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Et la nouvelle gagnante est la n°...

Publié le par christine brunet /aloys

Encore un très grand bravo aux auteurs, édités ou pas.

Un clin d'oeil tout particulier à Renaud Delamare et Karine Fage, rencontrés en dédicaces, qui se sont prêtés au jeu avec brio... deux jeunes passionnés d'écriture qui, je l'espère, tenteront, un jour, l'édition. Belle imagination, belle plume !

 

Il est grand temps de dévoiler le nom des auteurs des différentes nouvelles :


Texte 1 Christian Eychloma

Texte 2 Adam Gray

Texte 3 Micheline Boland

Texte 4 Edmée de Xhavée

Texte 5 Jean-Michel Bernos

Texte 6 Didier Brochon

Texte 7 Hélène Van Caneghem

Texte 8 Adam Gray

Texte 9 Micheline Boland

Texte 10 Louis Delville

Texte 11 Josiane Lion

Texte 12 Renaud Delamare

Texte 13 Karine Fage

 

La nouvelle gagnante est la 12. Bravo Renaud Delamare ! 9 votes


La nouvelle qui vient ensuite est signée Edmée de Xhavée, n°4, 5 votes.


Textes 7 (Hélène Van Caneghem), 8 (Adam Gray), et 3 (Micheline Boland) 2 voix.

Texte 1, Christian Eychloma, 1 voix.

 

Voici donc la nouvelle gagnante qui sera publiée dans le prochain numéro de notre revue "les petits papiers de Chloé".

 

Alors qui est Renaud Delamare ?

 

Né en 1977 à Saint-Pierre d’Autils, un petit village Normand, il passe son enfance et ses études à la campagne. Très rapidement, il se passionne pour la lecture et dévore les livres de Stephen King et d’Edgar Allan Poe.

delamarer.jpgA l’âge de 13 ans, il rédige sa première nouvelle fantastique pendant les récréations tandis que ses camarades s’amusent dans la cour. A la même période, soutenu par sa famille et avec la complicité de son frère aîné, ils écrivent et tournent ensemble des courts métrages.

 Curieux et débordant d’imagination, il s’est essayé à la prose, à la poésie mais également à l’infographie et à l’animation 3D. 

Installé en région parisienne depuis plusieurs années, il travaille dans un cabinet d’Audit et de Conseil financier. 

Après quelques années sans écrire, son épouse l’incite à reprendre la plume, sa première passion, ce qui l’a motivé à participer à des concours d’écriture.

 

Quant à sa nouvelle, la revoici ! Bonne lecture !

 

Si j’ai décidé d’écrire cette lettre, c’est pour que quelqu’un puisse, un jour, la lire lorsque tout cela sera fini.

J’espère que cette personne sera comme moi et pas comme ces choses dehors qui envahissent les rues chaque jour un peu plus, grossissant en même temps leur groupe.

J’entends leurs cris horribles de damnés. Je jette souvent un œil à travers les volets, solidement verrouillés et je les vois, plus bas, déambulant, lentement, dans ma rue. On aurait dit une manifestation de contestataires, mais sans banderole, ni mégaphone.

 

J’avais pris un fusil-mitrailleur à un soldat mort avant de venir me barricader chez moi. Et je n’étais pas très fier d’avoir fait ça mais, poursuivi par ces monstres depuis la sortie du RER, dans le tunnel, je n’ai pas eu le choix. Il faut me comprendre !

Quoiqu’il en soit, il n’y a pas à dire mais le Service Militaire marque plus qu’on ne le pense car je me suis rapidement souvenu du maniement de l’arme.

 

Il fait chaud. J’ai l’impression d’être dans un sauna. Il fait 30 degrés dans mon studio et je suis en nage.

Je suis là, assis derrière la table de ma chambre, ce papier devant moi et une bougie qui m’éclaire pendant que j’écris.

Six jours déjà que l’électricité ne fonctionne plus.

Cela fait donc six jours que tout a basculé…

 

Je suis pris d’une folle envie d’écrire. Il faut que je vous raconte comment on en est arrivé là. Comment tout cela a commencé… Mais j’allais oublier les bonnes manières !

 

Je me présente, je me nomme David Räuden. Je suis journaliste...enfin, j'étais journaliste dans le quotidien Le Parigo.

J’écrivais régulièrement mon article et le mettais ensuite en page, sur deux colonnes.

C’était un boulot tranquille, je l'aimais bien. J'ai suivi des études de sociologie à Rouen, à la Faculté de Mont Saint Aignan, pendant trois ans. Puis je me suis lancé, sur un coup de tête, dans la psychologie et ensuite dans le journalisme.

Un peu chaotique mon parcours mais je ne regrette rien. J'ai 28 ans, bientôt 29.

Un étrange sentiment m’envahit en écrivant ces lignes. Comme une impression de rédiger mon testament...

 

Mon premier travail s’est passé dans le célèbre Institut de sondage dans le 13ème.

J'y ai appris des tas de choses en tant qu’intérimaire sur la démographie. Cette expérience a confirmé ma passion pour l'étude sur la société.

Intéressant, n'est-ce pas ? Enfin c'est bien beau tout ça mais c'est du passé maintenant.

Ah! Je pourrais écrire une colonne sur le comportement des zombis !!! Je vois déjà le titre, en police Arial de taille 20 : « Comment appréhender la psychologie d'un zombi en 5 points »

Je suis vraiment stupide des fois... !

 

La journée n’est pas terminée et je réalise que j’ai déjà bu trois bières. Il faudrait que je fasse attention à ma consommation et penser à la réduire. J'ai encore de quoi tenir quelques jours mais après je serais bien ennuyé. Je ne me vois pas sortir pour faire mes courses !

Enfin. Il faut que je vérifie si les volets sont bien fermés. Ça y est je suis devenu un vrai maniaque. Allez, il ne faut pas que je défaille maintenant. Je dois continuer d'écrire ce qui est arrivé.

 

             Tout avait commencé alors que les magasins du Boulevard Haussmann dans le 8ème brillaient de toutes parts avec leurs guirlandes.

Les Parisiens finissaient d’acheter leurs cadeaux de Noël.

