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Christina Prévi nous propose deux poésies extraites de son blog "ma-poecriture"

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

Mélancolie


Si tes rêves piétinent, c’est dû à la routine
Sur le seuil des oublis nous avons tous frémi
Les rêves des anges sont-ils encore tous blancs ?
De ton visage, me souviendrai-je encore longtemps ?

 

*

 

Voltiges

Un escadron léger de plumes aérées
Tournoient lentement en volutes légères,
Le poète est las, ses pensées sont amères
Le papier chiffonné n’a plus d’utilité
Le bonheur, souvent, est un resquilleur...

 

Christina Prévi

 

Publié dans Poésie

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Coraline Buchet nous présente en vidéo son nouvel ouvrage "Une petite Belge en Aotearoa"

Publié le par christine brunet /aloys

Publié dans vidéo

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Micheline Boland nous propose quelques haïkus de Pâques

Publié le par christine brunet /aloys

HAÏKUS DE PÂQUES

 

La bouche tachée

le lapin en chocolat 

a rapetissé.

 

À nouveau six ans

le temps de la chasse aux œufs

au fond du jardin.

 

Jardin dévasté

bonheur dans les yeux d'enfants

bilan chasse aux œufs.

 

Un fil d'araignée

relie des chocolats

Pâques au jardin.

 

Derrière un buisson

l'œuf en chocolat perdu

attend un regard 

 

Au fond du panier 

œufs en chocolat fondant

et petite poule.

 

Grande chasse aux œufs

notre jardin plein d'enfants

le chien part en douce.

 

Micheline Boland

 

Publié dans Poésie

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Edmée de Xhavée a lu "bouquet artificiel" de Méliane Sorgue

Publié le par christine brunet /aloys

J’ai lu “Bouquet artificiel” de Méliane Sorgue (Edmée De Xhavée)

 

Une bien jolie couverture où une colombe s’élance avec, dans son bec, un fouillis de fleurs sauvages.

 

Car sauvages, elles le sont plus qu’elles ne s’attendaient à l’être, Violette, Anémone et Marguerite, que Rose rencontre à la fin de leurs vies pleines d’épines, et dont elle parfume doucement le départ. Elle est, nous dit-elle, un baume pour les plaies inguérissables, l’ultime soulagement, la porte d’entrée vers l’inconnu qui représente un espoir immense, sinon le bonheur, au moins l’apaisement total

 

Et c’est que Violette, Anémone et Marguerite ont bien besoin d’un apaisement total après ces existences qui furent plus de la résistance. 

 

Chacune vient d’un milieu différent, mais elles sont toutes de la même cuvée. De cette cuvée où le mariage représentait le salut (rester vieille fille était l’échec abominable). 

 

Violette nait de parents catastrophés par le résultat de leur union charnelle, comme un chien, chat ou cochon, sans avoir été attendue avec joie et projets, et grandit « comme une chose sans importance »  dans l’indifférence la plus froide. Ils reproduisaient ce qu’ils avaient vécu eux-mêmes avec des parent encore plus durs.  Décidément pas choyée par la vie, elle est, en prime, plutôt vilaine : un regard stupide dû à de petits yeux marrons, ronds et sans éclat, comme ceux d’un ragondin. (…) Pour un effet encore plus désastreux, mes géniteurs avaient oublié de m’attribuer un cou. (…) Ma démarche était lourde, sans grâce, comme si on m’obligeait à porter en permanence sur la tête une bouteille de Butagaz. Et cependant, elle trouve un mari. Ce qui lui donne l’illusion que le monde, soudain, est plus vaste : aller au cinéma, avoir pour une fois une jolie robe, trouver un appartement, préparer un trousseau…

 

La nuit de noces la propulse dans une nouvelle vérité amère, avec un jeune époux dépourvu de douceur qui, pour prendre son dû, l’éventre à tel point qu’elle finit à l’hôpital avec une hémorragie. Hémorragie du peu de joie trouvée aussi, finie la tendresse et l’affection, place à l’horreur. Une horreur de l’époux qui détruira toute sa vie, celle de l’époux et… celle du fils adoré, unique consolation à cette union barbare. 

 

Anémone, quant à elle, grandit entre deux parents excentriques, infidèles, beaux et jouisseurs. Sa grand-mère est, dans ce paysage instable, la vraie mère-grand des contes, toujours présente, admirative, aimante. Anémone est jolie. Elle a une cousine avec laquelle, gloussant comme on le fait dans la jeunesse, elle rêve de qui elle aimerait épouser plus tard, qui elle choisirait au magasin des maris parfaits, nouvelle collection. 

