Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Carine-laure Desguin a lu "De l'autre côté de la rivière, Sybilla" d'Edmée de Xhavée

Publié le par christine brunet /aloys

 

desguin

 

 

J’ai lu :

De l’autre côté de la rivière, Sybilla : D’Edmée de Xhavée, Editions Chloé des lys, année 2010, 251 pages,  ISBN 978-2-87459-519-6

 

L’histoire ? Aujourd’hui, c’est la fête à Verviers, grand rassemblement familial à l’occasion de l’inauguration du nouveau restaurant de Jean et de sa sœur Emma, Sybilla.

 

Pour Jean et sa sœur Emma, les hôtes de cette journée, derrière ces sept lettres, S.Y.B.I.L.L.A.,  retentissent  les émotions de toute une vie ; car Sybilla, c’était le nom de leur ancienne gouvernante, celle qui fut choisie après le décès de leur maman, Pauline Dupage, pour veiller sur leur éducation …

 

Originalité du roman : c’est Sybilla elle-même qui raconte …

 

Après le décès de Pauline Dupage, son mari, Félix Lemarchand est9782874595196_1_75.jpg plus ou moins écarté de l’éducation de ses deux enfants par les grands-parents Dupage, une famille bourgeoise très respectée dans la ville de Verviers. Derrière ce terme, bourgeoise, entendez austérité, rigueur de l’éducation, liberté limitée, œuvres paroissiales, amour illimité envers l’argent…Nous sommes dans les sixtees…

Marie Dupage, sœur de Pauline Dupage est restée vieille fille et, habitant toujours sous le toit familial, c’est elle qui oriente ou plutôt qui désoriente, du haut de son égocentrisme, de sa jalousie maladive et de ses manigances désarmantes, les journées des enfants et bientôt des adolescents.

 

Pendant toutes ces années, Sybilla aimera ces jeunes gens comme s’ils étaient issus de son propre sang. Elle sera celle qui, par son doigté et sa connaissance innée de la psychologie, adoucira dans la vie de jean et Emma les rudesses, les chagrins et les déconvenues. Elle sera une médiatrice entre la famille Dupage et la famille Lemarchand.

 

C’est surtout le style de l’écriture de cette lauréate de plusieurs prix littéraires que je voudrais mettre ici en valeur. Edmée de Xhavée est une narratrice hors pair. Son talent principal est selon moi cette faculté de transmettre à travers le récit, une légèreté et un humour inégalables, alors qu’en fait, l’enfance et l’adolescence de Jean et Emma n’a rien de bien drôle : mère décédée, père absent…

Edmée de Xhavée, en mettant en lumière toute la poésie qu’il ressort du monde de l’enfance et de l’adolescence, équilibre à merveille le côté sombre de l’histoire. Le langage des argonautes, une espèce d’espéranto connu seulement de Jean et Emma est une pure merveille. Lisez ce récit et vous saurez ce que signifie faire caravane, qui était la reine Zozor, qui était pantalon Marcel, et quels étaient les jours heudebert !

Dans cette famille, les surnoms sont savoureux : Zézette, Cri-Cri, Chiquita…

 

Un bon point également pour les descriptions des personnages ! Une vraie galerie théâtrale !

  - Page 48 : Et ses cheveux, qu’elle teint avec un mélange de sa composition – Caramel royal et Cuivre des steppes- donnent à son visage trop fardé l’air d’une méduse hagarde et craquelée à la tête entourée de serpents corail.

  - Page 198 : Une vieille dame en bigoudis sous un foulard de plastique transparent et maquillée comme une cantatrice, juchée sur son tabouret de bar, agitait des jambes gainées d’un training doré en aspirant bruyamment un milk-shake.

 

A présent, vous comprenez pourquoi la ville de Verviers a mis à l’honneur, voici quelques jours, cette écrivaine talentueuse qui avec son premier roman paru en 2009,  LES ROMANICHELS, avait déjà séduit tout un lectorat.

 

Chaque semaine,  sur le blog http://edmee.de.xhavee.over-blog.com, primé en 2009 par TV5, lisez un texte de cette auteure.

 

 

Carine-Laure Desguin

http://carinelauredesguin.over-blog.com

 

 

 

Publié dans Fiche de lecture

Partager cet article
Repost0

Aller et retour, une nouvelle/extrait des "Nouvelles à travers les passions" de Micheline Boland

Publié le par christine brunet /aloys

 

boland photo

 

ALLER ET RETOUR

 

Fin août 2004

 

Le train file. Ce sont les mêmes belles-fleurs de charbonnage, les mêmes terrils. C'est le même ciel un peu bleuté que celui que j'avais vu lors de mon départ. Près de moi, dans le compartiment, c'est la même valise que celle qui m'accompagnait lors du voyage aller. Mais je n'ai personne à qui parler, personne de qui me soucier, personne dont le bien-être m'importe plus que le mien. Je regarde défiler les maisons grises aux vitres cassées, l'église isolée sur la grand place, les gamins qui font du vélo sur les trottoirs. Je pense à elle, ma mère. Je l'ai laissée dans un village d'Italie auprès de sa belle-sœur, de son frère et de leurs enfants. J'ai franchi le mur de la bonne conscience. Je n'ai pas essayé de la convaincre de rester ici, auprès de moi et ses petits-enfants. Elle a préféré retourner au pays. Depuis le décès de Papa, voici presque vingt ans, elle y aspirait.  

