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Edmée de Xhavée nous propose une nouvelle "Paname Sansgêne, l'ami en pleurs"

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

Paname Sansgêne, l’ami en pleurs 


 

Coup de sonnette dans la nuit… Minuit ? Non… on ne peut sonner chez moi à cette heure. Je me retourne et tire la couverture sur mon oreille, ce qui n’empêche pas un autre coup strident de percer le silence – enfin… il pleut, donc ça fait plic plic plic driiiiiiiiiiiiiiiing plic plic plic driiiiiiiiiiiiiiiing plic plic plic driiiiiiiiiiing avec une impolitesse qui frôle l’indécence. Le doigt de cet abruti sans manières ne se lèvera pas, je le sens et l’entends… Les tympans en feu, je cours à la porte, en ouvre le petit Judas pour découvrir, de l’autre côté, un visage inconnu et détrempé par pluie et larmes, couvert d’un capuchon de nylon qui lui donne l’air d’un spectre plastifié.

Une main se détache de la silhouette puis une autre, se joignant dans un signe de prière. Je crie aussi bas que je peux – diable, il y a des voisins… - Qui est-ce ? Mais la bouche est déformée par un pleur de tragédie grecque d’une part, et certainement moche de toute manière. Les contours d’une vieille semelle du Docteur Scholl, la mouvance d’un spermatozoïde et pas trop de fraicheur. Pas ce qu’on appelle une bouche pulpeuse, sensuelle, gourmande ou invitante, quoi.

Je dois bien entrouvrir la porte pour en savoir plus, l’air revêche, méfiant, tout mon poids contre le chambranle en cas d’attaque. « Je suis Paname Sansgêne, ton ami Fesse-Butt ! Tu as aimé le statut selon lequel si j’apparaissais à ta porte à minuit, en larmes et désespéré, tu ouvrirais parce que notre amitié est sincère ! »…

Paname Sansgêne… je ne vois pas mais j’ai 5874 amis, je ne m’étonne pas. Je partage généreusement tout ce qui se termine par « si tu es d’accord, partage ceci sur ton journal ». Je trouve qu’il faut avoir le courage de ses opinions. Je suis pour les implants mammaires remboursés à partir de 85 ans, la mise à mort par gavage des politiciens véreux, le retour du pilori pour ceux qui ne ramassent pas les crottes de leurs chiens, des mini-robes pour le clergé, la semaine de 7 heures… et je suis fière de le faire savoir, nous sommes d’ailleurs des millions à partager sur nos journaux avec la plus grande intrépidité.

Mais bon, l’ectoplasme de plastique à la bouche suspecte est là, et affirme que je me suis aussi engagée à sécher ses larmes à son gré, à minuit, parce qu’il est mon ami Fesse-Butt. Et je sais qu’il ferait la même chose pour moi…

Je le laisse donc entrer, et plic-plocqueter sur mon beau marbre ciré, ainsi que me postillonner au visage car avec une telle bouche, que voulez-vous, ça se tortille comme un ver au bout de l’hameçon, et hélas c’est bien plus laid… Je l’introduis au salon, tandis qu’il sanglote et m’en vais lui faire une tasse de thé. En m’aspergeant de gouttelettes de salive il s’indigne : ce thé a été reconnu sur les réseaux sociaux pour être rempli de pesticides en poudre. Un peu de vin alors ? Nooooooooooon, un ami Fesse-Butt l’a informé que le vin après minuit comptait double. Heuuuuuuuuuuh… de l’eau ? Oh horreur, il suffit de Moogler pour être informé qu’on nous met dans l’eau de quoi nous plonger dans l’hébétude et la soumission. Heuuuuuuuuuuuuh… que nous reste-t-il ? Ma foi, il consent à une tasse d’huile d’olive après avoir vérifié la marque et fait « ce n’est pas dans ma liste noire mais bon… ça ne prouve rien. Je n’en prendrai qu’un doigt ».

Il m’explique qu’il s’est mis à pleurer en écoutant Les roses blanches et ne pouvait s’arrêter. Ça fait longtemps qu’il a repéré où je vis d’après les photos de mes fleurs à la fenêtre, des fleurs carnivores en effet assez rares et destinées à empêcher les voleurs de s’introduire en mon absence. Parfois je retrouve quelques doigts dans la terre, et les remercie – il faut parler aux plantes, on ne le dira jamais assez… - de leur vigilance, les appelant mes petites oies voraces du Capitole.