Au début, personne n’avait fait attention à lui. Encore un homme ivre qui faisait la manche. Mais lorsqu’il s’attaqua à un passant, ce fut la panique. Et très vite les personnes mordues se jetèrent à leur tour sur d’autres personnes.

Ensuite tout s’accéléra et les mordus devinrent de plus en plus nombreux.

Nous étions le 21 décembre 2012… la fin de l’humanité venait de commencer…

 

 

 


Publié dans concours

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Récapitulatif des textes du concours et vos votes...

Publié le par christine brunet /aloys

Vous avez été très nombreux à venir découvrir les textes des auteurs participants à notre concours et je vous en remercie. 

Treize textes donc, mais si les auteurs des Editions Chloé des lys ont participé massivement, d'autres auteurs d'univers différents se sont prêtés au jeu avec brio. Bravo à tous et à toutes : les histoires sont toutes de grande qualité.

Voici les premières phrases de chaque texte, histoire de vous les remémorer. Certains d'entre vous ont déjà voté (mais peuvent encore changer d'avis, évidemment) :

Emma et J-M Bernos pour le texte 4

Raymonde Malegreau pour le 3

Edmée pour le n°12

Adam pour le n°7.

 

Vous avez jusqu'à ce soir minuit pour vous prononcer sur le blog, sur cette page, dans la partie commentaires : votez ! 

 

Texte 1 

 

Le jour où ça craquera

Je veux être dans tes bras  *

 

« Quand, à force de n'y pas croire,
Notre monde explosera,
Quand se fera la nuit noire
Je veux être dans tes bras. (...)"

Texte 2

 

ROUGE CHLOROPHYLLE

 N’es-tu point lasse, ma sœur ? Je le suis, moi.

Si je… Quoi ? Je ne prie pas, non. Ne sois pas stupide ! Non, tu vois, je suis simplement assise, là, en tailleur, sur un rocher, et ce depuis des heures, et des heures… Et des mois !

J’écoute le bruit de l’eau qui coule, en une majestueuse cascade, qui va nourrir le fleuve, bien plus bas. Et même si ce bruit est passablement tonitruant, il m’apaise… Il est pur. Si pur. Merveilleusement pur dans toute sa puissance.

Texte 3

 

FIN DU MONDE

 

En rentrant du jardin avec une branche de thym, je passe dans le hall. Mon attention est attirée par des chuchotements. Au début, c'est juste un murmure, une parole retenue comme si quelqu'un se parlait à lui-même ou faisait des confidences au téléphone. Je saisis à peine un mot ou deux. Je m'approche de la porte du bureau. Je dresse l'oreille. J'entends : "J'ai peur. Je ne veux pas mourir."

Texte 4

 

 

Leçon de tricot, leçon de finance 

 

Chantal tricote, et le clic clic clic de ses aiguilles, un peu glissant, se noie dans ses vieilles mains adroites. Un pull pour sa petite fille, a-t-elle annoncé. Violette – que Chantal ne nomme qu’en chantonnant Viiii-o-lette-bi-cy-clette ce qui s’est hélàs étendu aux autres pensionnaires fréquentant la salle commune – Violette donc fronce les sourcils en tentant de deviner à quoi ressemblera cette étrange orgie de couleurs, matières et points. 


Texte 5

 

Un jour ordinaire de la fin du monde

 

Vendredi 21 décembre 2012, 7h45 du matin, le réveil n’a pas sonné. J’avais pourtant changé les piles la semaine dernière ! Quitte à être en retard, je vérifie toutes celles qui restent dans le blister avec le contrôleur de batteries : aucune ne fonctionne !

Entre midi et deux, quand les lumières du bureau auront été éteintes après le départ de mes collègues, et que je pourrais enfin consulter mes messages, je rédigerai rapidement une bafouille pour me plaindre !


Texte 6

 

Et si 2012 voyait la fin de l’humanité ?


S’il est une peur collective qui a la vie dure, c’est bien celle-là : la fin du monde. Elle remonte à des temps immémoriaux, elle est tenace, malgré l’absence d’annonces de tout danger imminent pour notre vaisseau spatial, par le monde scientifique, en particulier la NASA et les astrophysiciens qui sont un peu nos vigies, et guettent les passages d’astéroïdes, planètes et de tout objet spatial à proximité de la Terre, en permanence. 


Texte 7

 

ET SI 2012 VOYAIT LA FIN DE L’HUMANITE ?

 

Je range mes crayons, ma latte et ma gomme d’un côté du buvard.  De l’autre, où il me faut beaucoup plus de place, je dispose mes belles éditions illustrées qui parlent de la fin du monde.  La dernière date annoncée est le 21 décembre 2012.  Tout de même…Je ne peux m’empêcher de penser égoïstement que si c’est vrai, c’est pour ma pomme.

 

Texte 8

 

SAYONARA

 

Amiko l’aperçoit de loin, lui, le vieil illuminé hirsute à la longue barbe blanche qui, chaque jour, scande que la fin du monde est pour cette fin d’année 2012, qui est l’année du Dragon.

Slalomant entre les véhicules roulant au pas et les pousse-pousse traditionnels, elle traverse la route pour ne surtout pas croiser la sienne, car il lui fait terriblement peur.


Texte 9

 

DÉCEMBRE 2012

 

21 décembre 2012, 7 heures du matin. Une journée une peu spéciale en perspective. À quelques jours de Noël, même si le moral n'y est pas, il serait bon que je m'active. Je me lève. Je me prépare un petit café. Je me motive comme je peux en pensant à mes deux petits-fils. J'ai prévu d'aller acheter un sapin et de le placer dans le living. Ensuite, je préparerai mon fameux boudin de poissons et de crustacés.

 

Texte 10

 

"ET SI 2012 VOYAIT LA FIN DE L'HUMANITÉ ?"

 

Qu'est-ce que j'apprends ? La fin du monde pour le 21 décembre ? Ils sont fous ces Mayas. Ils ne pensent qu'à eux…

Jugez plutôt. Je viens d'avoir 50 ans et je suis déjà à la retraite. Il faut dire que, lorsqu'on travaille pour la défense nationale, on est vite largué… Mais aussi on apprend à se défendre et à anticiper.


