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La conteuse, un texte de Claude Colson

Publié le par christine brunet /aloys

 

claude colson-copie-2

 

La conteuse

Face à moi dans ce salon du livre étonnamment bien achalandé en ce tout début d'après-midi un espace de déclamation, contes et lectures.

 
En ce moment une femme, jeune encore, sereine dans sa maturité, fait vivre des contes pour enfants. Le jeune public est captivé.

 
Elle est belle, la chevelure châtain foncé assortie à sa vêture de scène, noire, long châle et corsage noirs, manches à volant, longue jupe ébène descendant vingt centimètres au-dessus de ballerines noires, laissant ainsi entrevoir le jais du collant.

 
Elle virevolte et s'anime, les mains blanches s'envolent, les doigts s'agitent : elle vit son conte.


Je la regarde ; à ma table parviennent les inflexions mi-aiguës de sa jolie voix, en envolées brusques, au rythme de l'histoire. Les cheveux mi-longs lui balaient la figure lors de ses rapides mouvements de tête.


Et voici qu'elle se baisse, tend une main apaisante, croise les bras, toujours dans le flot de sa voix enjôleuse et prenante. Le spectacle se prolonge, presque infini...


Mais le conte se termine, les applaudissements crépitent, faisant naître sur son

visage, entrevu de profil, un large sourire de bonheur. Je vois ses yeux bruns pétiller de la joie de l'artiste.


À ce moment où, ignorante de mon observation attentive, elle se donnait toute entière à son art, cette femme inconnue incarnait une fois de plus à mes yeux, l'essence de la féminité, cette différence fondamentalement substantielle d'avec moi et mes congénères masculins. Différence d'où procède le mystère éternel de l'attirance des sexes opposés.

J'étais aussi très heureux que cette apparition ait relancé soudain en moi l'envie d'écrire, le plaisir de la création.


 

Claude Colson

 

claude-colson.monsite-orange.fr

 

Lena C. Colson

Publié dans Textes

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Georges Roland en invité d'Aloys... Il nous revient avec un nouveau titre !

Publié le par christine brunet /aloys

rolandtete
Georges ROLAND

 

membre de l’Association des Écrivains Belges de langue française (AEB)

Né à Bruxelles, Georges ROLAND est un parfait bâtard belge, tiraillé entre cultures flamande et francophone. Il défend également la langue française et le dialecte bruxellois. Bruxelles et la province de Brabant sont les décors récurrents de presque tous ses textes.

Passionné de théâtre dès l’adolescence, il monte dès 15 ans une troupe d’amateurs, qui va interpréter ses premiers dialogues. Plus tard, acteur et metteur en scène dans diverses troupes dont celle du Petit Ry, à Ottignies (Belgique), il s’engage dans l’écriture de comédies policières.

« Vous ferez bien d’amener votre lanterne » est créée à Ottignies en 1989 et publiée en 2013.

En 2004, un accident le contraint à abandonner sa profession et sa passion des planches. Il se réfugie alors dans le roman.

Ses premiers textes, farces policières bruxelloises persillées de dialecte, sont sous-titrées « Traminot-polars zwanzés »,  il les propose au public sous les titres

« C’est le brol aux Marolles »(2008), « Cahots dans le métro »(2010) et « Manneken Pis ne rigole plus »(2013).

En 2010, son récit « Le coup du Clerc François » mêle la dérision et l’impertinence à la vision décalée d’une actualité intemporelle de figures connues.

Entre-temps, il a proposé un recueil de poésie « Chansons de Roland »(2008).

En 2011, il propose son roman noir « Le pantin de l’impasse » sous le pseudo Ron DORLAN. L’approche courageuse d’un thème difficile, un sujet épineux et souvent dangereux à proposer.

Sa chronique rurale « Les contes de Louis Blanc-Biquet » sort en 2012, une compilation de contes et farces racontées par un Brabançon du début du XXe siècle.

