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Un nouvel extrait d’"Ainsi, je devins un vampire", par Joe Valeska

Publié le par christine brunet /aloys

 

« Dépêchez-vous, les garçons ! cria mère. Je vais bientôt servir la soupe ! »

Je m’éloignai de la maison à grands pas. Tournant la tête de gauche à droite, j’ordonnai à Camille de sortir de sa cachette. Finalement, je l’aperçus, armé d’un bâton à la main. Il se battait contre des ennemis imaginaires, là où je l’avais trouvé quand je revins de la forêt, un peu plus tôt. Je soupirai, soulagé.

Tout à coup, un animal me projeta à terre, à plusieurs mètres de là. Ma tête heurta une grosse pierre, et je sentis ma chevelure s’humecter de sang. Camille poussa un hurlement de terreur. Je pensai évidemment à un nouveau loup-garou…

« Enfuis-toi, Camille ! m’époumonai-je à demi dans les vapes. Cours !!! »

J’essayai de me remettre debout, m’imaginant pouvoir le sauver, mais mes jambes refusaient de me porter. Qui plus est, le sang coulant sur mes paupières et jusque dans mes yeux me rendait quasi aveugle. Camille hurlait… J’étais en pleurs, maudissant toute mon impuissance en tant qu’être humain. Un fragile tas d’os à peine correctement mis en place. Un puzzle d’organes, de vaisseaux et de liquides.

Pourquoi le sort s’acharnait-il ainsi ? Pourquoi aujourd’hui ? « Pas mon petit frère… » murmurai-je. Je me mis à penser à notre pauvre mère qui devait être en train de servir la soupe. Cette nouvelle tragédie, cette fois, allait la tuer… Je me mis à sangloter comme un enfant. Camille hurlait toujours. Le monstre devait jouer avec lui. « Mon Dieu, ayez pitié ! » l’implorai-je. Mais Dieu n’était pas là… Il n’avait pas fait la paix avec moi… Il n’avait fait que se montrer cruel, monstrueusement, en me faisant croire que l’harmonie allait revenir chez les Delecroix. Il jouait avec moi. Il jouait avec moi comme les dieux de l’Olympe jouaient avec cet Ulysse aux mille ruses.

Finalement, je réussis à me mettre sur les genoux et, d’une main, je pus essuyer mon visage barbouillé de sang et de larmes. Une peur panique me transperça tout le ventre, et j’entrevis la douleur des crucifiés.

Quel était ce monstre !?! Ce n’était pas un loup, et encore moins un loup-garou. Comment la Nature avait-elle pu engendrer pareille abomination ? Cette créature avait une taille impressionnante : trois bons mètres de longueur et un peu plus d’un mètre au garrot. Sa tête était énorme, faisant bel et bien penser à celle d’un loup, mais sa gueule, qui semblait pouvoir s’ouvrir démesurément, dévoilait une mâchoire digne de celle d’un grand requin blanc, avec des dents longues de dix centimètres. Son pelage était roussâtre avec une raie noire sur l’échine. Et ses yeux ! Ils étaient noirs, ridiculement petits et froids. Leur plissement cruel, seul, traduisait une malice non feinte. Je ne connaissais pas ce mot, à l’époque, mais j’aurais volontiers parlé d’un animal ‘‘hybride’’. Jamais, dans mes pires cauchemars, je n’avais vu pareille créature. Cette chose ne pouvait décemment pas exister !

Alors, peut-être étais-je toujours dans la forêt, bien plus tôt dans l’après-midi, et endormi à l’ombre d’un arbre ? Mais non, cette chose était bien là, sous mes yeux, et me fixait avec méchanceté… Pire ! Elle ricanait…

Camille essayait de ramper dans ma direction, suivi de près par cette chimère. Je ne l’entendis pas, mais je compris très bien ce que sa bouche murmurait : « Sauve-moi ! » Nous allions mourir tous les deux, c’était inévitable. Pourtant, malgré ma terreur et mon cœur brisé, je réussis à me remettre debout, pour l’amour de mon frère, pour ne pas mourir avec le sentiment d’avoir capitulé. La Bête me considéra de façon étrange. Hésitait-elle ? Bien campé sur mes jambes, qui étaient pourtant flagada, je fis signe à la créature de venir sur moi. Ce n’était pas de l’héroïsme… Je choisis simplement de mourir le premier.

