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Une présentation de "Femme à facettes" de Milady M.

Publié le par christine brunet /aloys

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Nom : Milady

Prénom : Margaux

 

Lieu de résidence : Mouscron

 

Blog/site : (un mur sur Facebook)

 

Genre : Poésie

 

 

Un résumé :

« Femme à facettes », un recueil de poésies EROmantiques !
J’expose en quelque sorte au grand jour mon vécu sentimental un peu chamboulé. Perpétuellement torturée entre l’Amour avec un grand A et l’Amour charnel, j’y exprime mes joies et mes tristesses, mes désirs inavoués et mon sentiment d’injustice face à cette vie qui ne réserve pas que de bonnes surprises.
Une femme caméléon aux multiples visages, c’est un peu moi…

 

Un extrait : …pour vous mettre en appétit...

 

Et si la chantilly et le chocolat

Restent tes péchés mignons

Fais ripaille et régale-toi

Du bout de mes tétons…

Etait-ce une orgie ou un rêve érotique

Peu m’importe, j’aurai vécu l’amour gastronomique !

 

Publié dans présentations

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Kate Milie en invitée sur Aloys avec cette fiche de lecture signée Carine-Laure Desguin

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

desguin

 

L’assassin aime l’Art Déco, de Kate Milie, 180° Editions, ISBN 978-2-93047-19-5

 

Bluffée ! Je lis la dernière phrase de ce roman de 186 pages : on était le jeudi 28 août. Jamais je n’aurais pensé à un tel dénouement. D’une grande subtilité et avec quelle classe, dans l’écriture…

L’histoire ? Par-dessus la rambarde de la Basilique de Koekelberg, un vieil homme est jeté. Une semaine plus tard, toujours un jeudi, le corps d’un homme d’affaire russe est retrouvé noyé dans un hôtel du centre ville. Et un troisième corps est découvert aussi, dans l’incendie du Palais des Beaux-arts. A chaque fois, une carte- un as- accompagne la victime.

Pour mener l’enquête, Guillaume, l’inspecteur de police. Et Franck, le journaliste. Bien malgré elle, Marie, le seul témoin à pouvoir donner le signalement du suspect qu’elle a croisé à la basilique de Koekelberg, alors qu’elle guidait dans ce lieu un groupe de touristes, se joint aux deux hommes et distille tout au long de l’enquête ses connaissances au sujet de l’art déco.

Un quatrième personnage intervient mais je n’en dis pas plus. J’aikatemillie1.jpg adoré l’intrusion de celui-ci, vers la page nonante. Très bien, Kate Milie, vous surprenez le lecteur, vous brouillez les pistes !

Ah, les pistes ! Préparez vos gps car cette passionnée des belles architectures vous entraînera à travers ces lieux mythiques Art Déco de cette surprenante capitale : de la Basilique du Sacré-Cœur jusqu’à la Maison van Buuren, en passant par l’hôtel Plaza, le palais des Beaux-Arts et d’autres endroits…

Quels sont les liens entre les victimes et pourquoi le ou les assassins choisissent-ils précisément ces endroits ? Les liens entre les deux enquêteurs, des coïncidences ? Les meurtres, toujours un jeudi ! Pourquoi ?

L’auteur de « Une belle époque », par son style d’écriture aussi harmonieux que les courbes de l’architecture Art Déco et son feeling pour mener des enquêtes sans jamais lasser le lecteur assoit ici un genre de littérature tout neuf. Kate Milie, une créatrice. Et fin limier avec ça ! Mais il est vrai qu’entre LIMIER et MILIE, il n’y a qu’un R qui différencie les deux mots. Un R comme dans Renouveau. Car croyez-moi, on reparlera de cette auteur. Les lecteurs attendent un troisième livre…Un meurtre dans les sous-sols de l’hôtel Métropole ? Dites-nous….

 

Carine-Laure Desguin  http://carinelauredesguin.over-blog.com

 

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Publié dans l'invité d'Aloys

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L'auteur ? Edmée de Xhavée !

