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"Les jeunes aujourd'hui écrivent plus que jamais"...

Publié le par christine brunet /aloys

"Les jeunes aujourd'hui écrivent plus que jamais"...

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Marie-Noëlle Fargier nous propose une nouvelle...

Publié le par christine brunet /aloys

Marie-Noëlle Fargier nous propose une nouvelle...

Les poules aux œufs d’or- version XXI ème siècle de Marie-Noëlle Fargier


 

Il était une fois un aiglon au plumage brillant, très attentif à une apparence soignée que ce soit pour sa personne ou son environnement ; l’œil vif, il était toujours affamé de chair fine et délicate. Sur son rocher il faisait les cent pas, la tête penchée vers la terre, il réfléchissait. Une question le hantait « Comment puis-je parvenir à me rassasier et faire un monde plus propre ? » Un sourire se dessina sur son bec impérial. Son plan s’élaborait.

Le jeune aigle partit à la rencontre des poules aux œufs d’or. Souriant, convivial, bienveillant et séduisant dans son brillant pennage, il se fit ami avec les plus notables poules. Ces dernières avaient bien remarqué son insatiable appétit et plutôt que devenir sa proie, lui donnèrent un œuf, puis deux, puis trois…L’aigle aux manières affables accepta ces présents. Cependant il voulait comprendre comment cette alchimie pouvait s’opérer. Doté d’un grand sens de l’observation et stimulé par sa passion aurifère, il comprit et maîtrisa le noble matériau. Fort de son savoir et de son pouvoir, il leur demanda :

  • Merci mes chères amies de ne pas caqueter à droite et à gauche et de garder notre secret. Nous sommes les seuls à pouvoir en faire bon usage. Comme vous l’avez compris, je suis un sage et ma parole doit être entendue ! Puis, s’adressant aux coqs un peu vexés de se sentir délaissés, l’aigle poursuivit :

Vous, les majestueux coqs, vous jouez un rôle primordial en réveillant les habitants et en les informant de la levée du jour. C’est pourquoi, à partir de ce jour, je vous charge d’user de vos coquericos en annonçant mes vertus.

Ainsi chaque matin, les fiers mâles de la basse-cour, flattés, le cou tendu, proclamaient les qualités exceptionnelles de leur nouvel idole.

La diffusion quotidienne des capacités de ce jeune aigle eut un retentissement sur chaque classe des plumages.

Les poules lui donnèrent toute leur confiance, persuadées que leur secret serait protégé par les griffes du rapace. De plus, ses larges ailes héréditaires pouvaient conquérir tous les royaumes et ainsi faire fructifier leur trésor.

Les oies et les paons, gardiens efficaces furent les premiers volontaires à proposer leurs services, convaincus que les éclats d’or, dont ils bénéficiaient jusqu’à présent, allaient se métamorphoser en lingots.

Les canards, eux, vivotaient des poussières d’or mais espéraient que ce puissant aigle, motivé par une belle idéologie, leur offrirait quelques éclats pour nettoyer leur mare, lustrer leur beau duvet en se nourrissant correctement.


 

Seuls quelques passereaux, avec à leur tête l’oiseau-lyre, ne partageaient pas cet enthousiasme. Leur chant, leur musique, leur parade irritaient déjà le prétendant au trône qui leur ordonnait d’aller faire leur sérénade plus loin.


 

A l’unanimité l’aigle fut nommé roi du monde des plumes.


 

Au début de son règne, il fit bâtir un beau palais d’or sur les hauteurs de la montagne. Il y logea sa famille et tous ceux de sa race. En dessous, un palace, plus petit mais tout aussi éblouissant, accueillait les poules qui pondaient à volonté. Les autres restèrent dans la plaine.


 

Le souverain, proche de son peuple, se promenait fréquemment à travers la plaine, saluant de ci de là les oies, les paons et les canards, ravis de cet honneur. Sans oublier de leur rappeler qu’ils devaient retrousser les manches pour acquérir une vie meilleure. Il voulait s’assurer que sa nouvelle organisation fonctionnait bien. En effet les canards, désignés tâcherons, transformaient l’œuf en lingot. Les paons et les oies avaient été promus à l’encadrement des canards afin que la production ne faiblisse pas, ainsi parfois le généreux roi leur offrait quelques lingots. Certains canards ambitieux s’acharnaient à accomplir un travail fructueux, ainsi parfois le généreux roi leur offrait quelques éclats d’or.

