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Séverine Baaziz répond à la question : pourquoi participer aux concours organisés par notre blog ?

Publié le par christine brunet /aloys

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Christine Brunet a lu pour ActuTV "Chroniques de l'Invisible : les oiseaux de pierre" d'Ani Sedent

Publié le par christine brunet /aloys

 

J’ai passé commande de ce troisième volet des Chroniques de l’invisible dès que j’ai su qu’Ani Sedent avait bouclé sa maquette… Très impatiente… Il faut dire que j’avais dévoré les deux premiers volets « Magie en péril » et « Le sixième domaine » et que je voulais savoir ce qu’il était advenu de Valerian.

Je dis ça, mais on peut lire ce 3e opus indépendamment et je suis certaine que si vous découvrez l’univers d’Ani via « Les oiseaux de pierre », vous souhaiterez très vite lire les deux premiers.

Nous parlons de quel genre de roman ? Pour ceux qui ne le savent pas encore, Ani Sedent a créé un univers magique où magie noire et magie blanche se côtoient, où les mages, les elfes, les dragons, les incarnés prennent vie, où les Domaines sont en butte à des forces occultes sournoises toutes puissances. Les Chroniques de l’Invisible sont destinées à un public TRES large ! Enfants, ados, adultes… tous ceux qui sont ou restent prompts à l’émerveillement seront envoûtés par les héros de la trilogie.

Bon, je ne vais pas tourner autour du pot, comme on dit… J’ai a-do-ré ! Oserais-je avouer que c’est le meilleur des trois ? Sans doute parce que je me suis appropriée son univers et ses héros 😊

L’écriture est fluide, riche, très agréable et plonge implacablement le lecteur dans cet univers si particulier créé par Ani : que j’ai aimé retrouver Azimuth, le dragon, Merlin, Hortie et Valerian ! Mais nous faisons connaissance d’Angélie, une fée-marraine incroyable de bravoure et de détermination, de Glawhenn, une elfe (enfin peut-être 😉) vraiment extraordinaire, et de bien d’autres plus attachants les uns que les autres.

Vous ne saurez rien de l’histoire : ben non, pas question de vous livrer ne serait-ce qu’un indice de cet imbroglio temporel…

Mais plongez-vous sans modération dans cette aventure hors-norme et laissez votre âme d’enfant prendre le dessus l’espace de ces 281 pages palpitantes que vous dévorerez en l’espace de deux temps, trois mouvements !

Vous l’avez compris, les oiseaux de pierre sont un méga coup de cœur ! Et j’espère qu’Ani nous proposera très vite d’autres aventures de Valerian, Merlin, Hortie et Azimuth !

 

Christine Brunet

www.christine-brunet.com

 

Publié dans actutuv

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Edmée de Xhavée répond à la question : pourquoi participer aux concours organisés par notre blog ?

Publié le par christine brunet /aloys

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Carine-Laure Desguin nous propose une nouvelle en épisodes : Deux jours pour l’éternité - 5

Publié le par christine brunet /aloys

 

Le lendemain matin, Franck se lève très tôt. Sur toutes les chaînes de télé, ce ne sont que des communiqués spéciaux toutes les heures. Aucune créature ne sort pour le moment des engins extraterrestres. Des militaires encerclent chaque vaisseau. On en compte actuellement une vingtaine, dispersés sur chacun des cinq continents. Aucun engin repéré à proximité des océans.

   Franck Nussdorfer reste perplexe, son cas serait-il isolé ? Il a voulu contacter Oliver Lewis son ex-collègue. En vain, le numéro n’est plus attribué … Il prépare alors le petit-déjeuner. Gillian dort encore. Ni l’un ni l’autre n’a fermé l’œil durant la nuit. Ils ont discuté, cherché des réponses à une kyrielle de questions. Franck refusera l’hospitalisation proposée par les flics, pas question de subir des examens médicaux, de consulter un psy ou autre gus spécialiste du cerveau. Il se sent très bien. Il n’est pas fou.