Publié le par christine brunet /aloys

 

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On a marché sur ma tombe


Edmée De Xhavée

Elle vérifie l’adresse sur son carnet. Oui, c’est ici. « Une maison blanche avec les volets bleus et la barrière qui aurait besoin d’un coup de pinceau » a précisé Juliette dans son mail. Il pleuvine mais le soleil perce le parchemin de nuages et donne une lueur métallique au trottoir et aux pelouses. Quelques roses échappées au pied de la haie côté rue semblent chanter leur parfum, la tête ployée de lourdeur.

Juliette a dû la guetter et ouvre la porte, tous sourires.

­« Je t’ai reconnue tout de suite… tu es tout à fait comme sur les photos » s’écrie-t-elle, et Line se fait la même réflexion. Seule la taille de Juliette la déconcerte car elle l’imaginait plus grande. Pour le reste, c’est bien la brune au casque de cheveux net et luisant, au sourire à fossettes et yeux distillant la joie. Elles s’embrassent sur le seuil et une chaude odeur d’épices l’enveloppe de couleurs safran et piment.

On la présente au mari, Frank, un homme dont on comprend vite qu’il aime rester en retrait. Le frère et la sœur de Juliette sont là avec leurs conjoints et le regard du frère, Nicolas, gonfle son cœur d’un chagrin brûlant : ce sont ces yeux à lui, exactement ses yeux. Les paupières un peu obliques et lourdes, des cils noirs et ce regard si attentif qu’il en paraît indiscret. Elle sent son dos frémir et son humeur vaciller. Même sa voix a eu un vibrato de détresse alors qu’elle le saluait.

Elle a apporté un vase d’argile de couleur corail traversé par des éclairs noirs. « Une technique navajo » explique-t-elle alors qu’on les effleure d’un doigt interrogatif. « Du crin de cheval qu’on jette sur le vase alors qu’il sort du four et qui y brûlent ».  Juliette démontre une joie enthousiaste  à l’idée de posséder un tel objet – les vases, pots et plats de Line commencent à devenir hors prix – et cherche l’objet à détrôner dans le living pour le remplacer par le nouveau venu. On lui fait bel accueil, à ce vase qui restera un souvenir de cette rencontre inattendue.

Car elle et Juliette se sont connues par Facebook deux ans plus tôt. Attirées par les photos l’une de l’autre – les œuvres de Line et les petits-enfants de Juliette qu’elle s’amuse à ne montrer qu’en sépia avec de rares touches de couleur. Et par le fait qu’elles avaient quelques « amis » communs. Dont Piero, le frère de Juliette et les autres et le seul de la famille qui soit né en Italie alors que son père y était en délégation pour un an. Piero qu’elle avait rencontré neuf ans plus tôt lors d’une exposition de son travail à Milan, dans le hall d’un hôtel où il avait un rendez-vous d’affaire.

Piero qui tout comme elle n’avait pu résister à l’inexplicable mais intense attraction qu’ils éprouvèrent. Mariage pour lui, compagnonnage pour elle, vies et pays différents – Piero habitait Milan et elle Bruxelles -, rien ne leur parut insurmontable. Elle quitta son compagnon avant même d’avoir revu Piero pour ces premiers trois jours et nuits dans les dolomites où ils s’offriraient leurs corps après s’être échangés leurs coeurs. Elle ne savait rien sauf qu’ils s’aimaient. La révélation de l’amour les faisait resplendir, et leurs vies n’en étaient plus qu’une, faite de coups de fil, de messages, de mails et de rencontres exaltantes. Cinq ans avaient couru ainsi, sans baisse d’amour, sans repos du cœur ou des émotions, dans un crescendo d’intimité. Il était son époux. Elle était sa femme véritable même si dans sa jeunesse il avait choisi pour épouse la jeune fille primesautière aux sourcils en arcs parfaits qui suivait les mêmes cours que lui. Il avait construit sa vie, elle avait construit la sienne. Mais le sens de leur vie, c’était ensemble qu’ils le touchaient du doigt.

C’était aussi ensemble qu’ils touchaient le ciel du doigt.