Chaque matin, après le chant du coq qui louait toujours les mérites de l’aigle, sa majesté aimait planer au-dessus de son royaume. Un dimanche, alors que les paons, les oies et les canards travaillaient à la mine, il remarqua une nouvelle mare où paressaient des canards multicolores. Aussitôt il atterrit sur la plaine. Quelques tâcherons sortaient de la mine, il les interpella :


 


 

  • Bonjour, mais qu’est-ce cela ? demanda-t-il aux ouvriers d’un ton sec et d’un air dédaigneux en désignant la nouvelle mare. Impressionnés par cette nouvelle attitude de leur messire, l’un d’eux plus courageux osa répondre :

  • Ils sont arrivés hier, ce sont des canards sauvages, ils sont épuisés, ils ont dû faire un long et pénible voyage.

  • Mais enfin, ils ne peuvent rester ici !

  • Je crois, mon Roi, qu’ils sont si maigres qu’il est impossible pour eux de voler à nouveau. Ils doivent se reposer et reprendre des forces.

  • Je veux bien en garder quelques-uns, par exemple les plus vigoureux pour vous prêter main forte à la mine et ainsi vous pourriez avoir un jour de repos. N’est-ce pas ?

  • Comme vous êtes généreux, mon Roi, lui répondirent les tâcherons en chœur. Nous pourrions partager notre pâtée avec eux pour qu’ils recouvrent la santé.

  • Non, mes chers amis, je ne veux pas que vous vous priviez pour eux et peut-être sont-ils contagieux ? De plus, votre étang est déjà petit et je vous souhaite le plus de confort possible. Cette mare empiète sur votre étang. Je vais trier ces migrateurs, voir ceux qu’on garde et ceux qu’on renvoie !

  • Mais les renvoyer de quelle façon ? demanda le tâcheron un peu plus audacieux.

  • On prendra des éventails en papier pour les faire partir.


 

Sa majesté commença à sélectionner deux ou trois canards multicolores pendant que les paons, les oies et les canards sortis de la mine, unis, chassaient à l’aide d’éventails en papier la majorité de ces pauvres oiseaux migrateurs.


 

La vie reprit son cours. La mine d’or, en activité permanente, offrait au tout-puissant, à sa cour et aux poules une vie luxurieuse. La montagne était un vrai paradis. L’or scintillait. Le monarque ne manquait jamais une occasion pour se rendre dans la plaine. Quelquefois le rapace magnanime proposait à son peuple des petites fêtes pour étouffer les quelques doléances d’un paon, d’une oie, d’un canard effronté. Dans son plus bel apparat, il se rendit au bal qu’il avait organisé, toujours soucieux du bonheur de son peuple. Toutes les petites plumes voltigeaient, dansaient, regardées des gradins par les autres rapaces et les poules. L’aigle, à l’œil toujours vif, observa quelques oies, paons et canards avec le plumage vieilli, les ailes ralenties. Il distingua aussi des estropiés qui ne pouvaient danser. Soucieux, il convoqua le lendemain son assemblée de rapaces et de poules. Il leur exposa le problème. Qui sont ces déplumés et que faire d’eux ? L’assemblée et le souverain libérèrent sur leur sort pendant des heures. L’aigle, fatigué de cette perte de temps, trancha :


 

  • Oh ces gueux n’ont pas ou si peu de besoins. Ils sont inactifs et donc mangent peu, l’état de leurs ailes ne leur permet pas de sortir, ils sont déjà si moches que même les plus beaux habits ne peuvent changer leur apparence. Je suggère de diminuer leur poussière d’or ! Nous avons déjà bien assez gaspillé d’or pour eux ! Je ferai bâtir un abri en bois pour les loger tous ensemble. Je demanderai à leurs familles de contribuer, je leur ai tant donné d’éclats ou de lingots d’or ! Il est légitime qu’ils participent !

  • Mon Roi, si je peux me permettre, allez-vous étendre ces habitations à notre montagne ? intervint une poule d’âge mur.

  • Bien sûr que non ! Nous avons tant besoin de la connaissance de nos anciens que ce soient les rapaces ou les poules ! Et puis, je ne sais pour quelle raison, mais il faut constater que nous ne vieillissons pas de la même façon ! répondit-il dans un éclat de rire, en se mirant dans une glace.