Le recueil « satanique » « Les contes de Luci », incluant entre autres les nouvelles « L’épître de Luci au Terrien » et « De l’Alsace au Tonkin » sort en 2013.

site de l'auteur :

http://www.georges-roland.com

courriel : lordan46@gmail.com

 

 

biblio-G.Roland.jpg

Publié dans l'invité d'Aloys

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Le journal d'Hugues Draye...

Publié le par christine brunet /aloys

 

H.draye

Journal de bord, lundi 18 mars 2013
 
Station (de métro) Mérode, Bruxelles, un matin comme les autres. Neuf heures et d'mie, oui.

Tiens, on reparle du procès de Kim De Gelder.

Tiens, on parle beaucoup du nouveau pape. On l'aurait parié.

Entre temps ...

Je me suis rendu, y a deux jours (déjà), sur le tournage d'un film. Je devais y jouer un rôle. Le s'cond assistant-réalisateur est, en fait, un ex-client du temps où je distribuais du courrier dans la rue Mercelis, à Ixelles. Il avait trouvé que je conv'nais bien au rôle. Le réalisateur était emballé. Je devais camper un personnage qui se fait/se laisse interpeler par des jeunes, dans l'métro. Entre temps, le producteur de l'histoire en a(vait) décidé autrement : un autre était déjà pressenti pour le rôle. Ca arrive. Mais je me suis quand même rendu sur les lieux, en tant que figurant. On a tourné des scènes dans le métro, en pleine Gare du Midi. On a réquisitionné, sur place, un passant (encore un qui me connaissait comme facteur) pour jouer le rôle de l'agent de police qui devait se faire tuer sur place.

Je ne sais toujours pas si on m'apercevra sur les images ret'nues au montage. Mais ... j'ai eu droit à un défraiement.

Lundi. Premier jour de la s'maine où je ne travaille pas, où je récupère.

Des ballons en noir et blanc, montés/grimpés comme des grappes de raisin. Devant le snack où j'avale mon jus d'orange.

Un gars qui nettoie le sol.

Une étudiante avec des cahiers.

Et mon sentiment de ne pas avoir (encore) assez de temps pour donner libre cours à mes envies, mes désirs, mes élans les plus secrets, les plus profonds.

Ah, il nous cale, le jus d'orange !

 

Hugues Draye

www.myspace.fr/huguesdraye

 

facteur (1)

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L'auteur ? Philippe WOLFENBERG, l'auteur de "Les états d’âme de la lune et du soleil"

Publié le par christine brunet /aloys

 

http://www.bandbsa.be/contes3/etatsame.jpg

 

Le manoir sur la falaise

 

 

 

 

 

C’est une inoubliable journée d’automne qui s’achève ; l’une de celles qui restent à jamais inscrites dans la mémoire et dont on aime se souvenir quand le cœur n’est plus habité que par une indicible tristesse.

 

Au pied de la falaise, inlassablement, les vagues viennent se déchirer sur les arêtes tranchantes des rochers. De leurs blessures jaillissent des gerbes d’écume - dérisoires linceuls - et leurs cris d’agonie se mêlent aux clameurs des mouettes.

 

Le chemin que j’ai gravi depuis la plage jusqu’au sommet de l’escarpement se sépare en deux sentiers étroits : l’un longe la côte et se perd dans la brume naissante, l’autre, sinueux, s’enfonce dans la lande déserte. Je décide de suivre celui-ci. Çà et là, quelques arbres et des touffes de bruyère rompent la monotonie du paysage.

 

Le soleil, parti à la rencontre de l’horizon, allume de ses derniers feux les feuilles aux tons flamboyants. Tourbillonnant dans le vent du large, elles semblent vouloir offrir à d’invisibles spectateurs un ultime moment de grâce avant d’aller mourir sur le sol.

 

Le temps s’écoule sans que je m’inquiète de donner une quelconque destination à cette escapade qu’il me plairait de prolonger à l’infini.