 

Le train file. Je ne parviens plus à lire le nom des gares devant lesquelles je passe. Je retiens des larmes. Je vis dans le flou. Ma brume intérieure m'empêche de percevoir encore quelque chose du paysage.

 

"Le ciel est trop bas ici. Et puis, tout me rappelle le métier de ton père. Je dois m'en aller." Le ciel est trop bas, le soleil trop peu nourricier, la Sambre trop sombre.

 

Elle pense que son chagrin va fondre comme neige au soleil.

 

Et s'il n'en était rien ?

 

Je l'imagine assise en face de moi, le jour de son départ, quinze jours auparavant. La peau du visage ridée, les mains jointes sur les genoux comme si elle se recueillait une dernière fois. L'illusion dure quelques secondes. Je tends la main, je ne rencontre que le vide.

 

À qui demanderais-je encore un conseil culinaire, avec qui évoquerais-je l'accident de Papa ? 

 

Un enfant passe au milieu de couloir. Il porte un nounours dans ses bras. Il est suivi par une jeune femme blonde qui le couve du regard. Puis passent un vieux monsieur, un militaire et deux jeunes gens.

 

J'ai perdu Papa. J'ai abandonné Maman. Ma gorge est nouée.

 

Le train ralentit. Le train s'arrête.

 

Charleroi...

 

Je dois descendre.

 

Je prends ma valise. Je sors du wagon. Une bouffée d'air frais. Une température tiède. Un vent léger.

 

Je suis tous les autres qui sont sortis avant moi, qui empruntent l'escalier, qui suivent le tunnel, qui se dirigent vers la sortie.

 

Vue du dehors, je suis pareille aux autres. Mon manque ne se voit pas de l'extérieur. Mon manque c'est quelque chose que je ressens mais qui demeure impalpable. Je quitte la gare. Mon mari m'attend. Il vient vers moi, pose un baiser sur mes cheveux, saisit ma valise, m'entraîne vers la voiture.

"Alors, elle est contente d'être rentrée chez elle ?"

Je ne réponds pas.

 

"Tu ne regrettes pas trop d'avoir laissé partir ta mère ?"

 

Aucun mot ne sort de ma bouche.

 

Il met sa main sur mon épaule.

 

"Ça ne va pas ? C'est dur ?"

 

Rien que mon silence. La reverrai-je un jour ?

 

"Ne t'en fais pas. Il y a le téléphone, les mails. En quelques secondes, tu pourras lui envoyer tous les messages que tu veux. Ta cousine l'aidera à se débrouiller."

 

Je pleure doucement.

 

Et si elle mourait là-bas loin de moi ? Et si elle oubliait ? Et si elle se laissait emporter par la vie de là-bas, qu'elle en vienne à se détacher d'ici ?

 

"Tu regrettes ?"

 

Et si, oui, et si lui aussi m'abandonnait un jour ou l'autre. S'il lui venait l'idée de regagner les Ardennes. S'il ne supportait plus la grisaille, notre grisaille ?

 

La voiture démarre. La voiture roule lentement le long du quai. Sur une péniche, un garçon joue avec un chien. Sur un banc, un SDF mange un sandwich. Le feu est rouge. On attend sans une parole, sans un soupir, sans un regard. On remonte la ville. Les trois coqs sont toujours là. On passe devant la taverne où elle aimait venir goûter d'une crêpe et d'une tasse de café en contemplant le rond-point. On passe devant le parc.

 

"L'aspirateur est réparé. La voisine est rentrée de vacances, elle demande souvent de tes nouvelles."

 

Il cherche à m'étourdir. C'est ainsi qu'il fait face aux difficultés. Il s'évade ou il les contourne. Il ne les affronte pas.

 

"Et si on allait manger une glace 'Au cornet d'amour' ?" Un autre lieu fréquenté par ma mère.

 

Je murmure : "Bonne idée…"

 

Une pensée fugace, une sorte d'intuition. Je sors mon portable de mon sac. Un simple SMS "B retour, M". Je sens son parfum de violette. J'entends sa voix qui a gardé un certain accent.

 

Je répète : "Oui, bonne idée."

 

 

Fin août 2005

 

Il est cinq heures. Ma mère et son compagnon devaient arriver vers dix-huit heures et nos invités vers dix-neuf heures. La Fiat noire se gare devant la maison. Les portières s'ouvrent. C'est un bellâtre de soixante-cinq, qui s'avance vers la porte d'entrée en tenant la main de Maman. À travers le rideau, je remarque son sourire éclatant, le sourire du maître d'hôtel qu'il fut, le sourire d'un conquérant. Je remarque la jupe de ma mère, plus courte qu'à l'ordinaire, ses cheveux coupés au carré, son visage maquillé et son petit sac BCBG. La sonnette tinte. Je compte jusque vingt avant de me décider à aller ouvrir. Mon cœur bat la chamade.

 

"Mirella, Mirella comme je suis heureuse. Je te présente Mario !"

 

Elle a changé de parfum, d'accent, de style, d'âge. Ses lèvres se posent doucement sur ma joue. Une seule fois. Je reconnais à peine ma mère.