Aux mots du plaisantin, toute l’assemblée s’esclaffa, puis le congratula sur sa beauté et sa sagesse.


 

La vie reprit son cours. Le vieux cabanon en bois abritait les plumes âgées, estropiées et malades qui devaient se suffire à eux-mêmes. Il recouvrait une grande surface de la plaine, sa majesté par son immense bienveillance ne voulait pas que son peuple finisse dans la rue qui se devait de rester propre. En réalité la cabane n’était jamais remplie et même plutôt vide, beaucoup de ses résidents « choisisissaient »…un départ définitif.

Ainsi, la population demeurait jeune et travaillait. L’aigle pendant ce temps continuait d’œuvrer pour son royaume. Son palais recevait les grands rapaces de ce monde. Ils échangeaient leurs œufs d’or, se jalousant les plus beaux, les plus purs. L’aigle n’hésitait pas à voler pendant des jours pour rechercher un or encore plus fin. Et lorsqu’il l’avait trouvé, il y établissait son empire fait d’oies, de paons, d’un grand nombre de canards et de quelques poules.


 

Les années passèrent. Un matin le monarque se leva en colère. Les jeunes disparaissaient de son royaume. La motivation n’était plus là ! Les oies et les paons ne parvenaient plus à faire respecter la cadence aux canards. Ces derniers n’avaient plus un jour de repos. Les deux ou trois canards migrateurs avaient été chassés à coups d’éventails en papier. Trop âgés, ils n’étaient plus utiles. Usés et de moins en moins productifs, les canards ne bénéficiaient que de restes de poussière d’or ; les oies et les paons sous la pression du maître du royaume, associée à la paresse des canards, ne recevaient plus de lingots, même les éclats qui leur revenaient se raréfiaient. Les tâcherons mouraient jeunes, les canetons se faisaient exceptionnels, enfin quand ils arrivaient à atteindre l’âge adulte ! Pour pallier à ce manque de main d’oeuvre, le sire imposa aux oies et aux paons de renforcer les rangs des tâcherons. Adieu les éclats d’or ! Les oies et les paons, incapables de s’adapter à cette vie dure et misérable, perdaient la raison avant de périr. Tous ces survivants devaient se satisfaire des restes de poussière d’or et encore à la bonne volonté du roi et des poules dont les besoins ne faisaient qu’accroître. Pour chasser sa colère et trouver une solution, le rapace plana dans les airs de longues heures. Revenu dans son palais, une idée lui vint. Il désigna quelques canes et canards encore assez jeunes et les engagea comme procréateurs. Ainsi la courbe démographique se rétablit et les tâcherons, en nombre défini par la volonté royale, rendirent l’or immortelle.


 

L’aigle pensa à assurer sa descendance. Il eut un fils. En âge de bien voler, le père l’amenait chaque matin pour survoler son royaume. Il lui enseignait ses valeurs. Observant son fils adoré, au chant du coq… il lui demanda :


 

  • Tout va bien mon fils, tu ne remarques rien de particulier ?

  • Non père, le monde que vous avez créé est le meilleur des mondes !


 

Moralité

Un oiseau-lyre, le dernier survivant des passereaux, juché sur un arbre d’or, chante une fable de la Fontaine et me voyant passer m’interpelle :


 

  • Eh Noëlle, tu charries complètement ! Commencer ton texte comme une fable et finir par « le meilleur des mondes » !

  • Ben oui, une fable qui fait parler des animaux ! Bah ! On est bien loin de ce passé où la personnification était obligatoire ! Et puis ce serait donner une âme aux animaux, quelle idée ! Pour ce qui est de finir par de la science-fiction, laisser croire qu’on pourrait devenir des robots ! Bah ! On est bien loin d’un tel avenir !

 

Marie-Noëlle FARGIER

 

Publié dans Nouvelle

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Le blog "Les lectures de Maryline" a chroniqué "14-18, guerre immonde" de Patrick Mallory

Publié le par christine brunet /aloys

http://leslecturesdemaryline.eklablog.com/14-18-guerre-immonde-a137087206

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Résumé de l'éditeur :

1916... j avais 20 ans, Et ce n était pas le bon temps ! C était le temps de la souffrance, Le temps où la mort prend du sens. extrait « On a enseveli leurs 20 ans »

 

 

Mon avis :

La première guerre mondiale a fait des millions de morts. On l'étudie à l'école, on en parle dans des documentaires, on la lit dans des romans ou des essais. Ici, cette guerre est mise en poésie, et pourtant, c'est moche la guerre. Mais l'auteur, par ses mots poétiques, nous fait revivre cette horrible période avec émotion et en images.