 

Vient l’âge de la mettre sur le marché. Comme j’étais encore mineure, je devais me plier à l’autorité parentale et me laisser présenter comme un bel objet d’art dont on débattrait du prix et des capacités de l’acquéreur. Mais elle est un peu impertinente, Anémone, et s’amuse à faire frissonner les prétendants en leur affirmant que l’idée de la femme au foyer, l’épouse qui resterait à leur côté, qui élèverait leurs enfants est un schéma décevant, loin d’être attractif. Car elle fait des études d’infirmière. Mais hélas un jour, le prétendant est assez séduisant pour ébranler ses résolutions d’indépendance. Et le destin galope et les porte en calèche jusqu’au mariage. Et là, tout comme pour Violette, la nuit de noces a transformé le prince charmant en bête. Elle a épousé un monsieur c’est moi qui commande et il commande tout. Sans égards ou affection. Se confiant à sa mère, décrivant les horreurs dégradantes au menu de la chambre à coucher, elle est bien un peu soutenue mais s’entend parler de patience, accuser d’exagération, puis conseiller d’accepter des infidélités conjugales qui la soulageraient de cette « charge obligatoire du mariage ». 

 

Ici aussi, la consolation viendra de la naissance d’un enfant, qui détournera l’époux de son corps et lui permettra d’aimer. Et la perte de cet enfant sera l’anéantissement de l’âme même d’Anémone.

 

Marguerite, elle, grandit avec des frères et sœurs entre deux parents que la vie a brisés : le père est revenu changé de la guerre 14/18, et meurt en laissant une veuve de 40 ans, incapable de se prendre en charge et dépressive, et quatre enfants que Marguerite, en tant qu’aînée, protègera. Marguerite s’attire les regards d’un veuf sans enfants, qui l’achète à sa mère (avec des termes plus élégants, mais c’est bien de ça qu’il s’agit). C’est un homme bon, qui ne désire que deux choses : bien manger, et un enfant, en échange de quoi Marguerite sera choyée et initiée à la lecture de bons livres, à une vie confortable. 

 

Hélas cet homme gentil et délicat meurt lorsque l’enfant tant attendu fête ses deux ans. Et des années plus tard, le pire, qui arriva en plein dimanche après-midi, un jour ensoleillé, un jour d’automne radieux où l’or et la pourpre illuminent votre horizon et vous enflamment l’esprit reconnaissant de tant de beauté… 

 

Oui il y aura encore du bonheur pourtant dans la vie de Marguerite, qui à la cinquantaine vit un nouvel amour. Amour qui se repose sur l’amitié alors que les années ont passé et que la vieillesse enlaidit le corps, ternit les âmes et invente mille tortures pour lasser tout optimisme, tout désir, tout plaisir

 

On le voit, ce bouquet artificiel n’est pas un livre optimiste, mais j’ai vraiment apprécié les descriptions minutieuses des environnements, personnages, l’ambiance, les diktats de l’époque, les hypocrisies incontournables, et aussi l’analyse de ces jeunes âmes qui, dès le début de leur vie, qui devrait être un début si heureux – le mariage, l’amour, des familles aimantes… - doivent déjà se reconstruire, se contenter, s’adapter.

 

Edmée de Xhavée 

 

Publié dans avis de lecteurs

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Un quatrième extrait de Meurtres Surnaturels, volume II : La Chute de Julian Kolovos Par Joe Valeska

Publié le par christine brunet /aloys

 



 

Julian sortit de son Austin Martin V8 et Adam, de la Bentley de Francesco qu’il avait empruntée pour suivre son ami jusqu’au vieux cimetière de Barnes. Son propre véhicule avait catégoriquement refusé de démarrer. Peut-être aurait-il dû savoir interpréter ce « signe » ?

Les deux hommes, troublés par les événements qui venaient de se produire, se jetèrent des regards furtifs le temps de quelques secondes. Mais c’est Julian qui brisa le lourd silence gênant.

– Tu veux parler maintenant ou ça peut attendre qu’il fasse jour ? demanda ce dernier. Je suis prêt à tout te raconter.

– En réalité, je suis claqué, d’Ju’. Je crois que je vais aller me coucher sans même me déshabiller. Je n’en ai pas la force. J’ai réussi à conduire jusqu’au château, je ne sais par quel miracle, pour tout te dire. J’espère que Francesco ne m’en voudra pas trop d’avoir emprunté son bébé.

– C’est comme tu veux, soupira Julian. Dans ce cas, je vais vérifier que mon père va bien et je… Non… Je ne crois pas que je vais pouvoir dormir, cette nuit, non. Enfin, les quelques heures qu’il reste avant le lever du Soleil.

– Tu me raconteras tout, et je dis bien « tout », dans les moindres détails, plus tard, d’accord ? le pria Adam. Plus de secrets entre nous…

– Plus de secrets, non, lui promit Julian. Maintenant, va dormir un petit peu. Tu en as cruellement besoin.

Le jeune impresario hocha la tête et tourna les talons, prit le chemin en gravier. Bien malgré lui, il venait de se mettre à pleurer.

– Petit frère… murmura Julian.

– Quoi ? fit le jeune homme, s’immobilisant, ne se retournant pas.

– Je te demande pardon. Pour tout. Je n’ai jamais voulu te blesser.