   L’ex-scientifique appuie sur le bouton on de la machine à café. Il n’y parvient pas. Rien ne se déclenche. Il essaie encore. Le bouton on semble avoir perdu de sa densité. Franck passe les mains sur l’entièreté de la machine. Toute la machine a perdu sa rigidité. Franck ressent alors au niveau de son thorax d’intenses vibrations. La veille, il avait éprouvé les mêmes sensations, mais plus modérées celles-là. Franck veut ouvrir une fenêtre, il se sent oppressé. La poignée de la fenêtre est elle aussi dans le même état de mollesse que la machine à café. Les vibrations de plus en plus soutenues impressionnent Franck Nussdorfer. Il porte à présent les deux mains sur son thorax qui lui  aussi a perdu de sa densité. À proximité de son cœur, en zone sous-cutanée, il tâte une partie plus compacte de plus ou moins deux centimètres carrés. Une puce, pense-t-il, ils ont osé m’introduire une puce dans le corps.

   Franck Nussdorfer découvre avec stupeur juste à côté de la machine à café un cercle parfait constitué de bulots. Leur coquille est entière, aucun éclat apparent. Les bulots commencent à vibrer. Franck n’en croit pas ses yeux. Ses idées s’éclaircissent. La peur à présent fait place à une immense sérénité. L’ex-scientifique commence à comprendre. Le souvenir des deux jours passés hors du temps terrestre lui revient en mémoire. Il entrevoit tout : l’intérieur immense d’un vaisseau multi-équipé, son corps anesthésié étendu sur une table chirurgicale et autour de la table, sept géants engoncés dans des combinaisons lumineuses d’un gris métallique. Ces êtres venus sans aucun doute d’un lointain ailleurs sont penchés sur lui et, de leur unique œil planté au milieu de leur visage émacié, ils examinent chaque membre du corps de Franck Nussdorfer. Leurs deux mains, prolongées par trois longs doigts seulement, pénètrent son épiderme et triturent ses organes.

   Soudain le Terrien entend l’une de ces créatures briser le silence et murmurer, « Celui-ci est le premier, ce sera notre prototype. Il s’appellera Adam.»

FIN

Carine-Laure Desguin

http://carineldesguin.canalblog.com

Publié dans Nouvelle

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Carine-Laure Desguin nous propose une nouvelle en épisodes : Deux jours pour l’éternité - 4

Publié le par christine brunet /aloys

 

Une fois les deux flics partis, Franck et Gillian restent seuls. Franck pousse un soupir et prend Gillian dans ses bras. Il la serre très fort contre lui.

  • Que me caches-tu, Franck ? s’inquiète Gillian.
  • Mais rien du tout ma chérie, rien du tout. Il fallait encore bien que ce flic à la con pose une telle question, quel barré celui-là !
  • Franck, deux jours, tu te rends compte, deux jours ! Et tu reviens dans un tel état… Ta transpiration me donne des hauts le cœur et tu parais n’être plus rasé depuis huit jours. J’écarte l’option de la petite amie, affirme-t-elle confiante, presque souriante. Viens, asseyons-nous sur le divan, nous devons parler toi et moi.

 

   Franck Nussdorfer ressent une intense fatigue. Il étend les jambes et penche la tête vers l’arrière tout en fixant le plafond. Gillian se lève, revient quelques instants plus tard et dépose deux tasses de café sur une des tables gigogne. Franck éteint la télé qu’il avait allumée machinalement, depuis toujours il est très addict aux écrans.

  • Gillian, je n’ai écouté que deux minutes les actus. C’est quoi cette histoire de vaisseaux extraterrestres ? Une blague ? Dans les mainstream en plus, c’est dingue ça ! Je rêve ?
  • Oh Franck, parlons de toi ou ne parlons pas si tu préfères. Restons là, comme ça. Tu es là à mes côtés, c’est la chose la plus importante en ce moment.
  • Toi, une passionnée d’OVNIS et de petits hommes verts, tu me dis ça, tu ne cesseras jamais de m’étonner, Gillian.
  • En deux mots alors. Des vaisseaux d’origine inconnue atterrissent aux quatre coins de la planète, Franck. Aucune créature n’en sort jusqu’à présent. Les dirigeants de tous les pays appellent au calme … Ils maîtriseraient la situation … J’utilise le conditionnel, bien sûr … Voilà …
  • Aux quatre coins de la planète ?
  • Oui, d’après les infos … On cite l’Égypte, à quelques mètres du Sphinx, tout près des montagnes Bucegi en Roumanie, au Pérou à deux pas du mont Machu Picchu, et j’en passe. C’est la panique partout sur la planète, des milliers de suicides, des meurtres à n’en plus finir.
  • Et ici en Belgique, rien du tout ?
  • Pour le moment, rien du tout en effet. Il se dit que toutes les régions côtières seraient épargnées et ce jusqu’à plus de cent kilomètres à l’intérieur des terres. Et notre minuscule royaume ne fait que deux cent kilomètres d’ouest en est …
  • Les régions côtières seraient épargnées, tiens donc.
  • Oui, ne me demande pas pourquoi. Tiens, voilà ta tasse de café, Franck.
  • Merci, Gillian. Il m’en faudrait bien dix pour avoir le courage de te raconter ce que je viens de vivre. Mais à côté des actualités, mon aventure, c’est pas grand-chose, lâche-t-il, songeur.