J'ai beaucoup aimé ce recueil de poèmes relatant la guerre, les soldats, le froid, la faim, la peur et la mort... Les mots sont justes, les mots sonnent comme des pétales qu'on aimerait semer pour faire refleurir la terre si abimée...

Mon préféré reste "Ceux de l'arrière". J'aime sa construction et sa façon de nous faire revivre cette période de l'histoire.

Un très joli recueil, bien mis en page, très poétique et intéressant pour comprendre toutes les horreurs de la guerre...

Publié dans avis de blogs

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Le blog "Les lectures de Maryline" a chroniqué le recueil "Les éphémères éternels" de Fj

Publié le par christine brunet /aloys

http://leslecturesdemaryline.eklablog.com/les-ephemeres-eternels-a137086854

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 Résumé de l'éditeur :

L’Haïkus traduit une sensation instantané…. Il ne se travaille pas, il est rapide et concis.

Extrait :

Un deux trois

Elles glissent légères glacées

Larmes-pluie

 

 

Mon avis :

Je ne suis pas du tout écrivain, encore moins poète. Alors écrire des haïkus, pour moi, c'est loin d'être facile! Il faut savoir trouver les bons mots, qu'ils s'installent dans une certaines harmonie, qu'ils soient beau ensemble et surtout, cohérents.

Un haïku est un poème japonais de dix-sept syllabes réparties en trois vers.

Dans ce petit recueil, j'en ai vu de beaux, de moins beaux, des faciles comme des plus difficiles. Certains sont compréhensibles alors que les autres ont incompréhensibles. Je me suis même demandé parfois si c'était si dur que ça! Parce que parfois, je ne les comprends pas, et je me demande si l'auteur n'a pas mis un dernier mot, juste histoire que ça se termine.

Bref, c'est sympa oui, ça se lit, mais bon, c'est pas pour moi!

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Une seconde, une minute, une heure, un texte court signé Louis Delville

Publié le par christine brunet /aloys

 

Une seconde, une minute, une heure


 

Une seconde ! Voilà bien une expression galvaudée. Le commerçant pressé qui vous dit : "je suis à vous dans une seconde" ou "une seconde, j'arrive" et cela dure des heures…


 

Une minute, une belle unité de mesure pour les sociétés de téléphonie.

Taxation à la minute, dit-on. Taxation à la seconde, réclament les consommateurs.

Une minute pour dire tant de chose à l'être aimé ou une minute de silence, le onze novembre…


 

Une heure pour le repas de midi, une heure de sommeil, une heure d'attente à l'hôpital. Je me demande toujours si ces toutes ces heures sont identiques. À l'école, il existe même des heures de cinquante minutes, c'est vous dire…


 

Une seconde, une minute, une heure ? Qu'importe, j'ai tout mon temps !


 


 

Louis Delville

 

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Un article sur "Sérénade à la vie" de Bernadette Gérard-Vroman paru dans Le Courrier (édition Mouscron-Comines)

Publié le par christine brunet /aloys

Un article sur "Sérénade à la vie" de Bernadette Gérard-Vroman paru  dans Le Courrier (édition Mouscron-Comines)
Un article sur "Sérénade à la vie" de Bernadette Gérard-Vroman paru  dans Le Courrier (édition Mouscron-Comines)

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Le rayonnement éphémère, un poème de Salvatore Gucciardo dans Magie Poétique

Publié le par christine brunet /aloys

 

Le rayonnement éphémère

 

L’œil du cyclope

Lorgne le papyrus

Coucher sur le sable

 

Les rêves

S’acheminent

Vers les sarcophages

 

L’éclat éphémère

Triomphe

Sur les écrans

Du monde

 

Tous les chemins

Aboutissent

Au cimetière

Des éléphants

 

On ignore

Le rayonnement

Du soleil

Qui se cache

Dans l’antre de l’âme

 

L’image volubile

Nous invite

Aux voyages artificiels

On étouffe

La flamme sacrée

Pour un terrain

De jeux

 

L’homme se réfugie

Dans le musée

Du carnaval

Pour s’offrir

Des habits

De parade

 

SALVATORE GUCCIARDO

 

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André Elleboudt et sa vision de l'écriture...