« Viens ici, saloperie… marmottai-je haineusement. Je parie que tu as dévoré nos pauvres chiens… »

Le monstre se mit à grogner, se préparant à passer à l’attaque…

« ALLEZ, SALE BÊTE ! » vociférai-je.

Nous étions séparés d’une dizaine de mètres à peine. Tremblant de tous mes membres, je fis un pas en avant. J’écartai les bras, levai le menton et fermai les yeux. « Adieu, mon frère… » murmurai-je.

J’attendis… Timidement, j’ouvris un œil. J’étais toujours entier… La Bête n’avait pas bougé d’un pouce. Elle me toisait. Je soupçonnai une intelligence ‘‘cruelle’’.

Soudain, elle bondit sur mon frère, lequel poussa un ultime et pathétique piaillement. Elle lui arracha la tête d’un seul coup et l’engloutit sous mes yeux. Je fus comme transpercé par une lame. Je ne pus ni crier, ni pleurer, ni bouger. Camille était mort. De façon affreuse et rapide.

Émergeant de ma torpeur, réclamant vengeance, je menaçai la Bête, qui me chargea, déchirant mon ventre d’un puissant coup de patte. Je tombai sur le dos, tout engourdi, pensant à mon frère, à notre pauvre mère qui ne saurait jamais rien de l’épouvantable vérité. C’était la fin.

Redressant légèrement la tête, grimaçant horriblement, je vis mes intestins déborder. « C’est donc ça que nous sommes : de la viande !?! »

Il faisait nuit, l’astre solaire avait quitté le pays, et la Bête tournait autour de moi.

Si, jusqu’ici tétanisé, j’avais ignoré la douleur, je me mis enfin à hurler, de toutes mes forces et de plus en plus fort, à m’en exploser les cordes vocales. Comme pour me punir, le monstre régurgita la tête de Camille et des morceaux de nos chiens à côté de moi… Je tournai la tête et vomis.

La Bête m’attrapa par un mollet et se mit à courir. Elle m’entraîna, je crois, jusque dans la forêt de Mercoire, m’emmenant loin de maman Justine, de notre maison et de Marvejols. Je ne sentais plus rien. Ni les pierres, qui me déchiraient le crâne, ni les racines, qui me labouraient le dos. « Camille… Maman… » murmurai-je quand la Bête daigna finalement s’arrêter. Je ne pouvais plus bouger. Je ne ressentais même plus la douleur de mon ventre ouvert. Pourquoi n’étais-je pas encore mort !?!

Regarder ce monstre aller et venir, silencieux, me rendait fou. C’était peut-être son but, d’ailleurs. Chaque prédateur a son propre mode opératoire. Plusieurs fois, il vint se pencher sur mon ventre pour me renifler, me laissant espérer la fin de mon agonie. Mais non, il jouait… C’était flagrant. Ou voulait-il peut-être manger quelque chose de déjà mort ?

« Qu’est-ce que tu peux bien être ? D’où viens-tu, créature du Diable ? » marmonnai-je.

Mais un cri de douleur m’arracha à ces questions inutiles. Il ne me restait que quelques secondes à vivre. Quelques minutes, tout au plus… J’étais tellement désolé pour notre mère. Elle devait nous chercher partout.

Quand je me souvins que la Bête avait laissé mon frère et nos chiens en morceaux sur le chemin, j’éprouvai une souffrance bien pire que celle occasionnée par mes intestins à l’air. Maman Justine allait être confrontée à ce spectacle monstrueux, toute seule, et je n’y pouvais strictement rien. Elle allait devenir complètement folle.

Mais tout s’embrouillait, à présent, et les lourdes portes de la mémoire claquaient fort dans mon cerveau. Quels étaient ces prénoms qui vagabondaient dans mon esprit qui s’embrumait ? Justine, Camille… Chloé, Théo… Ces personnes représentaient-elles quelque chose pour moi ? Tout se mélangeait… J’avais même oublié la créature qui salivait au-dessus de mon visage.

Contre toute attente, la Bête poussa un hurlement et s’enfuit.

