Rayan Zowsky nous propose une nouvelle "Purple Dance"
/image%2F0995560%2F20250908%2Fob_94faff_1757276276469.jpg)
Purple Dance
Je suis assis au comptoir du Réverbère. Nous sommes dimanche soir. Et je n’ai pas trop le moral.
Il y a deux semaines de cela, Maman était partie rejoindre Papa. A présent, mes parents ne sont plus sur cette Terre. Bon Dieu ! Comme ça fait mal…
Je me souviens encore, c’était un soir de 1984. J’avais alors 10 ans.
Papa, Maman et moi mangions tranquillement. Personne ne prononçait un mot. Il faut dire aussi que Papa et Maman s’étaient disputé quelques minutes avant. J’avoue, je n’étais pas du tout à l’aise. J’avais tellement envie qu’ils se réconcilient. Mais je n’étais qu’un gosse, je n’osais pas intervenir.
Papa se leva et alluma la radio. Je me sentais légèrement mieux, ce silence commençait vraiment à me peser...
Michael Jackson avait terminé de chanter. Dommage, c’était « Beat It ». J’adorais cette chanson. L’animateur annonça alors un nouveau morceau, un inédit… « Purple Rain » d’un certain Prince. Dès les premières notes, je commençais déjà à accrocher. Quelle claque ! Quelle musique !
La chanson continuait… quand commença le fameux solo guitare. J’avais vraiment l’impression que des petits ours me déposaient des bisous sur mes oreilles.
C’est alors que Papa se releva. Il avait fait un de ces bonds ! J’avais très peur. Qu’allait-il se passer ? Pourvu que…
Papa s’approcha de la radio… et monta le son. Il s’approcha ensuite de Maman… et l’invita à danser. J’étais sur les fesses, Papa avait toujours eu horreur de ça. Mais apparemment, il en avait assez d’être fâché avec Maman.
Maman le regarda… elle lui sourit et lui prit la main. Tous deux dansèrent un slow. Je ne le savais pas encore, mais j’étais en train de vivre le plus bel instant de mon enfance. C’était beau. C’était grand. C’était immense. C’était l’amour…
Je reviens en 2025. Je ne peux pas m’empêcher de regarder le ciel à travers la grande vitre…
Soudain, une autre chanson commence à se faire entendre. Une chanson que je ne connais que trop bien… Je m’apprête à quitter le café, l’émotion sera trop éprouvante… quand un homme se lève de sa chaise. Il a fait un de ces bonds ! Il tend la main à une dame… celle-ci lui sourit et lui prend la main. Tous les deux s’installent au milieu de la salle… et commence à danser un slow.
C’est dingue… la noirceur disparaît, je me surprends même à sourire.
Comme ils sont beaux…
Rayan Zowski
/image%2F0995560%2F20250908%2Fob_895a1b_9782390183525-1-75.jpg)
Ani Sedent a lu "Twins à l'école des Dragons bleus" d'Hubert Mulkens
/image%2F0995560%2F20250907%2Fob_8de842_9782390183655-1-75.jpeg)
Avec « Twins – À l’École des Dragons Bleus » Hubert Mulkens nous propose une plongée dans un univers éducatif pour le moins atypique, mais qui ne manque pas d’originalité.
Aux États-Unis, Lil et Cory, des jumeaux sino-américains, vivent la vie tout à fait normale des ados de leur âge. Une vie que la mort brutale de leur père va totalement chambouler. En effet pétrie de chagrin et un peu perdue face à la perte de son mari, Helen, leur mère, décide de retourner vivre en Chine. Là-bas, elle inscrit les jumeaux dans une stricte pension de Shanghai où l’ennui pousse ces ados, pas tout à fait comme les autres, à exprimer leur mécontentement de manière assez insolite.
Et puis, un jour, leur grand-oncle Bao les emmène dans une toute nouvelle institution qui vient d’ouvrir ses portes au cœur de la jungle chinoise, sur l’île de Hainan : l’École Des Dragons Bleus. Un établissement bien loin de ses homologues conventionnels, car si les matinées sont consacrées à l’étude (pas question de rater son gao-kao, le baccalauréat version chinoise), les après-midis sont voués à des activités bien différentes.
Twins est un roman à la saveur exotique indéniable tant dans son implantation géographique que dans sa proposition éducative. Cette histoire ne manque cependant pas de mystères, d’action et de rebondissements qui pourraient plaire aux adolescents, comme aux adultes que les caractères des jeunes dragons ainsi que leur inventivité ne devraient pas manquer d’amuser.
« Twins – À l’École des Dragons Bleus » est le premier tome des aventures de Lil, Cory, des aventures loin d’être terminées…
En attendant la suite, bonne lecture !