 

Lui, il m'embrasse comme s'il me connaissait depuis longtemps en me prenant par les épaules.

 

Ils entrent avant que j'aie eu le temps de les y inviter.

 

Mon mari, mon fils et ma fille achèvent de dresser la table dans la véranda. Ils n'ont pas entendu le coup de sonnette. Je suis seule avec eux, je les entraîne vers le salon.

 

Ils s'asseyent sur le bord du divan. Ils se tiennent la main. "Ce que tu lui as manqué Mirella !"

 

Je reste debout. J'évite de croiser leur regard. J'appelle mon mari, mon fils et ma fille à mon secours.

 

"Jean-Marie, Bertrand, Anne !"       

 

Ils arrivent tous les trois. Ma mère et Mario se lèvent. Pas besoin de présentation. Mario va au-devant d'eux en entraînant ma mère. La glace est rompue. On parle du voyage, du climat, des anciennes voisines et des amies de ma mère qui vont arriver.

 

C'est étrange, en quelques minutes, j'ai perdu tous mes moyens. Je manque à tous mes devoirs. Je les vois, l'un près de l'autre, l'un contre l'autre. Quand nos invités arrivent, je ne parviens pas à faire face.

 

Mon mari se lève à chaque nouveau coup de sonnette pour accueillir nos convives. Mes enfants servent l'apéritif et les zakouski. Je reste assise. J'ai l'impression de flotter. Je caresse le velours de mon fauteuil pour me rassurer. Le salon résonne d'accents italiens et wallons. Je suis pareille à un îlot dans l'océan, seule dans tout ce brouhaha, parmi tous ces gens. Parfois quand j'entends "Mario", je sursaute, comme si je prenais peur ou que j'étais surprise dans une rêverie. À plusieurs reprises, Bertrand m'adresse un clin d'œil comme s'il voulait me manifester une sorte de compassion.

 

"On va bientôt passer à table. N'est-ce pas, Chérie ?"

 

Je me lève comme un automate. Je réchauffe le potage, apporte la casserole dans la véranda, verse le minestrone dans les assiettes. Adieu les deux soupières de porcelaine que j'avais préparées dans la cuisine ! Oubliés les ramequins avec le parmesan !

 

La soirée se termine sans que je me souvienne d'autre chose que de ce qui s'est passé entre ma mère et Mario. J'ai pourtant cuisiné, servi, desservi, picoré, parlé un peu. Je revois la main de ma mère posée sur la nappe blanche et recouverte par la main de Mario. Je revois leurs regards. Je réentends ces mots qu'ils se sont adressés à voix basse comme s'ils avaient été seuls au monde : ti amo… mio tresoro… mia dolce… mio cuore…

 

Je me couche exténuée.  

 

Je ne ferme pas l'œil de toute la nuit. Elle est à quelques mètres de moi, dans ma maison, dans la maison de Papa, avec Mario. Elle a refait sa vie. Elle revit. Au petit matin, je me lève. Mon mari se lève un quart d'heure plus tard. Nous rangeons ensemble le salon et la véranda qui le prolonge. Dans le bureau tout à côté, Bertrand, mon fils, pianote déjà sur les claviers de ses deux ordinateurs.

 

J'hésite longtemps puis, en déplaçant la chaise sur laquelle Mario était assis durant le repas, je dis ce qui encombre mon cœur et ma pensée : "Tu dois faire quelque chose Jean-Marie. Tu le dois."

 

Je n'ai pas d'écho réel à mes paroles. Jean-Marie se contente de hocher la tête. Les yeux de Bertrand quittent un instant les écrans des deux ordinateurs et se posent sur moi.  

 

 

Début septembre 2005

   

La voiture de Mario est allée se fracasser contre un arbre, dans une belle ligne droite, sans raison apparente. Mario et ma mère ont été tués sur le coup. Ils se rendaient au musée royal de Mariemont. Ma mère était friande de pièces archéologiques. Elle adorait se promener dans le parc du musée. Mario y est probablement allé à sa demande. 

 

Quelques jours plus tard, nous apprenons que l'expertise n'a rien révélé, si ce n'est un mauvais entretien de la voiture…

 

 

Fin septembre 2005

 

Je prends le petit déjeuner avec Jean-Marie dans la cuisine. Les enfants ont rejoint leur kot à la faculté. Nous sommes en tête-à-tête.

La photo de ma mère est dans un cadre, accroché à côté du frigo, en face de moi. C'est comme si ma mère m'adressait des reproches, me barrait la route du bonheur. Je fixe son regard puis sa bouche entrouverte. Il me semble qu'elle murmure : "Mirella, les freins de la Fiat ont été sabotés..." Je frissonne un peu. Je demeure un long moment avec cette sorte de confidence avant d'interroger mon mari. 

 

"Jean-Marie, il faut que je te parle. Ce n'est pas toi qui aurais … favorisé l'accident de Mario ?"

 

"Tu perds la tête !"

 

"Je t'avais demandé de faire quelque chose… "

 

"Ben, oui, j'ai discuté avec Mario. Je lui ai demandé d'être plus discret. C'est tout. Je te jure. Pourquoi revenir sur cet accident ? "

 

Depuis ce matin là, le doute est en moi. 