Texte 11

 

Et si 2012 voyait la fin de l’humanité


 

Soit, acceptons cette hypothèse ! Après tout les Incas ont peut être raison. Mais, le modus opérandi nous est inconnu. Aussi, modélisons cette fin du monde. Etayons cet axiome par  des formes potentielles, connues, vérifiables. Quel élément peut balayer cette civilisation mondiale, cette fourmilière trépidante et décadente qu’est devenue la terre ? Un bolide fonçant dans l’espace et dont la trajectoire va malencontreusement croiser celle de notre planète ? 

Texte 12


 

Si j’ai décidé d’écrire cette lettre, c’est pour que quelqu’un puisse, un jour, la lire lorsque tout cela sera fini.

J’espère que cette personne sera comme moi et pas comme ces choses dehors qui envahissent les rues chaque jour un peu plus, grossissant en même temps leur groupe.

J’entends leurs cris horribles de damnés. 


Texte 13

 

 

21 novembre 2012 : 8h10

Deux mois ce sont déjà écoulés depuis le début de l’automne et toujours aucune accalmie. Pas une goutte de pluie, pas le moindre petit souffle de vent. Le jour vient à peine de se lever et le thermomètre indique déjà 34°C. Ah !!! Si seulement nous étions en vacances, près d’une plage, à buller, un cocktail à la main… Mais l’hiver approche et personne ne peut inverser la tendance. 

Publié dans concours

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Voilà à quoi ressemble une fiche auteur destinée aux libraires... Elle est signée Emma Casanove

Publié le par christine brunet /aloys

9782874596711

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Une approche pédagogique du conte, une étude passionnante proposée par Jean-Michel Bernos

Publié le par christine brunet /aloys

 

1e Couverture MML

 

Une approche pédagogique du conte

 

 

Un peu comme Anne-Marie Jarret-Musso qui écrit des histoires à lire à voix haute (le bonheur est dans le conte), je me suis essayé depuis longtemps au conte traditionnel. On réalise en écrivant, que la structure du texte devrait suivre une logique et une construction qui nécessitent de respecter l’esprit même du conte.

 

Quand j’ai terminé le récit (intégré dans mon ouvrage Merci Monsieur Leacock) j’ai senti qu’il fallait clarifier cette méthode. C’est sans doute au sens « technique », la partie la plus intéressante du conte.

 

Comme cette « explication » n’a pas été « ajoutée » dans le livre (en cours de référencement chez Chloé des Lys), j’ai pensé intéressant de partager avec vous ce passage. Il figure donc à la fin du récit présenté ici :

 

 

 

 

LES MELONS DES COLLINES

 

 

 

Antoine était un agriculteur des collines, un homme de la terre. Son unique champ dans les restanques, bien plat et régulier, recevait toute l’année un généreux ensoleillement. Il était fait d’une terre brune dont les mottes se brisaient facilement sous la pression des doigts.

Pour atteindre son lopin de terre, Antoine devait longuement gravir le difficile chemin caillouteux.

 

Antoine était un éleveur de melons. Il ne les faisait ni pousser, ni grandir en sucre et en couleur, car l’eau et le soleil se chargeaient de cette tâche, mais il les caressait de sa binette, leur choisissait un lit de feuilles généreuses, les berçait de ses mains rudes de travailleur. Antoine était un éleveur de melons.

Son père, en quittant ce monde, lui avait légué un cheval vigoureux et la charrette au réservoir de fer blanc qu’il avait construit de ses propres mains. Ainsi, notre ami des fruits orangés pouvait-il chaque jour leur apporter un peu d’eau.

 

Ce travail, Antoine l’accomplissait au prix d’un gros labeur tout le printemps et durant le début de l’été. Il ne s’en plaignait jamais et aurait pu continuer longtemps. Il se satisfaisait de beaux fruits gonflés de jus sucré, appréciés de tous sous l'appellation de « melons des collines ».

Pourtant le hasard devait venir troubler ce délicat équilibre.

 

Martin, du village, dénommé le cérébral, vint un jour à croiser le chemin d'Antoine.  On le nommait ainsi depuis le temps de l'école communale parce qu'il cassait toujours les pieds de ses camarades par ses élucubrations et inventions.

Antoine l'appréciait bien, mais ne l'avait pas revu depuis un petit moment. Ils devaient se croiser sur ce chemin étroit des collines ; Antoine montant de l'eau, Martin descendant avec son âne chargé de planches et de madriers.

Il lui était venu, à ce fada de Martin, l'idée saugrenue de construire des charpentes. Ce sont ces entremêlements de poutres qui servent à soutenir les tuiles couvrant les toits de nos maisons.

 

Allez savoir pourquoi ? Martin, qui d'ordinaire soignait ses oliviers (vous avez remarqué, on ne dit pas « élever des oliviers ! »), s'était aperçu en regardant le ciel, allongé dans l'herbe les jours de pluie, qu'il arrivait qu'on se mouille. Animé d'une soudaine frénésie, il avait alors songé à construire des toits partout où les villageois auraient besoin de ses services.

Ses anciens camarades imaginaient que, de cette façon, ses divagations serviraient enfin à quelque chose.

 

Martin avait échangé son champ d'olivier contre l'âne du Père Michel, sans trop se poser de questions quant à la valeur de l'un et de l'autre. Lorsque nous faisons du troc, nous cherchons surtout à échanger quelque chose qui nous lasse, contre quelque chose qui à nos yeux trouve grâce.

 

Le Père Michel pouvait enfin s'allonger dans l'herbe entre les oliviers et regarder le ciel, tandis que Martin nanti d'une fière bête à bât pourrait construire des toitures, ramenant de la scierie derrière la colline, des planches et des madriers.

Antoine montait donc de l'eau pendant que Martin descendait des billots… des billots de bois, des planches et des madriers.

 

Suivez-vous les enfants ? Il y a beaucoup de monde à ce point de notre histoire.

Bon ! Antoine élève des melons, Martin qui soignait des oliviers a été remplacé par le Père Michel. Le Père Michel, en échange du champ d'oliviers a donné un âne à Martin ! L'âne ne s'appelle pas Martin, il se nomme Anselme ! Quant au cheval d'Antoine, tout le monde l'appelle « Monsieur ».