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Patrick Beaucamps nous propose une bio et deux extraits de son recueil "Entre rivière et forêt"

Publié le par christine brunet /aloys

Patrick Beaucamps est né en 1976 à Tournai (Belgique).

Il a grandi dans un milieu modeste et exercé plusieurs métiers : ouvrier imprimeur, magasinier, employé de vidéoclub, cheminot, bibliothécaire.

Auteur d’histoires courtes et de poèmes, il explore l’écriture à partir du quotidien.

 

Publications

 

   Le Bruit du Silence (poèmes), Éd. Chloé des Lys, 2003

   200 ASA (nouvelles), Éd. Chloé des Lys, 2005

   Brasero (nouvelles), Éd. Chloé des Lys, 2014

   En chemin jusqu’ici (poèmes), Éd. Chloé des Lys, 2018

   Aube et Crépuscule (nouvelles), Éd. Chloé des Lys, 2021

   Entre rivière et forêt (nouvelles), Éd. Chloé des Lys, 2024

 

     Collaboration à diverses revues

 

   Le Journal des poètes

    Microbes

L’Autobus

   Traversées

    Traction-brabant

Les Cahiers de la rue Ventura

   17 Secondes

    Filigranes

Journal de mes paysages

   Incertain Regard

    AaOo

Poésie première

   Lélixire

    La Feuillue automnale

Les Hommes sans Épaules

   Libelle

    Les Hésitations d’une Mouche

À l’Index

   Catarrhe

    Le Traversier

Verso

   Comme en poésie

    N47

Rue Saint Ambroise

     Harfang                                    Le Cafard hérétique                        L’encrier renversé

 

 

Entre rivière et forêt : Extraits

 

Juste être un homme

 

    Le taxi qui ramène Franck de l’hôpital ne devrait plus tarder. Je vois les gosses des voisins qui rentrent de l’école. Ils abandonnent leur sac à dos dans l’allée et courent en direction du jardin. Une histoire d’île maudite et de trésor caché apparemment. Pour ma part, Peter Pan est rarement venu me voir. Tous mes pseudo-beaux-pères finissaient par le foutre dehors lorsqu’il tentait le coup. Tous… sauf Franck. Sa relation avec ma mère n’a duré qu’un an environ, mais c’est la seule période de mon enfance durant laquelle je n’étais pas constamment sur mes gardes et où Je pouvais laisser libre cours à mon insouciance.

   

 

Cheveux blancs

 

    Le chantier sur lequel je travaille depuis six mois est terminé. Je crois sincèrement que cette séparation forcée aura été bénéfique pour ma femme et moi, qu’elle va nous permettre à tous les deux de ne plus tenir compte de ce qui a été dit ou fait auparavant et que nous allons pouvoir repartir sur de nouvelles bases. Je reprends la route ce soir et décide de me faire couper les cheveux afin d’être à mon avantage pour mon retour au pays. J’entre dans le salon et constate qu’il n’y a qu’un seul homme avant moi. Le coiffeur me salue et m’indique le coin où je peux patienter un moment. Je traverse la pièce tandis que leur conversation reprend.

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Christine Brunet présente un trailer pour son second thriller : "Dégâts collatéraux"

Publié le par christine brunet /aloys

Publié dans Trailer

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Colette Cambier avec son ouvrage "Les maisons vagabondes" dans l'Avenir

Publié le par christine brunet /aloys

Colette Cambier avec son ouvrage "Les maisons vagabondes" dans l'Avenir
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Edmée de Xhavée a lu "La rectification" de Luc Degrande

Publié le par christine brunet /aloys

 

Vous qui pénétrez dans les pages de ce livre… attendez-vous à tout ! Vous ne vous ennuierez pas, c’est chose sûre !