 

Je revois Bertrand, fils exemplaire, mécanicien hors ligne et futur ingénieur, installé dans le bureau, pianotant alternativement sur les deux claviers, regardant tour à tour deux écrans, se tournant une fraction de seconde vers moi.

 

Souvent, quand il me sourit, je baisse la tête. J'ai sur mes épaules le poids du remords. Je n'ai pas voulu qu'il devienne un assassin.

 

Je voulais seulement qu'elle n'aime pas un autre homme que Papa…

 

 

Extrait de "Nouvelles à travers les passions", chez Chloé des Lys

 

Micheline Boland

micheline-ecrit.blogspot.com

homeusers.brutele.be/bolandecrits

Publié dans Nouvelle

Partager cet article
Repost0

Le pot de terre, une nouvelle de Louis Delville

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

delvilletete

 

LE POT DE TERRE

Consigne : Écrivez un texte avec un pot de terre comme personnage principal.

 

"J'ai gagné !"

 

Je n'en crois pas mes oreilles quand j'entends ces mots ! Lui le petit, lui le faible, il a gagné ? C'est qu'un pot de terre est rarement gagnant ! "

 

Allez, raconte-moi, lui dis-je…"

 

"Eh bien voilà… Tu sais que j'ai été fabriqué par Jérémie, un vieil artisan africain. Il faut dire que la terre de son pays est bonne pour nous, les pots de terre. Jérémie s'y connaît comme pas un pour fabriquer des pots solides et en plus, il les décore de mille et un motifs. Nous somme donc beaux et comme toutes les belles choses, on fait attention à nous, ce qui nous garantit une longue vie."

 

Il continue : "En Afrique, nous sommes soumis à bien des aléas. Si la chaleur ne nous fait pas peur, sauf quand Jérémie nous fait cuire, nos ennemis sont les cailloux de la rivière qui nous menacent chaque fois que quelqu'un vient puiser de l'eau en nous utilisant. Les animaux aussi font peu attention à nous, les pots. Quel chien peut se vanter de n'avoir jamais cassé ou, suprême insulte, de n'avoir jamais levé la patte sur l'un d'entre nous ?"

 

Il est intarissable le pot de terre : "Moi, j'ai eu de la chance. Je suis arrivé chez Caroline par la grâce d'un voyage de vacances. Dès qu'elle m'a vu, elle m'a voulu, elle m'a payé à Jérémie et me voilà en Belgique, un pays de cocagne pour les pots ! Dès mon arrivée chez elle, j'ai été chouchouté, nettoyé, dépoussiéré et mis dans une vitrine. Une vraie vie de star !"

 

"De temps en temps, on ouvrait la vitrine et une main délicate me prenait pour que l'on puisse m'admirer de tout près ! Quand un visiteur arrivait avec des fleurs, Caroline me prenait comme vase et crois-moi, un bouquet, ça change la vie d'un pot !"

 

Je l'ai encouragé à continuer.

 

"Or donc, il y a quelques jours, Caroline fêtait ses quarante ans et elle a reçu un immense bouquet bien trop grand pour moi seul. J'ai donc dû partager les fleurs avec à mes côtés un pot en étain. Un jeune pot, mince et élancé. Il n'a pas tenu le coup longtemps le gamin ! Une tulipe qui s'est penchée vers moi pour m'admirer l'a fait tomber. Adieu le pot en étain, intact certes mais déclaré inapte au service et désormais relégué dans le fond d'une armoire !"

 

Le pot de terre a continué son histoire en me demandant : "Et toi, qu'est-ce que tu deviens ?"

 

J'ai bredouillé n'importe quoi mais en moi-même je me suis inquiété de mon sort futur, moi le pot de fer !

 

Louis Delville

louis-quenpensez-vous.blogspot.com

 

Publié dans Nouvelle

Partager cet article
Repost0

« gcfghksxldfmwsdc », une nouvelle de Bob Boutique

Publié le par christine brunet /aloys

 

bobclin

 

 

«  gcfghksxldfmwsdc »

 

‘gcfghksxldfmwsdc’ se dit-il in petto ! En fait, c’est impossible à exprimer avec les lettres de l’alphabet puisque ce n’est même pas un son (il n’a pas de bouche), mais une pensée qui perce dans son subconscient sous la forme d’une onomatopée virtuelle.

 

On pourrait traduire par ‘tiens ?’, ‘comme c’est curieux’ ou ‘étrange’ .

 

Ce n’est même pas un bruit, puisqu’il est liquide et coule en silence. Un être humain le  confondrait avec des gouottes de pluie ou une tache de mazout, compte tenu de sa réverbération irisée.

 

Mais alors quoi ? C’est une sorte d’extra-terrestre ?

 

Même pas, puisqu’il vit au même endroit que nous, mais dans un espace-temps distant d’une infime fraction de nanoseconde, un univers parallèle où la vie s’est développée au départ de l’hydrogène et non pas du carbone. Peu importe. Il s’est produit une subtile vibration spatio-temporelle et hop, le voila qui débarque chez nous (une chance sur un milliard) …

 

En principe ça ne dure jamais longtemps, encore que son temps à lui soit atomique. Mais ne compliquons pas les choses…

 

«  gcfghksxldfmwsdc » se dit-il in petto, en tombant nez à nez dans un caniveau avec un vieux thermomètre brisé en deux. 