Et tout explosa. Littéralement. Graduellement. La voiture de Line brûla pendant la nuit, boutant le feu à un cerisier du Japon. Puis ce fut  la porte de son appartement qui fut faussée car on ne put l’ouvrir. Son chat qu’on retrouva au matin gémissant, les quatre pattes brisées et qu’il fallut endormir. Des coups de fils anonymes. Une agression dans un centre commercial. Une exposition saccagée pendant la nuit.

La rupture s’imposa comme unique issue. L’épouse bafouée ou sa famille n’en resterait pas là. Et la quitter déclencherait sans doute une furie bien pire. Oh… ils choisirent de mourir à petit feu pour ne pas qu’elle meure brusquement. Ils refermèrent sur eux les couvercles de cercueils invisibles sous lesquels la décomposition commençait déjà… Il n’y avait ni larmes à verser ni espoir à garder. Rien qu’accepter leur mutuelle euthanasie sans résister.

Peu à peu leurs signes de vie, photos évoquant des souvenir sur Facebook, emails hurlant l’amour dans la sobriété des mots (Bon anniversaire Piero chéri – Je te baise le front ma Line que j’aimerai toujours) s’étaient tus pour donner, peut-être, l’oubli à l’autre, et donc le retour à la vie.

Et Juliette n’avait jamais rien su, ni personne, sauf l’épouse et sa garde. Et Line avait erré dans des jours qui s’égrenaient sans éclat. Son art avait changé, tout comme son aspect. Beaucoup de lignes brisées dans la terre travaillée, et une tristesse profonde qui patinait tous ses gestes et sourires. Et là, devant les yeux de Piero habitant le visage de son frère, il lui semble que sa douleur va enfin la faire mourir d’un coup de fer rouge. Mais elle ne peut le quitter du regard, même si seuls les yeux sont similaires.

On prend gaiement l’apéritif et ils la questionnent, imaginent sa vie, s’informent sur ses techniques, sur les vernissages et leurs visiteurs assidus aux zakouskis, sushis et champagne gratuit. Ils la trouvent discrète pour une artiste. Ils parlent de leurs enfants, et petits-enfants dans le cas de Nicolas. Ils sont gentils, animés, excités de la rencontrer, elle qui se trouve par hasard dans leur ville pour une exposition de trois semaines.

La table est dressée d’une façon un peu enfantine, avec des serviettes de papier multicolore, des bougies flottantes et des couverts trop modernes. Juliette, qui revient de la cuisine  où elle a vérifié la cuisson de ses préparations, désigne deux  des places et explique gaiement « Mon frère Piero va arriver avec sa femme, ils sont justement en Belgique aussi, quelle chance que l’on puisse tous te voir en même temps! Ils ne pouvaient pas être là pour l’apéro qu’ils prenaient chez un ami de pensionnat de Piero. Mais ils ne devraient pas tarder. »

Un fantôme d’air est sorti d’elle en un souffle presque silencieux. Sa langue perçoit un goût sûr qui se répand à l’intérieur de ses joues comme un venin. Ses mains commencent à trembler et elle les appuie sur les cuisses pour le dissimuler. Toute sa vie lui semble concentrée dans une boule qui grandit dans sa gorge, affolant son cœur en l’étouffant. « J’ai un médicament à prendre, Juliette, une injection… puis-je utiliser ta salle de bain ? »

A peine a-t-elle refermé la porte derrière elle que des exclamations retentissent de l’autre côté. Voilà Piero et Donatella ! Ouvre, ouvre, ce temps de cochon doit les traumatiser après l’Italie. Des rires cascadent, des chaises crient sur le dallage.