Je suis heureuse de prouver mon amitié à cet homme qui en a tant besoin. Il semble se calmer un peu et se confie : sa mère devait venir le rejoindre pour la fête des mères mais hélas, alors qu’elle était en vacances en Grèce, elle a été renversée par une moto, et se trouve à l’hôpital, où un inconnu sans scrupules lui a volé son sac et tout son argent, or l’hôpital refuse de la laisser repartir sans qu’elle ait payé sa note. Une broutille, 3.000 € à peine. Mais lui ne les a pas, car il vient d’aider un autre ami Fesse-Butt qui a été contacté par un millionnaire en fin de vie, lequel n’ayant pas d’héritier direct cherchait une personne de valeur pour lui laisser tout son avoir. Or cet ami, le bénéficiaire très surpris, milite activement sur les réseaux sociaux pour la sauvegarde des mouches et cherche à interdire la pêche à la mouche. Seulement voilà, il lui fallait ouvrir un compte dans un pays off-shore avec un minimum de 3.000 € pour permettre le versement de l’héritage qui ne saurait plus tarder, le millionnaire étant en soins palliatifs.

Mon dieu que c’est exaltant d’aider ses amis, de se sentir solidaire de ce merveilleux groupe. Je fais sous ses yeux un versement en ligne sur son compte, pour qu’il puisse libérer sa chère maman, à laquelle il pourra donner de belles roses blanches pour la fête des mères. J’en ai, je l’avoue, les larmes aux yeux – qui s’ajoutent à ses postillons reconnaissants.

Le voilà qui repleure lui aussi d’ailleurs, et nous sommes repartis pour une seconde tasse d’huile d’olives – enfin, un doigt dans une tasse. Entre deux sanglots il me compliment pour ma collection d’œufs de Fabergé, et me demande si ça ne me revient pas trop cher en assurance, de tels trésors, puisqu’il ne peut s’empêcher de remarquer aussi mes petits verres à liqueur cerclés d’or. Je lui dis en confidence que ce n’est pas assuré, ça finirait par me revenir cher, toutes ces assurances, et qu’au fond personne ne sait que je les ai, sauf lui maintenant, mon ami Fesse-Butt. Il me remercie pour ma confiance, et pendant un instant nous nous sentons soudés par cette grande famille que d’aucuns accusent de n’être que virtuelle, et dont nous venons pourtant de vérifier la réalité.

Le voici pourtant prêt à repartir. Je l’assure que sa compagnie m’a fait tant de bien, cet échange d’aide, si humain. A sa demande je lui prépare à la cuisine une belle tartine pour son petit déjeuner, puisque gentiment il m’a dit que ça lui donnerait la sensation de ne pas être seul au réveil. J’y mets soin et amour, une belle tranche de fromage, des cornichons, de la moutarde, tout ça sur une grosse couche de beurre de baratte étalée sur du pain de campagne. A sa demande je la mets dans un sac de plastique, ce qui, dit-il, lui permet de vider ses poches de quelques babioles encombrantes enroulées dans des mouchoirs en papier…

Il s’en va et je sens soudain le vide que laisse un ami absent. Je me recouche et jamais mon lit ne m’a semblé si froid, alors je me connecte à Fesse-Butt pour lui dire bonsoir.

Le compte a été fermé.

Il me manque cinq Fabergé et les six verres à liqueur.

Paname Sansgêne comme identité… un homme grimaçant sous un capuchon de nylon comme description… Et le policier qui lève les yeux au ciel en donnant des coups de coude à son confrère. Ce monde est pourri ! On ne peut se fier à personne, pas même à la famille…


 

Edmée de Xhavée

Publié dans Nouvelle

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Rolande Michel a lu "Le temps de l'errance" de Jean-François Foulon

Publié le par christine brunet /aloys

 

J'AI LU LE TEMPS DE L'ERRANCE

de Jean- François FOULON

 

J'ai lu et relu à plusieurs reprises cet ouvrage avec un plaisir sans cesse renouvelé.

Je me suis bien longtemps demandé comment trouver des mots dignes de

qualifier une œuvre d'une intensité poétique aussi exceptionnelle, à la fois pleine de tendresse et empreinte d'un romantisme teinté d'angoisse, d’incer titude et de questionnement.

 

Pour Jean-François Foulon, la rime est accessoire, même s'il se plaît à la taquiner avec une facilité déconcertante.

Quel que soit le mode d'expression choisi, l'auteur laisse errer sa plume, au hasard de ses états d'âme, de ses souvenirs, de ses angoisses.

Certains thèmes essentiels, que je me bornerai à évoquer, sont récurrents.

 

Rêver !

C'est bien là le propre de l'Homme, ce qui le différencie de l'animal, depuis la nuit des temps !

L'auteur évoque, non sans nostalgie, son enfance, et les endroits familiers dont sa mémoire a même enregistré les odeurs.