 

Et Martin que fait-t-il maintenant ? Non, il ne bâtit pas des toitures, mais construit des charpentes. Vous vous souvenez, c'est ce qui soutient la toiture, pour éviter que la pluie ne nous tombe dans les yeux.

 

Antoine, s'étonnant d'une si grosse charge sur le dos de l'âne, le fit remarquer à Martin. Martin finit par l'entendre, ce qui les amena à dialoguer au sujet de leurs différents gagne-pain. C'est-à-dire qu'ils eurent une conversation. Elle se transforma vite en pourparlers puis en tractations et finit à travers une négociation, par une entente.

Ce sont des mots un peu compliqués qu'utilisent les adultes afin de dire qu'ils sont d'accord pour faire du troc. Vous souvenez-vous ? Échanger quelque chose qui ne nous convient plus, pour quelque chose qui nous convient mieux.

 

Martin descendit vers le village avec Monsieur… Le cheval, chargé de planches et de madriers, suivi par Antoine qui avait attelé la charrette du réservoir au dos de l'âne Anselme, laissant au préalable s'écouler l'eau dans les vignes des coteaux.

 

L'attitude d'Antoine vous paraîtra sans doute étrange si je ne vous racontais ce que ce troc comprenait :

Vous vous souvenez certainement du surnom de Martin à l'école. On l'appelait « le cérébral » ce qui veut dire que son cerveau était toujours l'objet d'une réflexion, d'une nouvelle idée ou de quelque invention.

 

Au village demeurait et travaillait un autre larron devenu menuisier. Bon garçon, très travailleur, Bastien avait fait le tour de France. C'est un parcours fort réputé pour apprendre un métier et devenir un jour ce que l'on appelle un « Compagnon du Devoir ». Un excellent ouvrier, parmi les meilleurs du pays.

 

Pour devenir ce très bon menuisier Bastien avait construit « son ouvrage ».  Une pièce  qu'on réalise   sous la  direction  d'un  tuteur – un autre très bon ouvrier – pour montrer qu'on est capable de réaliser de belles et solides choses.

Ainsi Bastien avait construit une roue à aube, comme celles que l'on voit sur les moulins utilisant la force des rivières pour moudre le blé. Mais celle-là avait ceci de particulier que le mouvement rotatif vertical était transformé par l'intermédiaire d'un couple conique, en mouvement latéral.

 

Martin connaissant l'existence d'un torrent souterrain dans la colline, avait imaginé qu'en récupérant l'eau dans les petits godets de la roue à aube, il serait facile pour Antoine d'arroser son champ de melons.

 

Anselme… l'âne se chargerait de ce travail. Tournant au-dessus du torrent dans un mouvement circulaire, il entraînerait la première roue, qui à son tour ferait remonter l'eau vers une rigole en amont, c'est-à-dire plus haut que le champ de melons.

 

Ingénieux ce Martin ! Il suffisait de convaincre Bastien de céder sa roue à aube qui, elle aussi, servirait enfin à quelque chose.

Antoine possédait un âne et une citerne. Que pouvait-il proposer à Bastien pour sa roue à aube ? Sans âne, plus de mouvement de la roue, plus d'eau pour arroser les melons et l'âne n'avait pas assez de force pour entraîner la citerne pleine d'eau vers les hauteurs.

 

Martin le cérébral avait pensé à tout !

Le Père Michel aurait bien aimé récupérer une citerne pour conserver l'eau qui tombait sur ses oliviers. Elle lui servirait à les arroser les années où il pleut moins. La charrette serait bien utile pour transporter davantage de bois pour les charpentes. Elle serait donc profitable à Martin ainsi récompensé de ses bonnes idées.

 

Comment payer la roue à aube de Bastien ? Martin avait suggéré à Antoine de la lui troquer… contre des melons.

Antoine, à la faveur d'une eau abondante, serait en mesure d'élever bien davantage de melons sucrés et juteux. Mais il en faudrait beaucoup pour payer une roue à aube avec un mécanisme de couple conique. Martin s'était engagé à les transporter avec Monsieur et la charrette. Il ne restait plus qu'à convaincre Bastien le menuisier.

 

Oh bonheur ! Bastien aimait énormément la confiture de melons. Il accepta le marché.

 

L'histoire ne raconte pas encore comment Bastien, dont la cave était remplie de pots de confiture de melons, décida de les transformer en bonbons. Bonbons pour lesquels il conçut une très jolie boîte en bois poli. Il m'en a offert quelques-uns et vous pourrez les savourer à la fin de cette histoire.

 

Ce que le conte nous dit aujourd'hui, c'est que tout le monde fut ravi : Le Père Michel avec son réservoir de fer blanc dans son champ d'oliviers, Martin avec Monsieur, le cheval et sa charrette,  Bastien le menuisier avec sa nouvelle production de bonbons servis dans les boîtes de bois poli.

 

Antoine finit par s'installer définitivement dans ses coteaux avec l'âne Anselme. Il y éleva des melons des collines au-delà de ce que son petit champ plat et régulier pouvait produire.

 

Ce que l'histoire nous enseigne aussi, c'est que le troc est l'occasion d'échanger quelque chose qui nous sert mal par quelque chose qui nous emballe ! Quelque chose qui non seulement nous plaît davantage, mais qui nous aide d'une façon bien plus sage.

 

Apprenez aussi que l'intelligence peut transformer la puissance d'un travail de cheval par le paisible ouvrage de l'âne.

 

 

 

Les Melons des Collines.

 

Analyse pédagogique

 

L'époque de l'histoire : Elle peut se situer entre la fin du XIXème et le début du XXème siècle, jusque dans les années cinquante.

 

Le lieu où se déroule l'histoire : Le Sud de la France. Certaines expressions la placent en Provence, sans jamais le dire, afin de développer le sens de la déduction.