Elle s’appuie contre la porte, haletante, le front perlé d’une sueur froide comme la paume de la mort. En elle des milliers de petits capillaires se gorgent de détresse et se rompent, entrainant les veines dans leur furie bouillonnante. Elle ne sait si elle a fermé les yeux ou si elle ne voit plus. Son cœur galope et elle, elle est enfin sereine comme au réveil de ces nuits qu’ils passaient ensemble, imbriqués comme deux fœtus inséparables. Derrière le bourdonnement qui brouille son ouïe, elle perçoit sa voix, d’une jovialité un peu forcée et teintée de lassitude,  « Tu vas mieux, Piero ? » entend-t-elle demander. Sa mâchoire claque et elle la serre pour la dompter, sent deux dents se limer l’une contre l’autre avec un bruit de meule. Le lavabo… arriver jusqu’au lavabo, me baigner le visage. Elle fait deux pas et ses jambes se plient sous elle qui s’affaisse en s’agenouillant sans fracas ni désordre, presque en douceur, alors que son cœur est broyé dans une douleur si intense qu’elle ne peut déjà plus rien ressentir.

Dans l’entrée Piero frissonne et pâlit. « Ah oui, c’est la Belgique, et un temps de cochon comme toujours… tu as froid ? » s’inquiète Juliette. « Non… c’est étrange… quelqu’un a marché sur ma tombe » Il frissonne encore. Tous se mettent à rire « Tu ne changeras jamais, toi ! Oublie ta tombe et entre… tu ne devineras jamais qui tu vas rencontrer ! »

 

edmee.de.xhavee.over-blog.com

 

9782874595196 1 75

Publié dans auteur mystère

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Mais qui est l'auteur de cette nouvelle ?

Publié le par christine brunet /aloys

 

point d'interrogation

 

 

On a marché sur ma tombe


Elle vérifie l’adresse sur son carnet. Oui, c’est ici. « Une maison blanche avec les volets bleus et la barrière qui aurait besoin d’un coup de pinceau » a précisé Juliette dans son mail. Il pleuvine mais le soleil perce le parchemin de nuages et donne une lueur métallique au trottoir et aux pelouses. Quelques roses échappées au pied de la haie côté rue semblent chanter leur parfum, la tête ployée de lourdeur.

Juliette a dû la guetter et ouvre la porte, tous sourires.

­« Je t’ai reconnue tout de suite… tu es tout à fait comme sur les photos » s’écrie-t-elle, et Line se fait la même réflexion. Seule la taille de Juliette la déconcerte car elle l’imaginait plus grande. Pour le reste, c’est bien la brune au casque de cheveux net et luisant, au sourire à fossettes et yeux distillant la joie. Elles s’embrassent sur le seuil et une chaude odeur d’épices l’enveloppe de couleurs safran et piment.

On la présente au mari, Frank, un homme dont on comprend vite qu’il aime rester en retrait. Le frère et la sœur de Juliette sont là avec leurs conjoints et le regard du frère, Nicolas, gonfle son cœur d’un chagrin brûlant : ce sont ces yeux à lui, exactement ses yeux. Les paupières un peu obliques et lourdes, des cils noirs et ce regard si attentif qu’il en paraît indiscret. Elle sent son dos frémir et son humeur vaciller. Même sa voix a eu un vibrato de détresse alors qu’elle le saluait.

Elle a apporté un vase d’argile de couleur corail traversé par des éclairs noirs. « Une technique navajo » explique-t-elle alors qu’on les effleure d’un doigt interrogatif. « Du crin de cheval qu’on jette sur le vase alors qu’il sort du four et qui y brûlent ».  Juliette démontre une joie enthousiaste  à l’idée de posséder un tel objet – les vases, pots et plats de Line commencent à devenir hors prix – et cherche l’objet à détrôner dans le living pour le remplacer par le nouveau venu. On lui fait bel accueil, à ce vase qui restera un souvenir de cette rencontre inattendue.

Car elle et Juliette se sont connues par Facebook deux ans plus tôt. Attirées par les photos l’une de l’autre – les œuvres de Line et les petits-enfants de Juliette qu’elle s’amuse à ne montrer qu’en sépia avec de rares touches de couleur. Et par le fait qu’elles avaient quelques « amis » communs. Dont Piero, le frère de Juliette et les autres et le seul de la famille qui soit né en Italie alors que son père y était en délégation pour un an. Piero qu’elle avait rencontré neuf ans plus tôt lors d’une exposition de son travail à Milan, dans le hall d’un hôtel où il avait un rendez-vous d’affaire.