 

   Franck raconte alors ce qu’il a vécu, et tout ce qu’il a vu, ou cru voir. Le silence, le va-et-vient du disque dans la mer et ce sans aucun splash, l’étrange matière organique des coquillages et puis ce gigantesque crop circle formé par toutes ces coquilles vides. Gillian n’en croit pas ses oreilles, elle est consternée. Cependant pas un seul instant elle ne met en doute le récit de Franck. « Ces engins n’atterrissent pas au niveau des zones côtières, la belle affaire, pense-t-elle, ils vont et viennent dans les océans ! » Gillian s’attendait à tout mais « ça », jamais elle n’y aurait songé. Un moment, vu les connaissances scientifiques de Franck, elle avait imaginé un kidnapping. Les autorités, face à l’urgence de la situation concernant l’atterrissement de ces engins extraterrestres ou plus exactement d’origine inconnue, devraient rassembler le plus vite possible tous les «cerveaux » des continents. Gillian a toujours su que Franck lui dissimulait les résultats de ses expériences et que personne après la mise à la pension de celui-ci n’avait continué ses recherches.

  • Franck, personne ne t’a contacté ? Du labo je veux dire ?
  • Oh, mon GSM est HS. Mais dans cette situation, nous verrions trois ou quatre sbires sortir d’une grosse bagnole et ils ne me demanderaient pas mon avis, je serais embarqué illico presto et déposé là où tu sais. Mais cela n’arrivera pas.
  • Ah bon ? Tu en es certain ? Tu n’étais pas un chercheur assez important ? dit-elle sur un ton ironique tout en faisant un clin d’œil à son mari.
  • Dans l’équipe, il y avait un jeune gars très prometteur. Un vrai cerveau celui-là. Je me demande encore où il allait chercher tout ce qu’il nous pondait. On l’avait surnommé « Le nouveau Tesla », c’est dire.
  • Tu ne m’en as jamais parlé. Ah oui, toujours ce secret professionnel. Tu as bien fait. Autant de rien savoir de tout ça.
  • Tu as bien changé, Gillian ! Toi qui dévorais les livres de SF, non ?
  • Oui mais c’était avant ta disparition ! Et surtout de ce débarquement d’engins bizarres. Doit-on croire les infos mainstream ? Ou c’est du pipeau encore une fois ? À quoi penses-tu, Franck ? Dis-moi …
  • Je pense à ce jeune Oliver Lewis, notre « nouveau Testa ». Pauvre gars, ses neurones doivent carburer. Le ministère le harcèle certainement. Lui et quelques autres ... Tu sais, nous avions même des contacts avec le Pentagone.
  • J’ignorais ça ! Ah oui, le secret professionnel …
  • Je jugeais inutile de te gaver avec ces expériences. Tu aurais pu t’inquiéter, Gillian. Et puis, je te sentais tellement excitée lorsqu’on abordait le sujet des extraterrestres …
  • … que tu as décidé de me cacher tout ce que tu savais…
  • Tu comprends tout, ma belle.
  • Je te sens si cool par rapport à tout ça. Ton comportement me déconcerte. Tu as quand même disparu pendant deux jours, Franck, deux jours !
  • Oh, Gillian, qu’est-ce donc deux jours par rapport à toute l’histoire de l’humanité ?
  • Mais Franck, il s’agit de toi ! Et de moi … Ou alors …. Que connais-tu donc que le commun des mortels ne s’imagine même pas ? Ou je me trompe ?
  • Tu as raison, ma belle. Ah les femmes sont si finaudes !
  • Dis-moi. Ma main à couper que tu songes aux découvertes de ce « nouveau Tesla » ?
  • Oui, il a finalisé mes travaux … Ces engins viendraient du futur. Ils maîtrisent les espace-temps et la densité de la matière. Ils sont connus des autorités depuis des dizaines d’années. Ils défient tout, le temps, l’espace, la matière, tout. Leur vitesse est inimaginable, ils font des virages à angles droits. Ils se rendent invisibles. Il y a des milliers de témoignages. Ils prendraient même des formes incroyables, se transformant eux-mêmes en vaisseaux spatiaux. Oui Gillian, ils deviennent leur propre vaisseau !
  • C’est impensable ça ! Et s’ils peuvent se rendre invisibles, pourquoi veulent –ils être vus aujourd’hui ?
  • Pour que nous sachions que nous sommes surveillés.
  • Dans quel but ?
  • Pour nous empêcher de commettre des conneries, faire exploser la planète par exemple …
  • Tout cela nous éloigne de ta disparition. Deux jours, Franck, deux jours … Tu n’as donc aucun souvenir de toutes ces heures perdues ?
  • Aucun souvenir, aucun, Gillian. Aux infos, personne n’a relaté un cas semblable au mien ?
  • Je n’ai pensé qu’à toi, Franck. J’ai écouté les journaux de loin, de si loin …