 

C’est que la goutte de mercure qui y reste collée l’attire d’une façon incroyablement émouvante. 

 

Il n’a jamais vu (barrons le mot, car il n’a pas d’yeux non plus), il n’a jamais connu un ‘autre’ aussi beau et d’une fluidité aussi ferme. Il existe bien sur quelques ‘autres’ très denses dans sa soupe primordiale, mais leur poids est insignifiant comparé à ce qu’il  découvre comme une révélation… celui-ci a une densité qui l’étourdit de sensations, le traverse d’infimes vaguelettes de plaisir et le gonfle de désir.

 

Le voila qui roule comme une minuscule boule gélatineuse, vibrante de sentiments condensés, vers l’orifice du tube en verre où, comme attiré par un aimant,  il s’infiltre d’un jet amoureux vers le liquide gris d’où n’émane pourtant aucune pensée d’union, rien sinon… une indifférence totale.

 

C’est déjà fini. Ils n’ont même pas eu le temps de se mélanger. Un frémissement de l’espace-temps l’a soudain ramené dans son univers parmi les autres liquides.

 

Mais il ne reluit plus, s’étale comme une vieille flaque et ne révérbera plus jamais les couleurs de l’arc-en-ciel.

 

Notre univers est insondable et dangereux.

 

 

Bob Boutique

www.bandbsa.be/contes.htm

 

Publié dans auteur mystère

Partager cet article
Repost0

« gcfghksxldfmwsdc » une nouvelle de qui ????

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

point-d-interrogation.gif

 

 

«  gcfghksxldfmwsdc »

 

‘gcfghksxldfmwsdc’ se dit-il in petto ! En fait, c’est impossible à exprimer avec les lettres de l’alphabet puisque ce n’est même pas un son (il n’a pas de bouche), mais une pensée qui perce dans son subconscient sous la forme d’une onomatopée virtuelle.

 

On pourrait traduire par ‘tiens ?’, ‘comme c’est curieux’ ou ‘étrange’ .

 

Ce n’est même pas un bruit, puisqu’il est liquide et coule en silence. Un être humain le  confondrait avec des gouttes de pluie ou une tache de mazout, compte tenu de sa réverbération irisée.

 

Mais alors quoi ? C’est une sorte d’extra-terrestre ?

 

Même pas, puisqu’il vit au même endroit que nous, mais dans un espace-temps distant d’une infime fraction de nanoseconde, un univers parallèle où la vie s’est développée au départ de l’hydrogène et non pas du carbone. Peu importe. Il s’est produit une subtile vibration spatio-temporelle et hop, le voila qui débarque chez nous (une chance sur un milliard) …

 

En principe ça ne dure jamais longtemps, encore que son temps à lui soit atomique. Mais ne compliquons pas les choses…

 

«  gcfghksxldfmwsdc » se dit-il in petto, en tombant nez à nez dans un caniveau avec un vieux thermomètre brisé en deux. 

 

C’est que la goutte de mercure qui y reste collée l’attire d’une façon incroyablement émouvante. 

 

Il n’a jamais vu (barrons le mot, car il n’a pas d’yeux non plus), il n’a jamais connu un ‘autre’ aussi beau et d’une fluidité aussi ferme. Il existe bien sur quelques ‘autres’ très denses dans sa soupe primordiale, mais leur poids est insignifiant comparé à ce qu’il  découvre comme une révélation… celui-ci a une densité qui l’étourdit de sensations, le traverse d’infimes vaguelettes de plaisir et le gonfle de désir.

 

Le voilà qui roule comme une minuscule boule gélatineuse, vibrante de sentiments condensés, vers l’orifice du tube en verre où, comme attiré par un aimant,  il s’infiltre d’un jet amoureux vers le liquide gris d’où n’émane pourtant aucune pensée d’union, rien sinon… une indifférence totale.

 

C’est déjà fini. Ils n’ont même pas eu le temps de se mélanger. Un frémissement de l’espace-temps l’a soudain ramené dans son univers parmi les autres liquides.

 

Mais il ne reluit plus, s’étale comme une vieille flaque et ne révérbera plus jamais les couleurs de l’arc-en-ciel.

 

Notre univers est insondable et dangereux.

 

 

Mais qui a écrit cette nouvelle ? Qui ???????

 

Publié dans auteur mystère

Partager cet article
Repost0

Chez les Maussades, un texte de Georges Roland

Publié le par christine brunet /aloys

 

rolandtete

 

 

Chez les Maussades

Le nationalisme est une maladie infantile.

 C'est la rougeole de l'humanité.

Albert Einstein

 

Maître Tancrède, depuis la jetée de Telle la Vive, fait de grands signes vers le navire de Gothelon. Le roi s'est posté sur la proue de la barge réale, et scrute l'horizon comme un capitaine au long cours. Il porte une main en visière sur le front, et constate que personne d'autre n'est présent pour l'accueillir, que son conseiller. Les Maussades le battent froid depuis qu'il leur a interdit de contre-attaquer les bandits Salibiens qui razziaient leurs villes. On a frôlé l'incident diplomatique. C'est qu'ils tiennent à leur terre, ces gens ! Il l'ont gagnée à la force du poignet, et maintenant qu'ils y sont installés, ce ne sont pas les frasques d'une bande de bandits barbus qui vont les en déloger. De la barbe, les Maussades s'en font pousser avec assez de verve, pour permettre qu'un autre, hein, ne les rase !