 

Les personnages de l’histoire : Le personnage principal est un fruit, le melon ; mais pour lui donner plus de caractère, le conte situe son origine dans les collines. Ce sont elles qui sont le second élément de cette histoire. Les hommes ne sont pas le centre du récit. Il y a des animaux, des objets très spéciaux et particuliers : une citerne, une roue à aube, une boîte de bois poli, afin de fixer l'attention sur un aspect hors du commun. A l'image de ce que doit être un conte : un récit merveilleux.

L’intrigue : Une progressive avancée vers une solution idéale à tous les problèmes soulevés par cette histoire. On découvre peu à peu les lieux et les personnages, leur donnant à tous, par leurs particularités, une importance de même valeur. Chaque enfant peut se sentir plus proche de l'un ou de l'autre personnage. Le fil conducteur nous dévoile cependant que l'objectif premier est la culture d'un excellent melon par des moyens qui mettent en œuvre l'ingéniosité humaine.

 

Les Lecteurs ciblés : Ils sont de trois ordres, selon trois degrés :

 

Les enfants de cinq à dix ans : le premier degré : une histoire avec un maximum de mots simples et de phrases courtes, un sujet, un développement progressif, une fin heureuse. Des expressions et des mots répétés pour être retenus. Des explications à leur niveau pour les aider à comprendre des notions un peu complexes : L'arrosage des cultures, la nécessité des toits sur les maisons, la transformation des fruits en confiture ou en bonbons.

 

Les adolescents : Le plaisir de découvrir un deuxième degré, avec des notions à leur niveau de compréhension. Le bienfait du travail, le plaisir du repos ou de l'inactivité momentanée. Quelques expressions amusantes utilisant des mots de leur vocabulaire. Des notions fortes un peu inhabituelles, donc mémorisables : le troc, la mécanique ; d'autres plus courantes : la productivité, la nature belle ou domptée. Pour les plus vifs quelques visions plus motivantes : L'honnêteté, le tour de France des Compagnons du Devoir.

 

Les adultes : Pour le troisième degré. Celui précisément d'un conte avec une morale, donc un développement qui amène une réflexion puissante, dans laquelle, la citation finale prend tout son sens. Un travail de cheval : l'ouvrage d'un personnage dur à la tâche qui poursuit son objectif sans forcément réfléchir. Le paisible ouvrage de l’âne : celui d'un individu qui manque peut être de culture, mais qui avance avec ingéniosité, accomplissant davantage et de meilleure manière.

Par ailleurs, le cheval et l'âne sont des amis de l'homme utiles à celui-ci, véhiculant une image commune dans de nombreuses expressions. "Un tempérament de cheval, un travail de cheval, bourru comme un cheval" (ou une jument). Le cheval symbolise aussi bien la force, que l'âpreté au travail, l'endurance, l’élégance ou une forme de bourgeoisie, de même que l'appel de la terre.

L'Âne est un petit animal sympathique, on le retrouve dans les contes de Daudet comme dans les histoires et légendes de nombreuses contrées. Il est souvent associé à une certaine forme de naïveté : "bête comme un âne", "tu es un âne", ou un imbécile. On ne lui prête donc pas une grande intelligence, mais parfois on le trouve farceur ou astucieux.

Dans cette morale, il est évident que le cheval, dans l'expression "travail de cheval", montre une force sans réflexion. Dans la phrase "paisible ouvrage de l'âne» on dénote une attitude de labeur mesuré, continu ainsi qu'efficace. Alors que l'intelligence du cheval aurait pu supplanter la bêtise de l'âne. C'est cette mise en opposition qui crée la portée de l'expression, en suggérant au-delà d'une simple lecture, la méditation qui fixe la mémoire.

La Méthode : La progression lente et la répétition de notions que l'on souhaite mettre en avant. L'explication volontairement simple des gestes et des mécanismes mis en œuvre. La demande de participation des enfants à certains points choisis de l'histoire. Ceci afin de sceller dans la mémoire les différents personnages, leurs différentes activités, ou changements d'activités. Il peut être possible à tout moment de vérifier l'attention en demandant aux enfants à qui appartient tel animal ou objet. La technique de reformulation positive est un outil pédagogique utilisé pour s'assurer que ce qui est dit est compris et mémorisé. Dans la plupart des cas, si les enfants ne sont pas totalement capables de rapporter la totalité de l'histoire à un adulte ; il est en revanche peu probable qu'ils se trompent dans les attributions et objectifs de chaque personnage.

 

La notion la plus importante pour eux dans ce conte sera celle du "troc". Il est vraisemblable que même sans comprendre réellement la morale de l'histoire, ils s'aperçoivent d'eux-mêmes, qu'il vaut mieux un outil adapté, qu'un travail de force inutile.

 

 

 

 

Jean-Michel BERNOS

jeanmichelbernos.over-blog.fr

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Anne-Marie Jarret-Musso nous propose un second aperçu de son roman "Le bonheur est dans le conte"

Publié le par christine brunet /aloys

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Extrait deuxième partie :

 

Rosette et son ombre

 

Il était une fois derrière chez moi une ferme où vivaient les deux meilleures amies du monde, Jeannette et Rosette.

 

La partie n’était pas gagnée d’avance car il faut vous dire que Rosette n’était pas facile à vivre. C’était une jeune fille rousse à fière allure qui n’aimait pas se faire marcher sur les pieds.

Je vais vous raconter les faits, tels qu’ils se sont déroulés, c’est une histoire ô combien insolite !

 

Rosette est arrivée par un beau matin printanier en compagnie de quelques membres de sa famille : ses deux sœurs jumelles, son cousin Dédé le meneur (comme on le surnommait) qui parlait fort tout le temps, entraînant derrière lui deux cousines à l’aspect imposant qui déployaient beaucoup d’efforts pour l’imiter. Ces trois derniers n’aimaient pas les visiteurs, même les gens de passage qu’ils repoussaient avec véhémence. Cependant, Dédé avait une bonne dose d’affection pour ses proches à qui il avait fait la promesse de les protéger toute sa vie car il possédait un fort esprit de famille.

Loulou s’était rapidement joint à eux venant de je ne sais où, beau garçon et assez coureur.

Ce beau gosse ne pensait qu’à courtiser Rosette et ses deux sœurs rousses qu’il jugeait tout à fait à son goût et dépensait une grande partie de son énergie à vouloir les séduire. En contrepartie, elles avaient instauré une règle qui consistait à manger les premières, lui laissant le soin de finir les plats. Cela les amusait beaucoup.