Associés à la musique, ses souvenirs lui ont permis de fuir un présent sur lequel il jette un regard attristé.

Grâce à eux, il a pu s'évader dans ses rêves, à la poursuite d'une étoile, et exprimer, à travers l'écriture, son espoir d'un monde meilleur.

 

Comme il le dit si bien :

"Heureux ceux qui partent sur des navires affrétés pour nulle part, sans savoir s'ils reviendront."

La mer symbolise l'Infini, L'Éternité. Attiré par elle, l'Homme hésite un temps, diffère son départ, et se décide enfin à prendre le large, à embarquer sur ses rêves, "des navires dont les nuages sont les voiles". À quel prix ? Vers quelle destination ? Peu importe. Il marche...

 

Au cours de son cheminement, il arrive que "ses pas se perdent"dans les gares, le temps d'une halte, en attendant le train de la vie. L'emprunter le

condamne à la solitude.

Très vite, les traces de ses pas s'effacent cependant, comme il en va de celles qu'il laisse quand il marche sur les routes enneigées.

Existons-nous vraiment ? Se pourrait-il que nous rêvions notre vie ?...

 

Tout au long de son périple, l'Homme assiste, impuissant, à la destruction de la nature, à la victoire du matérialisme, du sexe, de la drogue.

Et le temps fuit inexorablement, un peu comme si la mort et son silence étaient le but ultime de toute existence.

Mais le temps a-t-il jamais existé ou l'avons-nous créé ?...

 

À l'automne de sa vie, après des années d'errance au cours desquelles il a le sentiment d'avoir tourné en rond, l'Homme arrive au bout du chemin. Sa fin est proche.

Confronté à la réalité, soudain lucide, il en arrive à la conclusion que fuir, en quête d'un ailleurs illusoire, ne servait à rien. Il se demande alors si ce voyage, qui le ramène à son point de départ, en valait la peine.

Pourtant, en cours de route, il a connu l'amour qui embellit la vie et fait souffrir aussi. Mais, comme toute chose, l'amour est éphémère. Le poète a rêvé d'une femme inconnue qu'il aurait voulue parfaite et unique.

Cette quête d'amour idéal, si chère aux romantiques, Jean-François Foulon l'exprime avec infiniment de douceur et de délicatesse. Mais de ses amours imaginaires ou vécues, seuls lui restent les regrets et la solitude.

 

Avant d'en terminer, j'aimerais vous inciter à méditer sur cette déclaration d'amour sublime que toute femme rêverait d'entendre :

 

"Je ne me souviens plus où nous nous sommes rencontrés,

Ni de quel pays tu venais.

Je n'ai jamais rien su de ton enfance ni de ta famille.

J'ai même oublié ton nom.

Mais j'ai gardé au fond de moi le tendresse de tes caresses,

L'odeur de ta peau et la douceur de ton regard.

Je te reconnaîtrais entre toutes."

 

 

Rolande Michel.

 

Publié dans Fiche de lecture

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Salvatore Gucciardo nous propose un poème "Frissons"

Publié le par christine brunet /aloys

Frissons

 

 

L’ombre caresse

Une gerbe scintillante

Sur la paume de l’âme

Et fait renaître

Le souffle de l’espoir

 

Hiéroglyphes éparses

Sur la pierre colorée

Sentiments d’éternité

Sur les statues figées

 

L’éclat de tes yeux

Sur le miroir

De l’onde

Écho musical

La vague emporte

Les algues endormies

 

Volume sphérique

Amas de plumes

L’oiseau solitaire

Parsemé d’or

Et d’argent

 

Corps frissonnant

Volute de brume

Sur le sommet

Des montagnes

Exaltation océane

 

 

Salvatore Gucciardo

Publié dans Poésie

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"Le cycliste urbain", un nouvel article du dictionnaire post-philosophique de Didier FOND

Publié le par christine brunet /aloys

 

DICTIONNNAIRE POST-PHILOSOPHIQUE

 

LE CYCLISTE URBAIN

 

 

« Si on disait du mal ?... » (1)

 

Le déplacement à bicyclette ne date pas d’aujourd’hui et est, à l’origine, quelque chose de tout à fait valable et respectable. Malheureusement, depuis quelques années, ce qui était autrefois réservé à des gens sachant utiliser un vélo et rouler correctement en ville est devenu, par la grâce de certaines municipalités, une facilité offerte au premier abruti venu qui ignore les rudiments de la circulation.