Piero qui tout comme elle n’avait pu résister à l’inexplicable mais intense attraction qu’ils éprouvèrent. Mariage pour lui, compagnonnage pour elle, vies et pays différents – Piero habitait Milan et elle Bruxelles -, rien ne leur parut insurmontable. Elle quitta son compagnon avant même d’avoir revu Piero pour ces premiers trois jours et nuits dans les dolomites où ils s’offriraient leurs corps après s’être échangés leurs coeurs. Elle ne savait rien sauf qu’ils s’aimaient. La révélation de l’amour les faisait resplendir, et leurs vies n’en étaient plus qu’une, faite de coups de fil, de messages, de mails et de rencontres exaltantes. Cinq ans avaient couru ainsi, sans baisse d’amour, sans repos du cœur ou des émotions, dans un crescendo d’intimité. Il était son époux. Elle était sa femme véritable même si dans sa jeunesse il avait choisi pour épouse la jeune fille primesautière aux sourcils en arcs parfaits qui suivait les mêmes cours que lui. Il avait construit sa vie, elle avait construit la sienne. Mais le sens de leur vie, c’était ensemble qu’ils le touchaient du doigt.

C’était aussi ensemble qu’ils touchaient le ciel du doigt.

Et tout explosa. Littéralement. Graduellement. La voiture de Line brûla pendant la nuit, boutant le feu à un cerisier du Japon. Puis ce fut  la porte de son appartement qui fut faussée car on ne put l’ouvrir. Son chat qu’on retrouva au matin gémissant, les quatre pattes brisées et qu’il fallut endormir. Des coups de fils anonymes. Une agression dans un centre commercial. Une exposition saccagée pendant la nuit.

La rupture s’imposa comme unique issue. L’épouse bafouée ou sa famille n’en resterait pas là. Et la quitter déclencherait sans doute une furie bien pire. Oh… ils choisirent de mourir à petit feu pour ne pas qu’elle meure brusquement. Ils refermèrent sur eux les couvercles de cercueils invisibles sous lesquels la décomposition commençait déjà… Il n’y avait ni larmes à verser ni espoir à garder. Rien qu’accepter leur mutuelle euthanasie sans résister.

Peu à peu leurs signes de vie, photos évoquant des souvenir sur Facebook, emails hurlant l’amour dans la sobriété des mots (Bon anniversaire Piero chéri – Je te baise le front ma Line que j’aimerai toujours) s’étaient tus pour donner, peut-être, l’oubli à l’autre, et donc le retour à la vie.

Et Juliette n’avait jamais rien su, ni personne, sauf l’épouse et sa garde. Et Line avait erré dans des jours qui s’égrenaient sans éclat. Son art avait changé, tout comme son aspect. Beaucoup de lignes brisées dans la terre travaillée, et une tristesse profonde qui patinait tous ses gestes et sourires. Et là, devant les yeux de Piero habitant le visage de son frère, il lui semble que sa douleur va enfin la faire mourir d’un coup de fer rouge. Mais elle ne peut le quitter du regard, même si seuls les yeux sont similaires.

On prend gaiement l’apéritif et ils la questionnent, imaginent sa vie, s’informent sur ses techniques, sur les vernissages et leurs visiteurs assidus aux zakouskis, sushis et champagne gratuit. Ils la trouvent discrète pour une artiste. Ils parlent de leurs enfants, et petits-enfants dans le cas de Nicolas. Ils sont gentils, animés, excités de la rencontrer, elle qui se trouve par hasard dans leur ville pour une exposition de trois semaines.

