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Quelques Haïkus de Noël signés Micheline Boland

Publié le par christine brunet /aloys

 

HAÏKUS DE NOËL

 

Pour la douce nuit

Des pas d'enfants dans la neige

L'appel d'une cloche

 

Rêver de la paix

Devant santons et sapin

Magie de Noël

 

Tandis que l'on trinque

La cuisinière surveille

Le chien et la dinde

 

Face au père Noël

La fillette bouche bée

Demeure sans voix 

 

Noël de retour

La chaleur de la famille

Le froid de l'hiver

 

Noël en famille

La crèche de l'an passé

Le sapin tout neuf

 

Dans l'obscurité

Les sapins illuminés

Captent les regards

 

Le vent s'est calmé

Dès le coucher du soleil

Douceur de Noël

 

Repas aux chandelles

Grand-mère coupe la bûche

D'une main tremblante

 

Odeur de sapin

Sitôt l'entrée franchie

Parfum de Noël

 

Micheline Boland

 

Publié dans Poésie

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Bénédicte Decleye nous propose quelques textes extraits du recueil "A tendre vers toi - A la vie, à la mort"

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

L’haptonomie

    En suspens, en éveil

Je te sens ! ma merveille…

Ressenti, dans mes hanches

Cette nuit, mon cœur flanche

Papillon de mes veilles

Ce temps long,

Ces réveils

Me sont

Précieux

 

 

 

L’orphané*

Je te porte, encore

Dans mes bras, dans mon corps

Mon petit, tout petit trésor

A la vie, à la mort

 

Materni thé

– la monoparentalité -

La journée avait été longue. Lassante. J’étais fourbue, de ces fatigues qui coupent les jambes et cassent le dos. J’avais froid. J’étais à bout. Si j’avais eu le choix, j’aurais rejoint mon lit, immédiatement. Je rêvais de me rouler en boule, pelotonnée. Lâcher prise de tout. Mais je suis une maman. Séparée. De trois jeunes enfants. A 18 heures, la journée n’était pas encore achevée…

 

L’envol

Et parfois, les mots manquent

Pourtant, il faut les exhumer

De son cœur, de son ventre, béants

Publié dans Textes

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Second extrait "côté Vincent"... de l'ouvrage de Bernard Wallerand "Dans la soupente des Artistes"

Publié le par christine brunet /aloys

 

Côté Vincent

 

 

Désormais, Vincent n'ira plus se balader le long des chemins de halage, qui bordent le canal d'Arles. Il a pourtant si souvent emprunté le pont-levis de Langlois, au pied duquel les laveuses rincent les draps blancs avant de les faire sécher au soleil énorme de midi. Dans la chambre de l'hôpital, Vincent semble sur l'autre rive. Son existence à la dérive ne verra plus les matelots qui remontent, le cœur battant, avec leurs amoureuses vers la ville d'Arles. Marchant sur les sables mouvants de son existence, il se revoit sur la plage de Saintes-Maries-de-la-Mer... Le ciel d'un bleu profond, d'un bleu outremer a désormais fait place à la grisaille. Les barques se sont échouées sur le sable humide et figé. Celle qu'il a baptisée "Amitié" semble désormais se prénommer "Regrets". Ces barques sans capitaine ne prendront plus la mer. Elles n'affronteront plus les vagues de la Grande Bleue et les tempêtes soudaines. Le village de pêcheurs, quant à lui, pleure l'artiste qui divague et est tourmenté par son geste insensé qui l'a embarqué dans cette mouvance dont il ne peut s'extraire et qui lui confère ce vague à l'âme.

 

Bernard Wallerand

Publié dans extraits, Présentation

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Bernard Wallerand nous propose un extrait de son roman "Dans la soupente des Artistes" : "côté Eliott"

Publié le par christine brunet /aloys

Aujourd'hui et demain, Bernard Wallerand nous propose un extrait des 2 récits de vie qui se dévoilent en alternance dans le roman. 