 

Le cycliste urbain en général se divise en deux catégories :

 

- La première, sur laquelle il n’y a rien à dire, intègre les gens qui ont compris qu’on ne peut pas faire n’importe quoi sur un deux roues, qu’il y a des règles à observer et que le code de la route s’applique à tout le monde, y compris à eux. Ce sont ce que nous nommerons les « cyclistes urbains pourvu d’une intelligence normale, voire supérieure. »

 

- La seconde, sur laquelle nous allons nous étendre, a un nombre d’adhérents formidablement plus élevés que la première. Constatation déprimante, parce qu’elle sous-entend de graves problèmes quant à l’intellect d’une grande partie de notre population, notamment entre 20 et 35 ans, âges les plus touchés par la stupidité rédhibitoire.

 

Un bon exemple valant mieux qu’un long discours, nous allons évoquer le cas de la bonne ville de Lyon qui a eu l’idée (vite piquée par Paris) de mettre des deux roues à disposition de tout un chacun. Excellente idée sur le papier, et remplie d’implicites écologiques. L’huile de genou pollue moins que le diesel et son odeur est moins forte et moins désagréable (à voir) que celle des gaz d’échappement.

 

Néanmoins, néanmoins, dirons-nous, le « velov » n’est pas, à y regarder de plus près, une SI bonne affaire. Pourquoi ? Mais parce que n’importe qui -et surtout ceux dont le QI ne dépasse pas le 50- peut emprunter un vélo ou décider d’acheter un vélo, ou se rappeler qu’il/elle a un vélo pourri dans sa cave qui ne demande qu’à resservir. Finalement, on se retrouve devant le même problème que celui qui hante les grands cerveaux de l’Education Nationale : la massification. Et forcément, la chute de la qualité.

 

Le cycliste urbain catégorie 2 possédant l’intellect d’un chou-fleur ignore :

 

Les feux rouges : Il n’en a jamais vu de sa vie et pense que c’est encore une invention du PC pour se faire remarquer ; donc il est hors de question qu’il jette un soupçon de regard à cette chose malsaine.

 

Les sens interdits : Il se dit que c’est une jolie décoration. Mais pourquoi n’en avoir mis que dans certaines rues ?

 

les priorités à droite : L’abstraction est trop difficile. Et après le PC, la droite ! Et puis quoi, encore ?

 

Les « cédez le passage » : Mais pourquoi avoir tracé ces bandes sur la chaussée ? Ça, c’est salir la ville pour rien. Son ego écolo se révolte.

 

Les divers panneaux routiers jalonnant son chemin : Il trouve que les images sont jolies mais ne comprend rien au texte quand il y en a un : forcément, il sait à peine lire. [Oh, que c’est méchant, ça !]

 

Pour celui qui utilise son propre vélo, qu’il vaut mieux avoir une lumière au cul pour circuler la nuit : Etant lui-même une lumière, sa personne devrait suffire.

 

Le cycliste urbain cat. 2 roule de préférence au milieu de la chaussée, en zigzaguant de son mieux, le nez en l’air, et traverse les carrefours sans faire attention à ce qui se passe autour de lui. Quand il estime que la rue ne lui suffit pas, il envahit les trottoirs et fonce au risque de renverser le premier obstacle venu, que ce soit Vénus en personne ou Miss Tick.

 

Le cycliste urbain cat. 2 se prend pour un grand sportif : c’est pour cela qu’il ignore les règles élémentaires du code de la route. D’ailleurs, il ne fait que suivre les préceptes du Président d’une association d’usagers de bicyclettes, interviewé sur une radio quelconque et qui, en deux phrases, n’a pas peur de se contredire complètement. 9 h 10 : première phrase, mémorable : « faire du vélo est un véritable sport qui développe les muscles et l’endurance et c’est ça qui est bien dans ce moyen de transport. » 9 H 13 : deuxième phrase : « Les cyclistes ne peuvent pas s’arrêter aux feux rouges parce que redémarrer demande un trop grand effort physique. » (Véridique et sans commentaire.)

 

- Le cycliste urbain cat. 2 a sa fierté : on ne lui barre pas le passage impunément. Il vous insulte si votre voiture le frôle de trop près et vous insulte si vous avez l’outrecuidance de prétendre passer quand vous avez le feu vert et qu’il arrive à toute allure sur vous alors qu’il a le feu rouge et que freiner et surtout s’arrêter, c’est beaucoup trop lui demander.

 

- Le cycliste urbain cat. 2 hait les voitures qui puent, polluent, font du bruit, l’empêchent de respirer correctement (ce en quoi il rejoint le jogger), de circuler librement, bref, lui pourrissent la vie ; mais heureusement qu’il a la sienne pour partir en vacances.