À l’intérieur du château, l’un à la suite de l’autre, Julian et Adam montèrent le grand escalier en marbre de Carrare qui conduisait aux chambres. Avant de regagner la sienne, Julian pénétra dans la chambre spacieuse de son père et s’approcha de son lit en bois massif à pas de loup. Le paternel ronflait bruyamment. Julian sourit et quitta la pièce, rassuré.

Dans sa chambre, après avoir ôté ses chaussures et s’être déshabillé, avoir soigneusement rangé ses affaires, il vérifia, par habitude, sa messagerie. Plusieurs fois, sa sœur avait tenté de le joindre. Il s’allongea et écouta les messages. Le premier n’était qu’un simple : « Julian, tu es là ? » Même chose, à peu près, pour le second. Mais, dans le troisième, Ivana expliquait à son frère qu’elle serait de retour à Gillingham lundi, dans la journée.

Julian ne put s’empêcher de pester contre sa sœur… C’était précisément le jour où Lénora allait revenir au château dans l’espoir d’obtenir de l’acteur qu’il la suive loin de tout.

À Los Angeles, il devait être un peu plus de vingt heures. Il décida de l’appeler sans attendre…

Julian ? sembla s’étonner Ivana.

– Bonsoir, sœurette.

Je t’ai appelé plusieurs fois, mon frère. Tu as eu mes messages ?

– Évidemment… Pourquoi t’appellerais-je du Kent à plus de quatre heures du matin, sinon ? s’agaça Julian. Le tournage de ton nouveau film n’est pas achevé, si ? Que se passe-t-il ? Pourquoi rentrer si tôt à la maison ? Tu n’as pas rompu ton contrat, j’espère !?!

Mais pas du tout ! s’offusqua Ivana. (Et elle se mit à sangloter, exaspérant son frère encore un peu plus.) Je n’ai vraiment pas de chance, grand frère… Deux échecs consécutifs et ça, maintenant ! Ce n’est pas possible !

– Ça, quoi ? lui demanda alors Julian. Ivana, dis-moi ce qu’il s’est passé, à la fin !

Eh bien !!! Figure-toi que le tournage de Trapped a été mis en attente pour une durée indéterminée ! Esteban, c’est le réalisateur, tu sais, nous a dit de tous rentrer chez nous en attendant qu’on retrouve cet imbécile de Jerome. C’est Esteban qui l’a traité d’imbécile, hein ? Ce n’est pas moi.

– Attends… dit Julian en fronçant les sourcils. Est-ce que tu me dis que Jerome Wild a disparu ? On parle bien de la star masculine du film, n’est-ce pas, sœurette ?

Oui. On s’apprêtait tous à tourner une scène très importante, mais plus de Jerome… Disparu ! Andrew l’a cherché partout, Esteban aussi, mais non… Il n’était nulle part. Ni dans les studios de la Paramount ni à son hôtel. Volatilisé ! Comme s’il avait été enlevé par des aliens… Mon Dieu !!! s’écria-t-elle soudain. Tu crois que c’est ça, Julian ? Pauvre Jerome… Enlevé par des extraterrestres qui vont lui introduire des sondes partout dans le corps…

– Mais qu’est-ce que tu me racontes ? déplora Julian. Elle est encore dans ses délires à la con… Et la police de Los Angeles, qu’est-ce qu’elle en pense ?

La police ? Ah oui ! La police. Ils ont mis tout en œuvre pour le retrouver, bien sûr. Mais… Attention, c’est un secret ! Selon l’inspecteur chargé de l’enquête, Jerome a un passé de drogué… chuchota-t-elle. Il aurait déjà disparu des mois entiers sans donner la moindre nouvelle ni à sa famille, ni à ses amis, ni à son agent artistique. L’inspecteur prétend qu’on le retrouvera mort dans une ruelle sombre, cette fois.

– Mais c’est scandaleux de dire des choses pareilles ! Que ce soit vrai ou pas, d’ailleurs. Elle est en train de me raconter des conneries… Y a quelque chose qui sonne faux, dans sa voix… Et la police laisserait partir tout le monde ? Mais bien sûr… Je parie qu’elle a fait un caprice de diva et qu’elle m’invente une belle histoire pour que je ne m’énerve pas !

Parfaitement scandaleux, je suis d’accord ! Ce pauvre, pauvre Jerome… J’espère qu’il réapparaîtra vite. Mais je n’ai plus rien à faire à Hollywood, pour l’instant, moi, du coup. Papounet avait peut-être raison… Je n’aurais jamais dû accepter ce film.

– Et tu reviens lundi, donc. Hum… Si j’étais toi, je resterais à Los Angeles, Ivana. On ne sait jamais. Wild pourrait revenir d’ici deux ou trois jours, je veux dire. Il est peut-être au lit en compagnie d’une admiratrice, dans un hôtel quelconque. Ça m’est arrivé à moi aussi, tu sais, avant de rencontrer Ningsih…

Eh bien ! Je repartirai, ce n’est pas compliqué… C’est bien pour ça que les avions existent, non ? On dirait que tu n’as pas envie que je revienne, mon frère ? Tu as envie que je revienne, pas vrai ?