Premier extrait "côté Eliott" 

Bernard Wallerand nous propose un extrait de son roman "Dans la soupente des Artistes" : "côté Eliott"
Bernard Wallerand nous propose un extrait de son roman "Dans la soupente des Artistes" : "côté Eliott"
Bernard Wallerand nous propose un extrait de son roman "Dans la soupente des Artistes" : "côté Eliott"
Bernard Wallerand nous propose un extrait de son roman "Dans la soupente des Artistes" : "côté Eliott"
Bernard Wallerand nous propose un extrait de son roman "Dans la soupente des Artistes" : "côté Eliott"

Côté Eliott

 

A l'école, la belle Margot ne s'assied plus à côté de lui depuis deux semaines.  Elle l'a laissé tomber. Pour intensifier sa peine, elle ne répond pas à ses textos et elle le supprime de sa liste d'amis sur la toile, d'un simple clic de souris.

Dans sa chambre, complètement désespéré, Eliott ne comprend plus rien à sa vie ! Il passe des nuits blanches, des nuits étoilées, agitées, dans un ciel tourmenté. Il laisse son portable constamment allumé sur son oreiller. Le niveau sonore est au maximum. Le téléphone reste malheureusement silencieux.   Pas d'"I love you" retentissant ! Un silence de marbre au sein duquel résonne une évidente déchirure.  Margot a fait un stage intensif de piano le week-end qui a précédé leur incompréhensible rupture. Cela, il le sait.

Eliott se lève péniblement le matin. Il s'assied sur son lit. Ses mains retenant son visage, il pleure amèrement.

Dans le hall central de l'école, il manque une pièce du patchwork. Les mains frêles de Margot tapotant le piano ne sont plus. Au poignet de Margot, le bracelet bleu décoré à la Van Gogh n'est plus. Les Rommy Tilfiger font place aux Adodas ! Eliott emprunte dans une solitude pesante le long couloir de l'école. Les yeux de tous sont rivés sur lui. C'est clair pour tout le monde que Margot et lui ne sont plus ensemble.

.../....

 

 

Ainsi Margot a-t-elle préféré tapoter sur le piano un début de romance à quatre mains avec un certain Adelin plutôt que de tapoter des "je t'aime aussi" sur son écran !   Et c'est donc ainsi que les mains d'Adelin ont effleuré celles de Margot, juste au moment où, sur le clavier du piano, les graves ont rejoint les aigus. Sur la portée de musique ont ainsi fleuri les demi-pauses, les pauses, les soupirs et les crescendos. Eliott en crie de chagrin. Il en rugit d'amertume. Il en hurle de désespoir !

Publié dans Présentation, extraits

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Micheline Boland nous propose un texte pour la période de Noël: "Substitution"

Publié le par christine brunet /aloys

Substitution

 

Des brindilles, de bien maigres bûchettes et rondins, ils n'avaient plus guère que cela à pouvoir apporter. Ils avaient dépensé tout leur avoir pour acheter ce bahut dont l'envie leur brûlait le cœur et la pensée depuis quelques mois. Ils avaient espéré que l'hiver serait clément et qu'ils auraient peu de frais de chauffage et de vêtements. Ils avaient eu l'audace de compter sur la bienveillance du temps et des éléments naturels. Ils n'avaient pas envisagé qu'ils allaient être invités pour Noël chez des voisins auxquels ils devraient, comme c'est l'habitude dans leur région, offrir une bûche du plus bel effet et du meilleur bois. Ce cadeau était, en ce temps-là, le seul partage matériel des frais du réveillon.

 

Ces misérables branchages qu'ils avaient récoltés dans les endroits boisés des environs, jamais ils n'oseraient en faire don. Ils étaient tout juste utiles à pouvoir cuisiner et à réchauffer un peu leur foyer le soir venu, quand le travail terminé ils se laissaient aller à la rêverie au coin de l'âtre sous une douce couverture. Pour ces activités, peu importait, en effet, la présentation du combustible, seuls comptaient les résultats. Pour illuminer un réveillon de Noël, il s'agissait, cependant, de faire un présent non seulement fonctionnel, mais aussi ravissant. La forme avait, ici au moins, autant d'importance que l'usage prévu.