 

A suivre

Carine-Laure Desguin

http://carineldesguin.canalblog.com

Publié dans Nouvelle

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Carine-Laure Desguin nous propose une nouvelle en épisodes : Deux jours pour l’éternité - 3

Publié le par christine brunet /aloys

  

 

Encore très soucieux de la scène dont il vient d’être témoin, Franck Nussdorfer remonte vers la digue tout en ne pouvant chasser de sa vue l’image de ce disque géant d’un gris-bleu se mêlant si bien au bleu-vert des vagues et se glissant entre elles dans un silence quasi-mortifère. Une fois arrivé sur la digue, il jette encore un regard interrogatif vers la plage et là, suprême stupeur. Tous les coquillages se sont rassemblés de manière à former une figure géométrique, un cercle, un gigantesque cercle d’au moins cinquante mètres de diamètre. À l’intérieur de ce cercle, d’autres cercles parfaits, le tout conférant une structure visuelle impeccable, sans aucune fausse note. Les crops circles ne sont à ce jour visibles que dans les champs de maïs ou de blé, et de préférence en Angleterre. Et pas sur la plage d’une petite station balnéaire belge. Ça, Franck Nussdorfer le sait.

Eh bien, si Gillian voyait ça, elle s’écrierait « Ils sont là, ils arrivent, c’est un crop circle parfait annonçant la venue prochaine des extra-terrestres, je te l’ai toujours dit, Franck Nussdorfer ! »

Oh Franck, casse-toi d’ici au plus vite, ne reste pas le jouet d’un mauvais jeu vidéo ! Ce ne sont que des hologrammes, ceci n’est pas la réalité !

 

   La plage est encore déserte et à présent, il est presque midi. Le temps grisâtre et cet interminable crachin n’engagent pas à la promenade. Sur la digue, Franck croise des promeneurs. Aucun ne fait mine de descendre sur la plage et, vu le calme ambiant, aucun n’a encore remarqué qu’au loin, un crop circle formé de coquilles vivantes attend de communiquer d’une façon ou d’une autre.

   Franck Nussdorfer presse le pas, il a hâte de raconter sa mésaventure à Gillian. En longeant les maisons de la Kerkstraat, il constate avec étonnement que les travaux de voierie ont déjà presqu’atteint son immeuble. Et qu’à quelques mètres de là, juste en face de son garage, deux combis de flics sont stationnés.

   Dans l’ascenseur un voisin lui lance « Ah vous voilà enfin de retour, monsieur Nussdorfer, quel soulagement de vous revoir sain et sauf ! Et votre épouse qui justement ne … » Franck se contente de sourire béatement en opinant de la tête, il ne prend pas le temps d’écouter la fin de la phrase du voisin, il avance. Son cœur bat très fort, il craint pour Gillian. Il n’a même pas pris la peine de lui envoyer un SMS comme il le fait d’habitude lorsqu’il se balade sur la plage. Il s’énerve, il ne parvient pas à introduire la clé dans la serrure de la porte, sa main tremble trop fort. Il tambourine de toutes ses forces sur la porte. C’est un flic au visage perplexe qui lui ouvre.

  • Gillian, Gillian ! hurle-t-il en bousculant le flic.

