l'un de ces ouvrages. Ma connaissance de la littérature "vampirique" découverte à l'adolescence se résumait à Dracula (de Bram Stoker)que j'ai littéralement dévoré, lu et relu, Entretien avec un vampire (d'Anne Rice) et la Forteresse Noire (de F-P Wilson), trois romans qui m'ont transportée dans un univers très noir, fantastique, une atmosphère qui, des années après, continue à me coller à la peau.
Du coup, lorsqu'Elodie Lemaire m'a proposé de découvrir son ouvrage, j'ai sauté sur l'occasion, bien entendu, mais sans a priori : je voulais comprendre l’engouement de ces adolescentes frénétiques et, qui sait, y prendre goût.
L'histoire en quelques mots ?
Deux jeunes femmes disparaissent... puis une troisième, Charlotte, une étudiante introvertie et mal dans sa peau, tournée vers les choses de l'esprit. Disparition inquiétante pour sa famille mais une "nouvelle" vie pour l'adolescente qui va découvrir l'amour passionnel, charnel et fusionnel pour un être hors norme (un vampire, vous l'aurez compris), puis la trahison, la manipulation et la déchéance.
Dans une atmosphère entre réalité et rêve, entre fastes et obscurité, beauté et noirceur, amour et haine, l'adulte que je suis a été surprise par le traitement du sujet, amusée aussi de constater le gap qu'il existe désormais entre ce qu'on appelle la littérature ados/jeunes adultes et la littérature dite adulte, une différenciation inexistante dans les années 70/80.
Sonate au Clair de Lune est un roman sentimental qui veut insuffler le frisson mais pas trop : on n'est pas du tout dans l'horreur ou la violence mais dans une romance atypique qui joue sur l'empathie inévitable pour l'héroïne et même pour Jonas, le beau ténébreux en fin de compte pas si mauvais que cela, manipulé comme sa victime.
Sonate au Clair de Lune est un texte facile à lire servi par une plume alerte et rythmée qui amène, par de longues descriptions, son lecteur dans son univers froid où la mort est omniprésente.
Âmes romantiques, plongez sans vous poser de question dans ce quasi huis-clos : le texte fera le reste.
Un toit, trois générations, et l'irrésistible envie de s’étriper.
Jules, quinze ans, a toutes les raisons d’être déprimé. Sa mère n’a d’yeux que pour les roses, les chats et la chasse à la poussière, son père est tremblotant de tics et de faiblesses, ses camarades de classe adeptes du langage des poings. Et pour couronner le tout, sa grand-mère, aussi aimable qu’une lame de guillotine, emménage sous son toit… Sauf que la petite dame aux pas ankylosés d’arthrose va donner du sens à sa vie.
Une comédie moderne, drôle et bouleversante, ode à la vie et au courage.
Eric Dargenton est né en 1984 en Meurthe et Moselle.
A 15 ans, au lycée, il découvre la poésie à travers l’œuvre de Victor Hugo. Elle ne l’a plus quitté depuis.
Après des études d’histoire et divers emplois, il est aujourd’hui chargé de l’accompagnement scolaire d’élèves en situation de handicap.
Passionné de littérature et d’écriture, féru de vers classiques, il publie en 2017 chez Chloé des Lys son premier recueil de poèmes intitulé A mes heures gagnées.
Il vit à Metz, la patrie de Verlaine.
Extrait :
A contresaison (extrait)
(…)
Je devrais être heureux, oiseaux, à vous entendre ;
A vous respirer, fleurs, je devrais être heureux ;
J’assiste à vos concerts, je vous regarde tendre
Aux ivrognes ailés vos vases liquoreux.
C’est l’heure où le poète à son aise délivre
Les quatrains épuisés du carcan de ses maux
Comme l’arbre dénoue un lourd corset de givre
Pour offrir aux regards ses plus tendres rameaux ;
L'heure d'aller à deux où l'on va solitaire,
D'un pas sûr, confiant, rythmé comme le Sien,
De ne troubler la paix du ciel et de la terre
Qu’avec l’allègre archet de son cœur musicien.