 

Alors ils firent appel à leur imagination pour dissimuler leur pauvreté du moment. Elle pensa broder un napperon représentant une bûche ou encore en graver une sur un petit panneau qu'elle possédait. Elle imagina aussi donner de modestes rondins individuels, joliment emballés dans un papier qu'elle décorerait avec soin, afin que chacun au moment opportun alimente le feu. Mais il estima que cela n'aiderait pas vraiment leurs hôtes à réduire leurs dépenses. Tout cela était juste symboliquement acceptable. De manière tangible, cela ne faisait pas le poids avec l'offrande traditionnelle.

 

Comme ils avaient des œufs, de la farine, de la confiture, du sucre et du lait, elle proposa de réaliser un gâteau ce qui serait une réelle contribution personnelle au repas et ne révélerait aucunement leur précarité actuelle. Il accepta son initiative, tout en l'invitant à donner au gâteau la forme de l'objet attendu.

 

Elle roula donc sa pâte après l'avoir soigneusement aplatie et garnie d'un peu de confiture. Elle orna son œuvre de nœuds et d'un entrelacs en confiture représentant les veines et les aspérités d'une écorce.

 

D'un air joyeux, ils offrirent leur délicieuse pâtisserie, prétextant qu'un peu de renouveau ne fait jamais de mal à personne.

 

Leur innovation eut tant de succès que bientôt à travers le pays tout entier, puis à travers quantité de contrées de plus en plus lointaines, de tels gâteaux furent confectionnés. Ces pâtisseries furent par la suite garnies de crème au beurre, nappées de moka ou de chocolat, fourrées aux marrons. Leur base devint une génoise moelleuse à souhait, tant l'homme cherche à améliorer ses créations.

 

Qui penserait que l'origine de la coutume fut un manque provisoire de ressources ?  Qui oserait prétendre qu'il n'y a point d'issues heureuses aux imprévus de la vie ?

 

Qu'un chemin soit inabordable, nous en trouverons tous bien un qui nous conduira d'une manière différente vers cet endroit où nous espérions aller. Notre imagination n'est-elle pas notre plus sûr allié ? Notre capacité à découvrir tant d'autres voies n'est-elle pas ce qui nous rend uniques parmi tous les êtres de la création ?

 

Micheline Boland

 

Publié dans Textes

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Pascale Gillet-B a lu Joe Valeska, Meurtres Surnaturels, volume 1 : Les Métamorphoses de Julian Kolovos

Publié le par christine brunet /aloys

 

La veille de Noël, une soirée étrange se déroule chez les Kolovos.

Dans le salon du château familial, une multitude de personnages complexes et baroques se retrouve.

Nous découvrons Julian, acteur narcissique et orgueilleux en attente d’un rôle qui relancerait sa carrière. Susceptible et sarcastique, il a rejoint sa famille pour fêter le réveillon. 

Une tension tangible aux limites de l’explosion règne entre le jeune-homme et son père, Francesco. Ornella, belle-mère de Julian et secrètement amoureuse de son beau-fils participe aux réjouissances ainsi que Sofia, sœur de Francesco et son époux, Dimitrios, écrivain raté et alcoolique.

Daphnée est l’élément extérieur. Agent artistique de Julian, elle complète ce tableau familial. Le champagne, servi par la boniche, Caroline, coule à flots dans cette ambiance artificielle et mesquine. Ce soir-là,  il ne manque qu’Ivana, actrice comme son frère, la fille adorée de Francesco, sa colombe, son principal centre d’intérêt.

Au fil de la lecture, d’autres créatures fantasques s’immiscent avec naturel dans l’histoire : Jacobo Kolovos, un ancêtre corsaire du roi George IV dont Julian est la parfaite réplique ou Jiminy, une conscience encombrante et matérialisée.

Certains personnages se métamorphosent comme Daphnée, élégante jeune femme et douce attachée de presse de Julian et d’Ivana.

L’auteur nous offre une histoire inattendue et passionnante. Chaque héros est si parfaitement croqué qu’il  évolue sous nos yeux, comme indépendant de l’auteur, et crée au détour d’une page la surprise, le dégoût  ou le mépris.

Dans une atmosphère angoissante,  l’auteur nous tient en haleine et nous guide vers un dénouement époustouflant. 