 

Des mois paisibles coulèrent ainsi et la vie en communauté entre jeunes gens se passait sans trop d’anicroches. Jusqu’au jour où, par

un matin d’été, sans prévenir quiconque Dédé et les deux cousines sautèrent dans un camion, on ne les revit jamais. Je me suis laissé dire qu’ils étaient las des remarques et mesquineries incessantes de Rosette.

Cependant la vie continua tranquillement jusqu’à ce fameux après-midi où…

 

Anne-Marie Jarret-Musso

bonheurconterecto

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Plume, un texte de Louis Delville

Publié le par christine brunet /aloys

 

delvilletete

 

PLUME


 


 

Et une, et deux, et trois… Caroline a compté les plumes qui tombaient ! Il faut dire qu'après cette bataille d'oreillers avec son frère, elle était la grande gagnante. Antoine avait eu beau la frapper, son oreiller avait tenu le coup !

 

Caroline s'était bien défendue, avait attaqué avec rage et très vite le tissu avait cédé et les plumes avaient volé.

 

L'enjeu était de taille : qui allait décider de l'émission que l'on regarderait ce soir-là ? Leurs parents les avaient laissés seuls pour la première fois : "Caroline et Antoine, vous êtes grands maintenant et nous vous faisons confiance ! Caroline, tu es l'aînée, à toi d'être raisonnable".

 

Comme tous les 15 juin, Michèle et André sortaient à deux pour fêter leur anniversaire de mariage…

 

Sitôt la porte fermée, Caroline avait décrété "on va regarder la Maison des Amours" ! Antoine avait dit : Ah non, pas ça ! D'ailleurs quand nos parents sont là, on ne peut pas ! Si on regardait le foot ?"

 

Les filles, c'est tenace.

 

Caroline avait empoigné la télécommande et ne l'avait plus lâchée. C'est Antoine qui avait eu l'idée de la bataille d'oreillers pour désigner celui qui pourrait décider du programme. Caroline avait accepté sachant que son oreiller était un peu usé à un coin !

 

Les filles, ça a tous les trucs.

 

Et quand les parents sont rentrés, elle a prétendu que c'était son frère qui avait eu l'idée et qui avait déchiré exprès son joli oreiller.

 

Les filles, c'est méchant…

 

Louis Delville

louis-quenpensez-vous.blogspot.com

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Un poème de Claude Colson : nouveau jour ordinaire en train

Publié le par christine brunet /aloys

claude colson-copie-2

 

NOUVEAU JOUR ORDINAIRE, EN TRAIN

 

Après le vif, étonnant été de septembre,

Enjambant les douceurs d'octobre,

Indécises à lâcher, mais plus sobres,

Voici, presque conforme à l'attente, novembre.

 

Il ennuite mon train, fort peu avant le jour,

Glace la vitre qui à son tour fraîchit ma joue,

Rend même – oh, à peine – le bras comme gourd,

Et, invariante, l'aube de la noirceur se joue

Quand, sûre d'elle,subreptice, elle point,

Inversant l'image de la sécuriglace :

À mon reflet estompé le monde fait place.

 

Il prend corps lentement, émergeant là, au loin,

Puis plus près le voilà qui tout entier s'en vient.

Obscurité s'est faite pénombre ;

En dégradés subtils c'est toute la nuit qui sombre.

Les objets et les êtres veulent sortir de l'ombre ;

Tous s'affirment, envahissent, tant est si grand leur nombre.

 

La clarté un peu faible en saison de brouillard

A néanmoins gagné sur la nuit qui s'égare.

Les arbres, à l'oeil, verdissent :

de l'hiver ce ne sont encore que prémisses.

 

L'éclat mat du rail avoisinant

Attire mes regards, spectacle fascinant.

Il trace une ligne ferme et continue

Qui me sépare du monde, de sa cohue.

 

Je contemple les inconnus qui m'entourent,

Somnolents, peu diserts ou lisants, occupant le répit

Amoindi qui, inexorable, au travail les conduit.

 

Ils s'agitent soudain, se lèvent lourds,

Accélèrent,voire courent,

C'est la station, la leur, ils agissent ;

Ils descendent, se pressent, pour que tout s'accomplisse.

 

Claude Colson

claude-colson.monsite-orange.fr

 

Lena C. Colson

 

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"Et si 2012 voyait la fin de l'humanité ?" ... Texte 13

Publié le par christine brunet /aloys

21 novembre 2012 : 8h10

Deux mois ce sont déjà écoulés depuis le début de l’automne et toujours aucune accalmie. Pas une goutte de pluie, pas le moindre petit souffle de vent. Le jour vient à peine de se lever et le thermomètre indique déjà 34°C. Ah !!! Si seulement nous étions en vacances, près d’une plage, à buller, un cocktail à la main… Mais l’hiver approche et personne ne peut inverser la tendance. Scientifiques, astrologues, détracteurs en tout genre tentent de rassurer la population, mais l’inquiétude envahit la planète toute entière. Inquiets, les ménages ont dévalisé les magasins de toutes les boissons désaltérantes qu’ils ont pu trouver.

 

Trois mois plus tôt…

 

21 août 2012 : 11h10

-   Matthias, Alexis, dépêchez-vous de finir vos valises, nous allons rater le train.

« P’pa, p’pa, pourquoi on ne peut pas rester encore quelques jours en vacances, il fait trop beau », s’exclama le petit Alexis

Tu sais bien que nous devons passer voir mamie avant la rentrée des classes

Ouiii mais…

J’ai fini ma valise papa, dit son grand frère Matthias.

C’est parfait, Matthias. Va aider ton frère, s’il te plait. On part dans 20 minutes.

 

Un peu plus et nous rations notre train. Le premier qui trouve nos places gagne un second dessert pour le déjeuner. Alexis 5 ans et Matthias 8 ans se mirent à courir dans le wagon en scrutant les numéros des sièges.

 

Ayé papa, j’ai trouvé. On a un « carré », c’est chouette.