De plus, ils n'aiment pas beaucoup se faire rabrouer par autrui, pas même par Gothelon. Afin d'obtenir l'autorisation d'escale chez eux, il a dû promettre de faire célébrer le nouvel an maussade dans tout son royaume, en vouant chaque vendredi saint un cierge amoché (peu importe lequel).

Ce geste n'a pas suffi. Il a encore fallu leur remettre deux générales et un capitaine d'industrie avéré, pour voir dans leurs yeux un soupçon d'aménité.

Forts de ces nouvelles recrues d'élite pour leur armée, ils ont enfin baissé pavillon, et se sont bornés à quelques pieds de nez de belle facture à l'encontre de leurs ennemis. C'était là le moins à leur autoriser.

Gothelon, toutefois, les sent rancuniers. Non contents de cracher dans la main qui avait nourri leur avènement, il jurerait qu'ils lui en veulent encore.

 Sans doute, en guise de protestation, ont-ils décidé de laisser l'allié sudiain se ravitailler chez eux, mais de ne pas lui témoigner de joie excessive lors de son passage. Ce serait bien dans leurs mœurs. Lors de sa croisade, Gothelon avait remarqué chez eux une neutralité affectée, un peu trop condescendante pour être vraiment sincère. Comme pour lui dire : « Nous, si on y va, ce ne sera pas pour des prunes ! ».

Ces gens sont redoutables d'efficacité. Sur le terrain comme en affaires, d'ailleurs. Parce que, pour parvenir à lui piquer ses deux meilleures générales, et à lui faire allumer un cierge chaque année à date fixe, lui, le roi incontesté, il faut être gonflé à l'hélium ! Et c'est encore Gothelon qui doit dire merci. Un comble, pour un souverain de sa prestance !

Accroché à l'étai de la voile maintenant amenée, le roi regarde le Fleuve au loin.

Il a d'autres préoccupations que les témoignages d'amitié des Maussades. Ce que va lui dire Tancrède est d'une importance bien plus grande. Si ce Benoît de malheur a refusé, qui va-t-il bien pouvoir présenter à Éléonore ? De plus, ce sera la preuve que le contrôle du territoire des Montagnes lui échappe. Ça, ce serait la mauvaise nouvelle ! La flambée des prix qui résulterait d'une rupture des échanges économiques privilégiés signifierait la fin de la félicité des Sudiains, et le fiasco de sa politique. Peu réjouissant, tout ça. Mais ce ne sont que des conjectures calamiteuses.

Il est le premier à emprunter l'échelle de coupée pour rejoindre l'espion sur le quai. Tancrède se précipite à sa rencontre, et se prosterne, mais le roi n'a que faire du protocole :

Et Benoît ? Est-il disposé à épouser ma nièce ?

Tancrède se penche sur l'épaule du roi, et lui murmure :

Je vous en prie, majesté, plus bas. Ne citez pas de nom. Même les planches de ce quai sont truffées de capteurs. Il vaudrait mieux s'éloigner.

Puis, à la cantonade, sur un ton jovial et respectueux :

Puis-je vous inviter à prendre une collation chez mon excellent ami Kopek du Rouge Écu, qui habite à deux pas et sera ravi de vous nourrir ?

Gothelon, un peu déconcerté par cet accueil, regarde pensivement les poutres massives du quai. Des capteurs ? Sous ses pieds ? Avec des espions maussades à l'autre bout du fil (s'il y en a un) ? Chacune de ses paroles enregistrées, manipulées, divulguées, extrapolées, passées en boucle sur Internet ? Il y a des caméras, aussi ? Peut-être passe-t-il en temps réel sur la deuxième chaîne !

Il rentre la tête dans les épaules, et suit d'un pas lourd, le chemin que lui ouvre son espion favori. Au passage, il fait signe à ses chevaliers toujours embarqués, de l'attendre et de se trouver une occupation jusqu'à son retour. D'un bloc, les paladins se retournent, avisent quelques jeunes filles qui étendent leur linge sur une drisse, entre le mât et le bordage, et se ruent à l'assaut avec des cris de veneurs.

La maison de maître Kopek n'a rien d'une masure. Elle doit être cotée en Bourse, tellement elle en impose. Soixante hectares de vignes sur un coteau calcaro-crayeux exposé au sud-ouest, une oliveraie avec première presse à froid incorporée, entourant une demeure de caractère digne d'un château du bord de l'Ais1, c'est la retraite du bon dieu en pays de Cocagne. Château l'Ange et l'Usse, si vous voyez.

Le propriétaire accueille ses hôtes avec onction, se frottant les mains comme un jésuite. Ce geste n'échappe pas à Gothelon, et ne manque pas de l'inquiéter. Qu'est-ce que c'est que ce rastaquouère ? Un espion ? Tancrède est-il en train de me doubler ? J'aurais dû amener au moins un évêque et un mire, histoire de me garantir des témoins.