Ani Sedent
/image%2F0995560%2F20250907%2Fob_44bb34_9782390183242-1-75.jpg)
Ani Sedent a lu "les chroniques de Baltus" de Laurent Dumortier
/image%2F0995560%2F20250907%2Fob_e7d435_images.jpg)
Avec « Les chroniques de Baltus », Laurent Dumortier tient haut la main sa promesse de nous plonger dans un univers fantasy, le sien !
De Garamon au Royaume du Nord en passant par Equaam, ces trois tomes nous entraînent dans une dangereuse aventure, conséquence directe de la défaite du Seigneur Cristal face à l’Empereur du Nord et son exil, loin des terres agressées. En effet, à la mort du Seigneur Cristal, son fils, Garamon, décide de reprendre l’œuvre de conquête initiée, en son temps, par son père, avec la ferme intention de rétablir l’honneur de ce dernier. Et malheur à ses ennemis car s’il a hérité la force du Seigneur Cristal, il a également hérité des pouvoirs magiques de sa mère !
Pendant ce temps, loin des préoccupations de Garamon, Baltus et Meredin mènent la vie tranquille de deux jeunes Atènes. Une vie qui va bientôt être bouleversée par l’apparition, non loin des côtes et collines de l’Argios, d’une imposante flotte de navires, prélude à une funeste invasion. Afin de fuir les ambitions guerrières de ces conquérants, ils entament un voyage qui va les mener bien plus loin qu’imaginé, là où se croisent danger et magie.
En leur compagnie, nous allons découvrir les peuples des Terres Connues, traverser de mystérieuses forêts, d’implacables déserts, visiter d’extraordinaires cités, rencontrer des personnages plus intéressants les uns que les autres, défier la mort elle-même et vivre une grande aventure épique.
Avec ses chroniques, Baltus nous offre tout un monde fantasy à arpenter ! Et si, au cours de nos pérégrinations nous sentons notre imaginaire s’emballer, c’est parce que notre petit chroniqueur nous propose de découvrir, par la grâce de Laurent Dumortier, un monde bien à lui avec ses mystères, son atmosphère unique et ses habitants aux particularités tout aussi uniques.
Et quand Baltus pose sa plume dans Le Royaume du Nord, c’est avec impatience que les amoureux du genre rêvent à ses prochains récits.
En attendant, bonne lecture !
Ani Sedent
/image%2F0995560%2F20250907%2Fob_eb58c6_9782390183242-1-75.jpg)
"Cauchemar", une courte nouvelle signée Ben Nappier
Cauchemar
Je marche seul sur le fil. Cela fait maintenant trente-trois ans que ça dure. J’avance non pas à l’aide d’un bâton, mais de mes bras. Je n’ai jamais su marcher droit. Je n’arrête pas de zigzaguer. En bas, je vois des créatures. Des créatures horribles, affreuses et épouvantables. Elles n’attendent qu’une seule chose, que je tombe. Il y en a qui sont même dotées d’ailes. Elles ne se privent pas de me déstabiliser. Heureusement, parfois, il y a des colombes, venant de je-ne-sais-où, qui les combattent. Mais hélas, pour moi, elles ne sont pas toujours présentes. Pour tenir, je me répète souvent « Je dois y arriver tout seul. Je dois y arriver tout seul. Je dois y arriver tout seul. » Comme c’est éprouvant. Physiquement, mais surtout mentalement.
Mais ce ne sont pas les créatures du bas dont j’ai le plus peur. Non, il y a quelque chose de pire. De bien pire... la voix. La voix qui se trouve juste derrière moi. Tellement glaciale, tellement effrayante, tellement terrifiante… Je n’ai jamais osé me retourner.
La voix ne crie pas, elle murmure. A cause d’elle, j’ai failli tomber plusieurs fois. J’ai même souvent été à deux doigts de lâcher prise. Cela s'est même joué à un doigt...
Ce qui me fait tenir, c’est la lumière au bout du fil. Quand je la vois, je ressens une petite chaleur m’envahir. Mais j’ai beau avancer, avancer et avancer, elle me parait inatteignable, et donc sans fin. J’espère bientôt l’atteindre, car j’ai l’impression que la fameuse voix m’attrapera bientôt.
En fait, je me demande si elle ne me tient pas déjà…
Ben Nappier
“Les maisons vagabondes” de Colette Cambier : une lecture d'Edmée De Xhavée
/image%2F0995560%2F20250820%2Fob_412d96_9782390183389-1-75.jpg)
Voilà, c’était l’été et j’ai vagabondé avec l’auteur dans ses souvenirs, ses maisons, les parfums et mots loin d’être oubliés, le chemin vagabond dans l’enfance.