Oh non, c’est toujours toi qui gagne Matt ; c’est pô juste.

 

Bougon, Alexis s’assit côté fenêtre. Deux heures plus tard, son frère essaya de le distraire.

 

Regarde, Alexis, toutes ces vaches.

Waouhhh, y’en a beaucoup. Elles bronzent sur le sable, dis ? Comme nous ?

Mais non, mon chéri, dit son père. L’herbe a séché et le sol est sec. Mais dès que la pluie reviendra ; ce sera de nouveau vert et beau et les vaches auront plein d’herbe à brouter.

21 septembre 2012 : 8h10

Les journalistes ne parlent que de cette insupportable chaleur. Les passants se baladent avec des bouteilles d’eau, des éventails à la main, des gadgets leur insufflant un peu d’air. Les magasins ont été dévalisés. Plus loin, au centre ville, les jardins publics sont pris d’assaut et la moindre petite ombre est convoitée.

 

21 octobre 2012 : 8h10

C’est épouvantable. A la télévision, des reportages montrent des rues quasi-désertent. Seuls quelques courageux se risquent à affronter cette chaleur torride. Ils dégoulinent de sueur, leurs vêtements sont trempés. On nous demande de restreindre l’utilisation de l’eau. A l’extérieur, les fontaines publiques ne fonctionnent plus. Mais nous ne sommes pas les seuls. Dans la région, le pays, le continent, … la planète toute entière vit cette contrainte.

 

21 décembre 2012 : 19h10

Aujourd’hui, le pire est à craindre.  Plus rien ne fonctionne. L’état a décidé d’immobiliser les machines électriques car il faut à tout prix limiter les émanations de chaleur. La population est confinée à domicile. Nous sommes donc coupés du monde, plus d’informations, plus de courant. Nous n’osons même plus sortir voir les voisins. Nous n’en avons plus la force. En plus, les réserves diminuent cruellement. Combien de temps allons-nous tenir avec ces boites de conserves et ces bouteilles d’eau ? Cinq jours ? Une semaine ? Dix jours ? Comment survivre ? Que va t-il nous arriver…

 

L’institutrice de Matthias termina sa lecture et demanda à toute la classe d’applaudir leur camarade pour avoir écrit cette histoire très imaginative.

 

 

 

 

 

 

Ce texte clôt le concours pour la revue "les petits papiers de Chloé". Votez !

 

Résultats le 20 avril ! Voilà qui vous donne le temps de réfléchir !

 

 

 

 

 


 

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" Et si 2012 voyait la fin de l'humanité"... Texte 12

Publié le par christine brunet /aloys

 

Si j’ai décidé d’écrire cette lettre, c’est pour que quelqu’un puisse, un jour, la lire lorsque tout cela sera fini.

J’espère que cette personne sera comme moi et pas comme ces choses dehors qui envahissent les rues chaque jour un peu plus, grossissant en même temps leur groupe.

J’entends leurs cris horribles de damnés. Je jette souvent un œil à travers les volets, solidement verrouillés et je les vois, plus bas, déambulant, lentement, dans ma rue. On aurait dit une manifestation de contestataires, mais sans banderole, ni mégaphone.

 

J’avais pris un fusil-mitrailleur à un soldat mort avant de venir me barricader chez moi. Et je n’étais pas très fier d’avoir fait ça mais, poursuivi par ces monstres depuis la sortie du RER, dans le tunnel, je n’ai pas eu le choix. Il faut me comprendre !

Quoiqu’il en soit, il n’y a pas à dire mais le Service Militaire marque plus qu’on ne le pense car je me suis rapidement souvenu du maniement de l’arme.

 

Il fait chaud. J’ai l’impression d’être dans un sauna. Il fait 30 degrés dans mon studio et je suis en nage.

Je suis là, assis derrière la table de ma chambre, ce papier devant moi et une bougie qui m’éclaire pendant que j’écris.

Six jours déjà que l’électricité ne fonctionne plus.

Cela fait donc six jours que tout a basculé…

 

Je suis pris d’une folle envie d’écrire. Il faut que je vous raconte comment on en est arrivé là. Comment tout cela a commencé… Mais j’allais oublier les bonnes manières !

 

Je me présente, je me nomme David Räuden. Je suis journaliste...enfin, j'étais journaliste dans le quotidien Le Parigo.

J’écrivais régulièrement mon article et le mettais ensuite en page, sur deux colonnes.

C’était un boulot tranquille, je l'aimais bien. J'ai suivi des études de sociologie à Rouen, à la Faculté de Mont Saint Aignan, pendant trois ans. Puis je me suis lancé, sur un coup de tête, dans la psychologie et ensuite dans le journalisme.

Un peu chaotique mon parcours mais je ne regrette rien. J'ai 28 ans, bientôt 29.

Un étrange sentiment m’envahit en écrivant ces lignes. Comme une impression de rédiger mon testament...

 

Mon premier travail s’est passé dans le célèbre Institut de sondage dans le 13ème.

J'y ai appris des tas de choses en tant qu’intérimaire sur la démographie. Cette expérience a confirmé ma passion pour l'étude sur la société.

Intéressant, n'est-ce pas ? Enfin c'est bien beau tout ça mais c'est du passé maintenant.

Ah! Je pourrais écrire une colonne sur le comportement des zombis !!! Je vois déjà le titre, en police Arial de taille 20 : « Comment appréhender la psychologie d'un zombi en 5 points »

Je suis vraiment stupide des fois... !

           

La journée n’est pas terminée et je réalise que j’ai déjà bu trois bières. Il faudrait que je fasse attention à ma consommation et penser à la réduire. J'ai encore de quoi tenir quelques jours mais après je serais bien ennuyé. Je ne me vois pas sortir pour faire mes courses !

Enfin. Il faut que je vérifie si les volets sont bien fermés. Ça y est je suis devenu un vrai maniaque. Allez, il ne faut pas que je défaille maintenant. Je dois continuer d'écrire ce qui est arrivé.

 

             Tout avait commencé alors que les magasins du Boulevard Haussmann dans le 8ème  brillaient de toutes parts avec leurs guirlandes.

Les Parisiens finissaient d’acheter leurs cadeaux de Noël.