Publié le par christine brunet /aloys

Pourquoi écrire ?

J'ai toujours aimé écrire. Je crois que je n'osais pas me dire, alors je m'écrivais, je me décrivais et j'étais mon seul lecteur. Je découvrais qui j'étais.

J'aime les mots, papa était un grand joueur de mots, il faisait rire. Je lui ai pris ce goût aussi pour les mots qui font rire, j'aime faire rire, j'ai le sentiment de créer une ambiance, une atmosphère par le rire.

Et puis j'ai découvert que les mots était une belle manière de me dire sans le dire directement. Et aujourd'hui encore j'ai beaucoup de mal à laisser ma belle regarder par-dessus mon épaule alors que j'écris. Le moment de l'écriture est celui de l'intimité. Je suis chez moi. En moi.

 

Et pourquoi écrire sur son mal être ?

Parce que cela me permet de prendre connaissance de moi, de cette facette difficile à vivre. Quand j'écris sur mes douleurs, sur ma souffrance, je me vide d'une certaine manière de ce que j'ai du mal à supporter. Et me le dire en l'écrivant est salutaire. Ces mots sont un miroir, sans pudeur, sans faux-fuyant. Je me dis qui je suis car j'ai découvert que m'éviter, m'ignorer est l'autoroute vers la déconstruction, comme si je me refusais, si je refusais mon image, ma réalité.

 

Que reste-t-il de la vie ?

De deux choses l'une. Tu rames et tu te plains, t'enfonces, te subis, te détruis. Ou tu rames, découvres tes errements, t'enfonces mais refuses de plonger (mais pas toujours !). Ce qu'il reste de la vie, de ma vie, c'est ce que je décide d'en faire jour après jour : me savoir souffrant, m'accepter perdu, vivre ma solitude (on est seul quand on a mal), vouloir me relever parce que d'autres sont autour de moi et qu'elle en vaut la peine, et qu'ils en valent la peine, parce que sans elle, sans eux, où serais-je ? Quand, dans le livre je me pose la question "Bon, et maintenant je me flingue ?", ce n'est pas une image.

 

La fin de quelque chose ?

La fin de celui que je connais et le périple sans GPS vers celui que j'ignore et que je souhaite rencontrer et connaître. C'est une sacrée histoire de devenir un autre que celui avec qui j'ai vécu pendant cinquante ans. La maladie, ma maladie, c'est un enfer.

 

 

Vous écrivez …

A l'abri d'un donjon

Vivait jadis un con

Qui, hébété couillon,

Croyait être un dragon.

… quel est le sens de ce quatrain ?

J'ai vécu cinquante années de bonheur, de bien-être, d'insouciance, d'hébétude sans connaître vraiment la valeur de la vie que je menais, de ce bonheur qui me fréquentais sans réellement percevoir ce qu'était ce bonheur, ce bien-être, cette santé. Et puis, soudain, le clash, la baffe, le tremblement de l'être, petit à petit, insidieusement, en profondeur, inconnu. Je croyais être et n'étais plus grand chose, capable de grand-chose, rêvant de grand-chose, …

 

Publié dans présentations

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"Pas grand-chose", une poésie signée Patrick Beaucamps extraite de son recueil "En chemin jusqu'ici"

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

Pas grand-chose

 

Le plus souvent ça arrive,

sans qu’on ne s’y attende.

 

Une pensée timide,

à peine palpable,

mais qui bien vite se transforme en idée.

 

Une bonne idée même,

à laquelle on cogite.

 

Petit à petit,

des mots se dévoilent,

des phrases s’ajustent sur le papier.

 

Mais il ne faut pas grand-chose 

pour que le rythme se brise

et que l’émotion s’évanouisse.

 

Il suffit que

le passé vous rattrape,

le présent vous réclame,

le futur vous inquiète.

 

Et tout est à refaire.

Publié dans Poésie

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Cyriaque Maixent Ebenga nous propose l'introduction de son essai d'éthique politique "Reconstruire le Congo-Brazzaville : une approche contractualisée"

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

INTRODUCTION

 

 

 

D’un Congo à l’autre.