La petite maline… C’est l’évidence même, Ivana. Papa sera ravi, qui plus est. Tu lui manques tellement.

Oui, c’est ce que je pense, moi aussi. Je suis réellement impatiente d’être de retour à la maison. J’en ai soupé d’Hollywood !

– Moi de même, sœurette. Et merde !!! Sur ce, je vais te laisser… Il est vraiment tard, ici, ou tôt, et j’ai besoin de dormir un peu. Les dernières heures ont été éprouvantes.

Dans ce cas, repose-toi bien, grand frère. Et l’on se revoit d’ici peu. Je t’aime fort, fort, fort !

– Moi aussi je t’aime. À très vite. C’est bizarre… Elle ne m’a pas demandé des nouvelles d’Adam. Vraiment bizarre…




 

7



 

Julian se leva. Il enfila son pantalon de survêtement noir et alla retrouver Adam dans sa chambre.

– Nous avons un problème, lui dit-il.

Deux heures après les premières lueurs de l’aube, les deux comparses se retrouvèrent à l’orée de la forêt de sapins et de cèdres, derrière le château Kolovos. Julian portait son pantalon de survêtement et un débardeur d’une blancheur des plus éclatantes, et Adam, juste un pantalon de survêtement gris. Il préférait courir torse nu.

Ils commencèrent leur jogging au milieu des arbres majestueux.

– Donc, Ivana revient lundi ? On n’est pas dans la merde, d’Ju’, soupira Adam. Comment va-t-on faire ?

– Comme tu dis… Et, je ne sais pas, elle était vraiment bizarre au téléphone. Je crois que ma sœur me cache quelque chose, si tu veux mon avis.

– Tiens donc ! persifla Adam. Quelle surprise ! Un autre membre de la famille Kolovos qui aurait des secrets ? C’est on ne peut plus bizarre, effectivement.

– Te cacher ma véritable nature n’était en aucune façon un manque de confiance en toi, Adam. J’avais… (Il marqua une petite pause, baissa les yeux sur la litière forestière odorante.) J’avais peur.

– Et peur de quoi ? Que je te considère comme un monstre ? Que je mette un terme à notre amitié ? Oui, j’aurais eu peur. Oui, je me serais peut-être enfui. Mais j’aurais fini par réfléchir et par revenir, d’Ju’. Ce ne sont pas que des mots. Tu es ma famille. Francesco est ma famille. Ivana aussi est ma famille. Je te l’ai dit je ne sais combien de fois et j’aime à le répéter peut-être parce que je suis enfant unique… Tu es mon grand frère. Je t’aime.

– Tu vas finir par me faire pleurer, murmura Julian. On devient beaucoup plus sensible, avec les années, ne le sais-tu donc pas ? Si tu n’étais pas torse nu, mais surtout tout en sueur, je te serrerais dans mes bras. Moi aussi, je t’aime. Il n’y a aucune différence entre ma sœur et toi, Adam. Mais… qu’est-ce qui te fait rire ?

– Oh ! Mais rien… Rien du tout. Aucune différence entre ta sœur et moi, hein ? Tu me parles bien de la même fille qui se demandait pourquoi il n’y avait pas eu douze autres films avant Apollo 13 ? La même fille qui a crié au scandale quand est directement sorti Apollo 18 ?

Julian se mit à glousser, puis à rire de bon cœur. Heureusement que ce bon vieux Francesco ne se trouvait pas là !

– Ce n’est vraiment pas cool de se moquer d’Ivana de cette façon, Adam, tenta d’articuler Julian, les yeux plein de larmes. C’est ma sœur, tout de même !

– Non, c’est certain… Mais c’est un petit peu de ta faute, espèce d’hypocrite ! répondit le jeune homme qui peinait à reprendre son souffle. « Et que s’est-il passé entre Apollo 13 et Apollo 18, hein !?! Pff ! Y a même plus Tom Hanks ! », rappela-t-il, hilare, essayant d’imiter la voix d’Ivana.

– Mais tu vas t’arrêter, oui ? le réprimanda Julian. Allez, rentrons, maintenant… Une bonne douche, un bon petit-déjeuner copieux, puis je te raconterai toute mon histoire depuis le jour où Lénora m’a mordu…

 

Publié dans extraits

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Bernard Depelchin nous présente son premier roman "Pourvu qu'il pleuve"

Publié le par christine brunet /aloys

Biographie :

 

Originaire de la région de Bruxelles, Bernard Depelchin habite depuis plus de vingt ans près d’Arlon, dans le sud-est de la Belgique. Âgé de quarante-huit ans, il occupe un poste de juriste dans une entreprise luxembourgeoise. En plus de l'écriture, il occupe son temps libre principalement en jouant du piano ou en composant de la musique électronique (projet Arcus). Pourvu qu'il pleuve est son premier roman.

