Alléchée par quelques extraits choisis, je me suis plongée dans la lecture de Meurtres surnaturels – La chute de Julian Kolovos ‒ de Joe Valeska.
En l’ouvrant, je reconnais avoir éprouvé un peu d’appréhension, pour deux raisons : la première, tout bêtement parce que je n’avais pas lu le premier tome ; inquiétude inutile car l’auteur raccroche si bien les wagons que le second tome peut être lu indépendamment du premier. La seconde, (désolée Joe) parce que je n’aime pas du tout les films d’horreur et craignais un afflux d’hémoglobine.
Bon ! il y en a eu… un peu, pas suffisamment cependant pour me détourner de ma lecture. D’autant plus que le voyage nous emmène dans des lieux étonnants, souvent extraordinaires, en compagnie de personnages insolents, drôles, parfois acides ou cabochards, mais toujours dévoués les uns aux autres et finalement très attachants.
Entre ombre et lumière, entre sang et cocktail, ce roman est de ceux qu’on n’a pas envie de lâcher et dont on se trouve, à la fin, envieux de connaître la suite.
Ludovic est assis sur un banc public. Pause-déjeuner après une pénible matinée au bureau.
Engourdi par les rayons d’un soleil radieux, il plonge dans son passé. Soudain, venu de nulle part, le souvenir d’Anna, son amour d’enfance. Qu’est-elle devenue ? Trente-cinq ans qu’il ne l’a plus vue. Troublé par cette fulgurance, il la recherche sur Internet et tombe sur une photo de son visage. Un visage qui le bouleverse profondément et ne le quittera plus.
Une seule photo aura suffi à bousculer le quotidien lassant de Ludovic. Son obsession pour Anna ne faiblit pas, lui colle à la peau et déclenche en lui un profond séisme. Une remise en question de toute sa vie. La raison s’éloigne petit à petit et une idée folle agite son esprit : partir à la conquête d’Anna. Mais après tant d’années écoulées, que lui reste-t-il à offrir ?
Elle est arrivée! Lovely Brunette est arrivée… (Edmée De Xhavée)
Lovely Brunette, c’est ma Mammy. Et non, ce n’est pas sa biographie. Elle n’est jamais montée sur une scène, n’a fait aucun tutorial sur comment avoir des lèvres pulpeuses et des seins de marbre, n’a assassiné personne, ne s’est pas droguée, n’a été à la tête de rien si ce n’est de sa vie. Donc à quoi servirait une biographie ?
Ça n’en est donc pas une. Mais ça la révèle bien mieux. Les anecdotes sont comme les touches de pinceau sur un tableau impressionniste. Oui oui, on la devine si bien, ah qu’on aime sa gentille candeur, ses réactions spontanées, son aisance dans sa situation d’excommuniée par notre mère la Sainte Eglise (bien peu sainte…), son adaptation aux caprices du sort, sa loyauté envers qui l’aimait, et l’insouciance qu’elle avait quand elle me disait de ne pas croire telle ou telle « vérité » religieuse ou sociale qu’on m’avait présentée. Le « bon évêque » dont on nous vantait la sainteté en classe car il avait converti toute la principauté était un vrai sadique qui faisait lier dos à dos les téméraires qui osaient vouloir rester des païens paillards et impies et hop !, dans le fleuve. Une méthode de conversion que les Talibans auraient appréciée… Non non, ce petit garçon était bel et bien très bête, mais son papa très riche, aussi terminait-il en tête de classe en fin d’année, tout s’expliquait et était normal.
Dans la vie, faut pas s’en faire, toute les p’tites misères seront passagères etc…
Comme toutes les vies, la sienne eut ses hauts et ses bas, ses coups de soleil et de blues. Comme tous les enfants, l’ingratitude naturelle nous faisait penser qu’être notre Mammy était son travail gratifiant et qu’elle ne devait faillir en aucune circonstance. Qu’elle était, en même temps, une femme qui faisait face au menu que la vie lui avait composé, ça ne nous effleurait pas. Pas plus que l’héritage de la joie de vivre qu’elle a laissé. Toute mon indépendance, ma « forte tête », c’est à elle que je la dois. Elle me qualifiait de rebelle, ce qu’elle était avant moi, mais autrement.