 

Soudain, au sommet d’une colline, la sombre silhouette d’un manoir se dresse dans la lueur incertaine du crépuscule. Par une fenêtre entrouverte, s’échappent les notes mélancoliques d’une chanson lointaine. Des marches mènent à une terrasse. Je les gravis sans hâte afin de prolonger ce sentiment d’exaltation qui s’est emparé de moi. Je ne peux résister à l’envie de savoir qui habite cette demeure surgie de nulle part. Comme je pénètre dans la pièce, la musique qui m’avait attiré en ces lieux

cesse d’un coup. Seul le crépitement des bûches qui se consument dans la cheminée vient rompre le silence pesant qui s’est installé.

 

Au-dehors, le galop d’un cheval se fait entendre. A mesure que le bruit s’amplifie, l’allure de l’animal faiblit. Je jette un regard à travers la vitre : un magnifique pur-sang à la robe ébène approche puis s’arrête près d’un vieux chêne au tronc noueux. Le cavalier, une jeune femme dont les cheveux courts et les yeux sont de la même couleur que sa monture, en descend. Son allure garçonne, démentie par la finesse de son visage et les courbes harmonieuses de son corps, lui confère une beauté farouche qui me trouble plus que de raison. Elle monte l’escalier de pierre que j’ai emprunté précédemment. Quand elle s’aperçoit de ma présence, un éclair d’intense émotion traverse son regard et un sourire se dessine sur ses lèvres. Elle prend ma main et m’entraîne derrière elle dans un labyrinthe de couloirs. Enfin, nous arrivons dans une cour intérieure où résonne le doux murmure d’une fontaine. Ma mystérieuse inconnue s’y adosse. Deux ou trois gouttes d’eau l’éclaboussent et coulent sur sa joue ; je les essuie du bout des doigts puis je passe les bras autour de sa taille et l’attire à moi. Je ferme les yeux et ressens alors une étrange impression de déjà-vu qui s’accentue jusqu’au malaise.

 

Lorsque je les ouvre de nouveau, je suis seul. Tout autour, la lande s’étend à perte de vue. Là où le soleil s’est couché, quelques voiles de nuages rose pâle agrémentent encore le ciel que la nuit toute proche commence à assombrir. Sur la droite, je distingue confusément le bord de la falaise et, au delà, le vide ; l’impossible espoir qu’un jour, peut-être, la réalité rejoindra le rêve m’empêche de parcourir la dizaine de mètres qui m’en sépare. Au loin, assourdi par le fracas du ressac, je crois entendre l’écho d’un cheval lancé au galop...

 

Philippe Wolfenberg

philippewolfenberg.skynetblogs.be

http://www.bandbsa.be/contes3/wolfenbergtete.jpg

Publié dans auteur mystère

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Mais qui est l'auteur de cette nouvelle ?

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

point d'interrogation

 

Le manoir sur la falaise

 

 

 

 

 

C’est une inoubliable journée d’automne qui s’achève ; l’une de celles qui restent à jamais inscrites dans la mémoire et dont on aime se souvenir quand le cœur n’est plus habité que par une indicible tristesse.

 

Au pied de la falaise, inlassablement, les vagues viennent se déchirer sur les arêtes tranchantes des rochers. De leurs blessures jaillissent des gerbes d’écume - dérisoires linceuls - et leurs cris d’agonie se mêlent aux clameurs des mouettes.

 

Le chemin que j’ai gravi depuis la plage jusqu’au sommet de l’escarpement se sépare en deux sentiers étroits : l’un longe la côte et se perd dans la brume naissante, l’autre, sinueux, s’enfonce dans la lande déserte. Je décide de suivre celui-ci. Çà et là, quelques arbres et des touffes de bruyère rompent la monotonie du paysage.

 

Le soleil, parti à la rencontre de l’horizon, allume de ses derniers feux les feuilles aux tons flamboyants. Tourbillonnant dans le vent du large, elles semblent vouloir offrir à d’invisibles spectateurs un ultime moment de grâce avant d’aller mourir sur le sol.

 

Le temps s’écoule sans que je m’inquiète de donner une quelconque destination à cette escapade qu’il me plairait de prolonger à l’infini.