 

Résumé :

 

Ludovic est assis sur un banc public. Pause-déjeuner après une pénible matinée au bureau.

Engourdi par les rayons d’un soleil radieux, il plonge dans son passé. Soudain, venu de nulle part, le souvenir d’Anna, son amour d’enfance. Qu’est-elle devenue ? Trente-cinq ans qu’il ne l’a plus vue. Troublé par cette fulgurance, il la recherche sur Internet et tombe sur une photo de son visage. Un visage qui le bouleverse profondément et ne le quittera plus.

Une seule photo aura suffi à bousculer le quotidien lassant de Ludovic. Son obsession pour Anna ne faiblit pas, lui colle à la peau et déclenche en lui un profond séisme. Une remise en question de toute sa vie. La raison s’éloigne petit à petit et une idée folle agite son esprit : partir à la conquête d’Anna. Mais après tant d’années écoulées, que lui reste-t-il à offrir ?

 

Extrait :

 

Nous étions neuf à jaillir de quatre maisons du quartier. Nous habitions tous à moins de deux cents mètres les uns des autres. Pas d’enfant unique, trois nationalités. Et une différence d’âge de cinq années entre le plus jeune et le plus âgé. C’était beaucoup. C’était trop pour que le temps nous accordât plus que trois ans à demeurer tous ensemble. Le plus souvent, cela se passait le dimanche après-midi. Plutôt que de moisir dans le divan des parents, nous nous retrouvions à l’air libre, peu importait la couleur du ciel. Notre terrain de prédilection avait été un parc ou une plaine – je ne savais plus trop – soit, un coin de verdure de toute évidence délaissé par les services de la ville et constitué notamment d’un bosquet d’une trentaine d’arbres. Lors de chacune de nos retrouvailles, nous nous emparions de ce décor en apparence des plus ordinaires, mais qui eut la force de me replonger dans une mer de souvenirs fabuleux. C’est fou comme la simplicité donne souvent de la valeur.

 

Les jeux se répétaient, les scénarios aussi. Et on aimait ça. Presque toujours une histoire de bagarre initiée par les garçons. Les filles, elles, suivaient, sans fâcherie. Moi, ma seule préoccupation, c’était elle. À chaque fois, j’espérais que dans le camp d’en face, il y aurait de la résistance, du costaud. Pour lui montrer ma vaillance. Ça tombait bien : les grands se mettaient souvent ensemble contre nous. Quatre contre cinq. Ils avaient une fille, nous trois. Et moi, la plus jolie. On se marrait bien. Ils attaquaient, on défendait. Je défendais. Elle avant les autres. En secret, au fin fond de mon coeur, j’en faisais une affaire d’amour-propre. Mon dévouement ingénu à son égard devenait total. Sans doute n’a-t-elle jamais rien remarqué ni jamais rien ressenti. M’en foutais. Je la voyais quand même toute à moi. Je me la réservais à l’exclusion de toute autre. Lorsque les grands nous fonçaient dessus, au milieu des cris de fausse frousse s’élevant de notre camp, je restais près d’elle. J’étais sa garde. Son garde. Parfois, j’osais l’enlacer, mais surtout sans serrer. Ne pas l’étouffer. Ne pas l’incommoder. La laisser jouer. Avec ma maladresse et mes prétextes, je l’entourais de mes bras d’enfant. Une muraille que je voulais infranchissable. C’était pour la protéger. Des grands et de tout. Puis, dans un cri de guerre à gorge déployée, je fondais sur eux pour espérer gagner. Surtout pour l’éblouir. Je n’avais pas souvenir qu’elle riait. L’image qui me revenait était juste un large sourire et des yeux émerveillés. Pourvu que ce fût parce qu’un petit garçon de son âge lui attachait tant d’importance.

Publié dans Présentation

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Un troisième extrait de Meurtres Surnaturels, volume II : La Chute de Julian Kolovos Par Joe Valeska

Publié le par christine brunet /aloys

 



 

L’endroit était d’un gigantisme indescriptible, mais il semblait aussi très ancien. On aurait dit qu’il s’étendait à perte de vue. Littéralement. J’allai prendre appui sur la balustrade ajourée en pierre, devant moi, afin de balayer les lieux du regard, lesquels étaient situés en contrebas. La balustrade courait sur tout un chemin dallé d’une largeur conséquente. Outre cela, ce chemin faisait tout le tour de la cavité souterraine qui s’offrait à mes yeux. Il n’était pas nivelé. À deux endroits, côté ouest et côté est, quelques marches permettaient de poursuivre sa route : trois pieds plus haut, à l’ouest, trois pieds plus bas, à l’est. Une petite coquetterie architecturale, sans doute. Et de nombreuses torches étaient accrochées sur tout le pourtour, de loin en loin.