Corentin Delahaut, retenez bien ce nom. Son cauchemar commence par la réception d’un cadeau, un livre intitulé « La rectification ». Il faut dire qu’il attendait son puzzle annuel, Corentin, un puzzle de 5000 pièces offert par sa maman, et oui, maman y a bien pensé comme tous les ans, mais sa sœur et son beau-frère lui offrent un livre, sachant qu’il ne lit pas, qu’il déteste ça ! Sa sœur ajoute même que ce livre lui donnera peut-être enfin l’idée de se marier. Car oui, notre Corentin aux habitudes de métronome est célibataire…

Faute de mieux, il se décide un soir, devant son feu de cheminée et armé de son chocolat chaud, douillettement étendu sur son canapé à l’abri d’une chaude couverture, à ouvrir son livre. Et le voilà embarqué  dans des émotions qu’il ne pensait pas abriter. Car peu à peu, il prend le personnage principal en grippe. Ce type a tout pour être heureux, tout ce qui le rendrait heureux, lui, et ruine tout. Lui, Corentin, à sa place…  En même temps, il doit bien reconnaître que certains aspects du caractère du malotru lui plaisent : cet homme est assertif, sûr de lui, n’a pas peur de s’exprimer. Il a l’attitude d’un vrai mec, et Corentin sait manquer de cet atout.

Arrivé à la fin du livre il est indigné. Le final est d’une injustice flagrante ! Il faut rectifier la fin de ce livre, toute « rectification » qu’il soit. Corentin va y veiller, remettra de l’ordre dans la vie parfaite du protagoniste, lui apprendra !  Il se met donc à la recherche de l’auteur et finit par se convaincre que le roman n’est pas aussi fictif qu’on aurait pu le penser.

Une fois là, notre Corentin laisse jaillir la bête qui est en lui, pour notre plus grand plaisir je dois dire, plus rien ne l’arrête, son sens de la justice, son instinct de preux chevalier (car il y a une pauvre femme bafouée dans le roman…) l’arment d’une témérité disproportionnée.

J’en garde pour votre lecture, ne voulant pas gâcher la découverte, mais croyez-moi, c’est comme monter à bord du petit train fantôme.

Écriture au ton analytique et sarcastique, psychologiquement juste, l’auteur maîtrise les mots et les aligne bien, c’est fluide, bien rythmé entre le présent et puis des flash back exposant un peu pourquoi notre Corentin est qui il est…

Beaucoup aimé, et je vous le conseille !

 

Edmée de Xhavée

 

Publié dans avis de lecteurs

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Michèle Baron nous présente son ouvrage "Du côté des petites gens"

Publié le par christine brunet /aloys

Court extrait du livre

“Le soleil se lève de bonne humeur, les coqs lancent leurs cocoricos dans la vallée, la dame blanche de la nuit s’endort et la vieille Marie caresse sa première tasse de café fumant. Le vent racle le bord de l’eau et la brume mauve fond dans la vallée. L’instant est froid mais le cœur est chaud. Simon pénètre dans sa cathédrale aquatique. Ses pas font des vagues et les poissons s’en vont un peu plus loin. Le pêcheur se sent mi-homme, mi-poisson. Il ne lui manque que les nageoires. »

 

Biographie

Michèle Baron a vécu ses premières années à Les-Waleffes, en Hesbaye liégeoise. Après une tranche de vie coulée dans le village voisin, elle s’installe définitivement à Fallais, sur un quai de gare désaffecté, entre la Mehaigne et une ancienne voie ferrée. C’est là qu’elle tombe en amour avec l’écriture. Très vite, elle rédige des chroniques villageoises pour un quotidien local  puis réalise deux publications à compte d’auteur. « Le Tour des Chapelles » relate les ambiances de vieux bistrots de campagne et les traditions qu’ils véhiculent. « Au pays du Loup-garou » rassemble les récits, légendes, chansons … qu’elle a collectés auprès des aînés de sa région durant de nombreuses années.

Aujourd’hui, à l’âge de la retraite, elle continue à aligner des mots et publie son premier roman « Du côté des petites gens » chez  « Chloé des Lys. » Il s’inscrit dans sa démarche de collecte et de sauvegarde du patrimoine immatériel de sa région. C’est un petit bout d’âme de Hesbaye qu’on peut découvrir dans sa simplicité et son authenticité…

 

Résumé du livre

« Du côté des petites gens » rassemble douze récits, douze tranches de vie de personnages de campagne …

Ils sont fictifs mais vêtus de traits d’identité des habitants de Hesbaye. Ils évoluent dans leur cadre de vie, un terroir où ils ont pris racine et qu’ils ne quitteraient pour rien au monde. Leurs expressions typiques et leur langage simple et coloré signent leur appartenance à ce coin de terre à la fois si particulier et si proche de l’universalité.