 

La décennie 1990-2000 représente pour le peuple congolais l’espoir d’abord, puis la tragédie. Il voit la chute du parti unique « révolutionnaire » avec ses travers, suscitant ainsi d’immenses espoirs ouverts par les perspectives démocratiques. Il voit les défaillances d’une démocratie pervertie qui, à la place d’échanges d’idées et de discussions de programmes de sociétés, engendre des guerres civiles. Ces guerres sont d’autant plus dramatiques, que les armes utilisées sont à la fois sophistiquées (armes d’exterminations massives, aviation, …) et pernicieuses (viol, ethnocide, …). Mais ces guerres sont menées à travers de milices et de mercenaires. Aussi, les conséquences ne facilitent-elles pas la réconciliation, aujourd’hui nécessaire au pays : extermination, destruction de matériel (l’infrastructure, exceptée l’industrie pétrolière), hypothèques sur les richesses minières et pétrolières du pays, exode, haines interethniques, retour à des situations d’avant indépendance. Dans ce contexte, il n’est pas difficile de comprendre l’échec de nombreuses tentatives officielles, ou officieuses, de réconciliation et donc le scepticisme des bonnes volontés. Et pourtant, la cérémonie de réconciliation et « du pardon » qui avait clôturé la Conférence Nationale Souveraine avait laissé espérer la fin de pratiques anachroniques au profit du respect des droits de l’homme, et naturellement le développement national. L’échec de ces espoirs est tel que le dialogue national sans exclusive lancé par le président Denis sassou nguesso au mois de mars 2001 n’a pas suscité beaucoup d’enthousiasme mais a nourri quelques espoirs, auxquels le peuple congolais veut encore s’accrocher.

Alors se posent quelques questions.

Etait-il sérieux de faire espérer inutilement tout un peuple ?

Etait-il responsable de réunir, autour d’une table, un panel non représentatif de l’ensemble des sensibilités ? Etait-il opportun, en cette période, en ce lieu, et avec ces hommes, dans ces conditions, de tenir ce dialogue national « sans exclusive » certes utile, mais dont toutes les conditions de réussite ne semblaient pas réunies loin s’en faut ?

Mais une fois tenu ce dialogue, il importe plutôt d’en tirer les enseignements et de mettre en œuvre les décisions adoptées. Ainsi les espoirs de ce forum devraient-ils être consolidés par les autorités et par toutes les parties, afin de sceller le pacte de la réconciliation nationale qui soulagera les peines individuelles et collectives endurées moins non encore pardonnées.

Dans cette optique, il est impérieux pour toutes les parties en conflit – toutes tendances confondues – de s’atteler à la concrétisation de ces lueurs d’espoir dans l’intérêt du peuple congolais tout entier eu égard aux ressources importantes utilisées à cet effet. N’est-ce pas là que commence le patriotisme tant proclamé, patriotisme qui n’est du reste le monopole de personne.

Si, par orgueil, chacune des parties belligérantes refusait de faire le pas décisif susceptible d’amorcer le dialogue, les perspectives s’assombriraient alors et les bonnes volontés pourraient se décourager, compliquant davantage le règlement. Alors refuser de coopérer serait fuir ses responsabilités politiques et morales, tandis que persister dans la violence serait entretenir le crime. Il faut donc passer outre son orgueil et croire en une fin prochaine de l’hostilité et à la réconciliation. Car faut-il être assuré du succès pour entreprendre ? Et quel mérite y-a-t-il à attendre que toutes les conditions de réussite soient réunies pour œuvrer ?

 

Aussi, ce travail ne doit-il pas être laissé à la seule charge des autorités, chacun en ce qui le concerne doit apporter sa contribution quelque modeste qu’elle puisse être. C’est dans cette perspective que la présente réflexion s’inscrit.

Ce n’est ni un canevas de travail, ni une solution, dans la mesure où nous ne connaissons pas les grands contours de cette violence interethnique récurrente. Cette réflexion est peut-être naïve, mais elle est sincère et charitable sans aucun doute. C’est surtout un espoir, notre vœu le plus cher, que notre pays s’oriente résolument vers l’utilisation judicieuse des richesses humaines et naturelles nationales au profit du plus grand nombre de personnes.

Du point de vue de sa structure, l’ouvrage comprend six parties de manière à envisager les principaux aspects de cette situation dramatique dont il semble impossible de sortir, du moins à court terme.