 

BREF :

 

- Le cycliste urbain cat. 2, sans doute las de la vie, fait tout pour se faire expédier au cimetière avant son heure. Et gageons qu’il saura encore protester auprès de Saint-Pierre ou de Messire Satan, arguant que « c’est la faute de l’autre » s’il se trouve à cet endroit. Seul problème dans ce séduisant programme suicidaire : quiddu malheureux qui, sans le faire exprès, l’aura envoyé dans l’autre monde ? (Ou moins démoralisant : à l’hôpital ?) Ne parlons pas des assurances, là, le casse-tête devient trop abominable, mais du remords qui pourrait l’envahir alors qu’il n’est nullement responsable de la connerie du mort ?...

 

Conclusion : Engeance à éviter à tout prix.

 

(1) Merci Giselle et Lucienne.

Publié dans Nouvelle

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Eté meurtrier, une poésie de François Iulini

Publié le par christine brunet /aloys

Eté meurtrier

Enfant souvent morose elle grandit sans vertu

La rêveuse trop fière pour accepter le monde

Ne vit rien de la vie sauf son destin perdu


 

Une splendeur de jardin que le soleil inonde

Quelques milliers d’amis pour conjurer la peur

Une vie sans surprise ni pensées vagabondes


 

Goguenard fut mai, doux et bonimenteur

Vêtues de robes blanches d’éphémère jeunesse

Nous rosissions nos âmes et se gorgeaient nos cœurs


 

Cynique, la railleuse grinçait sur nos faiblesses

De ne savoir que vivre dans l’attente des vers

De bouffir chaque jour enchaîné à nos laisses

 

François Iulini

Publié dans Poésie

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"Meurs, mon fils, je t'aime" de Sandrine Dupuis dans le Bibliothécaire

Publié le par christine brunet /aloys

"Meurs, mon fils, je t'aime" de Sandrine Dupuis dans le Bibliothécaire
"Meurs, mon fils, je t'aime" de Sandrine Dupuis dans le Bibliothécaire

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La longueur du Nil, une poésie extraite de "L'ombre du reflet" de François Iulini

Publié le par christine brunet /aloys

La longueur du Nil

(Pour mémoire, 6 500 km)

 

 

Mécaniques matins ; vos tartines croisant

Sous l’effluve robuste et l’huileuse spirale

Ont dilué mon rêve dans l’œil nécromant…


 

Mon livre j’abandonne à la touffeur australe ;

Sous la feuille d’ombú, le mascaret poisseux,

L’orange Nautilus, mène à la communale…


 

Sur l’abscisse en béton qu’ordonne la banlieue,

Soliloque une ligne sur le bonheur placide

Et condamne à mûrir les songes aventureux…


 

Sous ce ciel de craie ma jeunesse se ride

Sur la longueur d’un Nil qu’elle ne descendra pas,

Ce trait sur une carte est un néant sans vide…

 

Un fleuve de papier arpenté sans bardas,

Sans felouques glissant sur les traces d’Henry ;

Votre cours sans écaille n’est qu’un ru sans son Râ…


 

O combien est cruelle la triste maladie,

De croire toujours un peu, de n'être qu'un peu triste,

D'aimer l’œuvre anémiée de nos pages sans cris...


 

Toutes ces choses apprises ces heures où rien n’existe

Seul, le ciel bleu s’amuse au-dessus de nos brumes ;

- Croire que la vie se gagne en étant réaliste ! -


 

Rafraichis-moi soleil, la glace me consume,

Rassasie-toi ma faim aux becs des cormorans,

Ibis écarlates couronnez-moi d’écume…


 

Surviendra le déclin des matins sans talent

Salut radieuse aurore, adieu rêves dociles

Sur ma blanche torpeur j’écrirai mon néant…


 

Noire sera ma page, insondable mon Nil…

 

François Iulini

Publié dans Poésie

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Jacques Degeye nous parle de son nouvel ouvrage "Sale temps pour les héros"...

Publié le par christine brunet /aloys

 

SALE TEMPS POUR LES HÉROS. Le prix de la liberté sous le règne de M. Poutinede JACQUES DEGEYE, Éditions CHLOÉ DES LYS « Collection », 2016, 571 p., 22 EUR.

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Jacques, ta conférence du 11 janvier 2017 a-t-elle été un succès ?

Un succès inespéré. La salle du Centre Culturel de Rochefort était pleine.

 

Un public intéressé ?

Oui, très concentré et réactif.

 

Pourquoi, à ton avis, les gens s'intéressent-ils à ton livre sur la Russie ?

Le sujet est actuel. Tous les jours, tous les soirs, on parle de Poutine : « Poutine par-ci, Poutine par-là ! Un grand homme ! Un homme à poigne ! Voilà ce qu'il nous faudrait : un homme qui n'a pas froid aux yeux ! »...