Qui peut-on rencontrer entre les lignes ? Un couple d’amoureux, un tenancier de bistrot de pays, un campagnard, un citadin, un agriculteur, une glaneuse, une petite fille qui aime les arbres et bien d’autres personnages pittoresques et attachants. Ils tracent des traits d’union entre leur terre et son âme, nichée si haut dans les nuages …

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Le blog des arts et des médias en ligne pose trois questions à Céline Estelle pour son ouvrage "L'été Gigi"

Publié le par christine brunet /aloys

https://vangogh2015.eu/trois-questions-a-celine-estelle-auteur-du-livre-lete-gigi-chez-chloe-des-lys/

https://vangogh2015.eu/trois-questions-a-celine-estelle-auteur-du-livre-lete-gigi-chez-chloe-des-lys/

Trois questions à Céline Estelle, auteur du livre « L’été Gigi » chez Chloé des Lys

Céline Estelle est écrivaine et thérapeute. Son livre « L’été Gigi » vient de paraître aux éditions Chloé des Lys. Un régal pour les nostalgiques des années 80 et 90 et pour ceux que le mystère de l’Amour fascine !

 

Bonjour Céline. Comment souhaitez-vous que vos lecteurs se connectent à L’été Gigi ? Y a-t-il une émotion particulière que vous espérez éveiller ?

L’été Gigi est une histoire d’amour singulière et intemporelle, où trois adolescents tissent des liens marquants. L’intrigue se déroule dans un village champenois, baigné par la douceur de l’été. Au cœur de ce récit, Gigi, une Parisienne au charme irrésistible et au style Rockabilly, débarque dans la Marne telle une figure décalée. Sa rencontre avec Emma, une pré-adolescente discrète et solitaire, bouleverse l’équilibre de cette dernière : posséder une amie aussi charismatique relève pour Emma d’un rêve éveillé !

Le duo est bientôt rejoint par Tristan, un cancre attachant, et ensemble, ils forment un trio incandescent qui marquera cet été inoubliable. 

À travers L’été Gigi, je souhaite offrir à mes lecteurs l’occasion de revivre les frissons du premier amour, portés par une ambiance musicale et des références emblématiques des années 80. Ces premiers émois, qu’on le veuille ou non, façonnent durablement ce que nous devenons. Si certains renient leur passé ou minimisent l’impact de ces expériences, il n’en demeure pas moins que ces souvenirs restent inscrits dans notre bagage intérieur, influençant subtilement notre cheminement…

Comment le livre est reçu par vos lecteurs ?

Je suis plutôt satisfaite des premiers retours même si finalement mon écriture a encore évolué depuis la rédaction de L’été Gigi en 2022. Les premiers lecteurs se sont attachés aux personnages, voulant savoir qui était Gigi, qui était Tristan, s’il existait etc. Le fait de chercher à extrapoler une potentielle existence des personnages est plutôt de bonne augure pour la part. Les descriptions de la rivière et du village mais aussi des sentiments sont plébiscités. Une lectrice l’a lu trois fois et a pleuré les trois fois à la fin… Elle avait l’espoir, d’une lecture à l’autre, que le dénouement soit différent ! C’est fou car la fin ne peut se réécrire toute seule. Il semble difficile de quitter Gigi, Tristan et Emma donc !

Vous avez travaillé dans la spiritualité, le journalisme et actuellement la sophrologie. En quoi ces expériences ont-elles influencé votre manière d’écrire aujourd’hui ?

Mes découvertes, mes apprentissages, et mes diverses professions ont été guidés par une énergie intérieure, soutenue par des rencontres marquantes et le sentiment d’être accompagnée — que ce soit par mes anges gardiens ou par des âmes inspirantes croisées en France, aux États-Unis, à Malte, ou encore en Inde. Ces voyages, constants dans ma vie, nourrissent profondément ma vision. Je fuis la ressemblance qu’elle soit physique, littéraire ou artistique. Je ne me préoccupe pas de l’opinion des autres. Je ne laisse jamais prise à un élément qui ne représenterait pas mon authenticité pure.