 

Soudain, au sommet d’une colline, la sombre silhouette d’un manoir se dresse dans la lueur incertaine du crépuscule. Par une fenêtre entrouverte, s’échappent les notes mélancoliques d’une chanson lointaine. Des marches mènent à une terrasse. Je les gravis sans hâte afin de prolonger ce sentiment d’exaltation qui s’est emparé de moi. Je ne peux résister à l’envie de savoir qui habite cette demeure surgie de nulle part. Comme je pénètre dans la pièce, la musique qui m’avait attiré en ces lieux

cesse d’un coup. Seul le crépitement des bûches qui se consument dans la cheminée vient rompre le silence pesant qui s’est installé.

 

Au-dehors, le galop d’un cheval se fait entendre. A mesure que le bruit s’amplifie, l’allure de l’animal faiblit. Je jette un regard à travers la vitre : un magnifique pur-sang à la robe ébène approche puis s’arrête près d’un vieux chêne au tronc noueux. Le cavalier, une jeune femme dont les cheveux courts et les yeux sont de la même couleur que sa monture, en descend. Son allure garçonne, démentie par la finesse de son visage et les courbes harmonieuses de son corps, lui confère une beauté farouche qui me trouble plus que de raison. Elle monte l’escalier de pierre que j’ai emprunté précédemment. Quand elle s’aperçoit de ma présence, un éclair d’intense émotion traverse son regard et un sourire se dessine sur ses lèvres. Elle prend ma main et m’entraîne derrière elle dans un labyrinthe de couloirs. Enfin, nous arrivons dans une cour intérieure où résonne le doux murmure d’une fontaine. Ma mystérieuse inconnue s’y adosse. Deux ou trois gouttes d’eau l’éclaboussent et coulent sur sa joue ; je les essuie du bout des doigts puis je passe les bras autour de sa taille et l’attire à moi. Je ferme les yeux et ressens alors une étrange impression de déjà-vu qui s’accentue jusqu’au malaise.

 

Lorsque je les ouvre de nouveau, je suis seul. Tout autour, la lande s’étend à perte de vue. Là où le soleil s’est couché, quelques voiles de nuages rose pâle agrémentent encore le ciel que la nuit toute proche commence à assombrir. Sur la droite, je distingue confusément le bord de la falaise et, au delà, le vide ; l’impossible espoir qu’un jour, peut-être, la réalité rejoindra le rêve m’empêche de parcourir la dizaine de mètres qui m’en sépare. Au loin, assourdi par le fracas du ressac, je crois entendre l’écho d’un cheval lancé au galop...

Publié dans auteur mystère

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L'ange gardien, Marie-Claire Georges, avis de blogs http://auxpitybouquins.wordpress.com/

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

http://www.bandbsa.be/contes2/angegardienrecto.jpg

http://auxpitybouquins.wordpress.com/ 

 

 

 

En décembre dernier, le père noël fut un peu en avance lorsque je reçus de la part de Kathy un joli paquet contenant deux livres. L’un d’entre eux était un recueil de nouvelles : « l’ange gardien » écrit par Marie-Claire George.

Je souhaiterais tout d’abord remercier les éditions « Chloé des Lys » ainsi que le forum « accros et mordus de lecture » pour ce partenariat qui est pour moi un véritable coup de cœur. 

Ce recueil est un ensemble de mini scènes, de tranches de vies véridiques ou complètement farfelues. L’auteur sait par des mots simples et en très peu de temps nous embarquer dans son vécu ou dans son imaginaire. L’auteur réussit ce challenge extraordinaire de nous faire passer d’une nouvelle à une autre, n’ayant pourtant aucun lien entre elles, et ce sans difficulté mais surtout en suscitant notre impatience pour la prochaine histoire. 

On partage les vies de « gens » ordinaires qui vivent pour un temps ou bien une vie, des aventures extraordinaires. Le recueil comporte 25 nouvelles chacune unique en son genre tant dans l’écriture que dans l’émotion qui s’en dégage. Toutes ont touché une émotion différente et aucune ne m’a déplu. 