J’admirai maintenant la demi-douzaine d’escaliers qui permettaient de descendre jusqu’au fond de la grotte. J’avais presque envie d’utiliser le mot royaume. Çà et là, des espaces de détente atypiques, puisqu’il s’agissait bien de cela, s’élevaient à différentes hauteurs. On y accédait grâce à des escaliers. Ces vastes espaces étaient eux aussi entourés de balustrades en pierre ajourées et reliés entre eux par des passerelles. C’était très Burtonesque. À première vue, tout était taillé dans la pierre, mais il y avait pourtant tout le confort moderne. En effet, chaque espace avait ses banquettes, ses poufs, ses tables et ses chaises. Il y en avait quatre, au total, très largement distants les uns des autres. Les points lumineux que je distinguais devaient être les flammes des bougies dans des photophores. Tout au fond, à l’angle nord-est, un gigantesque escalier remontait de la base jusqu’à un possible cinquième espace aménagé. Mais cet endroit était trop loin et mal éclairé pour réussir à deviner s’il était semblable aux autres. Il était plus élevé, aussi, et coupait le chemin de ronde interne. C’était peut-être là-haut que se trouvait le maître des lieux : Joshua.

Il y avait également pas mal de végétation. Du lierre grimpait et s’enroulait sur cinq piliers colossaux ornés de cannelures placés comme un cinq sur un dé, mais de façon beaucoup plus éloignée. Ils devaient avoir été construits pour soutenir la voûte de ce microcosme. Tout me semblait dément. J’avais du mal à en croire mes yeux, et des questions par dizaines se bousculaient dans ma tête. Par dizaines ? Non, plutôt par centaines ! J’étais assez curieux de connaître l’histoire de cet endroit.

Au milieu, un bar attenant se trouvait au pied du majestueux pilier central. Comme les espaces de détente alentour, il était tout autant atypique : en pierre et en demi-cercle. Mais le dessus du comptoir semblait en granit.

Sauf pour ce qui était de la musique, dont les boum ! boum ! répétitifs me tapaient passablement sur les nerfs, j’étais assez séduit. Certaines personnes dansaient, comme envoûtées par cette rythmique « années 1990 ». D’autres discutaient, se promenaient ou s’embrassaient.

– Ils possèdent sûrement leur propre réseau électrique… pensai-je. Ou des groupes électrogènes en quantité, ce qui serait quand même beaucoup plus logique. Ils semblent bien organisés, quoi qu’il en soit.

Je parcourus le chemin rectiligne se trouvant sur ma gauche. Lorsque j’arrivai tout au bout, je descendis un grand escalier en pierre qui serpentait, faisant glisser ma main sur la tablette de la balustrade. Gravés à la surface des marches, je remarquai une multitude de dessins et de signes qui m’étaient inconnus. Les spots qui balayaient les lieux de lumières multicolores ne m’incommodaient pas, mais la musique, agaçante à mon goût, faisait vibrer tout mon corps. Je n’avais que vingt-huit ans, à l’époque, mais cette musique, ce n’était pas pour moi. Mais alors, vraiment pas ! J’étais définitivement rock.

Les gens me dévisageaient et parlaient tout bas, je le vis bien, mais personne ne m’adressa la parole. C’était très bien comme ça… Était-ce tous des loups-garous ?

D’en bas, la grotte semblait encore plus haute. Je pus constater que la pierre était très soigneusement travaillée. Tout, des murs aux colonnes, avait été construit de façon très artistique. Probablement sur plusieurs dizaines d’années… Un véritable travail de titan.

Évitant de regarder quiconque dans les yeux, je me frayai un chemin jusqu’au bar, dont le comptoir était en granit noir du Zimbabwe. Je m’assis et commandai son cocktail le plus fort au barman, un grand gaillard aux longs cheveux châtain clair, éclaircis grâce à des mèches blond miel. Son âge se situait autour de vingt-cinq ans. Ses yeux bleu céruléen en amande me scrutèrent un petit moment, après quoi il me demanda si c’était moi, « l’humain ». J’opinai, le regardant non sans une certaine défiance. Mais il semblait réellement amical. Le genre de gars qu’on trouve immédiatement très cool.

Il posa un verre plein de liquide vert pâle devant moi, me disant que j’allais kiffer, mais il refusa de me dire ce qu’il y avait dedans, comme alcools, lorsque je lui posai la question.

– Fais juste confiance au barman… murmura-t-il en me faisant un clin d’œil.

J’appris que son prénom était Kristoff. Il jugea bon de préciser l’orthographe. Je lui donnai alors le mien, mais il répondit qu’il savait déjà.

Sirotant ma boisson – effectivement, je « kiffai » –, je me retournai pour observer discrètement les hommes et les femmes. Aucun n’était vêtu de façon extravagante. Ils avaient entre vingt et quarante ans. Certains étaient peut-être plus âgés, mais ils étaient beaucoup plus rares.

Kristoff perçut mon angoisse et me dit de ne pas m’inquiéter, que personne n’allait me sauter à la gorge et que nous n’étions pas dans un film d’horreur, mais dans une espèce de discothèque. Puis il se mit à rire. Je voulus bien sûr en apprendre davantage sur le Big Bad Wolf, mais le barman ne lâcha rien. Il ne savait peut-être pas grand-chose. Ou même rien. Il m’offrit un autre verre.