Mon parcours pourrait être vu comme une trajectoire en entonnoir : j’ai commencé par la Communication à grande échelle, pour me tourner progressivement vers un dialogue plus intimiste avec l’individu dans le cadre thérapeutique. Puis, je suis allée plus loin encore, en confiant mes émotions et réflexions à travers mes livres. C’est un affinement constant, un tri, une quête toujours plus profonde : passer de l’intérêt pour l’humanité à celui pour l’homme, puis pour son Soi intérieur.

Dans mes ouvrages, je puise l’essence de toutes ces expériences. Ils sont toujours empreints d’une dimension de développement personnel, destinés à accompagner le lecteur dans son propre cheminement. Mon objectif ultime ? Offrir une boussole intérieure qui invite à aimer, rire, évoluer, et sans cesse recommencer.

Après L’été Gigi, avez-vous déjà des idées ou des projets pour un prochain livre ? Si oui, pourriez-vous nous en dire un peu plus ?

Absolument, je peux en parler puisque tout est dûment déposé. J’ai récemment soumis un nouveau manuscrit à mon éditeur, intitulé Fractales de l’Inopiné. Il s’agit d’une histoire d’amour à la fois fantastique et onirique, qui explore la relation entre une femme vivante et son ange gardien. Pour les curieux, davantage de détails seront disponibles sur mon site.

Par ailleurs, je mets actuellement la touche finale à un autre ouvrage dont l’intrigue se déroule dans l’univers apparemment frivole des grandes enseignes de lingerie. Derrière cette façade légère se cache une véritable satire de la société de consommation, de la mode éphémère (quick fashion) et du turnover effréné qui y règne. Les personnages y sont profondément attachants et servent à illustrer avec nuance les rouages d’un système complexe qui use et abuse des âmes faibles.

Votre actu ?

Je tiens surtout à signaler le Salon du Livre de Vichy, le 29 mars à partir de 09h00 au Palais des Congrès. J’y dédicacerai L’été Gigi ! Il faut venir me voir pour faire connaissance !

Publié dans Article presse

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Rayan Zowski nous propose un texte : " Le tableau"

Publié le par christine brunet /aloys

Le tableau

Cela faisait longtemps, bien longtemps que je ne m'étais plus rendu dans un musée. Combien de temps déjà ? Je pense que c'était en secondaire. Donc il y a déjà un sacré bout de temps. Comme le temps passe vite. C'est tellement effrayant...

Il y a vraiment de belles œuvres dans le musée des Beaux-Arts de Tournai. En même temps, c'est le musée le plus reconnu de la ville... Je longe l'un des murs de la prestigieuse bâtisse. Le musée est une oeuvre d'art lui-même. Merci monsieur Horta. Vous avez réalisé un excellent travail. Même si je ne connais pas grand chose en architecture...

Tout à coup, je ressens une présence. Une précense à côté de moi. Je jette un œil à ma gauche... Une petite fille.

- Monsieur, viens-voir !

Elle court vers la salle d'à côté. Étrange... Je ne sais pas pourquoi, mais la curiosité est grande. Très grande...

J'arrive dans la salle. La fillette me fait signe d'approcher.

- Viens, monsieur ! Viens !

Nous sommes seuls. Je suis mal à l'aise, tout à coup.

Je suis face à elle.

- Regarde, monsieur !

Un tableau. Un tableau entouré d'un simple cadre en bois. Mais surtout, la toile est blanche. Toute blanche. Rien de plus.

- C'est beau, n'est-ce pas, monsieur ?

- Je suis désolé, mais je ne vois rien.

- Tu en es bien sûr, monsieur ?

- Je crois...

- Regarde, monsieur. Regarde...

C'est ce que je fais.

- Alors ?

- Toujours rien.

- Allez, monsieur ! Fais un effort !

Je regarde à nouveau...

---

Je sors du musée. Je lève les yeux vers le ciel... J'inspire. Je ressens un bien, un immense bien m'envahir.

Je souris. Je descends les escaliers.

Je continue...