   Gillian est assise sur le coin du divan, elle affiche un air abattu. Autour d’elle, des papiers éparpillés, des GSM, et tout un tas de photos. Les yeux de Gillian sont rougis, elle sanglote lorsqu’elle voit son mari : « Oh Franck, mais où étais-tu donc passé ? »

   Franck ne comprend plus rien. Il aperçoit un autre flic à l’autre bout de la pièce. Ces flics sont donc présents pour lui. Parce qu’il est allé comme chaque matin se dégourdir les jambes sur la plage et qu’il reviendrait avec une heure de retard ?

  • Gillian, explique-moi !
  • Mais Franck, c’est toi qui dois nous expliquer ! Tu es parti avant-hier et te revoilà seulement aujourd’hui! Je t’ai envoyé des centaines de messages et d’appels téléphoniques et pour toute réponse je n’avais que ta ridicule messagerie !
  • Gillian, je ne comprends vraiment pas, vraiment pas. Je suis parti comme d’habitude, tu dormais encore. Et puis me revoici, à peine deux heures plus tard !
  • Oh Franck, tu ne peux pas comprendre tout ce qu’il m’est passé par la tête. J’ai contacté tous les hôpitaux, et même les morgues. J’ai craint le pire, je te le répète, le pire. Surtout depuis les actualités surprenantes de ces dernières heures !

 

   Un des deux flics toussote afin de marquer sa présence et demande à Franck ce qu’il s’est réellement passé. Des recherches ont été effectuées à des kilomètres à la ronde et les appels téléphoniques, on ne les compte plus. Sur sa lancée, il s’excuse, il ne s’est pas présenté, « Inspecteur Jeff Cattrysse et voici mon collègue, l’inspecteur David Bartels. »

  • Monsieur Nussdorfer, où étiez-vous donc ces quarante-huit dernières heures?

   Franck s’assoit et tente de se ressaisir. Il ne comprend rien, l’ex-scientifique ne maîtrise pas du tout cette situation énigmatique. Aurait-il perdu connaissance à son propre insu ? Mais non, il s’en serait aperçu dès qu’il aurait repris ses esprits. Gillian essuie ses larmes, l’émotion reste vive. Les deux flics s’impatientent, ils attendent une explication.  

  • Prenez-vous des médicaments qui pourraient justifier cette « absence » ? demande Cattrysse tout en mimant au moyen de ses deux index les guillemets au moment où il articule le mot absence.
  • Non, les médicaments que j’utilise sont tout à fait inoffensifs et anodins, ils n’ont aucun effet secondaire.h
  • Écoutez, monsieur Nussdoffer, vous êtes chez vous et c’est très bien. Nous vous proposons une hospitalisation afin d’écarter tout souci de santé. Vous avez déjà été victime paraît-il d’une attaque cérébrale. Il serait dommage de zapper un problème médical important. Et ensuite, revenez au poste de police, il y aura des documents à remplir, poursuit Cattrysse sur un ton qui ne cache pas un certain énervement.
  • Je suis désolé de vous avoir causé autant de soucis, vraiment. Mais je cherche encore ce qu’il m’est arrivé, murmure Franck Nussdoffer tout en haussant les épaules afin de marquer son interrogation.
  • Vous n’auriez pas par hasard passé ces deux derniers jours chez une petite amie ? demande Cattrysse afin d’enfoncer le clou un maximum.
  • Nous allons vous laisser tous les deux, reprend Bartels, un peu gêné par la question acerbe de son collègue.

 

A suivre

Carine-Laure Desguin

http://carineldesguin.canalblog.com

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Carine-Laure Desguin nous propose une nouvelle en épisodes : Deux jours pour l’éternité - 2

Publié le par christine brunet /aloys

  

 

Franck marche d’un bon pas, il ne court jamais. Brad lui a déconseillé la course qui provoquerait trop de chocs au niveau des lombaires. De toute façon Franck n’a jamais été un sportif accompli et cette marche tonique et cadencée sur la plage déserte lui convient très bien. À cette heure matinale et surtout sous cette grisaille hivernale qui perdure, Franck ne croise personne. Lorsqu’il jette un regard circulaire vers la digue il ne repère que quelques badauds qui baladent leur clébard.