Sur tous les plans, ce livre est un régal. Les mots qui caracolent, rient et résonnent, en flamand et en français, en comptines et déploiement de sens :
Mais de temps en temps, tu t’emmêles les pinceaux entre péchés véniels et péchés mortels. Surtout la luxure (…). Vivre dans le luxe, c’est un péché capiteux. Le luxe avec un x comme dans le ksss… ksss… du petit diable.
Lundi est là. Alors c’est demain ? Non, c’est aujourd’hui. Mais hier, tu disais demain. Oui mais demain a changé, il a reculé d’un cran. Aujourd’hui, c’est le demain d’hier. Après-demain, c’est le demain de demain qui n’est pas là. Avant-hier, c’est le hier d’hier qui n’est pas là non plus.
Ils se cassent bras et jambes, et le cou alouette, et l’épaule alouette, aaaaah… mais rien ne les arrête, gentille alouette.
Les odeurs merveilleuses que l’auteur ramène à la vie :
Saint Joseph se confond pour toi avec l’oncle Joseph qui a épousé tante Marie. Les Joseph laissent derrière eux une senteur de copeaux de bois (…).
Grandmont, c’est le parfum discret du tilleul qu’on récolte au début de l’été.
Selon les jours, la vaste cuisine sent bon les pommes à la cannelle ou le pâté de lièvre.
Les maisons de l’enfance, avec leurs habitants, idiomes et décors respectifs. On a les deux couples de grands-parents et un « troisième », le grand-oncle et la grand-tante, frère et sœur restés célibataires. Il y a les parents. Les cousins, et les jeux et sottises que permettent une famille nombreuse. Les importantes questions et réflexions des premières années, avec la logique soignée des petits êtres en devenir que l’on nomme « enfants ».
On ne peut que remercier l’auteur d’avoir si généreusement partagé ses souvenirs avec nous, car bien souvent ils sont aussi les nôtres : les comptines, les expressions, les premiers pas à l’école, les étonnements devant les autres habitudes, la pure joie d’être en vie et l’amour infini pour certains lieux dans lesquels on retourne vagabonder pour rajeunir encore une fois, et puis une autre fois…
EDMEE DE XHAVEE
/image%2F0995560%2F20250820%2Fob_2b1994_9782390183556-1-75.jpeg)
Winston-James Sempa nous présente son ouvrage "L'envahissante châtelaine"
/image%2F0995560%2F20250816%2Fob_3d3007_9782390183471-1-75.jpg)
Un court extrait de mon livre :
Chapitre 1
Je me réveille près de mon volcan,
Ma blonde en ébullition, cheveux en friche,
Elle intègre dans sa harangue la triche,
Depuis quelques temps, des cris trop fréquents.
Insomnies matinales à rideaux tirés,
Ses mains cherchaient les vieilles pluies
Causée par les éclairs dans ses nuits
Elle sort de mon sac la lettre censurée.
Chapitre 2
Une lettre sans mensonges ni offenses,
Ma blonde lit cette poésie blanche et noire
De piano mal accordé, loin des lavoirs,
Elle jure une vengeance et sa défense,
Rumine la folie dans sa caverne,
Le visage sans fard, un sourire en berne.
Elle me croit entouré de déesses,
Bien que je lui prouve tous les jours ma sagesse !
Ma biographie
L’écriture d’histoire a commencé vers 4/5 ans lorsque je lisais tout types de contes et d’histoires, je me mettais à imaginer des suites, ma mère validait mes scénarios, puis je me mettrais à écrire. Pendant l’adolescence, je me suis naturellement mis à la poésie, mais je trouvais mes écrits trop mièvres et j’ai tout jeté. La déception était grande, je me suis éloigné de l’écriture pendant de nombreuses années, jusqu’à la découverte d’un stage pour le scénario. Ce fut une révélation : l’écriture était une discipline viscérale pour moi.
Je m’inscrivis aux ateliers d’écriture hebdomadaire chez « Aleph Ecriture » qui s’effectuent sur un cycle de deux ans. J’étais à la recherche d’un style littéraire que je parvins à trouver la première année mais je voulais surtout confronter mes écrits à un auditoire, pour plus d’ouverture face à la critique afin que mes écrits deviennent meilleurs.
La deuxième année m’apprit à plus de rigueur vis-à-vis de l’écriture notamment avec la réécriture des textes en vue de l’élaboration des objets littéraires, et j’ai eu la chance de participer à l’atelier « scénario » animé par Jean Paul Jody, romancier et scénariste.