(…)
C’est l’heure où chacun veut, dans sa gaîté crédule,
J'attendais avec impatience la parution de ce second roman tant j'avais aimé le premier, "La Bukinê d'Anna". J'y ai retrouvé dès les premières pages certains personnages du premier opus (mais celui-ci peut être lu indépendamment, je vous rassure), la plume poétique et très imagée de l'auteur et cet univers entre fiction, passé et présent qui m'avaient interpellée.
Le lecteur voyage, plonge au coeur un paysage presque tangible aux côtés de héros attachants ou haïssables.
Achille... Quel destin terrifiant ! On frémit, on s'insurge face à la folie d'un homme, à l'obscurantisme d'une époque... pas forcément révolue, d'ailleurs.
Dans un contexte historique où chacun évolue sur le fil, dans un moment où la guerre de 39-45 frappe à la porte et transforme les âmes, Anna, Victoria, Elena, Marlène et d'autres croisent leurs destins. Nazis, réseaux de résistance, histoires d'amour et de séparations, de joies et de hontes, Marie-Noëlle Fargier prend les lecteurs par la main et les entraîne, au fil du temps, dans les méandres de l'âme humaine.
Ce roman est un hymne à l'espoir.
A l'image de la Loire, tumultueuse, sauvage, généreuse et éternelle qui traverse les chapitres du "Camaret d'Achille", les personnages s'offrent, luttent et surmontent, à leur manière, les aléas de la vie.
Une suite, Marie-Noëlle ? En tout cas, je l'espère ardemment !
Amélie COLELLI est née THOMAS en 1982 à Paris où elle vit et travaille aujourd’hui. Entre autres activités professionnelles, elle est critique d’art et publie ses articles sur son site internet www.articlesdart.com. La débutante est son premier roman.
RESUME
Laure, jeune diplômée en histoire de l’art, trouve son premier emploi dans une association qui fait la promotion de tout ce qui fait art. Sa mission consiste à organiser des évènements dans ce monde particulier. Pour se faire une place, elle doit en apprendre les codes et se faire à ceux de la société. Va-t-elle y perdre son âme et le sens de sa véritable quête ?
EXTRAIT
« Laure s’avance, l’allure soignée, le teint lisse. Elle a rompu avec le parti pris austère de son enfance et elle tient à continuer sur cette voie. Sans barrière, ni a priori, elle se dit prête à l’échange et à la plaisanterie. Elle veut de l’artifice et de l’émotion, se sentir vibrer au hasard des rencontres, toute rencontre étant la bienvenue, pourvu qu’elle l’étonne et la secoue. La salle de réception est aussi bruyante que pleine. Les portes vitrées donnent sur un parc, un immense parc dont on ne devine pas les clôtures. Et pourtant des limites, il y en a ici comme partout. »
On connait l'auteure Silvana Minchella... mais Silvana a également été chroniqueuse sur Actu-Tv, elle témoigne :
- Il y a plusieurs années, j'ai accompagné Bob pour une série d'interviews. Je ne m'étais jamais trouvée de ce côté-là du micro et à mon interrogation, Bob a répondu "tu te débrouilles". C'est sa façon de procéder pour voir ce qu'on a dans le ventre. Je n'en menais pas large mais j'ai passé le test à la satisfaction du jury.
- J'ai une foule de souvenirs. Chose amusante, c'est que mon meilleur souvenir et ma pire galère sont reliés à une même chronique. Nous sommes allés chez Julos Beaucarne pour l'interviewer au sujet de son nouvel album "Le balbuzard fluviatile". Un homme aussi talentueux qu'adorable. Le courant est passé immédiatement et de fil en aiguille, il nous a proposés d'aller dans un champ voisin découvrir "les pagodes". Et là, perchée sur mes escarpins, j'ai marché à ses côtés parmi les orties et les trous dans la terre. Stoïque. Bob, qui est très farceur, a écrit un petit mot à Julos le lendemain pour lui dire que je m'étais foulée la cheville...
- Ma dernière chronique date de deux ans à peu près. C'était pour le salon du livre de Braine-L'Alleud. C'est Bob le grand patron d'Actu-Tv, c'est lui qui décide avec qui il a envie de travailler.
- Enfin, je viens de terminer un recueil de poésie évoquant la passion amoureuse au parfum de phéromones... je sais que tu apprécies ma plume coquine...