 

Pourtant, tu n'es pas tendre avec lui : c'est le moins que l'on puisse dire !

Oui, et c'est la raison pour laquelle j'ai été l'objet de quelques critiques, parfois

virulentes, à la limite de la correction, voire pire... C'est le risque à courir.

 

Les Russes aiment leur président actuel. Pourquoi t'acharnes-tu contre lui ?

Les chiffres parlent d'eux-mêmes : 82 % d'opinions favorables au 16 avril 2016.

Source : Le Centre Levada, un institut indépendant. Alors, quel est le problème ?

Ne suis-je pas « à côté de la plaque » ? Si la réponse mérite d'être posée, elle appelle

toutefois une réponse claire : un an avant ce sondage, après avoir été réélu président,

après avoir promis beaucoup (à la suite des manifestations de l'hiver 2011/2012)

et après avoir mis en œuvre quelques réformes, M. Poutine ne récoltait qu'entre 40

45 % d'opinions favorables.

Quelle est l'explication ? La guerre en Ukraine et l'annexion de la Crimée (mars 2014)

ont changé la donne : elles ont dopé le sentiment nationaliste, la fierté d'être Russe, le

sentiment de prendre leur revanche et de compter à nouveau sur la scène internationale.

 

Pourquoi cette charge anti-Poutine ? Que lui reproches-tu au juste ?

À titre personnel, rien ! MAIS comment est-il parvenu au premier rang ? Comment

s'y maintient-il ? Quelles forces le soutiennent-elles, et pourquoi ?

Et puis : quelle politique mène-t-il à l'intérieur de la Russie ? Et à l'extérieur ?

Ce sont des questions importantes, et il ne s'agit pas de dire : c'est très bien, la Russie

fait ce qu'elle veut, elle nous en remontre, elle est redevenue une grande puissance, etc...

À toutes ces questions, mon livre répond honnêtement.

 

Et tes sources : ne sont-elles pas toutes traduites ?

Et alors, quel est le problème ? Les ouvrages en russe sont rapidement traduits en

français ou en anglais. Ce sont des livres très au courant des questions russes :

sociologues, historiens, politologues, géographes, philosophes, journalistes, écrivains.

Par contre, si vous ne lisez, en tant que slaviste, que des ouvrages ou des articles en russe,

si vous ne regardez que la TV russe ou si vous n'écoutez que la radio russe, vous n'aurez pas de regard critique, car toute la presse écrite et audiovisuelle est contrôlée

par les hommes du Kremlin. Même les exceptions sont sujettes à caution, car les capitaux

de ces médias « indépendants » appartiennent (au moins en partie) à des oligarques proches

du pouvoir actuel.

 

Conclusion ?

Lisez « SALE TEMPS POUR LES HÉROS », et vous exercerez votre esprit critique,

sans être pour autant antirusse. C'est là plus qu'une nuance : je ne suis nullement

antirusse. Au contraire, c'est une grande joie pour moi de parler de la Russie, de son peuple

merveilleux, de ses espaces immenses, de ses cathédrales et de ses monastères, de ses musées, de ses artistes géniaux, de ses scientifiques de premier plan, de ses entrepreneurs.

 

Qu'est-ce qu'un héros ou une héroïne selon toi ?

C'est une femme ou un homme que nous pouvons imiter parce qu'il (elle) est un modèle

de courage et de probité. Il (elle) a fait ses preuves dans des cas bien concrets.

Il en est ainsi d'Anna Politkovskaïa, d'Alexandre Litvinenko ou de Boris Nemtsov,

qui ont payé de leur vie leur recherche de la vérité, les deux premiers en 2006 et le dernier en 2015.

 

Ton livre n'est-il pas le reflet de l'ère Obama (2009-2017) ? N'est-il pas dépassé

par l'arrivée de M. Trump à la Maison-Blanche ?

Sincèrement, je ne le pense pas. Ce n'est pas parce que la politique étrangère qu'annonce

M. Trump sera toute différente de celle de son prédécesseur, notamment vis-à-vis de la Russie, que le blason de M. Poutine en sera redoré. Tous les FAITS que j'allègue dans mon

ouvrage sont vérifiés et recoupés. Et les faits sont têtus. Est-ce que les Russes profitent de la politique économique et sociale de leur président ? Prenons un seul exemple : le PIB par habitant de la Russie est d'environ 9 000 dollars US, tandis que celui de la Belgique est de + ou - 40 000 USD et celui de l'Allemagne, de + ou - 41 000 USD (chiffres de 2015). L'évolution du PIB de la Russie était meilleure lorsque les prix du pétrole et du gaz étaient élevés. Depuis la crise de 2008 et les sanctions réciproques de 2012-2014, cette évolution est négative. Ce n'est pas brillant.