Un second séminaire, axé cette fois ci sur les genres que sont le thriller, la comédie et l’histoire d’amour est apparu. Quelques jours après, je participai à une autre formation de trois jours chez Aleph Ecriture sur la construction d’une fiction.
Une année, j’appris l’existence du réalisme magique, puis j’étudiai quelques mois plus tard les rudiments nécessaires à la construction d’un roman, et l’écriture pour la jeunesse.
Enfin, dès mon arrivée à Bordeaux, j’ai effectué pendant un temps, un atelier d’écriture individuel avant de trouver cette idée de récit.
Un résumé de mon livre
Un homme est réveillé brusquement. Son amoureuse en colère le soupçonne d’infidélité. Il lui prouve chaque fois sa fidélité mais rien n’y fait, elle doute toujours. Elle décide de le chasser de sa propre maison et l’interdit de la revoir. Il peine à se réveiller correctement et décide de se promener. Il croise une femme dans la rue qui symbolise son idéal. Il est paralysé.
Quelques années plus tard, il retrouve par hasard cette femme dans un port, un dimanche. Il décide cette fois ci de l’aborder puisqu’il n’est plus avec son amoureuse. Mais il n’y arrive pas.
Il rumine sans cesse cette femme, puis elle finit par s’incruster dans toutes ses pensées. Son quotidien est difficile car il a des absences, il rêve à un niveau pathologique. Il craint la nuit, n’arrive pas à dormir malgré ses nuits agitées et ses insomnies et il ne peut vivre convenablement lors de ses journées.
Depuis la tentative ratée, il ne cesse d’aller tous les dimanches au port pour voir à nouveau cette belle femme. Mais il est très affaibli, reste des journées entières à l’attendre sans tenter la moindre autre chose et un soir, il s’effondre.
Il décide de partir en voyage afin de trouver des solutions… il finit par trouver une nouvelle passion. Mais peut être que tout ceci n’est qu’un long rêve mouvementé…
Ani Sedent a lu le roman de Joe Valeska "Ainsi, je devins un vampire"
/image%2F0995560%2F20250816%2Fob_0e205f_9782390183310-1-75.jpg)
« Ainsi, je devins un vampire », le dernier roman de Joe Valeska est aussi le premier imaginé par l’auteur. Inspiré par le travail d’Ann Rice, dont il est grand admirateur, il s’est lancé dans la rédaction de ce roman bien avant que naisse Julian Kolovos, le héros de sa trilogie « Meurtres surnaturels ». C’est pourtant dans cette dernière et plus particulièrement dans « Le triomphe de Julian Kolovos », que l’auteur a eu l’habileté de nous présenter celui dont il allait, enfin, nous livrer le destin.
Et si Joe Valeska a longtemps et jalousement gardé cette histoire au fond de son tiroir, c’est sans doute parce qu’il y avait mis beaucoup de lui-même.
Bien que le roman commence dans le Paris moderne, entre un vampire et une célèbre journaliste, l’histoire est celle de Virgile Delecroix, né en 1739 à Marvejol dans le Gévaudan, un enfant espiègle devenu un jeune homme fringant ne rêvant que de liberté et des ors de Versailles. Fils de fermier, son amour pour sa mère et son petit frère n’a d’égal que sa détestation pour un père brutal et terre à terre qu’il ne peut s’empêcher de défier. Et puis il y a Chloé et Théo…
Mais le Gévaudan c’est aussi le terrain de chasse de la bête et alors que les drames se succèdent et que l’horreur s’abat sur Virgile, une vampire va à jamais changer le destin du jeune homme. Ce personnage, d’une malfaisance inouïe, est également le pivot de tout le roman, celui par qui tout arrive.
Il y a beaucoup d’émotion dans ce roman, car beaucoup d’émotions agitent l’âme de Virgile. Amour, colère, culpabilité… le personnage est à fleur de peau, marqué par la mort de son petit frère et son incapacité à le protéger, accablé par la tristesse lorsqu’il songe à sa mère, à Chloé, à Théo ; hanté par la quête du père, qui prend fin avec l’arrivée de Benjamin et recommence quand ce dernier disparaît. Enfin, il y a cet insatiable besoin de punir la cruauté.
Avec cet opus, Virgile Delecroix trouve tout naturellement sa place dans l’univers bit-lit de Joe Valeska, qui met en place, pour le plus grand plaisir du lecteur, de nouveaux personnages ‒ dont certains ne manqueront pas de vous surprendre ‒, de nouveaux périls, de nouvelles situations inquiétantes, prémices à une suite que, je suis sûre, les amateurs attendent déjà avec impatience.
Alors, bonne lecture !
Ani Sedent
/image%2F0995560%2F20250816%2Fob_145778_9782390183242-1-75.jpg)