Lovely Brunette, c’est tout ce qu’elle m’a raconté, écrit, confié d’elle. C’est tout ce que j’ai vu sans le voir et admire aujourd’hui.
Après son périple à rebondissements en Australie, Coraline choisit une destination pour elle. Aotearoa Nouvelle-Zélande, un pays où reprendre plaisir à randonner, où retrouver les montagnes, où s’épanouir en solo. Jusqu’au jour où sa patronne lui donne le numéro de téléphone qui va changer sa vie. À ses côtés, foulez la terre au long nuage blanc dans un récit poignant d’émotions et d’aventures. Découvrez comment lâcher prise. Apprenez comment repousser les limite et faire de l’infini une possibilité…
Déterminée, éclectique et l’esprit fourmillant d’idées, Coraline réalise ses rêves l’un après l’autre. Après une vie désorientée en Belgique et 5 ans de voyage, elle se passionne à présent dans une vie proche de la terre et riche d’expériences ene Aotearoa Nouvelle-Zélande.
Le grain de beauté, lorsqu'il était apposé sur le visage, portait le nom de « mouche ». Ce petit rond de taffetas ou de velours noir, selon qu’il était mis en évidence sur le coin de la bouche ou dans le décolleté, révélait un trait du caractère de celle qui l’arborait. Il attirait l’œil, décentrait l’attention, faussait l’image.
Ici, des personnages se croisent, des vies particulières se touchent. Insidieusement, les mouches se posent et travaillent à modifier les choses…
Peut-être n'y a-t-il point de beauté.
MON AVIS :
Ce recueil de nouvelles est assez singulier, je dois dire. Et je ne sais pas trop comment aborder cette chronique. Les textes sont sympas, parfois complètement déjantés, de temps en temps drôles, et bien souvent surprenants.
Je ne vais pas vous détailler tous mes ressentis sur chaque nouvelle, car certaines m'ont laissée dubitative, mais je peux vous dire que j'ai adoré la première,Sang-froid,dans laquelle l'auteure nous bluffe avec un dénouement complètement fou ! Et si une amitié venait du voisinage ?
J'ai adoré la deuxième histoire, À vue d’œil, je me suis un peu revue chez l'ophtalmo. En effet, quand il nous demande de lire les lettres au fond de la pièce, on a tellement peur de se tromper qu'on essaie du mieux qu'on peut de les lire et d'avoir la bonne solution. Comme si on passait un test hyper important ! Très drôle, l'héroïne de cette nouvelle s'y emploie...
J'ai également beaucoup aimé la nouvelle intituléeÀ quai, toute mignonne, tendre et assez drôle. Quant à la suivante, Salle d'attente, j'ai beaucoup apprécié l'imagination débordante du patient qui attend son tour...
Les autres, j'avoue ne pas les avoir toutes comprises.
J'aimerais beaucoup avoir l'avis d'autres lecteurs, alors n'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé...
Alors que les autres s‘éloignent et que le calme fait place aux rires et au bruit, mes pensées s’apaisent. J’écoute le son de nos pas au même rythme et je trouve une symbiose à marcher avec Morgan. Mon esprit trouve la paix dont il a besoin pour que je me sente à ma place. Il n’y a aucune raison d’être rapide. Il y a tout un paysage à observer. J’aime être en montagne. Les paysages sont sensationnels et dramatiques, l’air y est frais, l’impression d’être à la maison me touche. Les paysages de montagne me rappellent mon enfance et ces étés heureux en famille, ils me connectent avec mon frère, créent cette bulle de confort qui nous réunit. L’impression d’une mouvance immobile m’ancre à l’intérieur de moi-même face à ces reliefs sans âge. Il me suffit d‘être entourée de sommets pour que mon cœur s’apaise, mon corps se détende et mon regard se mette à pétiller. Grâce à Morgan et au club, j’étends mes possibilités en montagne. Ma zone de confort s’élargit. Je découvre de nouveaux terrains.
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Pour profiter des derniers rayons du soleil, nous allons nous balader, pieds nus sur le sable. La lumière se reflète sur le sable mouillé dans un éclat doré qui se réverbère au large. Nous jouons aux silhouettes : ballerine, une jambe en l’air, en super-héros. L’effet est génial. Avec le minuteur en place, nous prenons la pose ensemble. « Ça a fonctionné tu crois ? ». Nous sommes en équilibre précaire, bras tendus l’une vers l’autre, jambe élevée. En vérifiant, j’éclate de rire. La photo s’est prise alors que je courais encore.