Au début, personne n’avait fait attention à lui. Encore un homme ivre qui faisait la manche. Mais lorsqu’il s’attaqua à un passant, ce fut la panique. Et très vite les personnes mordues se jetèrent à leur tour sur d’autres personnes.

Ensuite tout s’accéléra et les mordus devinrent de plus en plus nombreux.

Nous étions le 21 décembre 2012… la fin de l’humanité venait de commencer…

 

 

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Et si 2012 voyait la fin de l'humanité, texte 11

Publié le par christine brunet /aloys

 

Et si 2012 voyait la fin de l’humanité


 

Soit, acceptons cette hypothèse ! Après tout les Incas ont peut être raison. Mais, le modus opérandi nous est inconnu. Aussi, modélisons cette fin du monde. Etayons cet axiome par  des formes potentielles, connues, vérifiables. Quel élément peut balayer cette civilisation mondiale, cette fourmilière trépidante et décadente qu’est devenue la terre ? Un bolide fonçant dans l’espace et dont la trajectoire va malencontreusement croiser celle de notre planète ? Une explosion solaire sans précédent qui va faire fondre la barrière de protection de notre atmosphère et nous anéantir de son souffle de feu ? Un super volcan, peut être, dont les effets dévastateurs et meurtriers transformeront, in fine, la planète bleue en une boule de glace ? Cependant, je n’y crois pas. Notre monde a survécu à tellement de catastrophes ! Enfin, je n’y croyais jusqu’à ce phénomène récent...


Jeudi 9 Mars 2012. Une gigantesque éruption solaire a atteint la terre  avec d’éventuelles perturbations sur les communications globales.


Un doute m’assaille et si finalement cette prophétie était vraie !


9 août 2012. Sans doute en guise de prémisses, une pluie de météorites s’est abattue sur la Russie. La Taïga est un gigantesque brasier. En Europe et en Amérique, la canicule est insupportable. Partout, des incendies dévastent des kilomètres carrés de forêt et font de nombreuses victimes. Un peu partout dans le monde, des volcans sont entrés en éruption.

 

Des centrales nucléaires ont été détruites. Le taux d’irradiation de l’air à l’échelle planétaire dépasse la mesure acceptable.                                                                                                                                     

Une terreur panique s’est emparée de la population mondiale, entretenue par les médias qui distillent des informations de plus en plus inquiétantes.

Deuxième quinzaine d’août 2012. En Europe, des orages accompagnés de pluies torrentielles ont anéanti les cultures et occasionnés des inondations sans précédent. La télé diffuse des images de dévastation et de mort. Le spectre de la famine rôde.

12 septembre 2012. Les astronomes de la NASA ont détecté un corps céleste, qui selon leurs calculs, frôlera la terre sans la percuter. Cependant, le passage du météore engendrera de nombreuses catastrophes, pires encore que celles que l’on a connues jusqu’ici : Des séismes, des incendies, des mégas tsunamis... 


Octobre et novembre. L’astre se rapproche et est visible de jour comme de nuit. Le monde retient son souffle devant l’imminence du danger.


16 décembre 2012. La météorite brille dans le ciel comme un énorme soleil. Ce serait magnifique et surréaliste à la fois, si la situation n’était pas aussi critique. Nouveau bulletin alarmiste de la NASA : le météore va s’écraser sur terre !


Mon Dieu, le temps de la terreur a commencé ! Qu’importe, anxieux ou insouciants, je crois que nous serons tous au premier rang ! Tant de siècles d’espoirs et de souffrances. Tout cela aura été vain ! L’Homme, le héros du film, celui qui a apprivoisé le feu, bâti des cathédrales, marché sur la lune, rêvé du meilleur des mondes ne pourra, malgré toute sa technologie, se soustraire à l’inéluctable !


21 décembre 2012. Le monde est chamboulé, hors contrôle.  Plus rien n’existe, plus rien n’a d’importance, désormais. La réception de la radio ou de la télé est de plus en plus mauvaise. Cependant, les appels au calme se multiplient. Toutes les religions confondues, unies par une trêve sacrée, exhortent leurs fidèles à la prière, l’ultime refuge.                                                                             

 

C’est le premier jour de l’hiver et l’on se croirait le quinze août !


Il est un peu plus de 22 heures. Je viens de capter ce qui sera, je pense, le dernier message à la radio : « C’est imminent, l’aérolithe va percuter la terre dans moins de... ». C’est fini, la communication est coupée. Je n’ai plus de temps.  J’ai conscience que ces mots représentent la fin de millions, voire de milliards d’êtres humains.  Mon dernier espoir est qu’en cet instant un homme et une femme embarquent dans une arche spatiale. A bord, dans des conteneurs cryogéniques se trouvent des milliers et des milliers de tubes renfermant l’ADN de tous les animaux et de toutes les plantes de la terre.

Je les imagine... J’extrapole leurs pensées... avaient-ils le droit de partir et d’abandonner tous les autres à leur sort funeste? Je les imagine dans les affres de l’inconnu, de l’incertitude du futur. Qui étaient-ils pour avoir été choisis ? Ils ne se parlent pas. Ils ne veulent pas rompre cette bulle de silence qui leur donne le courage de tout laisser derrière eux.


Le pilote s’installe aux commandes. Son doigt hésite une fraction d’éternité avant d’appuyer sur le bouton, puis, il se décide. Son coeur saigne de souvenirs, cependant qu’il arrache le vaisseau à l’attraction de la planète perdue. Il le doit, il le faut !


Dehors, la nuit est claire comme si c’était le jour. L’astre nouveau s’amplifie et tressaille   d’éclats fulgurants. Un flash de lumière blanche... Le météore a percuté la terre.  Mon regard se pose sur  les quelques pensées bleues qui ont miraculeusement refleuri dans la jardinière oubliée sur le rebord de la fenêtre. Je n’ai plus peur, car j’en suis persuadée la vie trouvera  toujours son chemin !


-Vaya con Dios ! murmurai-je au moment ou le sol vacilla et qu’une vague de feu déferla, précédée d’un hurlement terrifiant. L’ultime clameur du peuple de la terre...

 

                                                       

                                                             

 

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