La table est dressée d’une façon un peu enfantine, avec des serviettes de papier multicolore, des bougies flottantes et des couverts trop modernes. Juliette, qui revient de la cuisine  où elle a vérifié la cuisson de ses préparations, désigne deux  des places et explique gaiement « Mon frère Piero va arriver avec sa femme, ils sont justement en Belgique aussi, quelle chance que l’on puisse tous te voir en même temps! Ils ne pouvaient pas être là pour l’apéro qu’ils prenaient chez un ami de pensionnat de Piero. Mais ils ne devraient pas tarder. »

Un fantôme d’air est sorti d’elle en un souffle presque silencieux. Sa langue perçoit un goût sûr qui se répand à l’intérieur de ses joues comme un venin. Ses mains commencent à trembler et elle les appuie sur les cuisses pour le dissimuler. Toute sa vie lui semble concentrée dans une boule qui grandit dans sa gorge, affolant son cœur en l’étouffant. « J’ai un médicament à prendre, Juliette, une injection… puis-je utiliser ta salle de bain ? »

A peine a-t-elle refermé la porte derrière elle que des exclamations retentissent de l’autre côté. Voilà Piero et Donatella ! Ouvre, ouvre, ce temps de cochon doit les traumatiser après l’Italie. Des rires cascadent, des chaises crient sur le dallage.

Elle s’appuie contre la porte, haletante, le front perlé d’une sueur froide comme la paume de la mort. En elle des milliers de petits capillaires se gorgent de détresse et se rompent, entrainant les veines dans leur furie bouillonnante. Elle ne sait si elle a fermé les yeux ou si elle ne voit plus. Son cœur galope et elle, elle est enfin sereine comme au réveil de ces nuits qu’ils passaient ensemble, imbriqués comme deux fœtus inséparables. Derrière le bourdonnement qui brouille son ouïe, elle perçoit sa voix, d’une jovialité un peu forcée et teintée de lassitude,  « Tu vas mieux, Piero ? » entend-t-elle demander. Sa mâchoire claque et elle la serre pour la dompter, sent deux dents se limer l’une contre l’autre avec un bruit de meule. Le lavabo… arriver jusqu’au lavabo, me baigner le visage. Elle fait deux pas et ses jambes se plient sous elle qui s’affaisse en s’agenouillant sans fracas ni désordre, presque en douceur, alors que son cœur est broyé dans une douleur si intense qu’elle ne peut déjà plus rien ressentir.

Dans l’entrée Piero frissonne et pâlit. « Ah oui, c’est la Belgique, et un temps de cochon comme toujours… tu as froid ? » s’inquiète Juliette. « Non… c’est étrange… quelqu’un a marché sur ma tombe » Il frissonne encore. Tous se mettent à rire « Tu ne changeras jamais, toi ! Oublie ta tombe et entre… tu ne devineras jamais qui tu vas rencontrer ! »

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Alain Bustin en invité sur Aloys... présenté par Marie-Claire George

Publié le par christine brunet /aloys

 

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La course de lumière

 

Préface

            Courir, courir... Infatigable Alain Bustin ! Dans « Albert ou la quête d’un marathonien », son héros tente de rejoindre son père. Situation qui se reproduit dans « La course de lumière » puisque cette fois, c’est le fils d’Albert qui cherche à recréer le lien familial. Ce roman, comme le premier, dépasse l’aspect anecdotique pour interpeller le lecteur sur son propre cheminement. Est-ce le résultat qui importe, ou la quête ? Le but ou le chemin ? Chemin de montagne, exigeant et gratifiant. Des hauts et des bas ; de la souffrance, beaucoup, mais une joie à sa mesure. Se dépasser pour se trouver, se trouver au fond de soi, se trouver dans le regard de l’autre, de celui qui importe, de celui que l’on cherche sans oser se le dire. Métaphore de la montagne, apparemment immuable mais qui reflète nos émotions, nos expériences, nos attentes, nos craintes, nos espoirs. La montagne qui creuse en l’homme un besoin d’absolu et le renvoie en même temps à son humanité.

            Au rythme de cette épreuve hallucinante qu’est l’Ultra Trail du Mont Blanc – 168 kilomètres et 9.500 mètres de dénivelé en une seule étape – c’est en même temps le monde de la course que nous découvrons : le dépassement de soi, la solidarité, l’humilité. Une leçon de vie puisque le découragement menace, que l’échec guette – mais qu’est-ce que l’échec ? Chaque instant porte en lui sa richesse, il s’agit de l’accueillir, de le vivre, de lui donner son sens. C’est là que réside l’essence du message qu’Alain Bustin, en homme de terrain, en homme sage aussi, réussit nous communiquer. Pour autant, ce livre n’a pas l’austérité d’un traité de philosophie ; il nous entraîne dans des paysages grandioses, nous fait vivre l’atmosphère des grandes courses d’endurance, nous ramène à travers la souffrance et les doutes vers un quotidien chaleureux. Un dépaysement, une initiation, mais c’est bien l’homme ordinaire que l’on trouve au centre de cet ouvrage.