Le sourire mielleux de maître Kopek ressemble à une tranche de pastèque : juteux, rose perlé de petites dents blanches et jaunes, et ourlé de deux lèvres verdâtres.

Heureux de vous rencontrer, monseigneur, s'incline-t-il. Soyez le bienvenu dans ma modeste demeure.

Modeste, modeste, siffle le roi, c'est vous qui le dites, mon vieux ! Vous m'en mettrez une douzaine de pareilles, pour loger mes concubines. Pas vrai, Tancrède ?

Puis-je vous offrir un rafraîchissement, s'enquiert Kopek, je viens d'acquérir une bonbonne de bourbon bourbé provenant des îles. Un nectar. Vous aussi, Tancrède ?

  Non, non, arrête du geste Gothelon, Tancrède ne boit pas. Il reste sobre.

Tancrède en reste plutôt sombre. Un petit coup de bourbon millésimé ne lui fait pas peur. Tant pis : il se rabat sur un jus d'olives dont il dissipe la viscosité par un trait de moût de raisin.

Je vous retiens à déjeuner, décrète le maître des lieux. J'ai réceptionné ce matin un arrivage de carpes du Fleuve, encore toutes frétillantes. Farcies à la purée d'avocats de Telle la Vive, c'est un régal, tant pour les yeux que pour le palais. Je donne des ordres de ce pas.

Gothelon, un peu dépassé par les évènements, se penche vers Tancrède :

On peut se fier à lui ?

J'en réponds comme de moi-même, assure Tancrède, la langue un peu empâtée de jus d'olives. Il est mon principal informateur ici. Il doit toute sa fortune aux largesses du Comité.

Je me disais aussi ! En somme, je suis chez moi, dans cette propriété.

Exactement, seigneur Gothelon, vous êtes chez vous.

Des micros ? Des capteurs ? Des caméras ? s'inquiète le roi avec un regard circulaire.

– N'ayez aucune crainte. Ici, tout est net. Les caméras sont les nôtres.

 

(extrait de « Le coup du clerc François » éditions Chloé des Lys)

1Petite rivière à truites prisée par les bourges

 

Georges Roland

www.georges-roland.com

Publié dans Textes

Partager cet article
Repost0

Les éclectiques libertés, 1er prix de poésie Prom-auteur pour Carine-Laure Desguin !

Publié le par christine brunet /aloys

 

desguin

 

 

Hello, bonjour tout le monde !

 

Le site pro-auteurs vient de décerner le premier prix de poésie moderne de leur tout premier concours ….

On demandait un texte non-conventionnel, plein de créativité et de paquets de sottises….

 

Vous comprenez …c’était gagné pour moi …

 

Mon texte Les éclectiques libertés s’est accroché au drapeau du premier prix ! Oui ! Oui !

 

Un doux et tendre merci aux capitaines de Prom-auteurs qui, en me fleurant en plein pistil cette jolie étoile effilante, décapsulent toute rigidité de pensées métalliques … Que mes mots déboussolés s’enflèchent dans les herbes des neurones libertaires et s’infiltrent, cramponnés à des nuages de chiffons, dans toutes les petites maisons de papier bleu et rose…

 

                                 

 

 

 

  Les éclectiques libertés.

                   

 

Un matin de printemps bleu,

Quand la lumière décapsule les argiles,

Et que les elfes s’étoilent sur les feux,

Aux vents, un tampon de tissu indocile,

Eclabousse les aurores caillouteuses.

 

Vers quels cieux ondules-tu, tampon indocile ?

Demandent incrédules les points d’interrogation.

Tu transperces les frontières, tu disloques les trognons,

Tu te moques des virgules et des points d’exclamation,

Tu désarçonnes les lambdas, tu dépoussières les chlorophylles,

Tu déranges les oignons et les points de suspension !

 

Le tampon indocile égrène ses rictus…

Il se moque des frontières et les ordres, il les suce !

De rideaux de fleurs, de paroles et de souffles,

De lettres algèbriques, et de pinces à linge,

Sur les champs de libres pensées,

De l’étoile d’azur jusqu’au sourire de la Grande Ourse,

Sur les échelles des firmaments,

Ses couleurs allumées d’amour,

Caracolent entre les vignes des péninsules,

Et glissent,

Solaires,

Vers

Les éclectiques libertés.

 

                                    Carine-Laure Desguin, vendredi 02 septembre 2011.

                                    Auteure de RUE BARAKA ( éd. Chloé des lys)

 

http://carinelauredesguin.over-blog.com/

Publié dans Poésie

Partager cet article
Repost0

L'invité d'Aloys est Philippe Couillaud

Publié le par christine brunet /aloys

aleph--1-.jpg

 

 

Philippe m'a proposé cette nouvelle lors du concours pour "les petits papiers de Chloé". trop longue, il a dû revoir sa copie... Vous vous souvenez ? Je vous la propose aujourd'hui...             

 

 

 

 Je vous croyais mort, enfin, ce sera pour une autre fois. Mais n’y revenez pas. J’ai horreur des ratés. Vous êtes ici pour réussir brillamment votre passage à l’état réel de mortel. Reprenez-vous, que diable ! Lors du dernier changement de gouvernement, suite à la victoire du F.N.M.L. (le front national de la mort libre) il a été institué une semaine de formation à l’acte de libération suprême.