 

Pourquoi faut-il lire « SALE TEMPS POUR LES HÉROS » ?

Pour garder nos yeux grands ouverts sur les réalités de notre monde : ni catastrophisme ni angélisme. Nous savons quand les pouvoirs forts commencent, mais jamais quand ni comment ils se terminent. Méfions nous des démagogues et des semeurs d'illusions, car nous pourrions le payer cher. Méfions nous également des cyniques : regardons-les bien en face. Défendons les hommes et les femmes sans voix, sans poids, les victimes, les êtres souffrants. Faisons preuve de tolérance. SUIVONS EN CELA LES FEMMES ET LES HOMMES INTRÉPIDES, ceux dont les récits foisonnent dans « SALE TEMPS POUR LES HÉROS. Le prix de la liberté sous le règne de M. Poutine », aux Éditions Chloé des Lys « Collection », 2016.

 

Jacques Degeye

Publié dans présentations, interview

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Rêve éveillé, un poème extrait de "L'ombre du reflet" de François Iulini

Publié le par christine brunet /aloys

 

Rêve éveillé

Je me suis endormi dans la chaleur tropique

L’Alysée paressait son congé du mois doux

Fredonnait, la voix lasse l’opiniâtre moustique

Les paupières de la nuit clignèrent, et ce fut tout…


 

Je me suis réveillé dans une aube aquatique

Derrière le rideau coulait l’été dissous

Mon cauchemar haussa les épaules, sceptique,

Ses yeux noyés de gris cillèrent, et ce fut tout…


 

Le bonheur j’ai plié et rangé dans l’étui

Ma jaune parenthèse a poussé le verrou

En attendant le jour où vous serez ici…


 

Mes rimes sur le mur de ce ciel d’ennui

Ecrivent le poème d’une éphémère nuit

Où je ne dormais pas, heureux et puis c’est tout…

 

 

François Iulini

Publié dans Poésie

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Armelle Welles présente son roman "Procréation assistée"

Publié le par christine brunet /aloys

Armelle Welles est née en 1963 à Paris. Elle fait ses études de médecine en région parisienne puis est nommée interne à Montpellier. Elle s’installe alors dans le sud de la France et exercera pendant plus de vingt ans dans un établissement hospitalier privé à Nîmes. En 2009, elle se met à écrire, dans le registre qui l’a toujours passionnée, le roman policier. « Procréation assistée » est son premier roman.

 

Résumé

 

Paul Boisset, le directeur d’une clinique nîmoise est retrouvé mort, assassiné dans son bureau. Doté d’un épouse dépressive, alcoolique et suicidaire, il aimait travailler tard, tant pour échapper à l’atmosphère lugubre de son domicile que pour mener à bien ses nombreuses aventures amoureuses. Néanmoins, et de l’avis de tous, c’était un homme honnête, compétent, attentif et respecté. Le commissaire Raphaël Blum, flic bourru mais sensible, en proie à des sentiments contradictoires, enquête dans cet établissement de soins où travaille son ex-femme, la mère de son fils de douze ans, qui est désormais la compagne d’un gynéco-obstétricien renommé. Le seul indice dont dispose la police est la mystérieuse photographie d’un jeune enfant retrouvée sur les lieux du crime. S’agit-il de l’enfant naturel de Boisset ? Les enquêteurs remontent la piste mais un nouveau meurtre est commis, bouleversant l’enquête. A l’aide Claire Pérez, l’ancienne secrétaire, amie et confidente de Boisset qui ne laisse pas la commissaire insensible, Blum et ses adjoints mettront au jour un trafic d’embryons génétiquement modifiés, orchestré par un grand laboratoire pharmaceutique.

 

 

Extrait :

Samedi matin

9h30

 