 

 

 

 

Rayan Zowski

Publié dans Textes

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le Prix de Littérature Charles Plisnier 2024, dans la catégorie Poésie, a été décerné à Xénia Maszowez pour son ouvrage "Au bord Cosmogonie du gouffre"

Publié le par christine brunet /aloys

COMMUNIQUÉ - LITTÉRATURE

Prix Charles Plisnier 2024

 

 

Ce jeudi 20 février 2025, autour de 18h30, le Prix de Littérature Charles Plisnier 2024, dans la catégorie Poésie, a été décerné à la Maison Losseau, siège du Secteur Littérature de la Province de Hainaut, en la présence du Député provincial en charge de la Culture, Monsieur Eric Massin, de l’Inspectrice générale de la Culture, Madame Béatrice Agosti, et des membres du jury.

 

Il a consacré Madame Xénia Maszowez pour 

Au bord. Cosmogonie du gouffre.

 

Xénia Maszowez est une artiste et autrice écoféministe, née à Mons en 1977. Après des études de Philosophie et de gestion culturelle et environnementale, elle a longtemps travaillé dans le secteur associatif. Les thématiques liées à la nature, à la liberté, au corps et à la sororité sous-tendent sa démarche créative. Ses œuvres sont placées sous le signe de la symbiose et des relations entre l’humain et le non-humain. Xénia Maszowez se consacre aujourd’hui pleinement à l’écriture et à l’exploration de différentes disciplines qui souvent s’entremêlent, comme la photographie, la gravure ou le collage. Son premier recueil, Hyphes, a été publié aux éditions Chloé des Lys en décembre 2021. Au bord – Cosmogonie du gouffre est encore inédit.

 

 

 

Les membres du jury de Littérature Charles Plisnier 2024 dans la catégorie poésie :

Daniel Adam, écrivain, Daniel Charneux (Coordinateur du jury), écrivain, Françoise Delmez, Cheffe du Secteur Littérature de la Province de Hainaut et Responsable de la Maison Losseau, Catherine Hocquet, Responsable du Salon du Livre de Wallonie, François-Xavier Lavenne, Conservateur de la Maison Carême, Francesco Pittau, écrivain, illustrateur, Michel Voiturier, écrivain, critique littéraire.

Conformément au règlement, 20 candidats furent jugés en état de concourir pour le Prix de Littérature Charles Plisnier 2024. Les membres du jury sont unanimes quant à l’extraordinaire valeur des œuvres qu’ils ont eu la chance de lire et de juger. Décerner un prix est un privilège mais aussi une responsabilité. Il est particulièrement rare qu’une autrice ou un auteur présentant une œuvre non encore éditée obtienne le Prix Plisnier. Xénia Maszowez n’était cependant pas une inconnue, puisqu’elle avait déjà concouru par le passé et avait su toucher profondément la plupart des membres du jury par l’originalité, la sensibilité, la qualité de son travail poétique. Cette édition 2024 est la preuve, s’il fallait en douter, que tous les textes transmis sont considérés avec la même exigence, quels que soient leur « statut » et la notoriété de leur autrice ou auteur.

 

Le Prix annuel de Littérature Charles Plisnier, consacré alternativement au roman et à la nouvelle, au théâtre et à la poésie, ne peut être attribué qu’à une autrice ou un auteur s’exprimant en français, né en Hainaut ou y résidant depuis trois ans au moins. Le Jury est approuvé et désigné chaque année par Collège provincial. Seuls les ouvrages rédigés en français sont admis, à l’exclusion des traductions.  Chaque participant.e ne peut présenter qu’une seule œuvre. Celle-ci doit être dactylographiée ou avoir été éditée l’année en cours ou les deux années précédentes. 

En 2013, le Plisnier Poésie est revenu à Maxime Coton pour Le Geste ordinaire, édité aux Editions de L’Esperluète. En 2018, il a été attribué à Philippe Leuckx pour son recueil L’Imparfait nous mène, paru chez Bleu d’Encre et, en 2021, à Francesco Pittau pour Epissures, paru à L’Arbre à paroles en 2020.

Publié dans Article presse

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Silvana Minchella dans Bruxelles Culture

Publié le par christine brunet /aloys

Silvana Minchella dans Bruxelles Culture
Silvana Minchella dans Bruxelles Culture
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