Le « Sourire d’Emilie » est une des nouvelles qui m’a le plus touchée. On y découvre une vieille dame, forcée par son hospitalisation de demander à sa jeune voisine de lui porter des affaires de rechange. En pénétrant son intérieur, la jeune femme découvre alors via des tas d’objets hétéroclites, la vie trépidante de la douce Emilie. Bouleversée par ses découvertes, la jeune femme ne peut s’empêcher d’engager la conversation avec Emilie qui racontera, pour la première fois, sa vie. Une histoire qui même à notre époque sort des carcans sociaux ! C’est assez touchant de voir cette vieille dame que la vie a gâtée par de nombreuses aventures malheureusement solitaires se confier à une jeune inconnue simplement, sans mensonge et avec tellement de pudeur. 

« Mémoires » nous fait voyager dans le temps à travers la conscience d’un arbre né dans les années révolutionnaires. On partage avec lui les 300 ans de son existence, tantôt traversant la période napoléonienne, tantôt appréciant le cri du coucou ou l’insouciance des déjeuners sur l’herbe mais également les horreurs de la guerre et enfin le supplice de son abattage. Sa renaissance surprenante m’a tiré quelques larmes, je ne saurais expliquer pourquoi, peut-être à cause de l’émotion ou de la poésie avec laquelle c’est écrit. 

Dans ces nouvelles Marie-Claire sait varier les émotions notamment par des chutes surprenantes nous tirant quelques grands sourires, soit par l’innocence d’un enfant dans « Ronchon, chat d'exception » ou bien par la découverte d’un talent dans « une star est née ». Elle remet en question de grandes scènes historiques en changeant de point de vue, en relativisant l’Histoire avec un grand H. Même Louis XVI ou Caïn deviennent des personnages attachants qu’un faux pas d’un jour, finalement tellement humain, a propulsés aux premières pages des livres d’Histoire. On partage également des combats d’une vie dans « L'or de Xoliswa ». 

Ce recueil merveilleux est un ensemble de nouvelles engagées ou légères, historiques ou inventées, tristes ou joyeuses. J’ai énormément aimé la variété des personnages pas forcément humains. J’ai adoré être un chat, un arbre ou bien encore un vieux sécateur se disputant avec un stylo et une aiguille… j’aurais aimé être Sandra, réveillée en pleine nuit par un inconnu. J’ai pleuré dans « il est tard et je m'en vais», pleuré de cette indifférence face à la mort d’un être cher, pleuré face à l’amour de ce compagnon à quatre pattes. 

Finalement, la variété de l’écriture est surprenante et agréable, la richesse du vocabulaire et l’emploi varié de la conjugaison nous transportent facilement d’une émotion à une autre, d’une poésie à une autre. L’on croit saisir l’écrivaine mais voilà qu’elle change de style la page suivante nous emportant de la nostalgie au fou rire, de la tristesse à la surprise, du passé à l’avenir, du réel à l’irréel. 

Merci pour ce livre pétillant, joyeux, émotif, triste, nostalgique ; j’ai lu, j’ai voyagé, j’ai rêvé !

Publié ici : http://auxpitybouquins.wordpress.com/2012/01/09/critiques-lange-gardien/

 

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Publié dans avis de blogs

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Alain Delestienne a lu "E16" de Christine Brunet

Publié le par christine brunet /aloys

 

http://www.bandbsa.be/contes3/delestienne.jpg

J'ai lu "E16" de Christine Brunet, Editions Chloé des Lys, 2012, 201p. 


Après avoir lu "Nid de vipères" en 2012, j'ai plongé tête baissée dans "E16". Je n'ai pas été déçu, j'ai retrouvé la belle écriture fluide de l'auteur. Outre la narration vive et nerveuse, les descriptions brèves et efficaces, j'ai particulièrement apprécié les dialogues qui atteignent une telle qualité d'oralité qu'ils pourraient, sans adaptation, passer au cinéma.