A l’opposé de cette ambiance pesante, l’écriture de Joe Valeska est légère, les mots sont choisis avec sensibilité et finesse, les dialogues sont riches, remplis d’humour et de verve.  

Merci à Joe Valeska pour cette  riche lecture !

 

 

Pascale Gillet-B

 

Publié dans avis de lecteurs

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Philippe Destebecq a lu "Tri sélectif" de Joachim Bourry

Publié le par christine brunet /aloys

Description : Tri sélectif de Joachim Bourry - Grand Format - Livre - DecitreJ'ai rencontré Joachim Bourry à une foire aux livres. J'ai été attiré par le titre de son roman qui m'a fait penser directement à l'écologie, sujet qui me tient particulièrement à cœur. 

L'auteur m'a prévenu : ce n'est pas un traité sur l'écologie, mais bien un roman, une fiction dans laquelle les personnages sont imaginaires. Même si le livre est écrit à la première personne, le héros dont il est question n'est pas l'auteur, même si on met toujours un peu de ce qu'on est dans ce qu'on écrit. 

Thomas est un être que je qualifierais peut-être de faible, sans opinions ou au moins c'est quelqu'un qui ne les exprime pas. Sa femme, Céline, est militante écologiste et, pour lui faire plaisir, il adopte sa façon de vivre et participe à des actions sur le terrain. 

Un jour, le couple (chacun de son côté) s'inscrit à un programme (qui me fait un peu penser à des émissions de télé réalité). Céline s'y donne à fond; elle est d'ailleurs de plus en plus souvent absente le soir. Thomas, lui, en profite pour faire tout ce dont il a envie. 

Le voilà invité à participer à un congrès, à des tests qui ont lieu en Amérique. Il n'en parle pas à sa femme qui, elle aussi, aurait dû recevoir cette invitation, mais qui n'en parle pas non plus. Thomas va donc emmener son épouse en vacances en Amérique, mais rien ne va se passer comme prévu...

J'ai aimé la façon qu'a Joachim Bourry de relater les événements avec un certain humour (pas du tout potache), une ironie qui, j'imagine, doit le caractériser. 

La fin est tout à fait inattendue (même si je l'ai en partie devinée juste avant qu'elle ne survienne) et le héros doit faire face à des choix.

Ce qui manque dans ce couple est certainement le dialogue. Si les gens se parlaient plus et partageaient leurs points de vue (sans nécessairement être d'accord), les choses iraient peut-être beaucoup mieux...

Un roman qui pose donc questions sur l'écologie, la crise sanitaire et aussi le couple. 

 

Philippe Desterbecq

 

Publié dans avis de lecteurs

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Joël Godart nous présente son nouveau recueil "Entre tes bras l'amour renaît"

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

BIOGRAPHIE :

 

 

 Joël Godart est né dans le Nord de la France où il a passé une partie de sa vie, avant de venir s'installer en Bretagne, à quelques centaines de mètres de l'Océan.

Il est l'auteur de plusieurs livres de poèmes ou de photographies, le dernier, « Fairy » , étant un hommage au poète Arthur Rimbaud.

 

 

RESUME :

 

Joël Godart nous propose une relecture du recueil de poèmes de Guillaume

Apollinaire, «  Vitam impendere amori  » , publié en 1917 avec des dessins d'André Rouveyre. Travail peu connu d' Apollinaire, six poèmes de facture classique et d'une grande beauté. L'auteur a écrit à son tour six poèmes faisant miroir à ceux du poète,  y ajoutant des photographies récoltés dans des vieilles églises de la Bretagne profonde.

 

 

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UN EXTRAIT : 

                                 «   Entre tes bras l'amour renaît

                                 De sa rencontre naissent les souvenirs

                                 Pourquoi reviendrait-il pour mourir

                                 Il vient ensemble accueillons-le  » 

Publié dans Présentation

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A vos plumes !!!!

Publié le par christine brunet /aloys

 

Nous organisons un recueil collectif de textes sur le thème de l'édition.

Vaste sujet...

Anecdotes hilarantes ou émouvantes, regard décalé, histoires amusantes de dédicaces...