Dans le premier chapitre, nous présenterons, en premier lieu, le cadre spatio-temporel avec un bref aperçu sur sa géographie et l’importance de l’ethnographie au Congo. En second lieu, nous envisagerons d’abord les mouvements messianiques, dont le plus important a été le Matsouanisme du nom de son fondateur Matsoua ; ensuite, l’histoire politique du Congo marquée par la création des partis d’obédience européenne et africaine qui, au cours de leur évolution, ont connu un nombre sans cesse croissant de drames, notamment des affrontements interethniques et partisans de 1959.

Dans le deuxième chapitre, comme le drame se passe davantage à Brazzaville, nous ferons d’abord une incursion dans les principaux quartiers de la capitale, ensuite nous ferons une rétrospective des journées qui ont conduit à la chute du régime Youlou.1 En troisième lieu, nous envisagerons, avant d’analyser la crise congolaise qui s’est traduite par les guerres ethniques de la décennie 1990, d’examiner le caractère ethniciste des pratiques et arguments des politiciens. Nous verrons alors que de tels comportements ne pouvaient déboucher que sur des massacres, exécutés par de milices particulièrement conditionnées. Et pour comprendre cette situation, nous nous sommes interrogés sur l’importance du cœur dans la tradition congolaise.

Dans le troisième chapitre nous examinerons les aspects théoriques des affrontements, les tactiques et les stratégies d’élimination des populations, pratiques traumatisantes pour les survivants. Après cette réflexion, nous envisagerons dans le quatrième chapitre les conséquences tragiques de ces guerres, dans ces pratiques d’une part (recours systématique aux tortures, hypothèque des ressources en vue d’armer les milices et mercenaires, viols, tueries, harcèlements, corruption,…) ; et d’autre part des points de vues politique, social, économique, culturel, financier, militaire,…

Ces questions déboucheront sur l’impérieuse nécessité de réconcilier ces communautés ethniques qui se sont affrontées de façon violente. C’est l’objet du cinquième chapitre. Et pour cela, nous envisagerons la question incontournable de la vérité sur les différents évènements, comme préalable au pardon. Nous examinerons, dans cette perspective, la réconciliation du point de vue des religions (Bouddhisme, Christianisme, Islam, Judaïsme, religion traditionnelle africaine.) Car, une fois la réconciliation amorcée, il conviendra de l’accompagner et de la préserver.

Quelques aspects sont examinés enfin dans une perspective salvatrice : lutter contre la culture d’impunité, la corruption, la prolifération des armes légères et envisager la démocratie en terme d’exigence, de respect des droits, mais surtout de respect des engagements pris!

Mais comme une paix sans perspective heureuse ne saurait durer, le développement de notre pays se fera grâce à la contribution individuelle et collective de chaque citoyen, de chaque groupe. Il faut alors un élément fédérateur pour construire ou reconstruire la nation du « Congo de l’espoir ». Dans cette perspective, je reste convaincu que notre histoire commune et notre patrimoine culturel, matériel et immatériel seront assurément plus utiles que toutes les richesses, objet de toutes les convoitises malheureusement.

Aussi, nous envisagerons enfin la reconstruction à partir des fondements existants dans un premier temps. Dans un second temps, nous circonscrirons le cadre en y mettant des garde-fous aux leviers du développement de manière à changer la progression de la destruction en disposition favorable transformant les rêves en problèmes pour la pensée et en énergie pour l’action. C’est à cela que nous nous emploierons dans le sixième chapitre.

Nous terminerons par quelques réflexions encourageant les différents acteurs congolais à renoncer à la violence, au profit de la concertation, en invitant les fils de ce pays à éteindre complètement les sources de tension. 

Pourquoi cet ouvrage, alors qu’il en a déjà bon nombre parmi lesquels d’excellents ?

D’une part parce qu’il est le cri du cœur d’un citoyen sans engagement partisan, vivant une espèce d’exil forcé à l’étranger. Il a perdu de ce fait ses racines, ses certitudes jusqu’à ses espoirs. Il ne comprend ni les logiques de ces guerres, ni leurs motivations profondes, ni leur finalité. Il essaie donc de comprendre. Il s’exprime de façon interrogative et populaire.

D’autre part, parce qu’il traduit un espoir fou et non une désespérance. Et si ces raisons ne suffisaient pas, j’ai un besoin de sentir ma terre natale, quelle que puisse être la douceur de l’exil, malgré la compassion et la sollicitude de nos frères africains en particulier, et des autres hôtes qui supportent tant bien que mal notre fardeau.

Publié dans présentations, Textes

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