Une énigme qui tient la route de la 1re à la dernière ligne, un suspense aux perpétuels rebondissements qui vous tient en haleine quand il ne vous coupe pas le souffle. Dans l'odeur du sang, de la poudre et des cadavres,

Il y a la belle Axelle de Montfermy. Un petit bout de femme solide comme un roc, une commissaire intuitive,E16 (2) intelligente, au caractère très affirmé qui est adulée par tous ses collaborateurs. Mais Axelle a aussi un coeur, pour un homme, pour son enfant, ses amis, pour les victimes des atrocités qu'elle doit affronter.

Un coeur avec lequel elle doit parfois composer dans un cruel dilemne. Et c'est là que j'ai été définitivement séduit par Axelle, par le beau livre de Christine Brunet. En confidence, par une magie de la langue que je ne pourrais définir, il m'est arrivé de confondre Axelle et Christine. 

Bref, vous aurez compris que nous avons affaire à un excellent thriller, un roman dans lequel, comme le faisait un certain Simenon, un personnage est réellement créé sous nos yeux.

Engagez un garde du corps et foncez! Vous ne le regretterez pas ... si vous en sortez vivant.

 

Alain Delestienne


Publié dans Fiche de lecture

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Carine-Laure Desguin et le concours des Chemins de fer suisses

Publié le par christine brunet /aloys

 

concours-chemins-de-fer-suisses-002.JPG

 

Gare centrale de Zurich, un quatrième vendredi du mois

 

 

Bordel, qu’est-ce qu’il me fout encore, tous les quatrièmes vendredis du mois, c’est la même rengaine. Je suis ici, au milieu de tous ces gens qui vont et qui viennent, le regard rivé sur la grande horloge murale ou sur les écrans qui annoncent à coups de lettres et de chiffres fluo les départs et les arrivées. Gare centrale de Zurich, le vendredi soir, ça fourmille à du cent à l’heure, les humains ressemblent à des mille-pattes montés sur des valises à roulettes. Mon sac à dos Kipling et ma guitare, une Harley Benton, un matos tellement lourd que je n’arrive pas à glisser mes mains dans les poches de mon jeans, mes bras semblent raccourcis, tu parles d’une embrouille. J’observe la faune humaine. Un patchwork de visages souriants. Et d’autres aux traits avachis. Les pauvres gosses autour de moi sont chahutés entre des vieux excités qui courent après leur week-end et d’autres embrouilles de dernières minutes. Quelle merde. C’est pas rien de glander ici. Mon père n’est jamais à l’heure. Tu sais fiston que je suis overbooké de ceci, surbooké de cela. Ouais, p’pa, les excuses, les excuses. Dis plutôt que tu charries à mort ta dernière secrétaire et que tu as relégué aux calendres grecques le quatrième vendredi du mois, le rendez-vous mensuel avec ton fils chéri qui se tape à chaque fois Berne-Zurich. Bordel, les minutes défilent. Je crève la faim. Et pas une tune dans mon froc. Bon, ça suffit, y’en a marre. Je me plante à côté du Mc Donald’s, je dégaine ma Benton et je vais leur gratouiller des flopées de mélodies personnelles. « Hey chipie, regarde par ici, hey chipie, ici c’est Paris, par ici, hey chipie, c’est là qu’j’ai grandi, hey chipie, entre ciel bleu et ciel gris… » Merci m’dame, oh merci m’sieur…Sont généreux, ces voyageurs.

C’est quoi l’espèce de taré en costume de gala médaillé de Dieu sait quoi qui s’amène ? Quoi, me taire, non mais quoi encore ? Interdiction de s’exprimer dans une gare ! Un comble ! On empêche les p’tits jeunes de tuer le temps ! Quoi, mes papiers, non mais quoi encore ! Mineur, moi ? Non mais quoi, j’ai l’air d’un mineur ? Ouais, ouais, ça va, je la boucle…Bordel, je m’en souviendrai de ce quatrième vendredi, gare centrale de Zurich. Hum hum, chouette nana, et quel parfum… Mon numéro l’impressionne, j’ai mon ticket ! Mignonne, avec sa jupette kaki et ses bottillons rouges. C’est qu’elle me lorgne…J’attrape mon sac, ma guitare, je talonne la mamzelle le temps de deux ou trois enjambées, elle se retourne, me sourit, waouwh, quel sourire. Et puis je fais demi-tour, me suivra-t-elle ? Fera, fera pas ? Je vais m’éclater devant la gare, ça leur fera les pieds, aux keufs. Et à cette pimbêche aussi. Merde, il pleut. Et le gsm qui s’excite à présent. C’est mon vieux. Bah, je suis gentil, je décroche.