              Vous n’ignorez pas que notre université depuis une décennie occupe le premier rang de la cause mortifère. J’en veux pour preuve l’inauguration de la plus grande nécropole jamais réalisée jusqu’à présent. Nous avons atteint le seuil du milliard d’inscrits. Le tout obtenu grâce à l’extraordinaire méthode du C.A. (compactage absolu) qui réduit un corps humain à la taille d’une cellule, elle-même confinée avec ses semblables dans des éprouvettes congelées. Nous avons ainsi obtenu la mort éternelle. Vous rendez-vous compte ?

              Pensez au gaspillage lorsque les guerres étaient l’unique moyen d’abattage. Je n’évoquerai pas l’époque du « ARBEIT MACHT FREI » devise infamante et mensongère pour tout être humain conscient du devenir de la chose mortifère.

              Un nouveau faux pas nous obligerait, en fonction des textes déposés dans le tabernacle des trois religions monothéistes habilitées à nous gouverner à procéder au prélèvement de vos deux enfants. Dieu vous regarde, mon cher et vous ne pouvez vous soustraire à son divin désir.

 

Philippe Couillaud


 

Une petit biographie...


Philippe Couillaud vit à Bordeaux où il exerce la profession de travailleur social. Des carnets de bord plus ou moins égarés sont le domicile de son écriture, mode d'expression le plus libre possible. Il lui arrive d'émigrer vers des ateliers d'écriture. Soucieux du monde qui l'entoure et l'interroge, Philippe Couillaud cherche, par l'écriture, à transcrire ses émotions et ses idées. 

 

Son roman, "Une pluie fine et grise", est paru aux éditions du Pierregord en 2011.

Publié dans l'invité d'Aloys

Partager cet article
Repost0

Femme de rêve... un texte de Karl Chaboum

Publié le par christine brunet /aloys

 

chaboum

 

Femme de rêve : Non merci !

 

Pourquoi toujours chanter :

« Oh! la femme de mes rêves » ?

 

Regardez par exemple ce couple de trisomiques qui se grimacent face à face. Non, ils s’échangent de doux regards, se trouvent beaux.

Cet autre, joueur de soccer, qui tient une naine par la main. Il a tout à coup envie de l’embrasser. Il la monte dans ses bras et y va à la hauteur de ses envies tandis qu’elle trépigne de ses petites jambes.

Et ce veuf âgé qui lorgne la bonne jeunette affairée à son ménage. Lui de se languir sans appât alors que la vieille d’en face soupire après lui depuis que sa femme est morte.

Cette femme, beauté rare, grande vedette, à l’humeur  exécrable, vaniteuse à l’excès, eut un jour un accident d’auto qui la défigura en un instant. Quelques mois plus tard, à se regarder dans le miroir, beauté fatale disparue, mais entendant ses amis la complimenter : « Oh ce que tu es douce ma chérie, tu nous charmes rien qu’à nous écouter. »

 

Cessons de vivre dans des rêves, la loterie du désespoir. La rêvalité est en face de nous, dans nos mains. Si malgré tout, le rêve nous hante, allons dans un parc, étendons-nous sur un banc en dévisageant le ciel : elle apparaîtra et nous caressera… pour finalement, nous bercer dans la balançoire du réel et de l’irréel.

 

À l’attention d’une mentor(2) très déçu(2) d’avoir raté l’occasion de saisir l’étalon ci-dessus pour l’incorporer à son écurie.

 

 

Karl Chaboum

www.motzart.ca


Publié dans Textes

Partager cet article
Repost0

Pour un ami défunt, un poème de Claude Colson

Publié le par christine brunet /aloys

Pour un ami défunt

 

 

 

Vingt ans durant je l'ai croisé ;
Il est revenu en rêve cette nuit
Où au Cantal des Volcans je suis.
Alors, à lui j'ai repensé.
 
Le colosse au coeur tendre
Qui dès le début m'a aidé
Quand un furieux m'a harcelé,
 
Le bougon, le bourru,
Désagréable parfois, pour cacher l'émotion,
Le fragile, le discret, l'Homme, au fond,
Le bâtisseur aux mains nues.
 
Ce quelque chose en lui de pantagruélique !
Ce géant au regard d'enfant
Lorsqu'un propos, souvent, venait le sidérer :
Oeil pétillant, sourire content, ingénu, attendant que j'explique.
 
Le dévoreur de vie,
L'attentif aux petits,
Avec - bien sûr - ses défauts aussi.
 
Toi, de six ans mon aîné,
Toi qu'on devait aimer
Dès lors qu'on savait te regarder.
 
L'ami, comme je t'ai vu
J'essaie de te dire ici,
Comme dans mon rêve je t'ai perçu aussi.
Toi qui avec d'autres m'a fait moi ;
 
Je crois même que l'interlocuteur cette nuit revu,
Parlant avec moi de lui, eh bien, c'était toi.
 
Il me dit dans mon songe, alors que l'émotion m'étreint :
 
" Son volcan s'est éteint".

 

 

Claude Colson

claude-colson.monsite-orange.fr

Publié dans Poésie

Partager cet article
Repost0