   Franck en mettrait sa main au feu, en frôlant de ses pieds les premiers grains de sable quelques instants auparavant, la mer aux couleurs bleu-vert était houleuse, les vagues se chevauchaient, s’entrechoquaient dans un boucan d’enfer. Et là, à ce moment précis, ce profond et long silence interpelle Franck. Les vagues se montrent violentes et agressives mais n’émettent aucun son, pas même le son d’un modeste clapotis. Franck secoue la tête et tapote sur ses tympans à l’aide de ses index. Un moment, il craint pour sa santé, n’est-il pas en train de se payer à nouveau un accident vasculaire ? Sa vue s’était brouillée lors de sa première atteinte et là justement, sa vue et son ouïe disjonctent, à coup sûr. Il n’en croit pas ses yeux. À une distance qu’il a difficile d’évaluer sans commettre d’erreur, il discerne un immense disque plat de couleur argentée, vierge sur ses parois de tout symbole ou écriture, s’introduire par une subtile glissade dans la mer, et puis en ressortir à une vitesse fulminante. Et ce sans même provoquer un seul « splash ». L’étrange engin métallique répète ce surprenant mouvement de va-et-vient une dizaine de fois, comme s’il prenait un élan pour une autre destination ou encore comme s’il avait l’intention qu’un ou l’autre promeneur le remarque. Franck Nussdorfer, cet ex-scientifique, note que les bancs de mouettes s’éloignent illico de cette zone improbable. Et toujours ce silence, lourd et intense, ce silence inquiétant.

   Tout à coup, l’incroyable instant suspendu se rompt. Un avion de la compagnie Lufthansa fend le ciel en direction de l’aéroport d’Ostende. La vie et ses bruits reprennent leur cours habituel.

   Franck Nussdorfer se dit qu’il a sans doute rêver, que tout cela n’est que le fruit de son imagination, peut-être même que son premier accident cérébral a court-circuité des neurones, ce qui ne serait pas un cas isolé. Il ne poursuit pas sa marche en direction d’Ostende, il fait demi-tour. Sa montre affiche 11:20.

Fichtre, déjà 11:20 ! Cette montre déconne ! Décidément, tout fout l’camp aujourd’hui !

   Il constate également que pendant tout ce temps il a effectué une distance très courte bien qu’ayant marché pendant un peu plus d’une heure. Cela l’intrigue. À son insu, les battements de son cœur s’accélèrent, toujours le stress de vivre un second accident cérébral. Par humour il éjecte d’office le mot deuxième, ce qui impliquerait l’annonce d’un troisième accident.

   La vue d’une multitude de coquillages éparpillés autour de lui sur le sable mouillé captive son attention. Il ne se souvient pas, quelques minutes auparavant, les avoir vu dispersés de cette façon entre toutes les méduses. Et la marée est toujours basse, la marée haute n’est pas pour tout de suite.  Enfant, il aimait ramasser ces coquillages rejetés par la mer, les compter un par un et puis les offrir à Méryl, sa petite sœur. Avec ses copines, Méryl commerçaient d’allure, dix coquillages contre une fleur en papier. Ces coquillages-ci sont tous entiers, bien plus grands que ceux de son enfance. Franck se penche et ramasse un bulot d’allure parfaite. Sa surface ne présente aucun éclat. Il reste très surpris lorsqu’il touche le coquillage. La coquille est lisse alors que les nervures sont visibles et la matière calcareuse devrait produire un aspect plus solide, moins souple. Or, ce bulot ne présente aucune rigidité. De sa vie Franck n’a tenu entre ses doigts un pareil coquillage. Malgré qu’il soit vidé de son mollusque, la coquille semble vivante. Oui, vivante. Sans hésiter, Franck en ramasse un autre, puis un troisième, et puis encore un autre. Tous révèlent une espèce de souplesse, comme s’ils étaient amputés d’une partie de leur calcaire ou autre matière. Et tous, oui, tous paraissent vivants et même semble avoir la volonté de communiquer. L’ex-scientifique ressent des vibrations au niveau de son thorax à chaque fois qu’il touche un de ces coquillages. Tout cela l’interpelle, il reste perplexe.

   Il n’y a eu aucune tempête, c’est vraiment étrange autant de coquillages en ce laps de temps. Des lavagnons, des couteaux, et tous ces bulots intacts, des plombes que je n’en avais vu d’aussi beaux, et intacts de surcroît. Mais ces coquilles sont d’une souplesse, jamais vu ça. Et il ne leur manque que la parole. Ces vibrations ressenties lorsque je touche cette matière organique, ces vibrations pénètrent mon esprit et me soufflent quelque chose comme « Nous débarquons mon pote, nous débarquons. » Je rêve ou quoi ? Franck, te casse pas la tête, laisse-toi vivre, enfin. Et rentre illico auprès de Gillian, le pilier de ton existence depuis, depuis ….. tellement d’années !