Au bout de dix minutes, une femme vint m’accoster. Grande, brune, des yeux noisette… Elle était divine.

– Je suis Janine, se présenta-t-elle d’une voix ténue. C’est moi qui suis venue jusqu’à votre appartement, à la demande de Joshua, glisser le plan sous votre porte. Vous avez résolu l’énigme de la croix celtique assez rapidement, j’ai vu… C’est très bien, ça. J’aime beaucoup vos reportages, au fait. Vous êtes très talentueux, Max.

– Merci pour le compliment. Vous m’observiez donc ? J’ai peut-être crié des obscénités, à un moment. Ce que je n’aurais pas fait, si j’avais su que…

– Que j’étais une femme ? se gaussa-t-elle. Ce n’est pas grave. Suis-moi, maintenant, je te prie. On se dit « tu », si tu veux bien ? Ce serait mieux.

 

Publié dans extraits

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Robert Fiess nous présente son roman "Un amour de Hamster"

Publié le par christine brunet /aloys

 

Biographie :

 

Robert Fiess a un parcours de journaliste. Après RMC, E1, L’Express, Newsweek, Antenne 2, également boursier de la Fondation Nieman à Harvard, il a cofondé l’édition française du magazine Géo ainsi que l’Académie Prisma Presse pour la presse magazine. Il anime aujourd’hui un blog d’imprégnation écologique lecrapaud.fr et écrit sur les problèmes liés à l’environnement. Il est également auteur d’un ouvrage Celui qui marche dans la beauté, publié aux Éditions Nuage rouge, à savoir l’itinéraire d’un Européen ayant partagé la vie des Indiens Navajos d’Arizona.

 

 

Plop & KanKr, alias Julie Besombes et Simon Baert, est un duo de dessinateurs français, installé dans le Béarn, publiant régulièrement dans la presse régionale, nationale et internationale (Le Monde, Siné Mensuel, Sud Ouest dimanche, Le Temps, Le Sans-Culotte 85, L’Anjou Laïque, La Galipote…) et à la télévision (Une semaine dans le monde sur France 24).

Julie Besombes est diplômée d’un DNSEP aux beaux-arts d’Orléans et Simon Baert d’un master EPIC en sociologie à l’université de Nantes. En 2017, ils ont rejoint l’association des dessinateurs de presse francophones France-Cartoons et en 2020 le réseau international de dessinateurs de presse engagés Cartooning For Peace ainsi que Cartoon Movement. Depuis 2020, ils sont aussi membres d’ARCAD, une association de rencontre pour la création artistique et son développement, situé à Bayonne et de L’Encre Sympathique, un atelier regroupant une dizaine d’artistes issus des arts graphiques, situé à Billère.

Ils publient des recueils de leurs dessins chaque année depuis 2015 et contribuent à des ouvrages collectifs. Ils participent par ailleurs à différents festivals de caricature et de dessin de presse et animent des ateliers et rencontres, autour du dessin de presse et de l’illustration, en milieu scolaire, hospitalier, carcéral…

 

 

 Résumé :

 

Après une longue lutte avec leurs parents, une fillette de neuf ans et son jeune frère obtiennent enfin l’autorisation d’avoir un animal à la maison. Un petit hamster sera la seule concession faite par la maman dans le choix de l’animal de compagnie tant souhaité. La fillette va cristalliser toute son affection, ses jeux, ses propres coquetteries aussi autour de ce rongeur, dont elle affirme de plus en plus la propriété exclusive. Ce nouvel ami va l’aider dans un difficile passage de sa vie. Mais, un an à peine après l’arrivée de cette boule de poils, survient le drame...

 

 

Extrait :

 

Page 21

 

Le hamster que j’avais choisi était bien moins expressif que le colley, mais il montrait des signes d’éveil et de curiosité encourageants. Il restait en effet à nous regarder de ses petites billes noires.

Qu’il fût le seul à sortir de son sommeil, cela voulait déjà signifier quelque chose, non ?

J’observais ma mère.

— Hein, qu’il est mignon ! lui dis-je.

Elle ne voulut pas gâcher ma joie.

— Très mignon, chérie, répondit-elle. Très, très, très… mignon, sur un ton ironique.

— Maman arrête, s’il te plaît.

— Je plaisante…

Elle embraya vite.

— Tu as déjà un nom pour lui ?

— Soubisou, déclarai-je sans hésitation. Je l’appellerai Soubisou !

Ça allait de soi, me semblait-il, pour un hamster que j’aimais déjà.

Il fallait maintenant lui choisir une cage.

Publié dans Présentation

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Bob Boutique nous présente son nouvel ouvrage, un roadmovie en Islande...