            Ce roman original et profond, ancré dans l’écrin prestigieux des Alpes, n’est pas de ceux qu’on oublie ; on s’y attarde, on y revient, il se fait compagnon de route. Et son auteur devient un ami qu’il nous semble avoir toujours connu.

 

 

  Marie-Claire George

Publié dans l'invité d'Aloys

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Voici la fiche auteur de Pascal Feyaerts pour "Nouvelles en quête d'(h)auteur"

Publié le par christine brunet /aloys

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Publié dans fiche auteur

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Henri Puffet, nouvel auteur chez Chloé des lys... Une courte présentation !

Publié le par christine brunet /aloys

http://www.bandbsa.be/contes3/puffetete.jpg

 

 

 

Né à Namur en 1956.

Termine ses études en 1978 : gradué d’agronomie et master en santé animale

S’expatrie en 1980, et vit en Afrique jusqu’en 2003 (Comores, Niger, Guinée Eq., Gabon, Congo)

Après une parenthèse en Belgique, part en Amérique du sud en 2005.

Il travaille toujours au Paraguay comme ranch manager.

 

Durant 30 ans de séjours outre-mer, isolé en brousse loin du reste du monde, ses passe-temps favoris sont la lecture, l’écriture, la photo.

Malgré trois décennies de rédaction régulière de « carnets de bord », à titre privé, il entre en littérature sur le tard.

Publie en 2009 un roman d’aventures qui a pour décor l’Afrique et l’Europe de ses souvenirs de jeunesse (« En passant par le Luango », Ed. Bénévent)

En 2012, aux éditions Chloé des Lys, « La mise entre parenthèses » est un récit de vie, avec toujours en filigrane une certaine dose d’autobiographie.

 

 

Henri Puffet nous présentera plus longuement son roman dans un article programmé sur aloys le 18 décembre... Soyez au rendez-vous !

Publié dans présentations

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Voici la fiche auteur de Suzanne Carabin-Diérick pour "Les enfants m'ont évangélisée"

Publié le par christine brunet /aloys

carabin

Publié dans fiche auteur

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Un poème de Claude Colson "La mare, un autre été"

Publié le par christine brunet /aloys

claude colson-copie-2

 

LA MARE, UN AUTRE ÉTÉ

 

Bientôt quatorze heures trente
Au parc déserté.
La chaleur en fin d'été
A chassé les âmes vaillantes.

 

Les bancs entourent la mare ;
Vides, ils bâillent leur ennui
Sous les rayons qui dardent.
Toi, tu as cherché l'ombre.

 

Les jeux d'enfants résonnent,
Là, à quelques pas.
À écrire tu t'abandonnes
Dans le calme tant de fois visité.

 

La cascade bruit, rythme la vie qui va
Et l'onde courante aux eaux mortes se mêle
Que lentilles en tapis emprisonnent.

 

Soudain à la surface un remous bruyant;
Un poisson quelque proie a happé.
Le manteau, un instant troué, de lui-même
S'est reconstitué.

 

Des poules d'eau avancent,
Le cou allant-venant,
Traversent le marais en son vert uniforme.
Sur cet étrange aspect
Peut-être elles s'interrogent.

 

Peu de temps cependant,
Il faut bien subsister ;
Alors, tenaces, mécaniques
La verdure encore elles picorent.

 

Ainsi du vouloir vivre
Que peu peut entamer.
L'Homme est, ma foi, bien étrange,
Si l'on y veut songer.

http://claude-colson.monsite-orange.fr

Lena C. Colson

Publié dans Poésie

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Acryline Erin, Zapping pour le futur

Publié le par christine brunet /aloys

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Publié dans fiche auteur

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