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Et si vous participiez aux concours organisés sur notre blog ?

Publié le par christine brunet /aloys

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Carine-Laure Desguin nous propose une nouvelle en épisodes : Deux jours pour l’éternité - 1

Publié le par christine brunet /aloys

 

Deux jours pour l’éternité

 

   Comme chaque matin, depuis l’accident vasculaire dont il a été victime voici un an, Franck Nussdorfer enfile pantalon, veste de sport et chausse ses nouveaux sneakers. Gillian, sa compagne, n’est pas encore éveillée. Franck traverse la cité balnéaire à son rythme et se dirige vers la digue. Face à la mer, pendant une dizaine de minutes et quel que soit le temps, le sexagénaire pratique les exercices physiques conseillés par Brad, son kiné. « Et n’oublie pas les inspirations et les expirations lentes et profondes bien coordonnées lors de chaque mouvement, n’est-ce pas, champion ! », avait lancé Brad. Franck est de plus en plus rassuré et redevient très enthousiaste, chaque jour il progresse. Il retrouve même, d’après Gillian, sa souplesse d’antan. Certaines semaines, il est performant, il se surpasse. « Les prochains jeux olympiques sont dans la poche ! », aime plaisanter Gillian afin de soutenir au mieux son courageux compagnon. La forme revient et pas seulement au niveau de la mobilité de ses membres. La mémoire se montre excellente comme lorsqu’il avait vingt ans et qu’il avalait sans rechigner, lors de ses études universitaires, des centaines de pages rébarbatives noircies de formules barbares liées aux mathématiques ou à la physique, de quoi se perdre dans un espace-temps improbable ou dans les méandres d’un multivers.

   Tout en descendant la volée de marches en pierre bleue qui le conduisent vers la plage, Franck respire à pleins poumons des goulées de cet air iodé qui le revigore au maximum et renouvelle chacune de ses cellules. Il bénit presque cet accroc de santé qui lui a permis de décrocher d’une façon prématurée de ce boulot énergivore et qui au fil du temps lui pesait si lourd sur les épaules. Toutes ces expériences scientifiques et ces équations à n’en plus finir commençaient à le fatiguer. D’autant plus que ses travaux bousculaient les esprits trop scientistes et que cet innovateur ne pouvait même pas les diffuser via les revues dites scientifiques. Des bulles quantiques à la téléportation en passant par les forces de l’antigravitation, Franck Nussdorfer avait décidé de replier son espace-temps professionnel. Le spécialiste en charge de lui expliquer tout le protocole de sa maladie ne le lui avait pas caché, « Votre accident cérébral, vous le devez à une surcharge de travail, une espèce de trop plein pour votre corps, ça j’en suis certain mon cher ami ». « La belle affaire » se dit à présent Franck en admirant le spectacle des vagues violentes et si belles, me voici tout jeune retraité et au diable la physique quantique, les vibrations, l’étude du temps et tutti quanti. La seule question de ma journée c’est, Une fois sur la plage, est-ce que je vais à gauche vers Dunkerque ou à droite vers Ostende ? Pure ironie pense-t-il puisque Dunkerque est à une quarantaine de kilomètres. Franck bifurque vers la droite. Il jette un coup d’œil furtif vers sa montre, celle-ci affiche 10:10. Le temps est gris et un petit crachin bien gras salit les verres de ses lunettes. Tout cela ne le dérange en rien, il apprécie à cent pour cent ces riches instants face à lui-même.

C’est marée basse. Les méduses envahissent la plage. Leur apparition en masse ne correspond plus à grand-chose. Encore une constatation inexplicable à mettre sur le dos du réchauffement climatique. Il a bon dos celui-là.

   L’esprit de l’ex-scientifique enchaîne malgré lui sur tous les problèmes qui sont restés sans solution aucune, en suspens entre les murs de son laboratoire isolé dans le troisième sous-sol d’une institution bruxelloise. Puis il zappe tout ça, pas évident pour lui de lâcher-prise.

                                                                                 A suivre

Carine-laure Desguin

http://carineldesguin.canalblog.com

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L'émission 13 est en ligne !

Publié le par christine brunet /aloys

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