Nous entrons dans le sérieux du sujet par la lente montée à travers la gorge d’Harman. Pas de sentier. Morgan et Rob nous guident dans un zigzag entre les rochers. Nous devons traverser le torrent plusieurs fois. Bras dessus, bras dessous, je m’accroche à Morgan et plonge jusqu’à la taille dans une eau glaciale. Elle s’immisce dans mon legging, coule dans mes guêtres et finit en flaque dans mes bottines. Les pans de roche en surplomb font se réverbérer le son rugissant de l’eau. Le noir de la nuit amplifie les ombres. Je perds toute notion de la réalité, abrutie par le vacarme et par l’impression d’enfermement. Mon cœur s’emballe. Mes jambes brûlent tandis que mon corps a froid. Devant parfois sauter d’un rocher à l’autre, avec le sac à dos qui n’aide en rien, mon équilibre est mis à l’épreuve. J’hésite, maladroite, mon oreille interne perturbée par le son trop fort. Je fonds en larme plusieurs fois dans l’anonymat de la nuit. Ma fierté pourtant, me fait serrer les dents. Abby me serre contre elle à un moment donné et m’encourage. Notre progression est lente mais certaine. Lorsqu’enfin nous quittons la rivière pour marcher le long d’un sentier entouré d’herbe, les lumières du jour nous saluent. Quel soulagement ! Nous arrivons à Harman Saddle où nous faisons le plein d’eau et mangeons un bout. Le brouillard se lève lentement pour dévoiler le ciel bleu. Le soleil illumine alors les sommets nouvellement couverts d’une poudre blanche. L’atmosphère est immobile. Pas de neige. L’hiver est vraiment tardif. Les hommes s’inquiètent d’en avoir assez de l’autre côté de Whitehorn Pass. Mais il n’y a qu’en allant voir que nous le saurons. Leur regard se veut rassurant. Nous avons fait le plus difficile. Je reprends courage. Trempés, nous ne nous attardons pas.
Jusilor entraîna Medius et Mâchepierre vers leur bec d’or alors que les nacelles elfiques s’éloignaient déjà de l’îlot. Ronan, Merlin et Hortie se précipitèrent vers les dragons-papillons.
Ils rejoignirent rapidement la portion de ciel où Azimuth et son adversaire se livraient à un ballet meurtrier. Feu contre… contre quoi exactement ? Hortie ne savait comment définir le nuage sombre que crachait le dragon d’ombre.
Plus petit qu’Azimuth il n’en paraissait pas moins dangereux. Impression renforcée par ses écailles d’un violet presque noir, d’une matité étrange, qui semblaient absorber la lumière pour ne restituer qu’un souffle de ténèbres quand la livrée d’Azimuth, d’un beau vert bronze ponctué d’or, reflétait sans complexe – avec ostentation, diraient les plus sévères – l’éclat du soleil.
La créature maléfique bougeait avec une agilité terrifiante, obligeant le grand dragon à effectuer des acrobaties de l’extrême. Le pauvre Valerian, agrippé à sa monture, semblait en bien mauvaise posture. Combien de temps allait-il tenir si Azimuth continuait à tournoyer ainsi ?
– Mais qu’est-ce qu’il fait ? Il est fou ! s’écria Merlin en voyant son apprenti préféré ramper entre les crêtes de cou d’Azimuth.
– Nooon ! s’exclama Hortie alors que le dragon effectuait un looping tout en crachant un geyser de flammes. La fée cacha son visage entre ses mains, refusant de voir le jeune chevalier s’écraser au sol.
– Il tient bon, la rassura Ronan avec une admiration certaine pour l’agilité du garçon.
Les deux mages et la fée, toujours perchés sur le dos des dragons-papillons, s’étaient posés au bord d’une éminence rocheuse en croissant de lune. Une rivière y finissait sa course, cascadant sur la roche telle une chevelure constellée de diamants dont les mèches blanches et soyeuses glissaient, un îlot plus bas, dans un lac aux reflets turquoise. Un décor de rêve qu’ils auraient apprécié à sa juste valeur si le combat qui faisait rage juste au-dessus n’avait accaparé leur attention.