Publié le par christine brunet /aloys

 

Biographie

 

Bob Boutique…Un nom comme ça, ça ne s’invente pas, c’est déjà tout un programme !  Si on ajoute à ça un esprit un peu borderline, une propension à ne rien prendre au sérieux (surtout pas lui-même) et un cœur gros comme ça…

Et puis, il y a les histoires en elles-mêmes…

 

Résumé

Dans tous mes écrits publiés ou non, j’ai toujours évité d’employer le pronom «je», pour bien faire comprendre au lecteur que tout était inventé et issu d’une imagination débridée.

Une seule exception, ce livre qui raconte, comme un «road-movie», un  voyage  effectué voici quelques années avec ma tendre moitié (Poussin) et notre fils Julien alors âgé de onze ans à travers l’Islande.

Nous avons beaucoup «pérégriné» dans notre vie et traversé de nombreux pays et continents mais le plus beau, le plus étonnant, fut sans conteste l’Islande, une île sortie voici cinquante millions d’années de la mer du Groenland, en bordure du cercle polaire.

Nous n’avons rien édulcoré ou travesti, tout est vrai du début à la fin, les prix, nos mésaventures, nos «conneries», nos découvertes, nos déceptions et nos franches rigolades sans oublier l’inattendu que bien entendu nous n’avions pas prévu.

Vous pouvez prendre des notes, car tout est exact et que peut-être vous y passerez un jour. C’est le seul mal que je vous souhaite avec un traditionnel «bon voyage».

Une dernière chose : partez en juillet et n’oubliez pas un bon pull en mohair !

 

Extrait

 

1. Il faut un début à tout !

 

On est arrivé aux alentours de minuit (via Copenhague) à l'aéroport de Kevlavik (ça se trouve à 40 kms de la capitale Reykjavik). Il fait encore clair comme en plein jour, un peu gris et venteux. Onze degrés.

Un tout petit aéroport désertique mais super propret, que nous traversons d’un pas fatigué, mon Poussin, mon fils de 13 ans et moi-même pour rejoindre le tapis roulant des bagages. À pied, mais à deux pas de l’avion. D’ailleurs nous l’apprendrons bientôt : ici tout se trouve à deux pas tant qu’on reste dans de la vie civilisée. Après c’est autre chose !

On expliquera plus tard.

En attendant, consternation. Il manque une valise, celle du petit, un grand fourre-tout dans lequel nous avions rangé, en plus de ses affaires, nos godasses de marche et les sacs de couchage ! On attend, on s'inquiète, on regarde défiler la bande de caoutchouc tandis que petit à petit les autres voyageurs s’en vont avec leurs valises... rien. Ça commence bien.

Publié dans Présentation

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Lili Bonnet présente son recueil "Je ne reste pas là"

Publié le par christine brunet /aloys

 

Biographie

Titulaire d’un Master en Sciences politiques et Relations internationales de l’ULB, experte en genre, elle a travaillé dans les domaines de la lutte contre les violences faites aux femmes et la défense des droits des femmes durant plusieurs années.

 

Résumé

Dans le recueil de poésie Je ne reste pas là, la poétesse, Lili Bonnet, dépeint son ressenti et ses observations, met l’accent sur la dignité, la résistance, sur les chemins qui permettent de s’extirper de l’invisibilité des brutalités imposées par le patriarcat, des limites assignées par le racisme, pour être au plus près de ses sensations et de ses rêves ou de la façon de dépasser les regards clivants, les freins.

Elle nous fait découvrir aussi dans de jolis portraits la trajectoire de plusieurs femmes qui, à leur manière, avec fermeté et puissance, ont dépassé les discriminations et les difficultés dans leur travail.

 

Extrait

Parce que je suis

 

Parce que je suis une femme

Certains me disent quoi faire, comment me comporter

Certains portent atteinte à mon corps, le traitent comme un objet

Certains parlent à ma place, m’interrompent si je parle ou se moquent de ce que je dis

 

Parce que je suis une femme et que je ne suis pas née ici

Certains me disent quoi faire, comment me comporter

Certains portent atteinte à mon corps, le traitent comme un objet

Certains parlent à ma place, m’interrompent si je parle ou se moquent de ce que je dis

Certains refusent de m’engager

Certains ne reconnaissent pas mes compétences

Certains s’approprient mon travail

 

Parce que je suis une femme et porteuse d’un handicap

Certains me disent quoi faire, comment me comporter

Certains portent atteinte à mon corps, le traitent comme un objet

Certains parlent à ma place, m’interrompent si je parle ou se moquent de ce que je dis

Certains me mettent d’office dans une filière professionnelle

Certains me parlent comme si j’avais six ans

Certaines refusent de m’engager

 

Parce que je suis une femme et que j’habite dans un quartier dit « sensible »

Certains me disent quoi faire, comment me comporter

Certains portent atteinte à mon corps, le traitent comme un objet

Certains parlent à ma place, m’interrompent si je parle ou se moquent de ce que je dis

Certains m’ignorent

Certains refusent de m’engager

Certains ne reconnaissent pas mes compétences

Publié dans Présentation, Poésie

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