Catherine Ansfeld était nerveuse, elle ne parvenait pas à se concentrer sur la lecture du magazine qu’elle feuilletait. La salle d’attente était pourtant accueillante, vitrée, meublée de sièges à la fois design et confortables, bien pourvue en magazines récents, séparée du secrétariat par une cloison en verre dépoli. Plusieurs bouquets de fleurs séchées et des photographies d’art au mur complétaient l’ensemble. Le tout dégageait une atmosphère de tranquillité et de professionnalisme. La secrétaire était impersonnelle mais souriante. Catherine n’avait pas encore aperçu le médecin mais elle avait entendu sa voix à travers la cloison de verre, une voix aimable et rassurante, peut-être un peu condescendante. On disait tant de bien de ce Docteur Monteil, qui, semble-t-il, faisait des miracles dans son domaine, la stérilité féminine. Une collègue de Catherine avait d’ailleurs eu un bébé récemment, elle qui n’y croyait plus après avoir tenté d’avoir un enfant pendant près de 10 ans. Elle vouait une reconnaissance sans bornes au Dr Monteil, et nageait dans le bonheur depuis la naissance de son petit Anthony, après une grossesse, il est vrai, un peu tumultueuse. Catherine et Marc, son mari, voulaient un enfant depuis 3 ans et les examens réalisés jusqu’alors n’avaient montré aucune anomalie, autant chez elle que chez lui. En son for intérieur, Catherine était impressionnée et avait peur que le médecin lui rie au nez. Sa collègue avait parlé, en effet, de son abord froid et distant. Après une demi-heure d’attente, elle fut appelée et introduite dans le bureau de consultation.

 

Le Docteur Monteil était un assez bel homme d’une petite cinquantaine d’années. Il était de taille moyenne, mince, bien habillé, blond avec les tempes argentées, un visage pâle mais avenant et seuls ses lèvres minces et son froid regard bleu gris traduisaient une certaine dureté. Il pria aimablement Catherine de s’asseoir dans un des confortables fauteuils en cuir qui faisaient face au bureau et l’interrogea sur les motifs de sa consultation, puis il lut avec attention le rapport des divers examens qu’elle et son mari avaient déjà passés. Il leva les yeux, posa son regard sur Catherine et commença doucement :

  • Au vu de ces examens, il n’y a pas de raison médicale pour que vous ne puissiez pas avoir d’enfant avec votre mari, cependant ces choses-là peuvent être longues à venir et la science peut actuellement aider les couples rencontrant ce genre de difficultés.

Catherine était soulagée, il semblait la prendre au sérieux.

  • Vous avez sans doute entendu parler de ma méthode personnelle de procréation assistée, reprit-il, sans traitement hormonal lourd et contraignant. Les ovules et les spermatozoïdes sont prélevés, la fécondation se fait in vitro, c'est-à-dire en laboratoire, dans un milieu spécial qui garantit pratiquement le succès de la réimplantation. On n’implante qu’un seul embryon, ce qui vous met à l’abri des grossesses multiples non désirées, courantes avec la technique classique. Il faudra naturellement que je rencontre votre mari.
  • On m’a dit, reprit Catherine, qu’il était possible de choisir le sexe de l’enfant.
  • Cela rentre effectivement dans les possibilités actuelles, répondit le médecin d’un air un peu réticent, pourquoi cette question ?
  • Mon mari et moi souhaitons plutôt un fils, mentit Catherine.

En réalité le mari de Catherine vivait dans la terreur que sa femme mette au monde un fille rousse comme sa propre mère, une femme qui n’aimait pas son fils, le méprisant et le rabaissant sans cesse, lui préférant son frère aîné qu’elle jugeait plus beau et plus brillant.

  • Il est en effet possible de trier les embryons, continua le Dr Monteil, et de n’implanter qu’un embryon mâle en particulier en cas de maladie familiale.
  • Je croyais, dit Catherine, qui avait fait des études d’infirmière avant de devenir déléguée médicale pour un laboratoire pharmaceutique, que les maladies liées au chromosome X ne touchaient que les garçons.
  • En effet, répondit le médecin en souriant, mais il existe d’autres raisons de vouloir un garçon, n’est-ce pas ?

Etait-ce son air rassurant, son regard complice à cet instant, mais elle lui raconta la terreur de son mari et son aversion pour les rousses.

  • Nous pouvons aussi faire en sorte que l’enfant ne soit pas roux, dit-il doucement. Mais nous en reparlerons bientôt avec votre mari, conclut-il d’un air enjoué en la raccompagnant à la porte.

 

Catherine reprit donc un rendez-vous pour le mercredi suivant afin que Marc puisse l’accompagner. Elle régla machinalement la consultation et se retrouva sur le palier un peu interloquée. De retour chez elle, Catherine alluma son ordinateur et chercha à se renseigner sur les méthodes de procréation assistée. Elle lut des articles de vulgarisation scientifique, visita des forums, discuta avec des hommes et des femmes ayant utilisé la technique avec plus ou moins de succès. Aucune mention du Dr Monteil ou de sa méthode « personnelle ».

 

Marc revint à midi et demie de son travail. Il était professeur d’histoire au lycée et les questions scientifiques le dépassaient de son propre aveu. Il faisait une confiance aveugle à la science en général et à la médecine en particulier. Il rassura sa femme et lui proposa une balade dans la campagne par ce beau samedi après-midi ce qu’elle accepta avec reconnaissance.

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