Textes (prose ou poésie) à envoyer sous le mail :

contact.actutv2@gmail.com

times roman 16- 1 à 2 pages format A4

DATE LIMITE D'ENVOI : 31 MARS 2023

TOUT LE MONDE (CDL ou pas) PEUT PARTICIPER !!!!

Essayez d'illustrer votre texte et envoyez-nous une photo de vous

 

 

Publié dans ANNONCES

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Carine-Laure Desguin a lu "L'amour en trompe l'oeil", de Daniel Roualland

Publié le par christine brunet /aloys

L'amour en trompe-l'oeil, c'est trois nouvelles d'un genre différent. 

La première, La cicatrice ultérieure, répond au genre fantastique. Léo-Pierre invite une bande de copains dans sa maison familiale, à Cabezac. Une magnifique propriété où tout invite encore à la vie d'antan. On mouline le café dans un vieux machin et puis on déguste le jus passé dans une chaussette de linon. Le mobilier n'est pas en reste, fauteuils Louis XV, divan Récamier, buffet à faïences et puis là, un peu plus loin, le guéridon. Vous n'avez jamais fait tourner un guéridon? demanda une des hôtes.

Les cinq complices n'étaient pas très expérimentés mais tous savaient plus ou moins comment procéder. C'est alors que la bande d'amis entendit des coups sourds qui venaient du hall d'entrée. Esprit es-tu là? Et la tasse écrivit, Oui, puis nomma l'esprit de la personne, LEOPOLDINE. 

Qui était donc cette Léopoldine et pourquoi se manifestait-elle? Et surtout pourquoi la cicatrice sur le visage de Léo-Pierre, à mesure qu'il racontait l'histoire de sa tante Léopoldine à ses amis déconfis, pourquoi donc cette cicatrice .... Je n'en dis pas plus! 

La deuxième nouvelle, La vie rêvée de B.D.  Là, on oublie le genre fantastique de la première nouvelle et on saute à pieds joints dans un univers de prolos, en Vendée. La mère de B.D. lui souffla à l'oreille, Tu dois bien travailler mon p'tit gars à l'école! L'argent ne pousse pas dans le jardin des fainéants! Fais honneur à tes parents! Sois digne de nous!

Et B.D., en effet, réussit son bac philo, zappa Science Po  et entra dans l'Administration des impôts, à Paris. À ce tableau presque parfait, il ne manquait plus à notre B.D. que l'âme soeur. C'est ici que l'histoire démarre ou se termine. À vous de décortiquer tout ça. 

La troisième et dernière nouvelle qui donne d'ailleurs son titre au livre, L'amour en trompe-l'oeil. C'est, des trois, mon texte préféré. On est à Paris et les trois-quarts de l'histoire se déroule dans un tout nouveau café, le Tabula Rasa. Un trentenaire prof de philo, Frédéric, se fracasse le nez contre le battant fermé de la double porte d'entrée sous le regard médusé de la serveuse, Ambre. Il s'avère que le Frédéric passe des heures dans ce café, il corrige ses copies, prépare les cours qu'il donne dans un lycée à deux pas de là, boit des expressos. Ambre tombe amoureuse de Frédéric. Mais la concurrence est là et se prénomme Martha, une belle traductrice, mère déjà d'une petite fille.

J'ai adoré ce texte où on devine que l'auteur, Daniel Roualland, maîtrise de solides bases en philosophie. On cite Sartre, Deleuze et consorts, mais tout cela sans prétention. Et on s'amuse à deviner comment se déroulera la suite de l'histoire. Frédéric le philosophe invite Martha la belle traductrice pour un week-end à la mer. Bien bien me direz-vous. Et puis? Et Ambre la serveuse qui a tout compris de ce qui se trame entre Frédéric et Martha, quel rôle jouera-t-elle dans tout ça? 

L'amour en trompe-l'oeil, un livre qui nous fait voyager et nous fait passer par trois genres littéraires très différents. Avec, et j'allais oublier de le souligner, cette façon que maîtrise l'auteur de nous tenir en haleine page après page tout en ciselant la psychologie de chaque personnage.

Carine-Laure Desguin

http://carineldesguin.canalblog.com

 

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