« Salut fiston, mille excuses mais je suis overbooké, tu sais, les affaires sont les affaires…Mais je t’envoie ma secrétaire. Elle t’attend quelque part, dans la gare. Tu ne saurais la louper, elle est vachement canon, elle porte une minijupe kaki et des bottillons rouges. Ça va fiston, tu ne réponds pas ! Allo, allo ! Fiston ? »

 

concours chemins de fer suisses 001

 

Carine-Laure Desguin

 http://carinelauredesguin.over-blog.com

 

enfantsjardinrimage-1

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Bertrand Saint-Songe : "Voyageur, fils d'intrépide"

Publié le par christine brunet /aloys

photo bertrand Saint Songe

 

Voyageur, fils d'intrépide,
Le ciel est noir
- C'est la montagne
qui l'assombrit ;
La nuit tombe vite en plein jour.


Prolonger le lac
pour apercevoir
à midi
L ' Abbaye
parmi 
les entrelacs....
comme à minuit !...


                                                       BERTRAND SAINT-SONGE
bertrandelporte-yahoo.fr.over-blog.com
La soudaineté des événements (l'éthique de la source)
l-oeuf-de-l-esprit.jpg


Publié dans Poésie

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Edmée de Xhavée a lu Nid de vipères, de Christine Brunet

Publié le par christine brunet /aloys

 

Edmee-chapeau

 

Edmée De Xhavée

 

Nids de vipères de Christine Brunet

 

Waou ! J’en suis encore haletante et décoiffée ! J’ai ce livre depuis sa sortie. Ce qui fait qu’il me tient compagnie depuis plus de deux ans. Mais pour une raison ou l’autre je ne l’avais même pas commencé. Il faut dire que ce n’est pas du tout le genre de livre que je lis pour le moment, sans critique envers le genre, c’est juste que comme tout le monde j’ai mes préférences. Qu’on peut aussi appeler « habitudes »…

 

Mais il est bon de parfois mettre le nez ailleurs que dans ses affaires habituelles ! Et je ne l’ai pas regretté car pas de risque que ce livre m’endorme au lit… au contraire ! C’était un peu comme boire un espresso bien tassé à chaque fois…

 

Extrêmement documenté semble-t-il – Christine doit être devenue une experte en mafiasCouverture Nid page 1 mondiales, en armes, en plongée, en traitements médicaux, en laboratoires de drogues, en trafics, en combines, en contrats de tueurs à gages, en combats, le tout dans des lieux très différents et parfois sophistiqués. On fait même des incursions dans de vieilles demeures familiales aux traditions immuables. Une mosaique très complète pour une aventure – car l’héroïne initiale, Aloys, n’en est pas à sa dernière, pas plus que son comparse Nils Sheridan – découpée en images très réalistes et allant des souffrances les plus violentes aux sentiments les plus confus et tendres.

 

Et… les apparences ne sont jamais autre chose que trompeuses ! Christine Brunet a l’art de cacher des images derrière les images, d’alterner le chaud et le froid (très chaud et très froid), de faire sans cesse rebondir l’aventure – faite de bien des missions périlleuses où on meurt beaucoup et jamais dans son lit. Et puis… qui donc sont Aloys et Nils ? Qui sont-ils vraiment ? Increvables en tout cas, c’est indéniable, pour notre plus grand plaisir puisqu’ils opèrent à présent dans d’autres volumes de cette série que l’on espère … neverending comme ses héros.

 

485 pages de toute allure, un vrai bonheur !

 

Edmée de Xhavée

edmee.de.xhavee.over-blog.com

 

http://www.bandbsa.be/contes3/lovebirds.jpg

Publié dans Fiche de lecture

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